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Cour d'appel, jurid. premier président, 23 juillet 2026 — n° 26/05705

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Synthèse de la décision

Question juridique

La décision de renouvellement d'une mesure de soins psychiatriques sans consentement prise après l'expiration du délai légal est-elle irrégulière et justifie-t-elle la mainlevée de la mesure ?

Principe retenu

Le renouvellement d'une mesure de soins psychiatriques sans consentement doit intervenir dans le délai légal prévu par l'article L. 3212-7 du code de la santé publique. À défaut, la mesure est irrégulière et porte atteinte aux droits du patient, justifiant la mainlevée.

Faits clés

  • M. [J] [M] a été admis en soins psychiatriques sans consentement le 17 septembre 2025.
  • La mesure a été renouvelée par décisions des 17 mars, 17 avril, 19 mai et 17 juin 2026.
  • La décision de renouvellement du 19 mai 2026 est intervenue après l'expiration du délai légal de la mesure précédente.
  • Le patient a fait appel de l'ordonnance autorisant le maintien de l'hospitalisation complète.
  • Le ministère public a conclu à la confirmation de l'ordonnance.

Articles cités

article L.3211-12 du code de la santé publique article L.3212-7 du code de la santé publique article R.3211-12 du code de la santé publique

Exposé du litige

********************** FAITS ET PROCÉDURE Vu les pièces utiles et décisions motivées prévues à l'article R. 3211-12 du Code de la santé publique, Vu la décision d'admission en soins psychiatriques en hospitalisation complète concernant M. [J] [M], à la demande d'un tiers, prise le 17 septembre 2025 par le directeur du centre hospitalier de [Localité 6], Vu la décision prise le 27 janvier 2026 par le directeur du centre hospitalier de [Localité 7]or, prévoyant que la prise en charge de M. [J] [M] se ferait sous une autre forme que l'hospitalisation complète, incluant des soins ambulatoires, à laquelle un programme de soins était annexé, Vu les décisions de maintien en soins psychiatriques concernant M. [J] [M], prises les 17 mars, 17 avril, 19 mai et 17 juin 2026 par le directeur du centre hospitalier de [Localité 6], Vu la décision prise le 9 juillet 2026 par le directeur du centre hospitalier de [Localité 7]or, prévoyant que la prise en charge de M. [J] [M] se ferait sous la forme d'une hospitalisation complète à compter du 9 juillet 2026, Par requête du 10 juillet 2026, le directeur du centre hospitalier de Saint Cyr au Mont d'or a saisi le juge du tribunal judiciaire de Lyon afin qu'il soit statué sur la poursuite de l'hospitalisation complète au-delà de 12 jours. Par ordonnance rendue le 15 juillet 2026, le juge du tribunal judiciaire de Lyon a autorisé le maintien en hospitalisation complète sans son consentement de M. [J] [M] pour lui prodiguer des soins psychiatriques, au-delà d'une durée de 12 jours. Par courriel reçu au greffe de la cour d'appel le 17 juillet 2026, M. [J] [M] a relevé appel de cette décision en motivant ainsi son recours : «Je vous contacte ce jour pour faire appel contre la décision du juge des libertés de [Localité 8] au [Localité 9] où j'ai été hospitalisé pour des motifs non justifiés et non valables et mes arguments seront importants à prendre en compte lors de notre rdv merci beaucoup de votre compréhension ». Par courriel du 22 juillet 2026, mis à la disposition des parties, le ministère public conclut à la confirmation de l'ordonnance critiquée. L'affaire a été évoquée lors de l'audience du 23 juillet 2026 à 13 heures 30. À cette audience, M. [J] [M] a comparu en personne, assisté de son conseil. L'association tutélaire du Rhône, curatrice de M. [J] [M], a fait parvenir à la cour un rapport de situation, daté du 21 juillet 2026. Lors de l'audience, M. [J] [M] a déclaré que, depuis sa réintégration en hospitalisation complète, les médecins lui prescrivaient un traitement qui lui convenait mieux que celui qu'il recevait dans le cadre du programme de soins. Il a affirmé qu'il n'avait présenté aucun trouble du comportement depuis fin janvier 2026, tandis que les faits signalés dans le certificat médical du 9 juillet 2026, préalable à la réintégration, ont eu lieu l'année dernière. L'avocate de M. [J] [M] a été entendue en ses explications, reprenant pour l'essentiel les termes de ses conclusions écrites reçues au greffe le 22 juillet 2026.

Motivations de la décision

MOTIFS DE LA DECISION Sur la recevabilité de l'appel Aux termes de l'article R. 3211-18 du Code de la santé publique, l'ordonnance rendue par le juge du tribunal judiciaire est susceptible d'appel devant le premier président dans un délai de 10 jours à compter de sa notification. Le recours formé dans le délai du texte est déclaré recevable. Sur le maintien de l'hospitalisation sans consentement M. [J] [M] a fait l'objet d'une décision d'admission en soins psychiatriques en hospitalisation complète, prise par le directeur du centre hospitalier de [Localité 10] d'or le 17 septembre 2025. Il ressort du dossier que le directeur du centre hospitalier a ordonné le maintien de M. [J] [M] en soins psychiatrique pour une durée maximale d'un mois, par décisions des 17 mars, 17 avril, 19 mai et 17 juin 2026. C'est à bon droit que l'avocate de M. [J] [M] fait observer que la mesure de soins sous contrainte était arrivée à son terme, quand elle a été renouvelée par la décision du 19 mai 2026. Il s'en déduit que cette décision de renouvellement est irrégulière, au regard des dispositions de l'article L. 3212-7 premier alinéa du code de la santé publique ; dans ces conditions, le maintien de M. [J] [M] dans le cadre de soins sous contrainte, hors d'un cadre juridique valide, lui a fait grief, en portant atteinte à ses droits. En conséquence, après infirmation de l'ordonnance déférées, il sera donné mainlevée de la mesure de soins psychiatriques sans consentement dont M. [J] [M] fait l'objet. En application de l'article L. 3211-12 (III) du code de la santé publique, au vu des certificats médicaux établis les 10 juillet et 21 juillet 2026 par les docteurs [T] puis [K], il y a lieu d'indiquer que cette mainlevée prendra effet dans un délai maximal de 24 heures, afin qu'un programme de soins puisse, le cas échéant, être établi. Sur les dépens Il convient de laisser les dépens à la charge du Trésor public. PAR CES MOTIFS Statuant par mise à disposition au greffe, Déclarons l'appel recevable ; Infirmons l'ordonnance déférée en toutes ses dispositions, Statuant à nouveau, Donnons main levée de la mesure de soins psychiatriques sans consentement dont M. [J] [M] fait l'objet cette mainlevée prenant effet dans un délai maximal de 24 heures ;

Dispositif

Laissons les dépens à la charge du Trésor public. La greffière, Le conseiller délégué,

Questions fréquentes

Quel est le délai pour renouveler une mesure de soins psychiatriques sans consentement ?
Selon l'article L. 3212-7 du code de la santé publique, le renouvellement doit intervenir avant l'expiration du délai de la mesure en cours. Dans cette affaire, le renouvellement du 19 mai 2026 est intervenu après l'expiration du délai, ce qui l'a rendu irrégulier.
Que se passe-t-il si le renouvellement est fait après la date limite ?
Si le renouvellement est tardif, la mesure devient irrégulière et peut être levée. En l'espèce, la cour a constaté que la décision du 19 mai 2026 était tardive, portant atteinte aux droits du patient, et a ordonné la mainlevée.
Comment faire appel d'une décision du juge des libertés ?
L'appel doit être formé dans un délai de 10 jours à compter de la notification de la décision. Dans cette affaire, M. [M] a fait appel par courriel, et son recours a été déclaré recevable.
Quels sont mes droits en cas d'hospitalisation psychiatrique sans consentement ?
Vous avez le droit de contester la mesure, d'être assisté d'un avocat, et de saisir le juge. Si la procédure n'est pas respectée, comme ici le renouvellement tardif, vous pouvez obtenir la mainlevée de la mesure.
Qu'est-ce qu'une mainlevée de soins psychiatriques ?
La mainlevée met fin à la mesure de soins sans consentement. Dans cette décision, la mainlevée a été ordonnée avec un délai maximal de 24 heures pour permettre l'établissement d'un programme de soins si nécessaire.
Quelles sont les conséquences d'une irrégularité dans le renouvellement ?
Une irrégularité dans le renouvellement peut entraîner l'annulation de la mesure et la mainlevée. Ici, la cour a infirmé l'ordonnance et donné mainlevée, considérant que le maintien sous contrainte hors cadre juridique valide avait porté grief au patient.
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