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Cour d'appel, rétention administrative, 26 juillet 2026 — n° 26/00781

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Synthèse de la décision

Question juridique

La prolongation exceptionnelle de la rétention administrative est-elle justifiée malgré l'absence de perspectives d'éloignement ?

Principe retenu

La prolongation exceptionnelle de la rétention au-delà de trente jours peut être ordonnée si l'impossibilité d'exécuter la décision d'éloignement résulte du défaut de délivrance des documents de voyage par le consulat. Le juge apprécie à chaque stade s'il existe une perspective raisonnable d'éloignement, et les relances auprès des autorités étrangères suffisent à démontrer la diligence de l'administration.

Faits clés

  • Mme [Q] [C] [L], de nationalité vietnamienne, placée en rétention administrative
  • Première prolongation de 30 jours jusqu'au 23 juillet 2026
  • Prolongation exceptionnelle ordonnée le 24 juillet 2026 jusqu'au 22 août 2026
  • Appel interjeté par l'association ASSFAM pour le compte de l'intéressée
  • Relances effectuées auprès des autorités vietnamiennes les 24 juin, 10 juillet et 21 juillet 2026

Articles cités

article L. 742-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile article L. 741-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile article L. 743-21 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile article R. 743-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile article R. 743-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile

Exposé du litige

RÉPUBLIQUE FRANÇAISE AU NOM DU PEUPLE FRANÇAIS COUR D'APPEL DE Metz ORDONNANCE DU 26 JUILLET 2026 3ème prolongation Nous, Anne-Yvonne FLORES, Présidente de chambre, agissant sur délégation de Monsieur le premier président de la cour d'appel de Metz, assistée de Dylan ARAMINI, greffier ; Dans l'affaire N° RG 26/00781 - N° Portalis DBVS-V-B7K-GTEM ETRANGER : Mme [Q] [C] [L] née le 15 Novembre 1986 à [Localité 1] (VIETNAM) de nationalité Vietnamienne Actuellement en rétention administrative. Vu la décision de M. [G] [O] prononçant le placement en rétention de l'intéressé ; Vu l'ordonnance rendue par le juge du tribunal judiciaire de Metz ordonnant la prolongation de la rétention dans les locaux ne relevant pas de l'administration pénitentiaire et ce pour une durée maximale de 30 jours jusqu'au 23 juillet 2026 inclus ; Vu la requête en prolongation exceptionnelle de M. [H] ; Vu l'ordonnance rendue le 24 juillet 2026 à 10h10 par le juge du tribunal judiciaire ordonnant la prolongation exceptionnelle de la rétention dans les locaux ne relevant pas de l'administration pénitentiaire et ce pour une durée maximale de 30 jours jusqu'au 22 août 2026 inclus ; Vu l'acte d'appel de l'association assfam ' groupe sos pour le compte de Mme [Q] [C] [L] interjeté par courriel le 24 juillet 2026 à 15h59, contre l'ordonnance ayant statué sur la prolongation de la mesure de rétention administrative ; Vu l'avis adressé à Monsieur le procureur général de la date et l'heure de l'audience ; A l'audience publique de ce jour, à 14h30, en visioconference se sont présentés : - Mme [Q] [C] [L] a refusé de comparaitre et donc n'était présent à l'audience que Me Anthony BESNIER, avocat de permanence commis d'office pour l'assiter et la représenter à l'audience de la cour et présent lors du prononcé de la décision Me Anthony BESNIER a présenté ses observations ;

Motivations de la décision

Sur ce, - Sur la recevabilité de l'acte d'appel L'appel est recevable comme ayant été formé dans les formes et délai prévus par les dispositions des articles L. 743-21, R. 743-10 et R. 743-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. - Sur la prolongation de la rétention Mme [Q] [C] [L] fait valoir une absence de perspectives d'éloignement. L'article L 742-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile prévoit que le magistrat du siège du tribunal judiciaire peut, dans les mêmes conditions qu'à l'article L. 742-1, être à nouveau saisi aux fins de prolongation du maintien en rétention au-delà de trente jours, dans les cas suivants : 1° En cas d'urgence absolue ou de menace pour l'ordre public ; 2° Lorsque l'impossibilité d'exécuter la décision d'éloignement résulte de la perte ou de la destruction des documents de voyage de l'intéressé, de la dissimulation par celui-ci de son identité ou de l'obstruction volontaire faite à son éloignement ; 3° Lorsque la décision d'éloignement n'a pu être exécutée en raison : a) du défaut de délivrance des documents de voyage par le consulat dont relève l'intéressé ou lorsque la délivrance des documents de voyage est intervenue trop tardivement pour procéder à l'exécution de la décision d'éloignement ; b) de l'absence de moyens de transport. L'étranger peut être maintenu à disposition de la justice dans les conditions prévues à l'article L. 742-2. Si le juge ordonne la prolongation de la rétention, celle-ci court à compter de l'expiration de la précédente période de rétention et pour une nouvelle période d'une durée maximale de trente jours. La durée maximale de la rétention n'excède alors pas soixante jours. Le dernier alinéa de cet article ajoute que la prolongation de la rétention peut être renouvelée une fois, dans les mêmes conditions. La durée maximale de la rétention n'excède alors pas quatre-vingt-dix jours. Conformément à l'article L 741-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, il appartient au juge d'apprécier, à chaque stade de la procédure, s'il existe ou non une perspective raisonnable d'éloignement. En l'espèce, a cour considère que c'est par une analyse circonstanciée et des motifs particulièrement pertinents qu'il convient d'adopter que le juge des libertés et de la détention a rejeté le moyen repris à hauteur d'appel, étant ajouté que des relances ont été effectuées auprés des autorités vietnamiennes le 24 juin, 10 juillet et 21 juillet 2026. Les services préfectoraux n'ayant aucun pouvoir pour exercer une contrainte sur les autorités étrangères, il ne saurait leur être reproché l'absence de réponse. Le moyen invoqué par Mme [Q] [C] [L] est rejeté. PAR CES MOTIFS Statuant publiquement, contradictoirement, en dernier ressort, DÉCLARONS recevable l'appel de Mme [Q] [C] [L] ; CONFIRMONS l'ordonnance rendue par le juge du tribunal judiciaire de Metz le 24 juillet 2026 à 10h10 ; ORDONNONS la prolongation de la rétention du 24 juillet 2026 inclus au 22 aout 2026 inclus ;

Dispositif

ORDONNONS la remise immédiate au procureur général d'une expédition de la présente ordonnance; DISONS n'y avoir lieu à dépens ; Prononcée publiquement à [Localité 2], le 26 juillet 2026 à 14h50 Le greffier, Le président de chambre, N° RG 26/00781 - N° Portalis DBVS-V-B7K-GTEM Mme [Q] [C] [L] contre M. [G] [O] Ordonnnance notifiée le 26 Juillet 2026 par courriel, par le greffe de la chambre des libertés de la cour d'appel à : - Mme [Q] [C] [L] et son conseil, M. [G] [O] et son représentant, au cra de Metz, au juge du tj de Metz, au procureur général de la cour d'appel de Metz

Questions fréquentes

Quelles sont les conditions pour une prolongation exceptionnelle de la rétention administrative ?
Selon l'article L. 742-4 du CESEDA, la prolongation exceptionnelle peut être ordonnée en cas d'urgence absolue, de menace pour l'ordre public, ou lorsque l'impossibilité d'exécuter l'éloignement résulte de la perte ou destruction des documents de voyage, de la dissimulation d'identité, d'une obstruction volontaire, du défaut de délivrance des documents par le consulat, ou de l'absence de moyens de transport.
Que se passe-t-il si mon consulat ne délivre pas les documents de voyage ?
Dans cette affaire, le défaut de réponse des autorités vietnamiennes aux relances de l'administration a été considéré comme un obstacle à l'éloignement, justifiant la prolongation. L'administration n'a pas de pouvoir de contrainte sur les autorités étrangères, donc les relances suffisent à démontrer sa diligence.
Quelle est la durée maximale de la rétention administrative ?
La durée maximale de la rétention administrative est de 90 jours, conformément à l'article L. 742-4 du CESEDA. Dans cette affaire, la troisième prolongation a été ordonnée jusqu'au 22 août 2026, portant la durée totale à 90 jours.
Comment contester une ordonnance de prolongation de rétention ?
L'appel doit être formé dans les formes et délais prévus par les articles L. 743-21, R. 743-10 et R. 743-11 du CESEDA. En l'espèce, l'appel a été interjeté par courriel le 24 juillet 2026 et déclaré recevable.
L'administration doit-elle prouver des diligences pour obtenir une prolongation ?
Oui, l'administration doit démontrer qu'elle a effectué des démarches pour exécuter l'éloignement. Ici, des relances ont été faites auprès des autorités vietnamiennes les 24 juin, 10 juillet et 21 juillet 2026, ce qui a été jugé suffisant.
Que signifie 'perspective raisonnable d'éloignement' ?
Le juge doit apprécier à chaque stade s'il existe une possibilité réelle d'exécuter la mesure d'éloignement. En l'espèce, malgré l'absence de réponse du consulat, la cour a estimé qu'une perspective raisonnable existait, car l'administration avait fait des relances et le consulat pouvait encore répondre.
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