Justiweb – Assistant juridique IA Justiweb
Se connecter Inscription gratuite

Cour d'appel, etrangers, 22 juillet 2026 — n° 26/00691

Other

Synthèse de la décision

Question juridique

La prolongation de la rétention administrative d'un étranger est-elle justifiée malgré l'absence de menace à l'ordre public et les délais de l'administration pour organiser l'éloignement ?

Principe retenu

La rétention administrative peut être prolongée si l'administration justifie de diligences suffisantes pour organiser l'éloignement, même en l'absence de menace à l'ordre public. L'absence de démarches pendant une courte période ne constitue pas une irrégularité si l'éloignement est imminent.

Faits clés

  • M. [F] [V], de nationalité algérienne, a fait l'objet de plusieurs condamnations pénales, dont une interdiction définitive du territoire français.
  • Il a été placé en rétention administrative le 19 mai 2026, et sa rétention a été prolongée à plusieurs reprises.
  • Le préfet de l'Hérault a demandé une nouvelle prolongation de 30 jours le 19 juillet 2026.
  • L'ordonnance du 20 juillet 2026 a prolongé la rétention, et M. [V] a fait appel.
  • L'administration a reconnu l'étranger par les autorités consulaires le 9 juillet 2026, mais n'a sollicité un routing que le 15 juillet 2026, avec un départ prévu à compter du 3 août 2026.

Articles cités

article L. 743-21 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile article L.342-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile article R.743-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile article R743-20 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile article L611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile

Exposé du litige

COUR D'APPEL DE TOULOUSE Minute 26/693 N° RG 26/00691 - N° Portalis DBVI-V-B7K-RQSH O R D O N N A N C E L'an DEUX MILLE VINGT SIX et le 22 Juillet à 15h30 Nous F. CROISILLE-CABROL, Conseillère, magistrat délégué par ordonnance de la première présidente en date du 01 juillet 2026 pour connaître des recours prévus par les articles L. 743-21 et L.342-12, R.743-10 et suivants du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Vu l'ordonnance rendue le 20 juillet 2026 à 15h49 par le magistrat du siège du tribunal judiciaire de Toulouse ordonnant la prolongation du maintien au centre de rétention de : [F] [V] né le 04 Septembre 1998 à [Localité 1] (ALGERIE) de nationalité Algérienne Vu la notification de ladite ordonnance au retenu le 20 juillet 2026 à 16h20, Vu l'appel formé le 21 juillet 2026 à 14h52 par courriel, par Me Jérôme CANADAS, avocat au barreau de TOULOUSE, A l'audience publique du 22 juillet 2026 à 09h45, assistée de A.C. PELLETIER, greffière, lors des débats et de L.EYMERI, greffière placée, lors de la mise à disposition, avons entendu : [F] [V] assisté de Me Jérôme CANADAS, avocat au barreau de TOULOUSE, substitué par Me Régis CAPDEVIELLE, avocat au barreau de TOULOUSE, qui a eu la parole en dernier ; avec le concours de [D] [N], interprète en langue arabe, assermentée; En l'absence du représentant du Ministère public, régulièrement avisé ; En l'absence du représentant de la PREFECTURE DE L'HERAULT, régulièrement avisée ; avons rendu l'ordonnance suivante : M. [F] [V], de nationalité algérienne, a fait l'objet : - de plusieurs jugements du tribunal correctionnel de Béziers : * jugement du 4 décembre 2023 le condamnant pour des faits de vols aggravés à la peine de 8 mois d'emprisonnement avec sursis, et interdiction du territoire français pendant 3 ans ; * jugement du 7 mai 2025 le condamnant pour des faits de maintien irrégulier sur le territoire français à la peine de 6 mois d'emprisonnement, avec interdiction du territoire français pendant 3 ans ; * jugement du 23 juin 2025 le condamnant pour des faits de refus de se soumettre aux vérifications de l'état alcoolique et violence sans incapacité sur conjoint à la peine de 6 mois d'emprisonnement avec révocation du sursis antérieur et interdiction définitive du territoire français ; - d'une décision de placement en rétention administrative du 19 mai 2026 notifiée le 21 mai 2026 à 8h00 ; - sur requête de la préfecture, d'une ordonnance du magistrat du tribunal judiciaire de Toulouse du 25 mai 2026 prolongeant la rétention administrative pour 26 jours, confirmée par ordonnance de la cour d'appel de Toulouse du 27 mai 2026 ; - sur requête de la préfecture, d'une ordonnance du magistrat du tribunal judiciaire de Toulouse du 20 juin 2026 prolongeant la rétention administrative pour 30 jours, confirmée par ordonnance de la cour d'appel de Toulouse du 22 juin 2026. Par requête reçue le 19 juillet 2026 à 8h09, le préfet de l'Hérault a demandé la prolongation de la rétention administrative. Par ordonnance rendue le 20 juillet 2026 à 15h49, le magistrat du tribunal judiciaire de Toulouse a ordonné la prolongation de la rétention administrative pour une durée de 30 jours. M. [F] [V] en a relevé appel le 21 juillet 2026 à 14h52. Dans son mémoire d'appel, repris à l'audience, le conseil de M. [F] [V] soulève : - l'absence de menace à l'ordre public ; - l'absence de démarches suffisantes en vue de l'éloignement, les autorités consulaires ayant reconnu l'étranger le 9 juillet 2026 et l'administration n'ayant sollicité un routing que le 15 juillet 2026, avec un départ à compter du 3 août 2026, sans démarche entre le 9 et le 15 juillet. Il demande l'infirmation de l'ordonnance et la remise en liberté. A l'audience, M. [F] [V] dit avoir un frère à [Localité 2] et vouloir quitter la France pour l'Espagne mais non pour l'Algérie. M.

Motivations de la décision

MOTIFS L'appel interjeté dans les délais légaux est recevable. Aux termes de l'article L 742-4 : Le magistrat du siège du tribunal judiciaire peut, dans les mêmes conditions qu'à l'article L. 742-1, être à nouveau saisi aux fins de prolongation du maintien en rétention au-delà de trente jours, dans les cas suivants : 1° En cas d'urgence absolue ou de menace pour l'ordre public ; 2° Lorsque l'impossibilité d'exécuter la décision d'éloignement résulte de la perte ou de la destruction des documents de voyage de l'intéressé, de la dissimulation par celui-ci de son identité ou de l'obstruction volontaire faite à son éloignement ; 3° Lorsque la décision d'éloignement n'a pu être exécutée en raison : a) du défaut de délivrance des documents de voyage par le consulat dont relève l'intéressé ou lorsque la délivrance des documents de voyage est intervenue trop tardivement pour procéder à l'exécution de la décision d'éloignement ; b) de l'absence de moyens de transport. L'étranger peut être maintenu à disposition de la justice dans les conditions prévues à l'article L. 742-2. Si le juge ordonne la prolongation de la rétention, celle-ci court à compter de l'expiration de la précédente période de rétention et pour une nouvelle période d'une durée maximale de trente jours. La durée maximale de la rétention n'excède alors pas soixante jours. La prolongation de la rétention peut être renouvelée une fois, dans les mêmes conditions. La durée maximale de la rétention n'excède alors pas quatre-vingt-dix jours. Le premier juge a, par des motifs pertinents que la cour adopte et que l'intéressé ne critique pas utilement, estimé que l'administration justifiait de démarches suffisantes et de perspectives raisonnables d'éloignement ; qu'en effet, il a relevé que l'administration avait saisi les autorités consulaires algériennes aux fins de délivrance d'un laissez-passer consulaire le 21 mai 2026, que l'audition de l'intéressé avait eu lieu le 8 juillet 2026, que le 9 juillet 2026 les autorités consulaires s'étaient dites disposées à délivrer un laissez-passer consulaire et avaient demandé des photographies que l'administration avait adressées le même jour avec les empreintes, et qu'un routing avait été sollicité le 15 juillet 2026 et programmé à compter du 3 août 2026 ; la cour ajoute que l'absence de démarches entre le 9 et le 15 juillet 2026 ne rend pas insuffisant l'ensemble des démarches. De plus, si M. [F] [V] dit vouloir quitter la France, ce n'est pas pour aller en Algérie mais en Espagne, de sorte qu'il n'affiche aucune intention de regagner par ses propres moyens son pays d'origine. Sans qu'il soit utile d'examiner le critère de la menace pour l'ordre public, la prolongation de la rétention administrative est justifiée et la décision déférée sera en conséquence confirmée en toutes ses dispositions et M. [F] [V] débouté de ses demandes.

Dispositif

PAR CES MOTIFS Statuant par ordonnance mise à disposition au greffe après avis aux parties ; Confirmons l'ordonnance rendue par le magistrat du tribunal judiciaire de Toulouse le 20 juillet 2026 ; Disons que la présente ordonnance sera notifiée à la préfecture de l'Hérault, service des étrangers, à M. [F] [V] ainsi qu'à son conseil et communiquée au ministère public. LE GREFFIER LE MAGISTRAT DELEGUE L. EYMERI F. CROISILLE-CABROL ORDONNANCE 26/693 NOTIFICATION DU DISPOSITIF DE L'ORDONNANCE DE LA COUR D'APPEL RELATIF A UN RECOURS EN MATIERE DE RETENTION ADMINISTRATIVE Monsieur [F] [V], Vous avez été placé au centre de rétention administative de [Localité 3]. - Vous avez formé appel de la décision du magistrat du siège du tribnal judiciaire de [Localité 4] qui a décidé de la prolongation de votre placement, - ou la Préfecture compétente /le Ministère Public a formé appel de votre remise en liberté. Vous avez été entendu en audience à la cour d'appel. Madame-Monsieur le conseiller, délégué par ordonnance de la première présidente, a rendu ce jour, par ordonnance, la décision suivante : ' PROLONGATION DE LA MESURE DE RÉTENTION (maintien au centre de rétention). Art. R743-20 du CESEDA : Cette décision est susceptible de POURVOI EN CASSATION qui doit être formé, dans un délai de deux mois à compter de la date de signature de l'accusé de réception de la présente notification, par déclaration déposée au greffe de la COUR DE CASSATION ([Adresse 1]) par un AVOCAT au CONSEIL D'ETAT et à la COUR DE CASSATION, la représentation étant obligatoire, à peine d'irrecevabilité prononcée d'office --------------------------- ' MAINLEVÉE DE LA MESURE DE RÉTENTION : LIBÉRATION (sortie du centre de rétention) Vous allez pouvoir quitter le centre de rétention, nous vous rappelons que vous avez l'obligation de quitter le territoire français Art L611-1 du CESEDA La présente notification est accompagnée d'une traduction conforme, ci-après. .

Questions fréquentes

Qu'est-ce qu'une rétention administrative ?
C'est une mesure privative de liberté visant à maintenir un étranger en centre de rétention dans l'attente de son éloignement du territoire français.
Quels sont les motifs de prolongation de la rétention ?
La prolongation est possible si l'administration justifie de diligences suffisantes pour organiser l'éloignement, même en l'absence de menace à l'ordre public.
Que s'est-il passé dans cette affaire ?
M. [V], de nationalité algérienne, a vu sa rétention prolongée de 30 jours. Il contestait en invoquant l'absence de menace à l'ordre public et des délais de l'administration, mais la cour a confirmé la prolongation.
Qu'est-ce qu'un routing ?
Le routing est la planification du vol pour l'éloignement. Dans cette affaire, il a été sollicité le 15 juillet, avec un départ prévu le 3 août, ce qui a été jugé suffisant.
Quels sont les recours contre une ordonnance de prolongation ?
L'étranger peut faire appel dans les 24 heures, puis former un pourvoi en cassation dans un délai de deux mois.
L'absence de menace à l'ordre public empêche-t-elle la prolongation ?
Non, la menace à l'ordre public n'est pas un critère nécessaire pour prolonger la rétention ; l'essentiel est que l'administration fasse des diligences pour l'éloignement.
💡 Votre situation ressemble à cette décision ? Posez votre question à l'IA
Gratuit · sans engagement

Des milliers de justiciables utilisent déjà Justiweb pour clarifier leur situation.

Une question similaire ? Posez-la à Justiweb

Notre IA juridique vous répond avec sources officielles et jurisprudence à jour.

Poser ma question

Gratuit pour commencer · sans engagement

Important : Cette page présente une décision de justice à titre informatif. Elle ne constitue pas un conseil juridique personnalisé. Pour votre situation spécifique, consultez un avocat ou utilisez l'assistant Justiweb pour explorer vos questions juridiques.