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Cour d'appel, pôle 3 - chambre 5, 21 juillet 2026 — n° 25/09309

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Synthèse de la décision

Question juridique

Un acte de naissance étranger dépourvu de date d'établissement et de nom de l'officier d'état civil peut-il prouver la filiation pour l'attribution de la nationalité française ?

Principe retenu

La preuve de la filiation, nécessaire pour revendiquer la nationalité française, doit être rapportée par des actes d'état civil fiables et certains. Un acte de naissance étranger qui ne mentionne pas la date de son établissement ni le nom de l'officier d'état civil qui l'a dressé est dépourvu de force probante.

Faits clés

  • M. [V] [J] est né le 8 juin 1997 à Fégui (Mali)
  • L'acte de naissance produit ne mentionne pas la date à laquelle il a été dressé
  • La copie d'acte de naissance n°17 ne comporte ni date d'établissement ni nom de l'officier d'état civil
  • La copie a été délivrée le 6 avril 2021 par [W] [M], 3e adjoint
  • M. [V] [J] revendique la nationalité française par filiation paternelle

Articles cités

article 1043 du code de procédure civile article 28 du code civil article 126 du code civil malien article 1040 du code de procédure civile article 700 du code de procédure civile

Exposé du litige

Vu le jugement contradictoire rendu le 13 juin 2024 par le tribunal judiciaire de Paris qui a dit la procédure régulière au regard des dispositions de l'article 1043 du code de procédure civile, jugé irrecevable les demandes relatives à la délivrance d'un certificat de nationalité, débouté M. [V] [J] de sa demande tendant à voir dire qu'il est de nationalité française, jugé que M. [V] [J], né le 8 juin 1997 à Fégui (Mali), n'est pas de nationalité française, ordonné la mention prévue par l'article 28 du code civil ; rejeté la demande de M. [V] [J] tendant à voir ordonner l'exécution provisoire, rejeté la demande de M. [V] [J] au titre des dispositions de l'article 700 du code de procédure civile, condamné M. [V] [J] aux dépens ; Vu la déclaration d'appel de M. [V] [J] en date du 22 mai 2025, enregistrée le 2 juin 2025 ; Vu les dernières conclusions notifiées le 02 avril 2026 par M. [V] [J] qui demande à la cour de confirmer le jugement déféré en ce qu'il a dit que la procédure est régulière au regard des dispositions de l'article 1403 du code de procédure civile, d'infirmer le jugement déféré en ce qu'il a jugé irrecevable les demandes relatives à la délivrance d'un certificat de nationalité française, l'a débouté de sa demande tendant à voir dire qu'il est de nationalité française, jugé que M. [V] [J], né le 8 juin 1997 à [Localité 1] (Mali), n'est pas de nationalité française, ordonné la mention prévue par l'article 28 du code civil, rejeté la demande de M. [V] [J] tendant à voir ordonner l'exécution provisoire, rejeté sa demande au titre des dispositions de l'article 700 du code de procédure civile et l'a condamné aux dépens. Et statuant à nouveau, de constater que M. [V] [J] est de nationalité française, d'ordonner au procureur de la République de lui remettre un certificat de nationalité française sous 15 jours à compter de la signification de la décision à intervenir, sous astreinte définitive de 500 euros par jour de retard sur une durée de 90 jours, d'autoriser le directeur des services de greffe judiciaires du tribunal judiciaire de Bobigny ou tout autre directeur compétent à délivrer le certificat de nationalité française, de condamner le procureur de la République à verser à M. [V] [J] la somme de 3.000 euros au titre des dispositions de l'article 700 du code de procédure civile outre aux entiers dépens ; Vu les dernières conclusions notifiées le 31 mars 2026 par le ministère public qui demande à la cour de dire que les formalités de l'article 1040 du code de procédure civile ont été respectées, confirmer le jugement de première instance en tout son dispositif, ordonner la mention prévue par l'article 28 du code civil, de condamner M. [V] [J] aux entiers dépens ; Vu l'ordonnance de clôture du 2 avril 2026 ;

Dispositif

MOTIFS Sur la formalité de l'article 1040 du code de procédure civile Il est justifié de l'accomplissement de la formalité prévue à l'article 1040 du code de procédure civile par la délivrance d'un récépissé du ministère de la Justice en date du 30 septembre 2025. Sur les demandes de délivrance de certificat de nationalité française C'est par des motifs exacts et pertinents que la cour adopte que les premiers juges, pour déclarer irrecevables les demandes de M. [V] [J] de délivrance d'un certificat de nationalité française, ont rappelé que les certificats de nationalité française ne sont pas délivrés par le procureur de la République et qu'ils ont retenu que le tribunal, dont la saisine n'est pas subordonnée à une demande préalable de délivrance d'un certificat de nationalité française, n'a pas le pouvoir d'ordonner au procureur de la République ou aux directeurs des services de greffe judiciaires de délivrer un tel certificat dans le cadre de la présente action déclaratoire de nationalité française relevant des dispositions de l'article 29-3 du code civil. Ils ont également à juste titre rappelé que, s'il était fait droit à la demande tendant à voir dire que M. [V] [J] est de nationalité française, la délivrance d'un certificat de nationalité serait de droit. Le jugement critiqué sera confirmé sur ce point. Sur le fond M. [V] [J], se disant né le 8 juin 1997 à [Localité 1] (Mali), revendique la nationalité française par filiation paternelle sur le fondement de l'article 18 du code civil. Il fait valoir que son père, M. [D] [J], né le 3 janvier 1978 à [Localité 4] (Mali), est lui-même français par filiation paternelle, pour être issu de [K] [J], né le 1er mars 1941 à [Localité 1] ([Localité 5] français), né français sur un ancien territoire d'outre-mer français et ayant conservé la nationalité française lors de l'accession à l'indépendance du [Localité 5] français pour avoir fixé son domicile de nationalité en France. Conformément à l'article 30 du code civil, la charge de la preuve en matière de nationalité incombe à celui qui revendique la qualité de français lorsqu'il n'est pas déjà titulaire d'un certificat de nationalité délivré à son nom en vertu des articles 31 et suivants du code civil. M. [V] [J] n'est pas titulaire d'un certificat de nationalité française. Conformément à l'article 17-1 du code civil, compte tenu de la date de naissance revendiquée par l'appelant, l'action relève de l'article 18 du code civil, aux termes duquel est français l'enfant dont l'un des parents au moins est français. Il appartient dès lors à l'appelant de justifier d'un état civil certain, ainsi que de démontrer, d'une part, l'existence d'un lien de filiation légalement établi à l'égard de son ascendant revendiqué et, d'autre part, d'établir que celui-ci possédait la nationalité française, par des actes d'état civil probants au sens de l'article 47 du code civil et selon lequel tout acte de l'état civil des Français et des étrangers fait en pays étranger et rédigé dans les formes usitées dans ce pays fait foi, sauf si d'autres actes ou pièces détenus, des données extérieures ou des éléments tirés de l'acte lui-même établissent, le cas échéant après toutes vérifications utiles, que cet acte est irrégulier, falsifié ou que les faits qui y sont déclarés ne correspondent pas à la réalité ; celle-ci est appréciée au regard de la loi française, étant précisé qu'aux termes de l'article 20-1 du code civil, la filiation de l'enfant n'a d'effet sur la nationalité de celui-ci que si elle est établie durant sa minorité. Pour débouter M. [V] [J] de sa demande, le tribunal judiciaire de Paris retient que si le demandeur soutient que son grand-père, M.

Questions fréquentes

Quels sont les documents nécessaires pour prouver sa nationalité française par filiation ?
Pour prouver sa nationalité française par filiation, il faut fournir des actes d'état civil fiables et certains, notamment l'acte de naissance de l'ascendant français et le sien propre, démontrant le lien de filiation.
Un acte de naissance étranger sans date d'établissement est-il accepté ?
Non, un acte de naissance étranger doit comporter la date de l'événement et la date de son établissement. L'absence de date d'établissement le rend dépourvu de force probante, comme dans cette affaire.
Que se passe-t-il si mon acte de naissance est jugé non fiable ?
Si votre acte de naissance est jugé non fiable, vous ne pouvez pas prouver votre filiation, et donc votre demande de nationalité française sera rejetée. Vous pourrez éventuellement régulariser votre état civil auprès des autorités compétentes.
Puis-je obtenir un certificat de nationalité française si je suis né à l'étranger d'un père français ?
Oui, en principe, si vous êtes né d'un père français, vous pouvez être français. Mais vous devez apporter la preuve de votre filiation par des actes d'état civil valides. Dans cette affaire, la preuve n'a pas été rapportée.
Quelle est la valeur d'une copie d'acte de naissance certifiée conforme ?
Une copie certifiée conforme peut avoir une certaine valeur, mais elle doit reproduire fidèlement un original valide. Si l'original lui-même est incomplet, la copie ne peut pas suppléer ces manques.
Quels sont les recours après un jugement confirmant l'extranéité ?
Après un jugement confirmant l'extranéité, vous pouvez former un pourvoi en cassation dans les conditions légales. Vous pouvez également tenter de régulariser votre état civil et introduire une nouvelle demande.
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