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Cour d'appel, recours hospitalisation, 24 juillet 2026 — n° 26/00110

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Synthèse de la décision

Question juridique

La procédure d'hospitalisation complète sous contrainte pour péril imminent est-elle régulière et la mesure doit-elle être maintenue ?

Principe retenu

L'hospitalisation complète sous contrainte pour péril imminent est régulière si les formalités prévues par le code de la santé publique sont respectées, notamment l'examen médical somatique dans les 24 heures et la recherche de tiers. La mesure est maintenue si les troubles mentaux rendent impossible le consentement et imposent des soins avec surveillance constante pour prévenir un risque grave et immédiat d'atteinte à l'intégrité physique.

Faits clés

  • Admission au centre hospitalier Ariège Couserans le 30 juin 2026 en hospitalisation complète sous contrainte pour péril imminent
  • Ordonnance du juge des libertés et de la détention du 9 juillet 2026 maintenant la mesure
  • Appel interjeté par la patiente le 15 juillet 2026
  • Avis motivé du psychiatre du 21 juillet 2026 indiquant la nécessité de soins en environnement sécurisé
  • Recherche de tiers effectuée le 30 juin et le 1er juillet 2026

Articles cités

article L3212-1 II 2° du code de la santé publique article 450 du code de procédure civile

Exposé du litige

AU NOM DU PEUPLE FRANÇAIS C O U R D ' A P P E L D E T O U L O U S E DU 24 Juillet 2026 ORDONNANCE Minute N° 26/116 N° RG 26/00110 - N° Portalis DBVI-V-B7K-RQJE Appel ordonnance rendue le 09 juillet 2026 Du Juge des libertés et de la détention de [Localité 1] [W] et HO APPELANT Madame [Z] [D] Actuellement hospitalisée au centre hospitalier Ariège [Localité 2] [Adresse 1] [Localité 3], comparante Assistée par Me Laure FREXINOS-FERREOL, avocat au barreau de TOULOUSE INTIME CENTRE HOSPITALIER ARIEGE COUSERANS [Adresse 2] [Localité 4] régulièrement convoqué, non comparant DÉBATS : A l'audience publique du 23 Juillet 2026 devant C. GILLOIS-GHERA, assisté de I. ANGER, greffier MINISTERE PUBLIC : Auquel l'affaire a été régulièrement communiquée et qui a fait connaître son avis par écrit. Nous, C. GILLOIS-GHERA, président de chambre délégué par ordonnance de la première présidente en date du 1er juillet 2026, en présence de notre greffier et après avoir entendu les conseils des parties en leurs explications : - avons mis l'affaire en délibéré au 24 Juillet 2026 - avons rendu publiquement par mise à disposition au greffe de la Cour, les parties en ayant été préalablement avisées dans les conditions prévues au deuxième alinéa de l'article 450 du Code de procédure civile, l'ordonnance suivante : Mme [Z] [D] a été admise au centre hospitalier Ariège Couserans (CHAC de [Localité 5]) le 30 juin 2026 en hospitalisation complète sous contrainte, sur décision du directeur d'établissement, dans le cadre d'une procédure pour péril imminent. Par ordonnance du 9 juillet 2026, le juge délégué au tribunal judiciaire de Foix a rejeté la nullité de la mesure soulevée in limine litis par le conseil de Mme [Z] [D] et dit que celle-ci sera maintenue en hospitalisation complète sous contrainte à l'hôpital psychiatrique de [Etablissement 1]. Mme [Z] [D] a interjeté appel en personne de cette ordonnance par déclaration reçue au greffe le 15 juillet 2026 à 12h14. Elle expose que si elle n'était pas dans son état normal lors de son arrivée aux urgences, elle a le sentiment d'avoir désormais les pieds sur terre et la tête sur les épaules. Elle ajoute qu'elle souffre profondément de sa privation de liberté actuelle et se dit prête à suivre le traitement prescrit par le médecin psychiatre pour reprendre une vie normale au plus vite.

Motivations de la décision

MOTIFS : Sur la recevabilité de l'appel L'appel formé dans les délais prévus par la loi est recevable. Sur la régularité de la procédure Si un examen somatique doit être réalisé dans les 24 heures en vertu de l'article L 3211-2-2 du code de la santé publique, aucune disposition n'impose pas que le résultat de cet examen soit mentionné dans le certificat et soit transmis dans le cadre des pièces afférentes au contrôle exercé par le juge. Il ressort en tout état de cause des pièces transmises par le CHAC de [Localité 5] que Mme [Z] [D] a bénéficié d'un examen médical somatique réalisé par le Docteur [H] [C] lors de son admission au service des urgences le 30 juin 2026 à 12h 29. Le moyen opposé à ce titre est inopérant. Il est également justifié de la recherche de tiers par l'établissement tel que prescrit par les dispositions de l'article L 3212-1 II 2° du code de la santé publique : - le 30 juin 2026, par l'infirmière des urgences (prise de contact avec la soeur de la patiente, ne souhaitant pas faire le tiers), - le 1er juillet 2026 par l'infirmier de l'USIP (prise de contact avec le frère demeuré injoignable). Le moyen d'irrégularité invoqué de ce chef ne peut donc pas davantage être retenu. Ce faisant, il n'existe aucun moyen de droit permettant de remettre en cause la régularité de la procédure. Sur le fond Dans son avis motivé du 21 juillet 2026, le docteur [P] [B], psychiatre, décrit l'état de Mme [Z] [D] dans les termes suivants: 'en recherche de réassurance par une demande d'attention exclusive, multiples symptômes psychosomatiques en période de stress, isolement social. Déni partiel des troubles avec épisode de perte de contrôle psycho-comportementale nécessitant la continuité d'une prise en charge dans un environnement sécure. Elle présente toujours une grande vulnérabilité avec la persistance d'un risque grave et immédiat d'atteinte à son intégrité physique'. Il s'en déduit clairement que ses troubles mentaux rendent impossible son consentement et que son état impose des soins psychiatriques assortis d'une surveillance constante, dans un cadre rassurant, pour éviter tout risque grave et immédiat d'atteinte à l'intégrité physique de Mme Mme [Z] [D]. L'ordonnance déférée sera en conséquence confirmée. PAR CES MOTIFS  Déclarons l'appel recevable, Déclarons la procédure régulière, Confirmons l'ordonnance du juge des libertés et de la détention du tribunal judiciaire de Foix du 9 juillet 2026, Disons que la présente décision sera notifiée selon les formes légales, et qu'avis en sera donné au ministère public,

Dispositif

Laissons les dépens à la charge du Trésor public. LE GREFFIER LE MAGISTRAT DÉLÉGUÉ I.ANGER C.GILLOIS-GHERA

Questions fréquentes

Quelles sont les conditions pour une hospitalisation sous contrainte pour péril imminent ?
L'hospitalisation sous contrainte pour péril imminent est possible si la personne présente des troubles mentaux rendant impossible son consentement et que son état impose des soins immédiats avec surveillance constante, avec un risque grave et immédiat d'atteinte à son intégrité physique. La procédure doit respecter des formalités comme l'examen médical somatique dans les 24 heures et la recherche de tiers.
Comment contester une hospitalisation sous contrainte ?
La personne hospitalisée peut interjeter appel de l'ordonnance du juge des libertés et de la détention qui maintient la mesure. L'appel doit être formé dans un délai de 10 jours à compter de la notification. Dans cette affaire, la patiente a fait appel et la cour a examiné la régularité de la procédure et le bien-fondé de la mesure.
Qu'est-ce que la recherche de tiers dans une hospitalisation sous contrainte ?
La recherche de tiers consiste à identifier une personne pouvant jouer le rôle de tiers pour informer la famille ou les proches de la mesure. Dans ce cas, l'établissement a contacté la sœur et le frère de la patiente, mais ils n'ont pas pu ou voulu jouer ce rôle. Cette formalité est requise par l'article L3212-1 II 2° du code de la santé publique.
Peut-on être maintenue à l'hôpital si l'on se sent mieux ?
Oui, si le médecin psychiatre estime que l'état de la personne présente toujours un risque grave et immédiat pour son intégrité physique et que son consentement est impossible. Dans cette affaire, malgré les déclarations de la patiente se sentant mieux, l'avis médical a justifié le maintien de la mesure.
Quel est le rôle du juge des libertés et de la détention dans l'hospitalisation sous contrainte ?
Le juge des libertés et de la détention contrôle la régularité de la procédure et le bien-fondé de la mesure. Il doit statuer dans un délai de 12 jours suivant la saisine. En l'espèce, le juge a confirmé la mesure, et la cour d'appel a également confirmé cette décision.
Quels sont les recours contre une décision de maintien en soins psychiatriques ?
La personne peut interjeter appel de l'ordonnance du juge des libertés et de la détention. Elle peut également former un recours devant le juge des libertés et de la détention à tout moment pour demander la mainlevée. Dans cette affaire, l'appel a été déclaré recevable mais la mesure a été maintenue.
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