Justiweb – Assistant juridique IA Justiweb
Se connecter Inscription gratuite

Cour d'appel, pôle 1 - chambre 11, 24 juillet 2026 — n° 26/04157

Irrecevabilite

Synthèse de la décision

Question juridique

L'appel contre une ordonnance de prolongation de la rétention administrative est-il manifestement irrecevable lorsque l'administration justifie de ses diligences en vue de l'éloignement ?

Principe retenu

Le premier président de la cour d'appel ou son délégué peut, par ordonnance motivée et sans convocation préalable, rejeter les déclarations d'appel manifestement irrecevables. Lorsque l'appel est formé contre une décision du juge des libertés et de la détention prolongeant la rétention, il peut être rejeté sans convocation s'il n'existe aucune circonstance nouvelle de fait ou de droit ou si les éléments fournis ne permettent manifestement pas de justifier qu'il soit mis fin à la rétention. En l'espèce, l'administration justifie suffisamment de ses diligences en vue de l'éloignement, rendant l'appel irrecevable.

Faits clés

  • M. [R] [V], ressortissant mauritanien, a été placé en rétention administrative.
  • Le 22 juillet 2026, le magistrat du siège du tribunal judiciaire de Paris a ordonné la prolongation de la rétention pour 30 jours.
  • M. [V] a interjeté appel le 23 juillet 2026 à 12h38.
  • L'appel a été jugé manifestement irrecevable car l'administration justifie de ses diligences en vue de l'éloignement.
  • L'ordonnance a été rendue le 24 juillet 2026 par la cour d'appel de Paris.

Articles cités

article L 743-23 -1° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile article R 743-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile article L 741-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile article L 742-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile

Exposé du litige

RÉPUBLIQUE FRANÇAISE AU NOM DU PEUPLE FRANÇAIS COUR D'APPEL DE PARIS L. 742-1 et suivants du Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ORDONNANCE DU 24 JUILLET 2026 (1 pages) Numéro d'inscription au répertoire général et de décision : B N° RG 26/04157 - N° Portalis 35L7-V-B7K-CNSKO Décision déférée : ordonnance rendue le 22 juillet 2026, à 13h43, par le magistrat du siège du tribunal judiciaire de Paris Nous, Alexandra Pelier-tetreau, conseillère à la cour d'appel de Paris, agissant par délégation du premier président de cette cour, assistée de Alexandre Darj, greffier au prononcé de l'ordonnance, APPELANT : M. [R] [V] né le 06 juillet 1999 à [Localité 1], de nationalité mauritanienne RETENU au centre de rétention : [Etablissement 1] Informé le 23 juillet 2026 à 14h55, de la possibilité de faire valoir ses observations sur le caractère manifestement irrecevable de son appel, en application des dispositions de l'article R 743-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile INTIMÉ : LE PREFET DE POLICE Informé le 23 juillet 2026 à 14h55, de la possibilité de faire valoir ses observations sur le caractère manifestement irrecevable de l'appel, en application des dispositions de l'article R 743-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, MINISTÈRE PUBLIC, avisé de la date et de l'heure de l'audience ORDONNANCE : contradictoire - Vu l'ordonnance du 22 juillet 2026 du magistrat du siège du tribunal judiciaire de Paris ordonnant la prolongation du maintien de M. [R] [V], dans les locaux ne relevant pas de l'administration pénitentiaire, pour une durée maximale de 30 jours, soit jusqu'au 21 août 2026 ; - Vu l'appel interjeté le 23 juillet 2026, à 12h38, par M. [R] [V] ;

Motivations de la décision

SUR QUOI, L'article L 743-23 -1°du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dispose': «'Le premier président de la cour d'appel ou son délégué peut, par ordonnance motivée et sans avoir préalablement convoqué les parties, rejeter les déclarations d'appel manifestement irrecevables. Lorsqu'il est saisi d'un appel contre une décision rendue par le juge des libertés et de la détention dans les cas prévus aux articles L. 741-10 et L. 742-8, il peut également rejeter la déclaration d'appel sans avoir préalablement convoqué les parties s'il apparaît qu'aucune circonstance nouvelle de fait ou de droit n'est intervenue depuis le placement en rétention administrative ou son renouvellement, ou que les éléments fournis à l'appui de la demande ne permettent manifestement pas de justifier qu'il soit mis fin à la rétention.'» Il est d'une bonne administration de la justice de faire application de ces dispositions. En l'espèce, la déclaration d'appel n'est pas recevable en ce que': *contrairement aux allégations de l'étranger, l'administration justifie suffisamment de ses diligences en vue de l'éloignement de l'intéressé. PAR CES MOTIFS REJETONS la déclaration d'appel,

Dispositif

ORDONNONS la remise immédiate au procureur général d'une expédition de la présente ordonnance. Fait à Paris le 24 juillet 2026 à LE GREFFIER, LE PRÉSIDENT, REÇU NOTIFICATION DE L'ORDONNANCE ET DE L'EXERCICE DES VOIES DE RECOURS : Pour information : L'ordonnance n'est pas susceptible d'opposition. Le pourvoi en cassation est ouvert à l'étranger, à l'autorité administrative qui a prononcé le maintien en zone d'attente ou la rétention et au ministère public. Le délai de pourvoi en cassation est de deux mois à compter de la notification. Le pourvoi est formé par déclaration écrite remise au secrétariat greffe de la Cour de cassation par l'avocat au Conseil d'Etat et à la Cour de cassation constitué par le demandeur. Notification effectuée aux parties par LRAR ou télécopie et/ou courriel.

Questions fréquentes

Qu'est-ce qu'un appel manifestement irrecevable dans le cadre d'une rétention administrative ?
Un appel manifestement irrecevable est un appel qui ne remplit pas les conditions légales pour être examiné. Dans cette affaire, l'appel a été rejeté car l'administration avait justifié de ses diligences en vue de l'éloignement, et aucune circonstance nouvelle n'était invoquée.
Quelles sont les conditions pour qu'un appel contre une prolongation de rétention soit recevable ?
Pour être recevable, l'appel doit être formé dans les délais et invoquer des circonstances nouvelles de fait ou de droit, ou des éléments permettant de justifier qu'il soit mis fin à la rétention. En l'absence de tels éléments, l'appel peut être rejeté sans audience.
Que signifie que l'administration justifie de ses diligences en vue de l'éloignement ?
Cela signifie que l'administration a entrepris les démarches nécessaires pour organiser l'expulsion de l'étranger, comme solliciter un laissez-passer consulaire ou préparer le transport. Dans cette affaire, ces diligences ont été jugées suffisantes, rendant l'appel irrecevable.
Puis-je être libéré si l'administration ne fait pas les démarches pour mon éloignement ?
Oui, si l'administration ne justifie pas de diligences suffisantes pour l'éloignement, le juge peut mettre fin à la rétention. Cependant, dans cette affaire, les diligences ont été jugées suffisantes, donc la rétention a été prolongée.
Quels sont les recours possibles après le rejet de mon appel ?
Après le rejet de l'appel, l'étranger peut former un pourvoi en cassation devant la Cour de cassation dans un délai de deux mois à compter de la notification de l'ordonnance. Le pourvoi doit être formé par un avocat au Conseil d'État et à la Cour de cassation.
💡 Votre situation ressemble à cette décision ? Posez votre question à l'IA
Gratuit · sans engagement

Des milliers de justiciables utilisent déjà Justiweb pour clarifier leur situation.

Une question similaire ? Posez-la à Justiweb

Notre IA juridique vous répond avec sources officielles et jurisprudence à jour.

Poser ma question

Gratuit pour commencer · sans engagement

Important : Cette page présente une décision de justice à titre informatif. Elle ne constitue pas un conseil juridique personnalisé. Pour votre situation spécifique, consultez un avocat ou utilisez l'assistant Justiweb pour explorer vos questions juridiques.