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Cour d'appel, pôle 1 - chambre 11, 21 juillet 2026 — n° 26/04084

Irrecevabilite

Synthèse de la décision

Question juridique

L'appel contre une ordonnance de prolongation de rétention administrative est-il recevable lorsque l'appelant n'articule aucun moyen à l'appui de sa déclaration d'appel ?

Principe retenu

En application de l'article L. 743-23 1° du CESEDA, le premier président de la cour d'appel ou son délégué peut rejeter les déclarations d'appel manifestement irrecevables sans avoir préalablement convoqué les parties. Une déclaration d'appel qui n'articule aucun moyen, se bornant à une simple allégation de 'rétention abusive', est manifestement irrecevable.

Faits clés

  • M. [P] [G], de nationalité algérienne, a été placé en rétention administrative.
  • Le 18 juillet 2026, le magistrat du siège du tribunal judiciaire de Meaux a ordonné la prolongation de la rétention pour une durée de 30 jours.
  • M. [G] a interjeté appel le 19 juillet 2026 à 16h40.
  • Dans sa déclaration d'appel, M. [G] a uniquement écrit 'rétention abusive' sans développer de moyen.
  • Le préfet de l'Orne a présenté des observations le 20 juillet 2026.

Articles cités

article L. 743-23 1° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile article R. 743-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile

Exposé du litige

RÉPUBLIQUE FRANÇAISE AU NOM DU PEUPLE FRANÇAIS COUR D'APPEL DE PARIS L. 742-1 et suivants du Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ORDONNANCE DU 21 JUILLET 2026 (1 pages) Numéro d'inscription au répertoire général et de décision : B N° RG 26/04084 - N° Portalis 35L7-V-B7K-CNRT3 Décision déférée : ordonnance rendue le 18 juillet 2026, à 12h47, par le magistrat du siège du tribunal judiciaire de Meaux Nous, Claire Argouarc'h, vice-présidente placée à la cour d'appel de Paris, agissant par délégation du premier président de cette cour, assistée de Marie Bounaix, greffière au prononcé de l'ordonnance, APPELANT : M. [P] [G] né le 26 mars 1979 à [Localité 1], de nationalité algérienne RETENU au centre de rétention : [Etablissement 1] Informé le 20 juillet 2026 à 12h12, de la possibilité de faire valoir ses observations sur le caractère manifestement irrecevable de son appel, en application des dispositions de l'article R 743-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile INTIMÉ : M. LE PREFET DE L'ORNE Informé le 20 juillet 2026 à 15h52 de la possibilité de faire valoir ses observations sur le caractère manifestement irrecevable de l'appel, en application des dispositions de l'article R 743-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, MINISTÈRE PUBLIC, avisé de la date et de l'heure de l'audience ORDONNANCE : contradictoire - Vu l'ordonnance du 18 juillet 2026 du magistrat du siège du tribunal judiciaire de Meaux déclarant la requête recevable et la procédure régulière et ordonnant la prolongation de la rétention de Monsieur [G] au centre de rétention administrative du [Etablissement 1], ou dans tout autre centre ne dépendant pas de l'administration pénitentiaire pour une durée de 30 jours à compter du 17 juillet 2026 à 12h47 ; - Vu l'appel interjeté le 19 juillet 2026, à 16h40, par M. [P] [G] ; - Vu les observations du préfet de l'Orne le 20 juillet 2026 à 16h05 ;

Motivations de la décision

SUR QUOI, L'article L 743-23 -1°du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dispose': «'Le premier président de la cour d'appel ou son délégué peut, par ordonnance motivée et sans avoir préalablement convoqué les parties, rejeter les déclarations d'appel manifestement irrecevables. Lorsqu'il est saisi d'un appel contre une décision rendue par le juge des libertés et de la détention dans les cas prévus aux articles L. 741-10 et L. 742-8, il peut également rejeter la déclaration d'appel sans avoir préalablement convoqué les parties s'il apparaît qu'aucune circonstance nouvelle de fait ou de droit n'est intervenue depuis le placement en rétention administrative ou son renouvellement, ou que les éléments fournis à l'appui de la demande ne permettent manifestement pas de justifier qu'il soit mis fin à la rétention.'» Il est d'une bonne administration de la justice de faire application de ces dispositions. En l'espèce, la déclaration d'appel n'est pas recevable en ce que': - l'intéressé n'articule aucun moyen à l'appui de son appel, se bornant à écrire': «'rétention abusive'». PAR CES MOTIFS REJETONS la déclaration d'appel,

Dispositif

ORDONNONS la remise immédiate au procureur général d'une expédition de la présente ordonnance. Fait à Paris le 21 juillet 2026 à 09h31 LE GREFFIER, LE PRÉSIDENT, REÇU NOTIFICATION DE L'ORDONNANCE ET DE L'EXERCICE DES VOIES DE RECOURS : Pour information : L'ordonnance n'est pas susceptible d'opposition. Le pourvoi en cassation est ouvert à l'étranger, à l'autorité administrative qui a prononcé le maintien en zone d'attente ou la rétention et au ministère public. Le délai de pourvoi en cassation est de deux mois à compter de la notification. Le pourvoi est formé par déclaration écrite remise au secrétariat greffe de la Cour de cassation par l'avocat au Conseil d'Etat et à la Cour de cassation constitué par le demandeur. Notification effectuée aux parties par LRAR ou télécopie et/ou courriel.

Questions fréquentes

Que se passe-t-il si je fais appel sans donner de raisons ?
Votre appel peut être rejeté comme manifestement irrecevable. Dans cette affaire, l'appelant a simplement écrit 'rétention abusive' sans développer de moyen, et la cour a rejeté sa déclaration d'appel.
Qu'est-ce qu'une déclaration d'appel manifestement irrecevable ?
C'est une déclaration d'appel qui ne respecte pas les conditions de forme ou de fond, par exemple lorsqu'aucun moyen n'est articulé. Selon l'article L. 743-23 du CESEDA, le premier président peut la rejeter sans convoquer les parties.
Comment faire un appel recevable contre une décision de prolongation de rétention ?
Vous devez exposer des moyens précis, par exemple des circonstances nouvelles de fait ou de droit, ou des éléments justifiant qu'il soit mis fin à la rétention. Une simple allégation comme 'rétention abusive' ne suffit pas.
Puis-je être libéré si je dis que ma rétention est abusive ?
Non, une simple affirmation sans preuve ni moyen n'entraîne pas la libération. Dans cette affaire, l'appelant a invoqué 'rétention abusive' sans plus de détails, et son appel a été rejeté.
Quel est le délai pour faire appel d'une ordonnance de prolongation de rétention ?
Le délai d'appel est généralement de 24 heures selon le CESEDA. Dans cette affaire, l'appel a été interjeté le lendemain de l'ordonnance, mais il a été rejeté pour irrecevabilité.
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