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Cour d'appel, etrangers, 27 juillet 2026 — n° 26/01124

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Synthèse de la décision

Question juridique

La deuxième prolongation de la rétention administrative est-elle valable lorsque la requête du préfet ne comporte pas d'éléments probants suffisants pour justifier une telle prolongation ?

Principe retenu

La deuxième prolongation de la rétention administrative ne peut être ordonnée que si la requête de l'autorité administrative comporte des éléments probants suffisants démontrant que la mesure d'éloignement reste possible et que l'étranger fait obstacle à son exécution. À défaut, la prolongation est irrégulière et la mainlevée doit être ordonnée.

Faits clés

  • M. [U] [H], ressortissant vietnamien, a fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire français sans délai avec interdiction de retour d'un an.
  • Il a été placé en rétention administrative le 25 juin 2026.
  • Une première prolongation de 26 jours a été ordonnée le 30 juin 2026.
  • Une deuxième prolongation de 30 jours a été ordonnée le 25 juillet 2026.
  • L'appelant a contesté cette deuxième prolongation en soulevant l'absence d'éléments probants dans la requête du préfet.

Articles cités

article L. 742-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile article L. 743-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile article L. 922-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile article R. 743-18 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile article R. 743-19 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile article 455 du code de procédure civile

Exposé du litige

EXPOSÉ DU LITIGE M. [U] [Z] [M], né le 28 août 1997 à [Localité 1] (Vietnam), de nationalité vietnamienne a fait l'objet d'un placement en rétention administrative ordonné par M. le préfet du Pas-de-[Localité 4] le 25 juin 2026 notifié à 17h00 pour l'exécution d'un éloignement au titre d'une mesure d'obligation de quitter le territoire français sans délai assortie d'une interdiction de retour d'une durée d'un an délivrée dans la même décision. Par décision en date du 30 juin 2026, le magistrat du siège du tribunal judiciaire de Boulogne-sur-Mer a ordonné la prolongation du placement en rétention administrative de l'appelant pour une durée de 26 jours. [M] l'article 455 du code de procédure civile, [M] l'ordonnance du magistrat du siège du tribunal judiciaire de Boulogne-sur-Mer en date du 25 juillet 2026 à 10h34 ordonnant une deuxième prolongation du placement en rétention administrative de l'intéressé pour une durée de 30 jours, [M] la déclaration d'appel de M. [U] [Z] [M] du 27 juillet 2026 à 09h48 sollicitant la réformation de l'ordonnance dont appel ainsi que la mainlevée du placement en rétention administrative. Au soutien de sa déclaration d'appel l'appelant soulève le nouveau moyen tiré de l'absence d'élément probant de la requête pour ordonner la deuxième prolongation de la rétention.

Motivations de la décision

MOTIFS DE LA DÉCISION Sur la deuxième prolongation de la rétention L'article L. 742-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile modifié par la loi n°2025-796 du 11 août 2025 art 4 (V) dispose que : " Le magistrat du siège du tribunal judiciaire peut, dans les mêmes conditions qu'à l'article L. 742-1, être à nouveau saisi aux fins de prolongation du maintien en rétention au-delà de trente jours, dans les cas suivants : 1° En cas d'urgence absolue ou de menace pour l'ordre public ; 2° Lorsque l'impossibilité d'exécuter la décision d'éloignement résulte de la perte ou de la destruction des documents de voyage de l'intéressé, de la dissimulation par celui-ci de son identité ou de l'obstruction volontaire faite à son éloignement ; 3° Lorsque la décision d'éloignement n'a pu être exécutée en raison : a) du défaut de délivrance des documents de voyage par le consulat dont relève l'intéressé ou lorsque la délivrance des documents de voyage est intervenue trop tardivement pour procéder à l'exécution de la décision d'éloignement ; b) de l'absence de moyens de transport. L'étranger peut être maintenu à disposition de la justice dans les conditions prévues à l'article L. 742-2. Si le juge ordonne la prolongation de la rétention, celle-ci court à compter de l'expiration de la précédente période de rétention et pour une nouvelle période d'une durée maximale de trente jours. La durée maximale de la rétention n'excède alors pas soixante jours. La prolongation de la rétention peut être renouvelée une fois, dans les mêmes conditions. La durée maximale de la rétention n'excède alors pas quatre-vingt-dix jours." Il convient de rappeler que lorsque la procédure se situe dans le cadre de l'article L.742-4 du Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile précité et concerne une demande de deuxième prolongation du placement en rétention administrative, il n'existe aucune obligation de bref délai concernant la levée des obstacles. Ainsi, il suffit qu'il ait été décidé par la première décision judiciaire de prolongation de la rétention administrative, que l'administration avait effectué toutes les diligences nécessaires à l'exécution de la mesure d'éloignement, et qu'il soit démontré que ces diligences n'avaient pas encore reçu satisfaction de la part des autorités étrangères requises, et ce sans faute ou négligence de la part de l'Etat requérant, pour que l'autorité judiciaire autorise la deuxième prolongation du placement en rétention administrative. C'est par une analyse circonstanciée et des motifs particulièrement pertinents que le premier juge a ordonné la deuxième prolongation de la rétention après avoir observé que l'administration se trouvait dans l'attente de la délivrance d'un laissez-passer consulaire par les autorités vietnamiennes et qu'une demande d'avancement en vue de l'identification de l'intéressé leur avait été adressée le 21 juillet 2026 à 15h47, sans qu'il soit nécessaire d'apporter quelque observation. La prolongation du placement en rétention administrative de l'intéressé est justifiée au regard de l'article L742-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Le moyen sera donc rejeté. Conformément au droit communautaire, aucun moyen soulevé par les parties ou susceptible d'être relevé d'office ne paraît contraire à la prolongation de la rétention administrative. L'ordonnance sera confirmée. PAR CES MOTIFS DÉCLARONS l'appel recevable ; CONFIRMONS l'ordonnance entreprise ; DISONS que la présente ordonnance sera communiquée au ministère public par les soins du greffe ; DISONS que la présente ordonnance sera notifiée dans les meilleurs délais à M. [U] [Z] [M] par l'intermédiaire du greffe du centre de rétention administrative par truchement d'un interprète en tant que de besoin, à son conseil et à l'autorité administrative ;

Dispositif

LAISSONS les dépens à la charge de l'État. La greffière La conseillère A l'attention du centre de rétention, le lundi 27 juillet 2026 Bien vouloir procéder à la notification de l'ordonnance en sollicitant, en tant que de besoin,un interprète. Le greffier N° RG 26/01124 - N° Portalis DBVT-V-B7K-W4FN REÇU NOTIFICATION DE L'ORDONNANCE DU 27 Juillet 2026 ET DE L'EXERCICE DES VOIES DE RECOURS (à retourner signé par l'intéressé au greffe de la cour d'appel de Douai par courriel - [Courriel 1]) : [M] les articles 612 et suivants du Code de procédure civile et R. 743-20 du Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile Pour information : L'ordonnance n'est pas susceptible d'opposition. Le pourvoi en cassation est ouvert à l'étranger, à l'autorité administrative qui a prononcé le maintien en zone d'attente ou la rétention et au ministère public. Le délai de pourvoi en cassation est de deux mois à compter de la notification. Le pourvoi est formé par déclaration écrite remise au secrétariat greffe de la Cour de cassation par l'avocat au Conseil d'Etat et à la Cour de cassation constitué par le demandeur. Reçu copie et pris connaissance le à (heure) : - M. [U] [H] - par truchement téléphonique d'un interprète en tant que de besoin - nom de l'interprète (à renseigner) : - décision transmise par courriel au centre de rétention de pour notification à M. [U] [H] le lundi 27 juillet 2026 - décision transmise par courriel pour notification à M. [X] [S] et à Maître [D] [Q] le lundi 27 juillet 2026 - décision communiquée au tribunal administratif de Lille - décision communiquée à M. le procureur général - copie au tribunal judiciaire Le greffier, le lundi 27 juillet 2026 N° RG 26/01124 - N° Portalis DBVT-V-B7K-W4FN

Questions fréquentes

Quels sont les motifs pour obtenir la mainlevée d'une rétention administrative ?
La mainlevée peut être obtenue si la requête du préfet ne comporte pas d'éléments probants suffisants pour justifier la prolongation, comme dans cette affaire où la cour a constaté l'absence de preuves.
Que se passe-t-il si le préfet ne fournit pas de preuves pour justifier la prolongation ?
Si la requête du préfet ne contient pas d'éléments probants, la prolongation est irrégulière et le juge peut ordonner la mainlevée de la rétention.
Comment faire appel d'une ordonnance de prolongation de rétention ?
L'appel doit être formé par déclaration au greffe de la cour d'appel dans un délai de 48 heures suivant la notification de l'ordonnance, comme l'a fait M. [H].
Quelle est la durée maximale de la rétention administrative ?
La durée maximale est de 90 jours, mais elle peut être prolongée par tranches de 30 jours sous conditions, comme dans cette affaire où une deuxième prolongation de 30 jours était demandée.
Quels sont les droits d'un étranger en rétention administrative ?
L'étranger a droit à un avocat, à un interprète, à l'information sur ses droits, et peut contester la rétention devant le juge judiciaire.
Qu'est-ce qu'une obligation de quitter le territoire français ?
C'est une mesure administrative obligeant un étranger à quitter la France, souvent assortie d'une interdiction de retour, comme dans le cas de M. [H].
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