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Cour d'appel, pôle 1 - chambre 11, 18 juillet 2026 — n° 26/04050

Irrecevabilite

Synthèse de la décision

Question juridique

Un appel contre une ordonnance de prolongation de rétention est-il irrecevable lorsque l'appelant se borne à contester la prolongation sans invoquer de moyens nouveaux et n'a pas contesté l'arrêté de placement en rétention dans le délai légal ?

Principe retenu

En application de l'article L. 743-23 du CESEDA, un appel manifestement irrecevable peut être rejeté sans convocation préalable des parties. Est irrecevable l'appel qui ne comporte que la motivation 'je conteste la prolongation de ma rétention, je maintiens les éléments soulevés en première instance' et qui ne conteste pas l'arrêté de placement en rétention dans le délai de 96 heures prévu à l'article L. 741-10 du CESEDA.

Faits clés

  • M. [P] [V], ressortissant égyptien né le 31 janvier 2006, a été placé en rétention administrative.
  • Le 16 juillet 2026, le magistrat du siège du tribunal judiciaire de Paris a ordonné la prolongation de sa rétention pour 26 jours.
  • M. [V] a interjeté appel le 16 juillet 2026 à 18h10.
  • La déclaration d'appel ne comporte que la motivation : 'je conteste la prolongation de ma rétention, Je maintiens les éléments soulevés en première instance.'
  • M. [V] n'a pas contesté l'arrêté de placement en rétention dans le délai de 96 heures.

Articles cités

article L. 743-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile article L. 741-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile article R. 743-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile

Exposé du litige

RÉPUBLIQUE FRANÇAISE AU NOM DU PEUPLE FRANÇAIS COUR D'APPEL DE PARIS L. 742-1 et suivants du Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ORDONNANCE DU 18 JUILLET 2026 (1 pages) Numéro d'inscription au répertoire général et de décision : B N° RG 26/04050 - N° Portalis 35L7-V-B7K-CNRNS Décision déférée : ordonnance rendue le 16 juillet 2026, à 11h07, par le magistrat du siège du tribunal judiciaire de Paris Nous, Françoise Calvez, conseillère à la cour d'appel de Paris, agissant par délégation du premier président de cette cour, assistée de Sophie Capitaine, greffier au prononcé de l'ordonnance, APPELANT : M. [P] [V] né le 31 janvier 2006 à [Localité 1], de nationalité égyptienne RETENU au centre de rétention : [Localité 2] Informé le 17 juillet 2026 à 11h58 de la possibilité de faire valoir ses observations sur le caractère manifestement irrecevable de son appel, en application des dispositions de l'article R 743-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile INTIMÉ : [X] DES HAUTS-DE-SEINE Informé le 17 juillet 2026 à 11h58, de la possibilité de faire valoir ses observations sur le caractère manifestement irrecevable de l'appel, en application des dispositions de l'article R 743-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, MINISTÈRE PUBLIC, avisé de la date et de l'heure de l'audience ORDONNANCE : contradictoire - Vu l'ordonnance du 16 juillet 2026 du magistrat du siège du tribunal judiciaire de Paris ordonnant la prolongation du maintien de M. [P] [V], dans les locaux ne relevant pas de l'administration pénitentiaire, pour une durée maximale de 26 jours, soit à compter du 15 juillet 2026 jusqu'au 10 août 2026 ; - Vu l'appel interjeté le 16 juillet 2026, à 18h10, par M. [P] [V] ;

Motivations de la décision

SUR QUOI, Aux termes de l'article L 743-23, alinéa 1, du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, en cas d'appel manifestement irrecevable, celui-ci peut être rejeté sans convocation préalable des parties. Dans l'intérêt d'une bonne administration de la justice il y a lieu de faire application de cet article. En l'espèce, la déclaration d'appel de M. [P] [V] ne comporte que la motivation suivante : ' je conteste la prolongation de ma rétention, Je maintiens les éléments soulevés en première instance.' En outre, M. [V] n'a pas contesté l'arrêté de placement en rétention dans le délai de 96 heures qui lui était imparti par l'article L. 741-10 du CESEDA, de sorte que sa contestation à cet égard est désormais irrecevable. Ainsi, en l'absence de toute illégalité susceptible d'affecter les conditions (découlant du droit de l'Union) de légalité de la rétention, il y a lieu de rejeter la déclaration d'appel. PAR CES MOTIFS REJETONS la déclaration d'appel,

Dispositif

ORDONNONS la remise immédiate au procureur général d'une expédition de la présente ordonnance. Fait à [Localité 3] le 18 juillet 2026 à 10h04 LE GREFFIER, LE PRÉSIDENT, REÇU NOTIFICATION DE L'ORDONNANCE ET DE L'EXERCICE DES VOIES DE RECOURS : Pour information : L'ordonnance n'est pas susceptible d'opposition. Le pourvoi en cassation est ouvert à l'étranger, à l'autorité administrative qui a prononcé le maintien en zone d'attente ou la rétention et au ministère public. Le délai de pourvoi en cassation est de deux mois à compter de la notification. Le pourvoi est formé par déclaration écrite remise au secrétariat greffe de la Cour de cassation par l'avocat au Conseil d'Etat et à la Cour de cassation constitué par le demandeur. Notification effectuée aux parties par LRAR ou télécopie et/ou courriel.

Questions fréquentes

Pourquoi mon appel a-t-il été rejeté sans audience ?
L'article L. 743-23 du CESEDA permet de rejeter un appel manifestement irrecevable sans convocation préalable des parties. En l'espèce, votre déclaration d'appel ne comportait que la mention 'je conteste la prolongation de ma rétention, je maintiens les éléments soulevés en première instance', ce qui est insuffisant pour constituer un appel recevable.
Quels sont les motifs valables pour contester une prolongation de rétention ?
Vous devez invoquer des moyens nouveaux, par exemple une illégalité de l'arrêté de placement, une violation de vos droits, ou des circonstances nouvelles. Le simple maintien des arguments de première instance ne suffit pas.
Puis-je encore contester mon placement en rétention après le délai de 96 heures ?
Non, l'article L. 741-10 du CESEDA impose un délai de 96 heures pour contester l'arrêté de placement en rétention. Passé ce délai, cette contestation est irrecevable.
Que dois-je écrire dans ma déclaration d'appel pour qu'elle soit recevable ?
Vous devez exposer précisément les motifs de votre contestation, par exemple en indiquant en quoi la décision de prolongation est illégale ou en soulevant des moyens nouveaux par rapport à la première instance.
Quels sont les recours possibles après le rejet de mon appel ?
Vous pouvez former un pourvoi en cassation dans un délai de deux mois à compter de la notification de l'ordonnance. Le pourvoi doit être rédigé par un avocat au Conseil d'État et à la Cour de cassation.
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