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Cour d'appel, rétentions, 24 juillet 2026 — n° 26/00407

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Synthèse de la décision

Question juridique

Une deuxième prolongation de la rétention administrative peut-elle être ordonnée en cas d'obstruction à l'éloignement et de menace pour l'ordre public ?

Principe retenu

La deuxième prolongation de la rétention administrative au-delà de trente jours peut être ordonnée si l'impossibilité d'exécuter la décision d'éloignement résulte de l'obstruction volontaire de l'étranger ou s'il existe une menace pour l'ordre public. L'administration doit exercer toutes diligences pour procéder à l'éloignement.

Faits clés

  • Monsieur [N] [M] [R], de nationalité algérienne, a fait l'objet d'une interdiction définitive du territoire français prononcée le 12 janvier 2026
  • Il a été placé en rétention administrative le 19 juin 2026
  • Il a fait obstruction à son embarquement à trois reprises
  • Il a été condamné deux fois pour des faits liés au trafic de stupéfiants
  • La préfète de l'Hérault a demandé une deuxième prolongation de la rétention le 21 juillet 2026

Articles cités

article L742-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile article L741-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile article R743-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile article R743-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile

Exposé du litige

EXPOSE DES FAITS ET DE LA PROCEDURE Vu le jugement du tribunal correctionnel de Béziers en date du 12 janvier 2026 qui a prononcé à titre de peine complémentaire à l'encontre de Monsieur [M] [R] l'interdiction définitive du territoire français, Vu la décision de placement en rétention administrative du 19 juin 2026 de la préfète de l'Hérault prise à l'encontre de Monsieur [N] [M] [R], pendant quatre-vingt-seize heures dans des locaux ne relevant pas de l'administration pénitentiaire, Vu l'ordonnance du 26 juin 2026 notifiée le même jour, du magistrat du siège du tribunal judiciaire de Perpignan chargé du contrôle des mesures privatives et restrictives de libertés qui a décidé de prolonger la rétention administrative pour une durée maximale de vingt-six jours, Vu la saisine de la préfète de l'Hérault en date du 21 juillet 2026 pour obtenir une deuxième prolongation de la rétention de cet étranger, Vu l'ordonnance du 22 juillet 2026 à 17h53 notifiée le même jour à la même heure, du magistrat du siège du tribunal judiciaire de Perpignan chargé du contrôle des mesures privatives et restrictives de libertés qui a décidé de prolonger la rétention administrative pour une durée maximale de trente jours, Vu la déclaration d'appel faite le 23 Juillet 2026 par Monsieur [N] [M] [R] , du centre de rétention administrative de [Etablissement 1], transmise au greffe de la cour d'appel de Montpellier le même jour à 11h47, Vu les courriels adressés le 23 Juillet 2026 à la préfète de l'Hérault, à l'intéressé, à son conseil, et au Ministère Public les informant que l'audience sera tenue le 24 Juillet 2026 à 09 H 30, L'avocat et l'appelant, qui ont pu préalablement prendre connaissance de la procédure, se sont entretenus librement par visio conférence dans la salle de viso conférence du centre de rétention administrative de [Etablissement 1] et la salle d'audience de la cour d'appel , les portes des salles étant fermées pour assurer la confidentialité de l'entretien, et ce, sur le temps de l'audience fixée, avec l'accord du délégué du premier président de la cour d'appel de Montpellier. Vu la note d'audience du 24 Juillet 2026, mentionnant les prétentions et moyens développés par les parties,

Motivations de la décision

MOTIFS Sur la recevabilité de l'appel : Le 23 Juillet 2026, à 11h47, Monsieur [N] [M] [R] a formalisé appel motivé de l'ordonnance du magistrat du siège du tribunal judiciaire de Perpignan chargé du contrôle des mesures privatives et restrictives de libertés du 22 Juillet 2026 notifiée à 17h53, soit dans le délai prévu à l'article R 743-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La recevabilité de l'appel n'est pas contestée. Sur le moyen tiré du défaut de pièce justificative utile : Les écritures figurant dans la déclaration d'appel, de pure forme, ne précisent pas les pièces justificatives utiles qui auraient dû accompagner la requête. Au contraire, il y a lieu de constater que le dossier est accompagné de toutes les pièces utiles au sens de l'article R. 743-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, notamment une copie actualisée du registre du centre de rétention. Sur le fond: Selon l'article L742-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : «Le magistrat du siège du tribunal judiciaire peut, dans les mêmes conditions qu'à l'article L. 742-1, être à nouveau saisi aux fins de prolongation du maintien en rétention au-delà de trente jours, dans les cas suivants : 1° En cas d'urgence absolue ou de menace pour l'ordre public ; 2° Lorsque l'impossibilité d'exécuter la décision d'éloignement résulte de la perte ou de la destruction des documents de voyage de l'intéressé, de la dissimulation par celui-ci de son identité ou de l'obstruction volontaire faite à son éloignement (...) Conformément à l'article L 741-3, un étranger ne peut etre placé ou maintenu en rétention que pour le temps strictement nécessaire à son départ. L'administration exerce toute diligence à cet effet. Dans le cas d'espèce, l'intéressé a fait par trois fois obstruction à son embarquement. Il a également été condamné deux fois pour des faits liés au trafic de stupéfiants, de sorte qu'il existe une menace à l'ordre public. Les conditions ci-dessus énoncées pour prolonger la rétention de Monsieur [N] [M] [R] sont donc réunies et il y a lieu en conséquence de confirmer l'ordonnance déférée. PAR CES MOTIFS : Statuant après audience publique, et par mise à disposition au greffe,

Dispositif

Déclarons l'appel recevable, Rejetons la fin de non recevoir soulevée, Confirmons la décision déférée, Fait à Montpellier, au palais de justice, le 24 Juillet 2026 à 11h59 La greffière, Le magistrat délégué,

Questions fréquentes

Quelles sont les conditions pour une deuxième prolongation de la rétention administrative ?
Selon l'article L742-4 du CESEDA, une deuxième prolongation peut être ordonnée en cas d'urgence absolue, de menace pour l'ordre public, ou lorsque l'impossibilité d'exécuter l'éloignement résulte de la perte ou destruction des documents de voyage, de la dissimulation d'identité ou d'une obstruction volontaire à l'éloignement.
Que se passe-t-il si je refuse d'embarquer pour mon pays d'origine ?
Le refus d'embarquer constitue une obstruction volontaire à l'éloignement, ce qui peut justifier une prolongation de votre rétention administrative. Dans cette affaire, l'étranger avait fait obstruction à trois reprises, ce qui a été retenu comme motif de prolongation.
Une condamnation pour trafic de stupéfiants peut-elle justifier une prolongation de rétention ?
Oui, des condamnations pour trafic de stupéfiants peuvent être considérées comme une menace pour l'ordre public, ce qui est un motif de prolongation de la rétention administrative. Dans ce cas, l'intéressé avait deux condamnations de ce type.
Quel est le délai pour faire appel d'une ordonnance de prolongation de rétention ?
Le délai d'appel est de 24 heures selon l'article R743-10 du CESEDA. Dans cette affaire, l'appel a été formé le lendemain de la notification, dans le délai légal.
L'administration doit-elle prouver qu'elle a fait des diligences pour procéder à l'éloignement ?
Oui, l'article L741-3 du CESEDA impose à l'administration d'exercer toutes diligences pour procéder à l'éloignement. Dans cette affaire, la cour a vérifié que les pièces justificatives étaient fournies, notamment le registre actualisé du centre de rétention.
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