Justiweb – Assistant juridique IA Justiweb
Se connecter Inscription gratuite

Cour d'appel, 4eme chambre section 2, 23 juillet 2026 — n° 26/00584

Other

Synthèse de la décision

Question juridique

L'instance est-elle périmée lorsque le sursis à statuer a été ordonné en raison d'une plainte pénale et que l'affaire a été radiée, puis réinscrite après le classement sans suite de la plainte ?

Principe retenu

La péremption d'instance n'est pas acquise lorsque le délai de deux ans sans diligence a été interrompu ou suspendu par des circonstances indépendantes de la volonté de la partie, telles qu'un sursis à statuer ordonné par la juridiction en raison d'une plainte pénale, et que la partie a accompli des diligences pour informer le conseiller de la mise en état de l'avancement de la procédure pénale.

Faits clés

  • Arrêt du 26 septembre 2018 ordonnant un sursis à statuer jusqu'à la décision définitive sur une plainte pénale pour faux, usage de faux et escroquerie en bande organisée
  • Ordonnance de radiation du 19 juin 2019 en application de l'article 381 du code de procédure civile
  • Courrier du Bureau d'ordre pénal du 16 octobre 2020 informant qu'une enquête de police était toujours en cours
  • Courriel du conseil de l'appelant du 5 juillet 2021 indiquant que l'enquête était toujours en cours
  • Classement sans suite de la procédure pénale le 8 mars 2023

Articles cités

article 381 du code de procédure civile article 700 du code de procédure civile

Exposé du litige

23/07/2026 N° RG 26/00584 - N° Portalis DBVI-V-B7K-RK4H Décision déférée - 17 Janvier 2017 - Conseil de Prud'hommes - Formation paritaire de Toulouse -14/00399 [W] [M] C/ [L] [T] [A] [U] Association [1] [Localité 1] REPUBLIQUE FRANCAISE AU NOM DU PEUPLE FRANCAIS *** COUR D'APPEL DE TOULOUSE 4eme Chambre Section 2 *** ORDONNANCE N°26/ *** Le vingt trois Juillet deux mille vingt six, nous, G. NEYRAND, magistrat chargé de la mise en état, assisté de C. IZARD, greffier, avons rendu l'ordonnance suivante, dans la procédure suivie entre : APPELANT Monsieur [W] [M] [Adresse 1] [Localité 2] Représenté par Me Jean-Paul BOUCHE de la SELEURL BOUCHE JEAN-PAUL, avocat au barreau de TOULOUSE INTIMES Monsieur [L] [T], ès qualité de mandataire liquidateur de la SAS [2] [Adresse 2] [Localité 3] Représenté par Me Jean-Romain RAPP de la SELARL INTER-BARREAUX PRICENS, avocat au barreau de TOULOUSE Monsieur [A] [U], en sa qualité de mandataire ad hoc de la SARL [3] [Adresse 3] [Localité 4] Représenté par Me Emmanuel TRICOIRE de la SELEURL CABINET TRICOIRE, avocat au barreau de TOULOUSE [4] [5] DE [Localité 1] [Adresse 4] [Localité 5] Représentée par Me Pascal SAINT GENIEST de l'AARPI QUATORZE, avocat au barreau de TOULOUSE ****** Par arrêt en date du 26 septembre 2018, la cour d'appel de Toulouse a statué ainsi : Prononce la jonction des procédures suivies sous les numéros 17/1120 et 17/5644, Réforme le jugement du conseil de prud'hommes de Toulouse du 17 janvier 2017 en ce qu'il a déclaré les demandes de Monsieur [W] [M] irrecevables, Statuant à nouveau, Déclare recevables en la forme les demandes de Monsieur [W] [M] tant à l'égard de la SARL [2] que de la SARL [3], Avant dire droit sur le fond, Prononce le sursis à statuer jusqu'à la décision définitive sur la plainte pénale pour faux, usage de faux et escroquerie en bande organisée relative au contrat de travail allégué par Monsieur [W] [M] à l'encontre de la SARL [2], Dit qu'il appartiendra à la partie la plus diligente de ressaisir la cour lorsqu'il aura été statué définitivement sur la procédure pénale précitée, Réserve en fin d'instance les demandes fondées sur l'article 700 du code de procédure civile, Réserve les dépens en fin d'instance. Une ordonnance du conseiller de la mise en l'état du 19 juin 2019 a statué ainsi : Vu l'article 381 du code de procédure civile, Ordonnons la radiation de l'affaire et son retrait du rang des affaires en cours, Dit qu'elle sera rétablie à la demande de la partie la plus diligente lorsqu'il aura été statué sur la plainte pénale précitée, avant l'expiration du délai de péremption de l'instance. Cette ordonnance faisait suite à une demande du conseiller de la mise en l'état d'être tenu informé de l'avancé de la procédure pénale, les conseils des parties indiquant au conseiller être dans l'ignorance du devenir de la plainte. Un courrier du Bureau d'ordre pénal du 16 octobre 2020 informait l'avocat de Monsieur [W] [M] qu'une enquête de police était toujours en cours. Cette pièce était produite dans le cadre de la mise en l'état devant la cour d'appel en 2020. Par courriel du 5 juillet 2021, le conseil de Monsieur [W] [M] indiquait au conseiller de la mise en l'état que malgré plusieurs relances, les services du parquet de [Localité 1] indiquaient que l'enquête était toujours en cours.

Motivations de la décision

MOTIFS DE LA DÉCISION En application des dispositions de l'article 386 du code de procédure civile l'instance est périmée lorsque aucune des parties n'accomplit de diligences pendant deux ans. L'article 378 du même code énonce que la décision de sursis suspend le cours de l'instance pour le temps ou jusqu'à la survenance de l'événement qu'elle détermine. L'article 392 précise que l'interruption de l'instance emporte celle du délai de péremption. Ce délai continue à courir en cas de suspension de l'instance sauf si celle-ci n'a lieu que pour un temps ou jusqu'à la survenance d'un événement déterminé ; dans ces derniers cas, un nouveau délai court à compter de l'expiration de ce temps ou de la survenance de cet événement. L'arrêt en date du 26 septembre 2018 a suspendu l'instance et le délai de péremption dans l'attente du résultat de l'enquête pénale, cette condition entrant dans les conditions des dispositions précitées, suspendant le délai de péremption. Par ailleurs et postérieurement à l'ordonnance de radiation du 19 juin 2019, Monsieur [W] [M] a fait des diligences pour connaître l'état de sa plainte comme cela ressort des documents transmis au conseiller de la mise en l'état, par courrier du 16 octobre 2020 et courriel du 5 juillet 2021. Informé du classement sans suite de l'affaire le 8 mars 2023, Monsieur [W] [M] a fait réinscrire l'affaire au rôle de la cour d'appel une première fois en janvier 2024 puis en janvier 2026. Aucun délai supérieur à deux années imputable à l'inertie ou à l'absence de diligence de Monsieur [W] [M] ne peut lui être imputé au regard du rappel de cette chronologie, du sursis à statuer ordonné par une juridiction causée par l'existence d'une plainte pénale, de l'enquête pénale sur laquelle il n'avait pas de prise et pour laquelle il a malgré tout tenu informé le conseiller de la mise en l'état et sur la signification de l'ordonnance du tribunal de commerce, qui a désigné Monsieur [A] [U], en sa qualité de mandataire de la société SARL [3] pour représenter la société et qui a été faite par le greffe de cette juridiction et qui n'était pas à faire par ses soins. La péremption d'instance n'est donc pas acquise. Il convient de débouter Monsieur [A] [U], en sa qualité de mandataire de la société SARL [3] et [6] ([5] de [Localité 1]) de leur demande d'incident visant à faire juger l'instance atteinte de péremption. Les dépens sont réservés dans l'attente de la décision à intervenir sur le fond. Il n'y a pas lieu de faire application des dispositions de l'article 700 du code de procédure civile. Les conclusion et courrier des parties, postérieurs à l'audience du 9 juin 2026, ne sont pas pris en compte dans le cadre de cette décision, comme étant tardifs et irrecevables. PAR CES MOTIFS Nous, G. NEYRAND, conseiller de la mise en l'état,

Dispositif

Déclarons irrecevables les conclusions de Monsieur [W] [M], Déboutons Monsieur [A] [U], en sa qualité de mandataire de la société SARL [3] et les [4] ([5] de [Localité 1]) de leur demande visant à faire juger l'instance atteinte de péremption, Réservons les dépens Disons n'y avoir lieu à faire application des dispositions de l'article 700 du code de procédure civile, Le greffier Le magistrat chargé de la mise en état C. IZARD G. NEYRAND

Questions fréquentes

Qu'est-ce que la péremption d'instance ?
La péremption d'instance est une sanction procédurale qui éteint l'instance lorsque les parties s'abstiennent d'accomplir des diligences pendant un délai de deux ans. Elle doit être demandée par une partie et constatée par le juge.
Le délai de péremption court-il pendant un sursis à statuer ?
Non, le sursis à statuer ordonné par le juge suspend le cours de l'instance et interrompt le délai de péremption. Dans cette affaire, le sursis a été ordonné en raison d'une plainte pénale, et le délai n'a pas couru pendant cette période.
Comment éviter la péremption de mon instance ?
Pour éviter la péremption, il faut accomplir des diligences interruptives, comme des conclusions, des demandes de fixation, ou informer le juge de l'avancement de la procédure. Dans ce cas, l'appelant a régulièrement informé le conseiller de la mise en état de l'état de l'enquête pénale.
Que se passe-t-il si une plainte pénale est en cours ?
Si une plainte pénale est en cours et qu'un sursis à statuer a été ordonné, l'instance civile est suspendue. Le délai de péremption ne court pas pendant cette suspension. Une fois la plainte classée sans suite, l'affaire peut être réinscrite.
Puis-je demander la réinscription de mon affaire après un classement sans suite ?
Oui, après le classement sans suite de la plainte pénale, la partie la plus diligente peut demander la réinscription de l'affaire au rôle. Dans cette affaire, l'appelant a fait réinscrire l'affaire après avoir été informé du classement.
Quels sont les délais pour agir après une radiation ?
Après une radiation, l'affaire peut être réinscrite à la demande de la partie la plus diligente, mais avant l'expiration du délai de péremption. Ce délai est de deux ans, mais il est suspendu pendant un sursis à statuer.
💡 Votre situation ressemble à cette décision ? Posez votre question à l'IA
Gratuit · sans engagement

Des milliers de justiciables utilisent déjà Justiweb pour clarifier leur situation.

Une question similaire ? Posez-la à Justiweb

Notre IA juridique vous répond avec sources officielles et jurisprudence à jour.

Poser ma question

Gratuit pour commencer · sans engagement

Important : Cette page présente une décision de justice à titre informatif. Elle ne constitue pas un conseil juridique personnalisé. Pour votre situation spécifique, consultez un avocat ou utilisez l'assistant Justiweb pour explorer vos questions juridiques.