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Cour d'appel, etrangers, 27 juillet 2026 — n° 26/01122

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Synthèse de la décision

Question juridique

Le défaut de diligences de l'administration pour exécuter la mesure d'éloignement justifie-t-il la main-levée de la rétention administrative lors de la troisième prolongation ?

Principe retenu

La rétention administrative peut être prolongée si l'administration a accompli les diligences nécessaires pour exécuter la mesure d'éloignement. En l'espèce, l'administration a effectué les démarches requises, de sorte que la prolongation est justifiée.

Faits clés

  • M. [C] [M], de nationalité palestinienne, a fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire français sans délai avec interdiction de retour de trois ans.
  • Il a été placé en rétention administrative le 28 mai 2026 après sa sortie de prison.
  • Deux prolongations de rétention ont déjà été ordonnées (26 jours puis 30 jours).
  • Le 26 juillet 2026, le magistrat du siège a ordonné une troisième prolongation de 30 jours.
  • L'appelant conteste cette prolongation en invoquant le défaut de diligences de l'administration.

Articles cités

article L.742-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile article L.740-1 à L.744-17 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile article R.740-1 à R.744-47 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile article R.743-18 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile article R.743-19 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile article 455 du code de procédure civile

Exposé du litige

EXPOSÉ DU LITIGE M. [C] [M] se disant né le 2 juin 2000 à [Localité 1] (Palestine), de nationalité palestinienne, a fait l'objet d'un placement en rétention administrative ordonné par M le préfet du Pas-de-Calais le 22 mai 2026 notifié à sa sortie du centre pénitentiaire de [Localité 3] le 28 mai 2026 à 10h23 pour l'exécution d'une mesure d'obligation de quitter le territoire français sans délai assortie d'une interdiction de retour d'une durée de trois ans délivrée le 16 janvier 2026 par la même autorité et notifiée à cette date. Par décision en date du 31 mai 2026, le magistrat du siège du tribunal judiciaire de Lille a ordonné la prolongation du placement en rétention administrative de l'appelant pour une durée de 26 jours. Par décision en date du 26 juin 2026, le magistrat du siège du tribunal judiciaire de Lille a ordonné une deuxième prolongation du placement en rétention administrative de l'appelant pour une durée de 30 jours. Vu l'article 455 du code de procédure civile, Vu l'ordonnance du magistrat du siège du tribunal judiciaire de Lille en date du 26 juillet 2026 à 17h00, déclarant recevable la requête en prolongation, régulier le placement en rétention et ordonnant une troisième prolongation du placement en rétention administrative de l'intéressé pour une durée de 30 jours, Vu la déclaration d'appel du conseil de M. [C] [M] du 26 juillet 2026 à 23h59 sollicitant la réformation de l'ordonnance dont appel ainsi que la mainlevée du placement en rétention administrative. Au soutien de sa déclaration d'appel l'appelant reprend le moyen soulevé devant le premier tiré du défaut de diligences de l'administration.

Motivations de la décision

MOTIFS DE LA DÉCISION L'article L. 742-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile modifié par la loi n°2025-796 du 11 août 2025 art 4 (V) dispose que : "le magistrat du siège du tribunal judiciaire peut, dans les mêmes conditions qu'à l'article L. 742-1, être à nouveau saisi aux fins de prolongation du maintien en rétention au-delà de trente jours, dans les cas suivants : 1° En cas d'urgence absolue ou de menace pour l'ordre public ; 2° Lorsque l'impossibilité d'exécuter la décision d'éloignement résulte de la perte ou de la destruction des documents de voyage de l'intéressé, de la dissimulation par celui-ci de son identité ou de l'obstruction volontaire faite à son éloignement ; 3° Lorsque la décision d'éloignement n'a pu être exécutée en raison : a) du défaut de délivrance des documents de voyage par le consulat dont relève l'intéressé ou lorsque la délivrance des documents de voyage est intervenue trop tardivement pour procéder à l'exécution de la décision d'éloignement ; b) de l'absence de moyens de transport. L'étranger peut être maintenu à disposition de la justice dans les conditions prévues à l'article L. 742-2. Si le juge ordonne la prolongation de la rétention, celle-ci court à compter de l'expiration de la précédente période de rétention et pour une nouvelle période d'une durée maximale de trente jours. La durée maximale de la rétention n'excède alors pas soixante jours. La prolongation de la rétention peut être renouvelée une fois, dans les mêmes conditions. La durée maximale de la rétention n'excède alors pas quatre-vingt-dix jours. " Il convient de rappeler que lorsque la procédure se situe dans le cadre de l'article L.742-4 du Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile précité et concerne une demande de troisième prolongation du placement en rétention administrative, il n'existe aucune obligation de "bref délai" concernant la levée des obstacles. Ainsi, il suffit qu'il ait été décidé par la première décision judiciaire de prolongation de la rétention administrative, que l'administration avait effectué toutes les diligences nécessaires à l'exécution de la mesure d'éloignement, et qu'il soit démontré que ces diligences n'avaient pas encore reçu satisfaction de la part des autorités étrangères requises, et ce sans faute ou négligence de la part de l'état requérant, pour que l'autorité judiciaire autorise la troisième prolongation du placement en rétention administrative. C'est par une analyse circonstanciée et des motifs particulièrement pertinents que le premier juge a ordonné la troisième prolongation de la rétention après avoir relevé que M. [C] [M] avait refusé de se présenter à son audition consulaire programmée le 5 juin 2026. Il en résulte que l'intéressé, qui a nécessairement retardé l'exécution de la mesure d'éloignement en raison de son obstruction, ne saurait utilement invoquer l'absence de diligences de l'administration, étant rappelé que l'attente du laissez-passer consulaire constitue un motif de troisième prolongation de la rétention sans que l'exigence d'une délivrance à bref délai de ce document ne soit requise et qu'aucune obligation de relance du consulat n'est mise à la charge de l'administration dès lors que l'administration française ne dispose d'aucun pouvoir de contrainte sur les autorités consulaires (1re Civ., 9 juin 2010, pourvoi n° 09-12.165). En tout état de cause l'autorité préfectorale fonde notamment sa requête sur l'article L. 742-4 2° et 3° a) relevant l'obstruction et l'absence de délivrance d'un laissez-passer consulaire, de sorte que cette condition étant réalisée en l'espèce, en l'attente d'une réponse à ces diligences, utiles et suffisantes, la prolongation du placement en rétention administrative de l'intéressé est justifiée au regard de l'article L742-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Les diligences sont en cours et le moyen doit être écarté. Conformément au droit communautaire, aucun moyen soulevé par les parties ou susceptible d'être relevé d'office ne paraît contraire à la prolongation de la rétention administrative. L'ordonnance sera confirmée. PAR CES MOTIFS DÉCLARONS l'appel recevable ; CONFIRMONS l'ordonnance entreprise. DISONS que la présente ordonnance sera communiquée au ministère public par les soins du greffe ; DISONS que la présente ordonnance sera notifiée dans les meilleurs délais à l'appelant, à son conseil et à l'autorité administrative ;

Dispositif

LAISSONS les dépens à la charge de l'Etat. La greffière La conseillère N° RG 26/01122 - N° Portalis DBVT-V-B7K-W4FL A l'attention du centre de rétention, le lundi 27 juillet 2026 Bien vouloir procéder à la notification de l'ordonnance en sollicitant, en tant que de besoin,un interprète. Le greffier REÇU NOTIFICATION DE L'ORDONNANCE DU 27 Juillet 2026 ET DE L'EXERCICE DES VOIES DE RECOURS (à retourner signé par l'intéressé au greffe de la cour d'appel de Douai par courriel - [Courriel 1]) : Vu les articles 612 et suivants du Code de procédure civile et R. 743-20 du Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile Pour information : L'ordonnance n'est pas susceptible d'opposition. Le pourvoi en cassation est ouvert à l'étranger, à l'autorité administrative qui a prononcé le maintien en zone d'attente ou la rétention et au ministère public. Le délai de pourvoi en cassation est de deux mois à compter de la notification. Le pourvoi est formé par déclaration écrite remise au secrétariat greffe de la Cour de cassation par l'avocat au Conseil d'Etat et à la Cour de cassation constitué par le demandeur. Reçu copie et pris connaissance le à (heure) : - M. [C] [M] - par truchement téléphonique d'un interprète en tant que de besoin - nom de l'interprète (à renseigner) : - décision transmise par courriel au centre de rétention de pour notification à M. [C] [M] le lundi 27 juillet 2026 - décision transmise par courriel pour notification à M. LE PREFET DU PAS DE CALAIS et à Maître Paul STAES Maître Fabien STORME le lundi 27 juillet 2026 - décision communiquée au tribunal administratif de Lille - décision communiquée à M. le procureur général - copie au tribunal judiciaire Le greffier, le lundi 27 juillet 2026 '

Questions fréquentes

Quelles sont les conditions pour prolonger la rétention administrative ?
La rétention peut être prolongée si l'administration justifie de diligences suffisantes pour exécuter la mesure d'éloignement. En l'espèce, l'administration a effectué des démarches auprès des autorités palestiniennes pour obtenir un laissez-passer, ce qui a été jugé suffisant.
Que faire si l'administration ne fait pas les démarches pour mon éloignement ?
Vous pouvez contester la prolongation en invoquant le défaut de diligences. Cependant, dans cette affaire, l'administration a démontré avoir accompli les démarches nécessaires, donc la prolongation a été confirmée.
Comment contester une ordonnance de prolongation de rétention ?
Vous pouvez interjeter appel dans les 24 heures suivant la notification de l'ordonnance. L'appel est examiné par le premier président de la cour d'appel ou son délégué. En l'espèce, l'appel a été déclaré recevable mais rejeté au fond.
Quels sont mes droits en centre de rétention ?
Vous avez le droit d'être assisté d'un avocat, d'un interprète, de communiquer avec votre consulat, et de contester les décisions vous concernant. Dans cette affaire, l'appelant a été représenté par un avocat commis d'office.
Puis-je demander la main-levée de ma rétention ?
Oui, vous pouvez demander la main-levée à tout moment, mais elle ne sera accordée que si la rétention n'est plus nécessaire ou si l'administration n'a pas accompli les diligences requises. Ici, la demande a été rejetée car les diligences étaient suffisantes.
Que se passe-t-il si mon pays ne délivre pas de laissez-passer ?
L'administration doit entreprendre des démarches auprès des autorités consulaires. Si elle le fait, la rétention peut être prolongée. Dans cette affaire, les démarches ont été jugées suffisantes, donc la prolongation a été confirmée.
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