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Cour d'appel, retentions, 24 juillet 2026 — n° 26/05923

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Synthèse de la décision

Question juridique

L'appel du procureur de la République contre une ordonnance de non-prolongation de la rétention administrative doit-il être déclaré suspensif lorsque l'étranger ne présente pas de garanties de représentation effectives ?

Principe retenu

L'appel du ministère public contre une ordonnance du juge des libertés et de la détention refusant la prolongation de la rétention administrative est suspensif lorsque l'étranger ne présente pas de garanties de représentation effectives, notamment en l'absence de résidence stable, de document de voyage valide, ou en cas de maintien irrégulier sur le territoire malgré une interdiction de retour.

Faits clés

  • M. [D] [Y], ressortissant algérien, né le 6 décembre 1995, est maintenu au centre de rétention administrative de [Localité 2].
  • Le juge du tribunal judiciaire de Lyon a dit n'y avoir lieu à prolongation du maintien en rétention le 23 juillet 2026.
  • Le procureur de la République a interjeté appel le même jour à 16h32, dans le délai de six heures.
  • L'intéressé se maintient irrégulièrement sur le territoire français malgré une interdiction de retour.
  • Il a refusé de comparaître à l'audience du 23 juillet 2026.

Articles cités

article L.743-22 du CESEDA article R.743-13 du CESEDA article R.743-12 du CESEDA

Exposé du litige

N° RG 26/05923 - N° Portalis DBVX-V-B7K-RALZ Nom du ressortissant : [Y] LE PROCUREUR DE LA REPUBLIQUE C/ [Y] COUR D'APPEL DE LYON JURIDICTION DU PREMIER PRÉSIDENT ORDONNANCE SUR APPEL SUSPENSIF EN DATE DU 24 JUILLET 2026 statuant en matière de Rétentions Administratives des Etrangers Le 24 JUILLET 2026 à 15h45 Etant en notre cabinet sis à la cour d'appel de Lyon, Nous, Valérie SAGNE, conseillère à la cour d'appel de Lyon, déléguée par ordonnance de Monsieur le premier président de ladite Cour en date du 02 juillet 2026 pour statuer sur les procédures ouvertes en application des articles L.342-7, L. 342-12, L. 743-11, L. 743-21 et L.743-22 du code d'entrée et de séjour des étrangers en France et du droit d'asile, Assistée de Inès BERTHO, greffier, Avons rendu l'ordonnance dont la teneur suit dans la procédure concernant : APPELANT : Monsieur le Procureur de la République près le tribunal judiciaire de Lyon ET INTIME : M. [D] [Y] né le 06 Décembre 1995 à [Localité 1] (ALGERIE) Actuellement retenu au centre de rétention administratif de [Localité 2] [Localité 3] Ayant pour conseil Maître Chloé DAUBIE, avocat au barreau de LYON, commis d'office Vu la déclaration d'appel, accompagnée d'une demande d'effet suspensif, reçue le 23 juillet 2026 à 16 heures 32 du procureur de la République de Lyon à l'encontre d'une ordonnance du juge du tribunal judiciaire de Lyon prononcée le même jour à 14 heures 12 qui a dit n'y avoir lieu à prolongation du maintien en rétention de [D] [Y], Vu les justificatifs de notification adressés à toutes les parties, Vu l'absence d'observations en réponse des parties,

Motivations de la décision

SUR CE L'appel du ministère public se référant à l'absence de garanties de représentation effectives a été formé dans le délai de six heures et régulièrement notifié. Il est déclaré recevable. Il ressort de la procédure que l'intéressé ne dispose pas de garanties de représentation effectives en ce qu'il se maintient sur le territoire français irrégulièrement malgré une interdiction de retour, qu'il a refusé de comparaitre à l'audience du 23 juillet 2026 ce qui aurait permis de l'interroger sur sa situation personnelle, qu'il ne dispose d'aucune résidence stable sur le territoire français et ne remet aucun document de voyage en cours de validité. Il convient donc en application des dispositions des articles L. 743-22 et R.743-13 du CESEDA de déclarer suspensif l'appel du ministère public afin d'assurer la représentation de [D] [Y] devant le délégué du premier président. PAR CES MOTIFS Statuant par ordonnance non susceptible de recours, Vu les dispositions des articles R.743-12 et L.743-22 du CESEDA, Déclarons recevable l'appel du procureur de la République de [Localité 2], Déclarons suspensif l'appel du procureur de la République de [Localité 2], Disons en conséquence que [D] [Y] restera à la disposition de la justice jusqu'à ce qu'il soit statué sur le fond à l'audience qui se tiendra : le 25 juillet 2026 à 10 HEURES 30 (salle Lambert)

Dispositif

Ordonnons la notification de la présente décision par tous moyens à l'étranger et son conseil, ainsi qu'au centre de rétention et sa communication au procureur de la République qui veille à son exécution et en informe l'autorité administrative. Le greffier, La conseillère déléguée, Inès BERTHO Valérie SAGNE

Questions fréquentes

Qu'est-ce qu'un appel suspensif en matière de rétention administrative ?
L'appel suspensif est une procédure par laquelle le procureur de la République peut demander que son appel contre une ordonnance de non-prolongation de la rétention ait pour effet de maintenir l'étranger en rétention jusqu'à ce que le juge du fond statue. Dans cette affaire, l'appel a été déclaré suspensif car l'étranger ne présentait pas de garanties de représentation.
Quelles sont les conditions pour que l'appel du procureur soit suspensif ?
L'appel du procureur est suspensif lorsque l'étranger ne présente pas de garanties de représentation effectives, par exemple s'il n'a pas de résidence stable, pas de document de voyage valide, ou s'il se maintient irrégulièrement sur le territoire malgré une interdiction de retour. Dans ce cas, l'étranger reste à la disposition de la justice jusqu'à l'audience au fond.
Que signifie 'absence de garanties de représentation effectives' ?
Cela signifie que l'étranger ne présente pas de garanties suffisantes qu'il se présentera à la justice ou qu'il ne risque pas de se soustraire à la mesure d'éloignement. Dans cette affaire, l'absence de résidence stable, le refus de comparaître et l'absence de document de voyage valide ont été considérés comme des indices de cette absence de garanties.
Puis-je être maintenu en rétention si je n'ai pas de domicile fixe ?
Oui, l'absence de domicile fixe peut être considérée comme un facteur d'absence de garanties de représentation, ce qui peut justifier le maintien en rétention. Dans cette décision, l'absence de résidence stable a été un élément clé pour déclarer l'appel suspensif.
Quel est le rôle du procureur de la République dans la rétention administrative ?
Le procureur de la République peut faire appel des ordonnances du juge des libertés et de la détention en matière de rétention administrative. Il peut demander que son appel soit suspensif pour maintenir l'étranger en rétention pendant l'examen de l'appel, comme cela a été fait dans cette affaire.
Que se passe-t-il après la déclaration d'appel suspensif ?
L'étranger reste à la disposition de la justice jusqu'à l'audience au fond, qui est fixée rapidement (ici le lendemain). Lors de cette audience, le juge examinera le bien-fondé de la prolongation de la rétention.
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