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Cour d'appel, retentions, 21 juillet 2026 — n° 26/05756

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Synthèse de la décision

Question juridique

L'appel contre une ordonnance de prolongation de rétention administrative peut-il être rejeté sans audience en l'absence de circonstance nouvelle de fait ou de droit et d'éléments justifiant la fin de la rétention ?

Principe retenu

En application de l'article L. 743-23 alinéa 2 du CESEDA, le premier président ou son délégué peut rejeter la déclaration d'appel sans convocation préalable des parties s'il apparaît qu'aucune circonstance nouvelle de fait ou de droit n'est intervenue depuis le placement en rétention ou son renouvellement, ou que les éléments fournis à l'appui de la demande ne permettent manifestement pas de justifier qu'il soit mis fin à la rétention.

Faits clés

  • M. [D] [U], ressortissant géorgien, a fait l'objet d'un arrêté portant obligation de quitter le territoire français.
  • Le 17 juillet 2026, le préfet du Puy-de-Dôme a ordonné son placement en rétention administrative.
  • Le 18 juillet 2026, le juge du tribunal judiciaire de Lyon a prolongé la rétention pour une durée de vingt-six jours.
  • M. [U] a interjeté appel de cette ordonnance le 20 juillet 2026, contestant la validité du placement et la régularité de la décision.
  • Le magistrat délégué a informé les parties qu'il envisageait de rejeter l'appel sans audience, les invitant à présenter des observations.

Articles cités

article L. 741-3 du CESEDA article L. 743-23 du CESEDA article L. 743-21 du CESEDA article R. 743-10 du CESEDA article R. 743-11 du CESEDA

Exposé du litige

FAITS ET PROCÉDURE Le 17 juillet 2026, le préfet du Puy de Dôme a ordonné le placement de M. [D] [U] en rétention dans les locaux ne relevant pas de l'administration pénitentiaire afin de permettre l'exécution d'un arrêté portant obligation de quitter le territoire français. Dans son ordonnance du 18 juillet 2026 à 16h30, le juge du tribunal judiciaire de Lyon a fait droit à la requête déposée par le préfet du Puy de Dôme et a ordonné la prolongation de la rétention de M. [U] dans les locaux du centre de rétention administrative de [Etablissement 1] pour une durée de vingt-six jours. Par déclaration au greffe du 20 juillet 2026 à 15h42, M. [U] a interjeté appel de cette ordonnance dont il demande l'infirmation outre sa mise en liberté au visa de l'article L 741-3 du CESEDA. Il conteste la validité du placement en rétention et la régularité de la décision de placement en rétention. Par courriel adressé le 20 juillet 2026 à 16h58, les parties ont été informées que le magistrat délégué par le premier président envisageait de faire application des dispositions du deuxième alinéa de l'article L. 743-23  du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA) et les a invitées à faire part, le lendemain à 9 heures au plus tard, de leurs observations éventuelles sur l'absence de circonstance nouvelle de fait ou de droit depuis le placement en rétention administrative, ou sur l'absence d'éléments fournis à l'appui de la requête d'appel permettant de justifier qu'il soit mis fin à la rétention. Vu les observations de la préfecture, reçues par courriel le même jour à 18h12 à tendant à la confirmation de l'ordonnance querellée, Vu l'absence d'observations formées par l'appelant,

Motivations de la décision

MOTIVATION L'appel de M. [U] relevé dans les formes et délais légaux prévus par les dispositions des articles L. 743-21, R. 743-10 et R. 743-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA) est recevable. Aux termes de l'alinéa 2 de l'article L. 743-23 du CESEDA, le premier président ou son délégué peut, lorsqu'il est saisi d'un appel contre une décision rendue par le juge des libertés et de la détention dans les cas prévus aux articles L. 741-10 et L. 742-8, rejeter la déclaration d'appel sans avoir préalablement convoqué les parties s'il apparaît qu'aucune circonstance nouvelle de fait ou de droit n'est intervenue depuis le placement en rétention administrative ou son renouvellement, ou que les éléments fournis à l'appui de la demande ne permettent manifestement pas de justifier qu'il soit mis fin à la rétention. C'est par des motifs exacts et pertinents que la cour adopte que le premier juge a considéré que l'interpellation de M. [U] avait été parfaitement régulière et que le préfet du Puy de Dôme avait pris en compte tant sa situation personnelle que ses garanties de représentation pour évaluer le risque de soustraction à la mesure d'éloignement et le caractère proportionné de son placement en rétention. Les éléments invoqués par M. [U] ne permettent pas de justifier qu'il soit mis fin à sa rétention administrative tandis qu'il n'invoque ni ne justifie d'aucune circonstance nouvelle de droit ou de fait depuis son placement en rétention. Son appel doit dès lors être rejeté sans audience et l'ordonnance entreprise confirmée. PAR CES MOTIFS

Dispositif

Déclarons recevable l'appel formé par M. [D] [U] ; Confirmons l'ordonnance déférée. Le greffier, La conseillère déléguée, Inès BERTHO Catherine CHANEZ

Questions fréquentes

Puis-je être maintenu en rétention sans nouvelle audience ?
Oui, si votre appel ne présente aucune circonstance nouvelle de fait ou de droit et que les éléments fournis ne justifient pas manifestement la fin de la rétention, le juge peut rejeter votre appel sans audience, comme dans cette affaire.
Qu'est-ce qu'une circonstance nouvelle pour contester ma rétention ?
Une circonstance nouvelle est un fait ou un élément de droit survenu après le placement en rétention ou son renouvellement, qui n'existait pas au moment de la décision initiale. Par exemple, un changement dans votre situation personnelle ou une décision de justice annulant la mesure d'éloignement.
Comment faire appel d'une décision de prolongation de rétention ?
Vous devez interjeter appel dans les délais légaux (généralement 24 heures) auprès du greffe de la cour d'appel. L'appel doit être motivé et peut être examiné sans audience si aucune circonstance nouvelle n'est invoquée.
Mon appel peut-il être rejeté sans que je sois entendu ?
Oui, si le juge estime qu'aucune circonstance nouvelle n'est intervenue et que les éléments fournis ne justifient pas la fin de la rétention, il peut rejeter l'appel sans audience, conformément à l'article L. 743-23 du CESEDA.
Quels sont mes droits en centre de rétention administrative ?
Vous avez le droit d'être informé de vos droits, de bénéficier d'un avocat, d'un interprète, de communiquer avec votre consulat, et de contester la rétention devant le juge. Cependant, la rétention peut être prolongée si les conditions légales sont remplies.
Que se passe-t-il si je ne fournis pas d'éléments nouveaux dans mon appel ?
Si vous ne fournissez pas d'éléments nouveaux, votre appel peut être rejeté sans audience, comme dans cette affaire, car le juge considère qu'il n'y a pas de motif justifiant la fin de la rétention.
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