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Cour d'appel, retentions, 19 juillet 2026 — n° 26/05690

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Synthèse de la décision

Question juridique

La dernière prolongation de la rétention administrative est-elle justifiée en l'absence de réponse des autorités consulaires algériennes ?

Principe retenu

La rétention administrative ne peut être prolongée que si l'administration justifie de diligences nécessaires et suffisantes pour procéder à l'éloignement et s'il existe une perspective raisonnable d'éloignement. L'absence de réponse des autorités consulaires ne suffit pas à écarter cette perspective si des relances ont été effectuées.

Faits clés

  • M. [R] a été condamné à une interdiction du territoire français de deux ans par le tribunal correctionnel de Lyon le 20 mai 2025.
  • Placement en rétention administrative le 19 mai 2026 pour exécution de la mesure d'éloignement.
  • Deux précédentes prolongations de rétention (26 et 30 jours) ont été ordonnées.
  • Le préfet a saisi le juge pour une dernière prolongation de 30 jours le 16 juillet 2026.
  • Les autorités algériennes n'ont pas répondu aux demandes de laissez-passer consulaire malgré des relances les 2, 15 et 29 juin et le 13 juillet 2026.

Articles cités

article L. 741-3 du CESEDA article L. 742-4 du CESEDA article L. 743-21 du CESEDA article R. 743-10 du CESEDA article R. 743-11 du CESEDA

Exposé du litige

FAITS ET PROCÉDURE Une décision du tribunal correctionnel de Lyon du 20 mai 2025 a condamné M. [I] [R] à une interdiction du territoire français d'une durée de deux ans. L'autorité administrative a ordonné le placement de M. [R] en rétention dans les locaux ne relevant pas de l'administration pénitentiaire pour l'exécution de cette mesure d'éloignement le 19 mai 2026. La mesure lui a été notifié le même jour. Par une ordonnance du 23 mai 2026, confirmée en appel le 26 mai 2026, puis par une ordonnance du 17 juin 2026, le juge du tribunal judiciaire de Lyon a prolongé la rétention administrative de M. [R] pour des durées de vingt-six et trente jours. Suivant requête du 16 juillet 2026, reçue le même jour à 14h16, le préfet du Rhône a saisi le juge du tribunal judiciaire de Lyon aux fins de voir ordonner une dernière prolongation de la rétention pour une durée de trente jours. Le juge, dans son ordonnance du 17 juillet 2026 à 12h45 a fait droit à cette requête. M. [R] a interjeté appel de cette ordonnance par déclaration reçue au greffe le 18 juillet 2026 à 11h10, faisant valoir l'absence de perspective raisonnable d'éloignement, aucune réponse n'ayant été reçue des autorités algériennes. M. [R] a demandé l'infirmation de l'ordonnance déférée et sa remise en liberté. Les parties ont été régulièrement convoquées à l'audience de ce jour à 10h30. M. [R] a refusé de se rendre à l'audience de ce jour, ainsi qu'il ressort du procès-verbal dressé par la police aux frontières du centre de rétention administrative n° 1 de [Localité 3] [Localité 4] le 19 juillet 2026 à 07h30. Le conseil de M. [R] a été entendu en sa plaidoirie pour soutenir les termes de la requête d'appel. Le préfet du Rhône, représenté par son conseil, a demandé la confirmation de l'ordonnance déférée.

Motivations de la décision

MOTIVATION Sur la recevabilité de l'appel L'appel de M. [R], relevé dans les formes et délais légaux prévus par les dispositions des articles L. 743-21, R. 743-10 et R. 743-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), est recevable.  Sur le bien-fondé de la requête L'article L. 741-3 du CESEDA rappelle qu'un étranger ne peut être placé ou maintenu en rétention que le temps strictement nécessaire à son départ et que l'administration doit exercer toute diligence à cet effet. L'article L. 742-4 du même code dispose que «Le magistrat du tribunal judiciaire peut, dans les mêmes conditions qu'à l'article L. 742-1, être à nouveau saisi aux fins de prolongation du maintien en rétention au-delà de trente jours, dans les cas suivants : 1° En cas d'urgence absolue ou de menace pour l'ordre public ; 2° Lorsque l'impossibilité d'exécuter la décision d'éloignement résulte de la perte ou de la destruction des documents de voyage de l'intéressé, de la dissimulation par celui-ci de son identité ou de l'obstruction volontaire faite à son éloignement ; 3° Lorsque la décision d'éloignement n'a pu être exécutée en raison : a) du défaut de délivrance des documents de voyage par le consulat dont relève l'intéressé ou lorsque la délivrance des documents de voyage est intervenue trop tardivement pour procéder à l'exécution de la décision d'éloignement ; b) de l'absence de moyens de transport. L'étranger peut être maintenu à disposition de la justice dans les conditions prévues à l'article L. 742-2. Si le juge ordonne la prolongation de la rétention, celle-ci court à compter de l'expiration de la précédente période de rétention et pour une nouvelle période d'une durée maximale de trente jours. La durée maximale de la rétention n'excède alors pas soixante jours. La prolongation de la rétention peut être renouvelée une fois, dans les mêmes conditions. La durée maximale de la rétention n'excède alors pas quatre-vingt-dix jours.» Dans sa requête en prolongation de la durée de la rétention de M. [R], l'autorité préfectorale fait valoir notamment que : - le comportement de l'intéressé constitue une menace pour l'ordre public dans la mesure où il a été condamné le 20 mai 2025 par le tribunal correctionnel de Lyon à la peine de 15 mois d'emprisonnement dont six mois avec sursis pour des faits de vol avec violence ayant entraîné une incapacité totale de travail n'excédant pas huit jours et vol facilité par l'état d'une personne vulnérable aggravée par une autre circonstance, et le 3 septembre 2025 par le tribunal correctionnel de Lyon à la peine de six mois d'emprisonnement et une interdiction du territoire français d'une durée de cinq ans pour des faits de vol aggravé par deux circonstances, - l'intéressé ne peut justifier d'un hébergement stable et établi sur le territoire national ni de ses moyens d'existence effectifs, - il est dépourvu de tout document d'identité et de voyage, - elle a engagé des démarches auprès des autorités algériennes dès le 19 mai 2026 afin d'obtenir un laissez-passer consulaire, les empreintes et une planche photographique ayant été envoyées par lettre recommandée du même jour, - des relances ont été faites les 2, 15 et 29 juin 2026 et le 13 juillet 2026, - ces démarches devraient permettre son identification à brève échéance afin de procéder à son éloignement effectif du territoire français. Ces éléments sont justifiés par les pièces de la procédure et ne sont pas contestées par M. [R]. Au vu des diligences nécessaires et suffisantes effectuées par la préfecture, il ne peut être considéré que les autorités algériennes ne répondront pas, de sorte qu'il demeure une perspective raisonnable d'éloignement. L'ordonnance entreprise est confirmée. PAR CES MOTIFS

Dispositif

Déclarons recevable l'appel formé par M. [I] [R], Confirmons l'ordonnance déférée. Le greffier, La conseillère déléguée, Céline DESPLANCHES Bénédicte LECHARNY

Questions fréquentes

Quelles sont les conditions pour une dernière prolongation de la rétention administrative ?
L'administration doit justifier de diligences nécessaires et suffisantes pour procéder à l'éloignement et démontrer qu'il existe une perspective raisonnable d'éloignement. En l'espèce, malgré l'absence de réponse des autorités algériennes, les relances effectuées ont été jugées suffisantes.
L'absence de réponse des consulats empêche-t-elle une prolongation de rétention ?
Non, l'absence de réponse ne fait pas automatiquement obstacle à la prolongation si l'administration a effectué des relances régulières. Dans cette affaire, les relances des 2, 15 et 29 juin et du 13 juillet 2026 ont été considérées comme des diligences suffisantes.
Quelle est la durée maximale de la rétention administrative ?
La durée maximale de la rétention administrative est de 90 jours. La dernière prolongation, comme dans ce cas, peut être accordée pour 30 jours supplémentaires, sous réserve que les conditions soient remplies.
Que faire si l'administration ne fait pas assez de démarches pour mon éloignement ?
Vous pouvez contester la prolongation en faisant valoir l'absence de diligences suffisantes. Dans cette décision, le juge a vérifié que la préfecture avait envoyé plusieurs relances aux autorités algériennes, ce qui a été jugé suffisant.
Puis-je être libéré si mon pays d'origine ne répond pas aux demandes de laissez-passer ?
Pas nécessairement. Le juge peut estimer qu'il existe encore une perspective raisonnable d'éloignement malgré l'absence de réponse, comme dans ce cas où les relances étaient récentes et régulières.
Quels sont les recours contre une ordonnance de prolongation de rétention ?
Vous pouvez interjeter appel dans les 24 heures suivant la notification de l'ordonnance. Dans cette affaire, l'appel a été déclaré recevable car formé dans les délais légaux.
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