Justiweb – Assistant juridique IA Justiweb
Se connecter Inscription gratuite

Cour d'appel, pôle 1 - chambre 11, 14 juillet 2026 — n° 26/03954

Other

Synthèse de la décision

Question juridique

L'arrêté de placement en rétention administrative est-il suffisamment motivé au regard des précédentes mesures de rétention et de l'absence d'assignation à résidence ?

Principe retenu

Le placement en rétention administrative doit être motivé de manière spécifique et suffisante, notamment au regard des précédentes mesures de rétention et de l'absence d'assignation à résidence. Le principe demeure la liberté et la rétention ne peut se justifier que s'il est établi que l'étranger n'entend pas se conformer spontanément à la mesure d'éloignement.

Faits clés

  • M. [Q] [J], ressortissant algérien, a été placé en rétention administrative le 7 juillet 2026
  • L'arrêté de placement en rétention ne contient pas de motivation suffisante et spécifique quant aux deux précédentes mesures de rétention
  • Les précédentes mesures de rétention ne retenaient pas la menace à l'ordre public
  • L'intéressé n'a fait l'objet d'aucune mesure d'assignation à résidence administrative antérieure
  • Le premier juge a considéré que la rétention excédait la rigueur nécessaire

Articles cités

article L. 741-1 du CESEDA article L. 741-3 du CESEDA article L. 741-4 du CESEDA

Exposé du litige

EXPOSE DES FAITS ET DE LA PROCEDURE M. [Q] [J], né le 23 août 2001 à [Localité 1], de nationalité algérienne, a été placé en rétention administrative par arrêté du 7 juillet 2026, sur le fondement d'un arrêté d'expulsion du 4 juin 2021. Le 10 juillet 2026, M. [Q] [J] a saisi le juge du tribunal judiciaire de Meaux d'une requête en contestation de la régularité de la décision de placement en rétention. Le 10 juillet 2026, le préfet a saisi le juge du tribunal judiciaire de Meaux aux fins de prolongation de la rétention administrative. Par ordonnance du 12 juillet 2026, le magistrat du siège chargé du contrôle des mesures restrictives et privatives de liberté de [Localité 3] a joint les deux procédures, dit irrégulière la décision de placement en rétention, dit n'y avoir lieu à statuer sur les moyens de nullité et sur la prolongation de la mesure de rétention administrative, ordonné la mise en liberté de M. [Q] [J] au motif que l'arrêté de placement en rétention ne contient pas de motivation suffisante et spécifique quant aux deux précédentes mesures de rétention, lesquelles ne retenaient pas la menace à l'ordre public, étant précisé que l'intéressé n'a fait l'objet d'aucune mesure d'assignation à résidence administrative antérieure à ce placement. Le conseil du préfet a interjeté appel de cette décision le 12 juillet 2026 en sollicitant l'infirmation de l'ordonnance, aux motifs suivants : Il n'est pas nécessaire que les précédentes mesures de placement soient fondées sur la menace à l'ordre public ; Le placement en rétention est suffisamment motivé par la menace à l'ordre public et le fait que l'intéressé s'est soustrait à son arrêté d'expulsion ; L'intéressé présente un risque de fuite, s'étant soustrait à plusieurs mesures d'éloignement, ayant refusé de les exécuter et ne dispose pas de garanties de représentation.

Motivations de la décision

MOTIVATION Il appartient au juge chargé du contrôle de cette mesure de vérifier le bien-fondé de la décision de placement en rétention, notamment au regard des dispositions de l'article L.741-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, qui permet le placement en rétention administrative d'une personne qui se trouve dans l'un des cas prévus à l'article L. 731-1 lorsqu'il ne présente pas de garanties de représentation effectives propres à prévenir un risque de soustraction à l'exécution de la décision d'éloignement et qu'aucune autre mesure n'apparaît suffisante à garantir efficacement l'exécution effective de cette décision. Le risque mentionné au premier alinéa est apprécié selon les mêmes critères que ceux prévus à l'article L. 612-3 ou au regard de la menace pour l'ordre public que l'étranger représente. L'article L.741-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile prévoit que « L'étranger qui fait l'objet d'une décision de placement en rétention peut la contester devant le magistrat du siège du tribunal judiciaire, dans un délai de quatre-vingt-seize heures à compter de sa notification. Il est statué suivant la procédure prévue aux articles L. 743-3 à L. 743-18. ». En application de l'article L.741-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile « L'autorité administrative peut placer en rétention, pour une durée de 96 heures, l'étranger qui se trouve dans l'un des cas prévus à l'article L. 731-1 lorsqu'il ne présente pas de garanties de représentation effectives propres à prévenir un risque de soustraction à l'exécution de la décision d'éloignement et qu'aucune autre mesure n'apparaît suffisante à garantir efficacement l'exécution effective de cette décision. Le risque mentionné au premier alinéa est apprécié selon les mêmes critères que ceux prévus à l'article L. 612-3 ou au regard de la menace pour l'ordre public que l'étranger représente. » Par ailleurs, l'article L.741-3 du même code prévoit que « Un étranger ne peut être placé ou maintenu en rétention que pour le temps strictement nécessaire à son départ. L'administration exerce toute diligence à cet effet. » Enfin, l'article L. 741-4 énonce que « La décision de placement en rétention prend en compte l'état de vulnérabilité et tout handicap de l'étranger. Le handicap moteur, cognitif ou psychique et les besoins d'accompagnement de l'étranger sont pris en compte pour déterminer les conditions de son placement en rétention. » Le préfet n'est pas tenu de faire état dans sa décision de tous les éléments de la situation personnelle de l'intéressé dès lors que les motifs positifs qu'il retient suffisent à justifier le placement en rétention. Il y a lieu de se placer à la date à laquelle le préfet a statué pour procéder à l'examen de la légalité de l'arrêté de placement en rétention. Il ressort de l'ensemble de ces textes que le principe demeure la liberté et que le placement en rétention ne peut se justifier que dès lors qu'il est établi que l'étranger n'entend pas se conformer spontanément à la mesure d'éloignement. En l'espèce, c'est par une appréciation pertinente qu'il convient d'adopter sans réserve que le premier juge a considéré que la rétention excédait la rigueur nécessaire compte tenu des précédentes périodes de rétention dont l'étranger a fait l'objet. Il convient dès lors de confirmer l'ordonnance. PAR CES MOTIFS CONFIRMONS l'ordonnance

Dispositif

ORDONNONS la remise immédiate au procureur général d'une expédition de la présente ordonnance. Fait à [Localité 4] le 14 juillet 2026 à LE GREFFIER, LE PRÉSIDENT, REÇU NOTIFICATION DE L'ORDONNANCE ET DE L'EXERCICE DES VOIES DE RECOURS: Pour information: L'ordonnance n'est pas susceptible d'opposition. Le pourvoi en cassation est ouvert à l'étranger, à l'autorité administrative qui a prononcé le maintien en zone d'attente ou la rétention et au ministère public. Le délai de pourvoi en cassation est de deux mois à compter de la notification. Le pourvoi est formé par déclaration écrite remise au secrétariat greffe de la Cour de cassation par l'avocat au Conseil d'Etat et à la Cour de cassation constitué par le demandeur. Le préfet ou son représentant L'avocat de l'intéressé

Questions fréquentes

Quels sont les motifs valables pour placer un étranger en rétention administrative ?
Le placement en rétention doit être justifié par le fait que l'étranger n'entend pas se conformer spontanément à la mesure d'éloignement. L'administration doit motiver sa décision de manière spécifique, en tenant compte des circonstances particulières, comme les précédentes mesures de rétention et l'absence d'assignation à résidence.
Que faire si l'arrêté de placement en rétention n'est pas suffisamment motivé ?
Vous pouvez contester la régularité de la décision devant le juge des libertés et de la détention. Si la motivation est insuffisante, notamment au regard de vos antécédents de rétention ou de l'absence d'assignation à résidence, le juge peut annuler le placement et ordonner votre mise en liberté.
L'administration doit-elle tenir compte de mes précédentes périodes de rétention ?
Oui, le juge vérifie si la rétention excède la rigueur nécessaire. Si vous avez déjà été placé en rétention sans que cela ait été justifié par une menace à l'ordre public, et que vous n'avez pas fait l'objet d'assignation à résidence, cela peut être un motif pour annuler le nouveau placement.
Puis-je être libéré si le juge estime que la rétention est disproportionnée ?
Oui, si le juge considère que la rétention n'est pas nécessaire, par exemple en raison de l'absence de risque de fuite ou de l'existence de mesures alternatives comme l'assignation à résidence, il peut ordonner votre mise en liberté immédiate.
Qu'est-ce qu'une motivation suffisante dans un arrêté de placement en rétention ?
L'arrêté doit exposer de manière précise et concrète les raisons pour lesquelles la rétention est nécessaire, en tenant compte de la situation personnelle de l'étranger, de ses antécédents, et de l'absence de mesures alternatives. Une motivation trop générale ou stéréotypée peut être jugée insuffisante.
Quels sont les recours possibles contre une ordonnance de placement en rétention ?
Vous pouvez interjeter appel de l'ordonnance du juge des libertés et de la détention dans un délai de 24 heures. Le pourvoi en cassation est également possible dans un délai de deux mois, mais uniquement par l'intermédiaire d'un avocat au Conseil d'État et à la Cour de cassation.
💡 Votre situation ressemble à cette décision ? Posez votre question à l'IA
Gratuit · sans engagement

Des milliers de justiciables utilisent déjà Justiweb pour clarifier leur situation.

Une question similaire ? Posez-la à Justiweb

Notre IA juridique vous répond avec sources officielles et jurisprudence à jour.

Poser ma question

Gratuit pour commencer · sans engagement

Important : Cette page présente une décision de justice à titre informatif. Elle ne constitue pas un conseil juridique personnalisé. Pour votre situation spécifique, consultez un avocat ou utilisez l'assistant Justiweb pour explorer vos questions juridiques.