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Cour d'appel, etrangers, 22 juillet 2026 — n° 26/01099

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Synthèse de la décision

Question juridique

Le moyen tiré du défaut de diligences de l'administration est-il fondé pour obtenir la main-levée de la rétention administrative ?

Principe retenu

L'administration doit justifier avoir effectué toutes les diligences utiles pour réduire au maximum la durée de la rétention. En l'espèce, l'appelant n'apporte aucun élément à l'appui de son moyen, et les diligences suffisantes ont été effectuées, donc la prolongation de la rétention est confirmée.

Faits clés

  • M. [E] [L] [H], ressortissant turc, a fait l'objet d'une OQTF sans délai avec interdiction de retour d'un an et placement en rétention le 15 juillet 2026.
  • Le 21 juillet 2026, le magistrat du siège du tribunal judiciaire de Boulogne-sur-Mer a prolongé la rétention pour 26 jours.
  • L'appelant a interjeté appel le 22 juillet 2026, soulevant le moyen de défaut de diligences de l'administration.
  • Aucun recours en annulation de l'arrêté de placement en rétention n'a été déposé.
  • L'appelant n'a fourni aucun élément à l'appui de son moyen de défaut de diligences.

Articles cités

article L.741-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile article L.741-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile article R.743-18 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile article R.743-19 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile article R.743-20 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile article 455 du code de procédure civile article 612 du code de procédure civile

Exposé du litige

EXPOSÉ DU LITIGE M. [E] [L] [H] a fait l'objet d'un arrêté portant obligation de quitter le territoire français sans délai avec une interdiction de retour durant un an sur le territoire français et placement en rétention administrative ordonné par M le préfet du Nord le 15 juillet 2026 notifié le même jour à 15h50. Aucun recours en annulation de l'arrêté de placement en rétention administrative n'a été déposé au visa de l'article L 741-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Vu l'article 455 du code de procédure civile, Vu l'ordonnance du magistrat du siège du tribunal judiciaire de Boulogne-sur-Mer en date du 21 juillet 2026 à 11h11 et notifiée à 11h20 ordonnant une première prolongation du placement en rétention administrative de M. [E] [L] [H] pour une durée de 26 jours, Vu la déclaration d'appel de M. [E] [L] [H] du 21 juillet 2026 à 16h24 sollicitant la main-levée du placement en rétention administrative. Au soutien de sa déclaration d'appel , l'appelant soulève le nouveau moyen tiré du défaut de diligences de l' administration. Le conseil représentant M le Préfet du Nord demande oralement le rejet du moyen et la confirmation de l' ordonnance.

Motivations de la décision

MOTIFS DE LA DÉCISION Sur le moyen tiré du défaut de diligences Il ressort de l'article L 741-3 du Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile que l'administration doit justifier avoir effectué toutes les 'diligences utiles' suffisantes pour réduire au maximum la période de rétention de l'étranger. L'appelant ne fait valoir dans le cadre de son recours aucun élément à l'appui de ce moyen alors que les diligences suffisantes avaient été effectuées par l' administration , soit une demande de de routing le 15 juillet 2026 à 17h34 , soit le jour de l' arrêté de placement en rétention alors que l'étranger détient sa carte d'identité nationale en cours de validité lui permettant de regagner son pays d'origine. Aucun manquement de l'administration à son obligation de diligences ne se trouve ainsi caractérisé. Le moyen de fond doit être rejeté. Conformément au droit communautaire, aucun moyen soulevé par les parties ou susceptible d'être relevé d'office ne paraît contraire à la prolongation de la rétention administrative. Il convient dès lors de confirmer l' ordonnance. PAR CES MOTIFS, DÉCLARONS l'appel recevable ; CONFIRMONS l'ordonnance entreprise. DISONS que la présente ordonnance sera communiquée au ministère public par les soins du greffe ; DISONS que la présente ordonnance sera notifiée dans les meilleurs délais à l'appelant, à son conseil et à l'autorité administrative ;

Dispositif

LAISSONS les dépens à la charge de l'Etat. La greffière La présidente de chambre N° RG 26/01099 - N° Portalis DBVT-V-B7K-W33L A l'attention du centre de rétention, le mercredi 22 juillet 2026 Bien vouloir procéder à la notification de l'ordonnance en sollicitant, en tant que de besoin,un interprète. Le greffier REÇU NOTIFICATION DE L'ORDONNANCE 0[Immatriculation 1] Juillet 2026 ET DE L'EXERCICE DES VOIES DE RECOURS (à retourner signé par l'intéressé au greffe de la cour d'appel de Douai par courriel - [Courriel 1]) : Vu les articles 612 et suivants du Code de procédure civile et R. 743-20 du Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile Pour information : L'ordonnance n'est pas susceptible d'opposition. Le pourvoi en cassation est ouvert à l'étranger, à l'autorité administrative qui a prononcé le maintien en zone d'attente ou la rétention et au ministère public. Le délai de pourvoi en cassation est de deux mois à compter de la notification. Le pourvoi est formé par déclaration écrite remise au secrétariat greffe de la Cour de cassation par l'avocat au Conseil d'Etat et à la Cour de cassation constitué par le demandeur. Reçu copie et pris connaissance le à (heure) : - M. [E] [L] [H] - par truchement téléphonique d'un interprète en tant que de besoin - nom de l'interprète (à renseigner) : - décision transmise par courriel au centre de rétention de pour notification à M. [E] [L] [H] le mercredi 22 juillet 2026 - décision transmise par courriel pour notification à M. [R] et à Maître Magali BONDUELLE le mercredi 22 juillet 2026 - décision communiquée au tribunal administratif de Lille - décision communiquée à M. le procureur général - copie au tribunal judiciaire Le greffier, le mercredi 22 juillet 2026 '

Questions fréquentes

Qu'est-ce que le défaut de diligences de l'administration en matière de rétention ?
Le défaut de diligences signifie que l'administration n'a pas effectué toutes les démarches nécessaires pour organiser l'éloignement de l'étranger dans les meilleurs délais. En l'espèce, l'appelant a soulevé ce moyen mais n'a apporté aucun élément de preuve, et l'administration a démontré avoir fait les diligences suffisantes.
Comment prouver que l'administration n'a pas fait les diligences utiles ?
Pour prouver le défaut de diligences, il faut apporter des éléments concrets, comme des courriers, des demandes de rendez-vous, ou des preuves de l'inaction de l'administration. Dans cette affaire, l'appelant n'a fourni aucun élément, ce qui a conduit au rejet de son moyen.
Quel est le délai pour faire appel d'une ordonnance de prolongation de rétention ?
L'appel doit être formé dans un délai de 24 heures selon les dispositions du CESEDA. En l'espèce, l'appel a été interjeté le lendemain de l'ordonnance, ce qui a été jugé recevable.
Que se passe-t-il si je ne fournis pas de preuves pour mon appel ?
Si vous ne fournissez pas de preuves à l'appui de vos moyens, le juge peut les rejeter comme non fondés. Dans cette affaire, le moyen de défaut de diligences a été rejeté car l'appelant n'a produit aucun élément, et l'administration a justifié de ses diligences.
Quels sont les recours possibles contre une décision de prolongation de rétention ?
Les recours possibles sont l'appel devant le premier président de la cour d'appel, comme en l'espèce, et un pourvoi en cassation dans un délai de deux mois. L'appel doit être formé dans les 24 heures suivant la notification de l'ordonnance.
L'administration doit-elle justifier de ses diligences pour prolonger ma rétention ?
Oui, l'administration doit justifier avoir effectué toutes les diligences utiles pour réduire la durée de la rétention. En l'espèce, elle a démontré avoir fait les diligences nécessaires, ce qui a justifié la prolongation.
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