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Cour d'appel, ch. civile et commerciale, 23 juillet 2026 — n° 22/03435

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Synthèse de la décision

Question juridique

L'instance d'appel est-elle périmée faute de diligences des parties pendant plus de deux ans après la notification de l'arrêt de disjonction ?

Principe retenu

Aucune des parties n'ayant accompli de diligences pendant un délai de deux ans, l'instance est périmée. La péremption est constatée par le conseiller de la mise en état. Les dépens de l'instance périmée sont supportés par la partie qui a introduit l'instance, sauf circonstances particulières.

Faits clés

  • Prêt professionnel de 500 000 euros consenti par le Crédit Agricole à la SCI Phil'Ghis le 2 avril 2010
  • Cautionnement solidaire de M. et Mme [L] à hauteur de 650 000 euros
  • Déchéance du terme prononcée le 1er septembre 2014
  • Jugement du tribunal judiciaire de Dieppe du 2 juin 2020 condamnant les époux [L] à payer 344 032,51 euros
  • Appel interjeté le 19 août 2020

Articles cités

article 386 du code de procédure civile article 393 du code de procédure civile article 913-8 4° du code de procédure civile

Exposé du litige

COUR D'APPEL DE ROUEN CH. CIVILE ET COMMERCIALE ORDONNANCE DE PEREMPTION D'INSTANCE N° RG 22/03435 - N° Portalis DBV2-V-B7G-JGMV Affaire : jugement au fond, origine tribunal judiciaire de Dieppe, décision attaquée en date du 02 juin 2020, enregistrée sous le n° 16/01551 Madame [C] [S] épouse [L] [Adresse 1] [Adresse 1] [Localité 1] Représentant : Me Yannick ENAULT de la SELARL YANNICK ENAULT-GREGOIRE LECLERC, avocat au barreau de ROUEN APPELANT S.A. CAISSE REGIONALE DE CREDIT AGRICOLE MUTUEL DE NOR MANDIE SEINE [Adresse 2] [Localité 2] Représentant : Me Valérie GRAY de la SELARL GRAY SCOLAN, avocat au barreau de ROUEN INTIME Manuel URBANO, conseiller de la mise en état à la chambre civile et commerciale, Vu la procédure en instance d'appel inscrite au répertoire général sous le numéro N° RG 22/03435 - N° Portalis DBV2-V-B7G-JGMV. Par acte authentique du 2 avril 2010, la Caisse de Crédit Agricole Mutuel de Normandie Seine a consenti à la S.C.I. Phil'Ghis un prêt professionnel d'un montant de 500 000 euros, remboursable en 179 mensualités de 3673,43 euros et une mensualité de 3674,28 euros au taux d'intérêt annuel fixe de 3,9% . Mme [C] [L] et M. [V] [L], fondateurs de la S.C.I. Phil'Ghis, se sont portés caution solidaire de la bonne exécution par la S.C.I. Phil'Ghis de ses engagements contractuels envers la banque avec limitation à hauteur de 650 000 euros. Des échéances étant demeurées impayées, la banque a, le 30 juillet 2014, mis la S.C.I. Phil'Ghis en demeure de régulariser sa situation. La défaillance de la S.C.I. Phil'Ghis ayant persisté, la banque a prononcé la déchéance du terme le 1er septembre 2014 et a mis en demeure les cautions le même jour qui ont été également défaillantes. Par jugement d'adjudication du 20 avril 2016, l'immeuble appartenant à la S.C.I. Phil'Ghis a été vendu pour un prix de 100 500 euros. Par acte d'huissier du 20 décembre 2016, la Caisse Régionale de Crédit Agricole Mutuel de Normandie Seine a fait assigner en paiement M. et Mme [L] devant le tribunal de grande instance de Dieppe au titre de leurs engagements de caution. Par ordonnance du 27 décembre 2016, le juge de l'exécution du tribunal de grande instance de Dieppe a autorisé la banque à prendre une inscription d'hypothèque judiciaire provisoire sur quatre biens immobiliers appartenant à M. et Mme [L] en garantie de sa créance évaluée à la somme de 450 000 euros. Par jugement du 2 juin 2020, le tribunal judiciaire de Dieppe a : - condamné solidairement M. [L] et Mme [L] née [S] à payer à la société Caisse Régionale de Crédit Agricole Mutuel de Normandie Seine : - au titre du cautionnement du 11 mars 2010 donné en garantie de la bonne exécution par la SCI Phil'Ghis du prêt n°70005892013: 344.032,51 euros, assortie de l'intérêt conventionnel de 5,10% l'an à compter du 31 janvier 2015 ; - débouté les parties de leurs prétentions plus amples ou contraires ; - condamné in solidum les époux [L] aux dépens ; - débouté les parties de leurs prétentions formulées au titre des frais irrépétibles ; - admis la SCP Beuvin & Rondel au bénéfice des dispositions de l'artic1e 699 du code de procédure civile ; - dit n'y avoir lieu à exécution provisoire. M. et Mme [L] ont interjeté appel de ce jugement par déclaration du 19 août 2020. Mme [L] est décédée le [Date décès 1] 2020. Par ordonnance du 3 novembre 2020, l'interruption partielle de l'instance a été constatée et l'instance s'est poursuivie entre la Caisse de Crédit Agricole Mutuel de Normandie Seine et M. [L]. Par arrêt de cette cour du 20 janvier 2022, la disjonction entre l'instance opposant M.

Motivations de la décision

MOTIFS DE LA DECISION Vu les articles 386 et suivants du code de procédure civile. Aucune des parties n'ayant effectué une quelconque diligence depuis que l'arrêt de la cour du 20 janvier 2022 leur a été notifié, il convient de constater la péremption d'instance. Les dispositions de l'article 393 du code de procédure civile selon lesquelles les frais de l'instance périmée sont supportés par celui qui a introduit cette instance étant inapplicables dès lors que Mme [L] est décédée et que ses ayants droit ne sont pas en cause, les dépens seront mis à la charge de la société Caisse Régionale de Crédit Agricole Mutuel de Normandie Seine.

Dispositif

PAR CES MOTIFS Le conseiller de la mise en état statuant par ordonnance susceptible de déféré (article 913-8 4° du code de procédure civile) ; Constate la péremption de l'instance enregistrée sous le n° 22/03435 ; Condamne la société Caisse Régionale de Crédit Agricole Mutuel de Normandie Seine aux dépens de la procédure d'appel périmée. Fait à Rouen, le 23 juillet 2026 Le conseiller,

Questions fréquentes

Qu'est-ce que la péremption d'instance ?
La péremption d'instance est l'extinction de la procédure lorsque les parties n'accomplissent aucune diligence pendant un délai de deux ans. Dans cette affaire, l'instance d'appel a été déclarée périmée car aucune partie n'a agi après la notification de l'arrêt de disjonction.
Quel est le délai pour qu'une instance soit périmée ?
Le délai est de deux ans. En l'espèce, l'arrêt de disjonction a été notifié le 24 janvier 2022 et aucune diligence n'a été effectuée jusqu'à la demande d'observations du greffe en avril 2026, dépassant ainsi le délai de deux ans.
Que se passe-t-il si aucune partie ne fait de diligences pendant deux ans ?
L'instance est périmée. Le conseiller de la mise en état constate la péremption, ce qui met fin à la procédure d'appel. Dans cette affaire, la banque a déclaré n'avoir aucune observation, et la péremption a été constatée.
Qui supporte les frais en cas de péremption ?
En principe, les frais de l'instance périmée sont supportés par celui qui a introduit l'instance. Cependant, dans cette affaire, l'appelante étant décédée et ses ayants droit n'étant pas en cause, les dépens ont été mis à la charge de la banque.
Peut-on contester une ordonnance de péremption ?
Oui, l'ordonnance du conseiller de la mise en état est susceptible de déféré, comme le précise l'article 913-8 4° du code de procédure civile. Cela permet à une partie de demander la révision de la décision.
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