Justiweb – Assistant juridique IA Justiweb
Se connecter Inscription gratuite

Cour d'appel, pôle 1 - chambre 11, 23 juillet 2026 — n° 26/04130

Irrecevabilite

Synthèse de la décision

Question juridique

La déclaration d'appel contre une ordonnance de prolongation de la rétention administrative est-elle manifestement irrecevable lorsque l'étranger ne rapporte pas la preuve de l'absence ou de l'irrégularité de la convention d'assistance juridique ?

Principe retenu

Conformément aux principes élémentaires de la procédure civile, il appartient à l'étranger de rapporter la preuve de l'absence ou de l'irrégularité prétendue de la convention d'assistance juridique applicable à l'espèce. À défaut, la déclaration d'appel est manifestement irrecevable et peut être rejetée sans convocation préalable des parties.

Faits clés

  • M. [R] [L], de nationalité moldave, a été placé en rétention administrative.
  • Le 21 juillet 2026, le magistrat du siège du tribunal judiciaire de Créteil a ordonné la prolongation de la rétention pour vingt-six jours.
  • M. [R] [L] a interjeté appel le 22 juillet 2026, réitéré et complété à plusieurs reprises.
  • L'appelant n'a pas rapporté la preuve de l'absence ou de l'irrégularité de la convention d'assistance juridique.
  • L'appel a été jugé manifestement irrecevable en application de l'article L 743-23-1° du CESEDA.

Articles cités

article L 743-23-1° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile article R 743-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile

Exposé du litige

RÉPUBLIQUE FRANÇAISE AU NOM DU PEUPLE FRANÇAIS COUR D'APPEL DE PARIS L. 742-1 et suivants du Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ORDONNANCE DU 23 JUILLET 2026 (1 pages) Numéro d'inscription au répertoire général et de décision : B N° RG 26/04130 - N° Portalis 35L7-V-B7K-CNSDJ Décision déférée : ordonnance rendue le 21 juillet 2026, à 10h59, par le magistrat du siège du tribunal judiciaire de Créteil Nous, Laurent Ben-Kemoun, président de chambre à la cour d'appel de Paris, agissant par délégation du premier président de cette cour, assisté de Camille Besson, greffière au prononcé de l'ordonnance, APPELANT : M. [R] [L] né le 01 février 2003 à [Localité 1], de nationalité moldave RETENU au centre de rétention : [Adresse 1] Informé le 22 juillet 2026 à 11h03, de la possibilité de faire valoir ses observations sur le caractère manifestement irrecevable de son appel, en application des dispositions de l'article R 743-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ayant pour conseil choisi Me Sally El Aniou, avocat au barreau du Val-de-Marne Informé le 22 juillet 2026 à 11h03, de la possibilité de faire valoir ses observations sur le caractère manifestement irrecevable de son appel, en application des dispositions de l'article R 743-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile INTIMÉ : LE PREFET DU VAL-DE-MARNE Informé le 22 juillet 2026 à 11h03, de la possibilité de faire valoir ses observations sur le caractère manifestement irrecevable de son appel, en application des dispositions de l'article R 743-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile MINISTÈRE PUBLIC, avisé de la date et de l'heure de l'audience ORDONNANCE : contradictoire - Vu l'ordonnance du 21 juillet 2026 du magistrat du siège du tribunal judiciaire de Créteil rejetant le moyen d'irrégularité et le moyen d'irrecevabilité soulevés, déclarant la requête recevable et la procédure diligentée à l'encontre de M. [R] [L] régulière, constatant la légalité de la mesure de rétention prise à l'encontre de M. [R] [L], et ordonnant la prolongation de la rétention de M. [R] [L] pour une durée de vingt-six jours à compter de l'expiration du délai de quatre vingt seize heures du placement initial en rétention ; - Vu l'appel interjeté le 22 juillet 2026, à 08h11 réitéré à 08h22 et complété à 09h06 et à 11h16, par M. [R] [L] ; - Vu les observations reçues par couriel en date du 22 juillet 2026 à 12h35 par M. [R] [L] ;

Motivations de la décision

SUR QUOI, L'article L 743-23 -1°du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dispose : « Le premier président de la cour d'appel ou son délégué peut, par ordonnance motivée et sans avoir préalablement convoqué les parties, rejeter les déclarations d'appel manifestement irrecevables. Lorsqu'il est saisi d'un appel contre une décision rendue par le juge des libertés et de la détention dans les cas prévus aux articles L. 741-10 et L. 742-8, il peut également rejeter la déclaration d'appel sans avoir préalablement convoqué les parties s'il apparaît qu'aucune circonstance nouvelle de fait ou de droit n'est intervenue depuis le placement en rétention administrative ou son renouvellement, ou que les éléments fournis à l'appui de la demande ne permettent manifestement pas de justifier qu'il soit mis fin à la rétention. » Il est d'une bonne administration de la justice de faire application de ces dispositions. En l'espèce, la déclaration d'appel n'est pas recevable en ce que : - conformément aux principes élémentaires de la procédure civile, il appartient à l'étranger de rapporter la preuve de l'absence ou de l'irrégularité prétendue de la convention d'assistance juridique applicable à l'espèce. PAR CES MOTIFS REJETONS la déclaration d'appel,

Dispositif

ORDONNONS la remise immédiate au procureur général d'une expédition de la présente ordonnance. Fait à [Localité 2] le 23 juillet 2026 à 10h02 LE GREFFIER, LE PRÉSIDENT, REÇU NOTIFICATION DE L'ORDONNANCE ET DE L'EXERCICE DES VOIES DE RECOURS : Pour information : L'ordonnance n'est pas susceptible d'opposition. Le pourvoi en cassation est ouvert à l'étranger, à l'autorité administrative qui a prononcé le maintien en zone d'attente ou la rétention et au ministère public. Le délai de pourvoi en cassation est de deux mois à compter de la notification. Le pourvoi est formé par déclaration écrite remise au secrétariat greffe de la Cour de cassation par l'avocat au Conseil d'Etat et à la Cour de cassation constitué par le demandeur. Notification effectuée aux parties par LRAR ou télécopie et/ou courriel.

Questions fréquentes

Que se passe-t-il si je ne fournis pas la preuve de mon aide juridictionnelle lors d'un appel en rétention ?
Dans cette affaire, l'appelant n'a pas rapporté la preuve de l'absence ou de l'irrégularité de la convention d'assistance juridique. En conséquence, sa déclaration d'appel a été jugée manifestement irrecevable et rejetée sans audience.
Mon appel contre la prolongation de ma rétention peut-il être rejeté sans audience ?
Oui, selon l'article L 743-23-1° du CESEDA, le premier président de la cour d'appel ou son délégué peut rejeter les déclarations d'appel manifestement irrecevables sans avoir préalablement convoqué les parties. C'est ce qui a été fait dans cette affaire.
Qu'est-ce qu'une déclaration d'appel manifestement irrecevable en matière de rétention ?
Une déclaration d'appel manifestement irrecevable est un appel qui ne remplit pas les conditions légales de recevabilité, par exemple lorsque l'appelant ne fournit pas les preuves requises. Dans ce cas, il peut être rejeté sans débat contradictoire.
Qui doit prouver l'absence ou l'irrégularité de la convention d'assistance juridique ?
Selon les principes de la procédure civile, c'est à l'étranger qui invoque l'irrégularité de rapporter la preuve de l'absence ou de l'irrégularité de la convention d'assistance juridique. À défaut, son appel peut être déclaré irrecevable.
Puis-je contester une ordonnance de prolongation de rétention si je n'ai pas les documents nécessaires ?
Il est essentiel de fournir les documents justificatifs, notamment concernant l'assistance juridique. Sans ces preuves, votre appel risque d'être jugé manifestement irrecevable, comme dans cette affaire.
Quels sont les motifs de rejet d'un appel en rétention administrative ?
Les motifs de rejet incluent notamment l'absence de circonstance nouvelle de fait ou de droit, ou le fait que les éléments fournis ne permettent manifestement pas de justifier qu'il soit mis fin à la rétention. Dans cette affaire, le défaut de preuve de la convention d'assistance juridique a entraîné l'irrecevabilité.
💡 Votre situation ressemble à cette décision ? Posez votre question à l'IA
Gratuit · sans engagement

Des milliers de justiciables utilisent déjà Justiweb pour clarifier leur situation.

Une question similaire ? Posez-la à Justiweb

Notre IA juridique vous répond avec sources officielles et jurisprudence à jour.

Poser ma question

Gratuit pour commencer · sans engagement

Important : Cette page présente une décision de justice à titre informatif. Elle ne constitue pas un conseil juridique personnalisé. Pour votre situation spécifique, consultez un avocat ou utilisez l'assistant Justiweb pour explorer vos questions juridiques.