Justiweb – Assistant juridique IA Justiweb
Se connecter Inscription gratuite

Cour d'appel, pôle 1 - chambre 11, 18 juillet 2026 — n° 26/04060

Irrecevabilite

Synthèse de la décision

Question juridique

L'appel contre une ordonnance de maintien en rétention administrative est-il irrecevable pour tardiveté en l'absence de circonstance insurmontable ?

Principe retenu

L'appel contre une ordonnance du juge statuant sur la rétention doit être formé dans les 24 heures suivant la notification de l'ordonnance. À défaut, l'appel est irrecevable, sauf circonstance insurmontable justifiant le dépassement du délai.

Faits clés

  • Ordonnance de maintien en rétention notifiée le 15 juillet 2026 à 12h08
  • Appel interjeté le 16 juillet 2026 à 15h17, soit environ 28 heures après notification
  • Délai de 24 heures expirant le 16 juillet à 12h08
  • Entretien avec l'OFPRA le matin du 16 juillet à 11h
  • Juriste de l'association non informée de l'entretien

Articles cités

article L 743-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile article R. 743-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile article R 743-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile article 641 du code de procédure civile article 642 du code de procédure civile

Exposé du litige

RÉPUBLIQUE FRANÇAISE AU NOM DU PEUPLE FRANÇAIS COUR D'APPEL DE PARIS L. 742-1 et suivants du Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ORDONNANCE DU 18 JUILLET 2026 (1 pages) Numéro d'inscription au répertoire général et de décision : B N° RG 26/04060 - N° Portalis 35L7-V-B7K-CNRP7 Décision déférée : ordonnance rendue le 15 juillet 2026, à 12h08, par le magistrat du siège du tribunal judiciaire de Paris Nous, Françoise Calvez, conseillère à la cour d'appel de Paris, agissant par délégation du premier président de cette cour, assistée de Sophie Capitaine, greffier au prononcé de l'ordonnance, APPELANT : M. [L] [X] [T] [M] né le 28 mars 2000 à [Localité 1], de nationalité colombienne RETENU au centre de rétention : [Localité 2] Informé le 17 juillet 2026 à 14h55, de la possibilité de faire valoir ses observations sur le caractère manifestement irrecevable de son appel, en application des dispositions de l'article R 743-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile INTIMÉ : LE PREFET DE POLICE Informé le 17 juillet 2026 à 14h55, de la possibilité de faire valoir ses observations sur le caractère manifestement irrecevable de l'appel, en application des dispositions de l'article R 743-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, MINISTÈRE PUBLIC, avisé de la date et de l'heure de l'audience ORDONNANCE : contradictoire - Vu l'ordonnance du 15 juillet 2026 du magistrat du siège du tribunal judiciaire de Paris déclarant recevable la requête de M. [L] [X] [T] [M], rejetant la requête en contestation de la décision du placement en rétention, et ordonnant le maintien de M. [L] [X] [T] [M] dans les locaux ne relevant pas de l'administration pénitentiaire jusqu'au 10 août 2026 ; - Vu l'appel interjeté le 16 juillet 2026, à 15h17 complété à 15h20, par M. [L] [X] [T] [M] ;

Motivations de la décision

SUR QUOI, Aux termes de l'article L 743-23, alinéa 1, du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, en cas d'appel manifestement irrecevable, celui-ci peut être rejeté sans convocation préalable des parties. Dans l'intérêt d'une bonne administration de la justice il y a lieu de faire application de cet article. Selon l'article R. 743-10 du code précité l'ordonnance du juge statuant sur la rétention est susceptible d'appel dans les 24 heures de son prononcé ou de sa notification. Or en l'espèce, la déclaration d'appel de M [L] [X] [T] [M] à l'encontre de l'ordonnance notifiée le 15 juillet 2026 à 12 heures 08 a été adressée au greffe le 16 juillet 2026, à 15 heures 17, complété à 15h20, soit après environ 28 heures et alors que le délai imparti expirait le 16 juillet à 12h08 en application des articles 641 et 642 du code de procédure civile. Le requérant et l'association ASSFAM font valoir une circonstance particulière en ce que M [L] [X] [T] [M] aurait eu un entretien avec l'OFPRA, le matin du 16 juillet à 11h sans que la juriste de l'association n'ait été informée, ce qui aurait retardé la signature et le dépôt de son appel. A la supposer établie, cette circonstance ne constitue pas une circonstance insurmontable qui aurait empêché le dépôt d'une déclaration d'appel entre le 15 juillet après-midi et le 16 juillet au midi d'autant que l'entretien avec l'OFPRA s'est déroulé dans un local du CRA. En l'absence de toute illégalité susceptible d'affecter les conditions (découlant du droit de l'Union) de légalité de la rétention sur cette question de recevabilité, il y a lieu de constater que la déclaration d'appel est manifestement irrecevable comme tardive. PAR CES MOTIFS REJETONS la déclaration d'appel,

Dispositif

ORDONNONS la remise immédiate au procureur général d'une expédition de la présente ordonnance. Fait à [Localité 3] le 18 juillet 2026 à 10h20 LE GREFFIER, LE PRÉSIDENT, REÇU NOTIFICATION DE L'ORDONNANCE ET DE L'EXERCICE DES VOIES DE RECOURS : Pour information : L'ordonnance n'est pas susceptible d'opposition. Le pourvoi en cassation est ouvert à l'étranger, à l'autorité administrative qui a prononcé le maintien en zone d'attente ou la rétention et au ministère public. Le délai de pourvoi en cassation est de deux mois à compter de la notification. Le pourvoi est formé par déclaration écrite remise au secrétariat greffe de la Cour de cassation par l'avocat au Conseil d'Etat et à la Cour de cassation constitué par le demandeur. Notification effectuée aux parties par LRAR ou télécopie et/ou courriel.

Questions fréquentes

Quel est le délai pour faire appel d'une ordonnance de maintien en rétention ?
Le délai est de 24 heures à compter de la notification de l'ordonnance. En l'espèce, l'ordonnance a été notifiée le 15 juillet à 12h08, le délai expirait donc le 16 juillet à 12h08.
L'entretien avec l'OFPRA peut-il justifier un retard d'appel ?
Non, sauf circonstance insurmontable. Dans cette affaire, l'entretien a eu lieu le matin du 16 juillet à 11h, mais le délai courait depuis la veille, et l'entretien s'est déroulé dans le centre de rétention, ce qui n'a pas empêché de déposer l'appel plus tôt.
Que faire si je n'ai pas pu appeler dans les 24 heures ?
Vous devez démontrer une circonstance insurmontable qui vous a empêché de respecter le délai. Dans cette décision, le simple fait que la juriste n'ait pas été informée de l'entretien n'a pas été considéré comme une circonstance insurmontable.
Qu'est-ce qu'une circonstance insurmontable en matière de rétention ?
C'est un événement indépendant de votre volonté, imprévisible et irrésistible, qui rend impossible le dépôt de l'appel dans le délai. Par exemple, une grève des transports ou une hospitalisation d'urgence pourraient être invoquées.
L'appel tardif est-il systématiquement rejeté ?
Oui, en principe, tout appel déposé après le délai de 24 heures est irrecevable, sauf si vous prouvez une circonstance insurmontable. Dans cette affaire, l'appel a été rejeté car le retard n'était pas justifié.
Comment calculer le délai d'appel pour une rétention administrative ?
Le délai court à partir de la notification de l'ordonnance. Il expire 24 heures après, à la même heure. Par exemple, si notification le 15 juillet à 12h08, le délai expire le 16 juillet à 12h08.
💡 Votre situation ressemble à cette décision ? Posez votre question à l'IA
Gratuit · sans engagement

Des milliers de justiciables utilisent déjà Justiweb pour clarifier leur situation.

Une question similaire ? Posez-la à Justiweb

Notre IA juridique vous répond avec sources officielles et jurisprudence à jour.

Poser ma question

Gratuit pour commencer · sans engagement

Important : Cette page présente une décision de justice à titre informatif. Elle ne constitue pas un conseil juridique personnalisé. Pour votre situation spécifique, consultez un avocat ou utilisez l'assistant Justiweb pour explorer vos questions juridiques.