Justiweb – Assistant juridique IA Justiweb
Se connecter Inscription gratuite

Cour d'appel, rétention administrative, 28 juillet 2026 — n° 26/00787

Irrecevabilite

Synthèse de la décision

Question juridique

La délégation de signature donnée au secrétaire général de la préfecture est-elle suffisamment précise pour signer une requête en prolongation de rétention administrative ?

Principe retenu

Une délégation de signature qui vise tous les actes relevant des attributions du préfet, y compris l'ensemble des procédures relatives à la rétention et à l'éloignement des étrangers, est suffisamment précise pour permettre la signature d'une requête en prolongation de rétention. La requête préfectorale est donc recevable.

Faits clés

  • M. [W] [H], ressortissant turc, a été placé en rétention administrative par décision du préfet de la Marne.
  • Le juge du tribunal judiciaire de Metz a ordonné la prolongation de la rétention jusqu'au 19 août 2026.
  • L'appel a été interjeté par l'association ASSFAM pour le compte de M. [H].
  • Le moyen soulevé en appel était l'irrecevabilité de la requête préfectorale en raison d'une délégation de signature trop générale.
  • La délégation de signature à M. [Y] [P], secrétaire général de la préfecture, visait tous les actes relevant des attributions du préfet, y compris les procédures de rétention et d'éloignement.

Articles cités

article R 743-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile article R 743-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile article 141-3 du CESEDA article L 744-2 du CESEDA article 640 du code de procédure civile article 642 du code de procédure civile

Exposé du litige

RÉPUBLIQUE FRANÇAISE AU NOM DU PEUPLE FRANÇAIS COUR D'APPEL DE METZ ORDONNANCE DU 28 JUILLET 2026 1ère prolongation Nous, Héloïse FERRARI,conseillère , agissant sur délégation de Monsieur le premier président de la cour d'appel de Metz, assistée de Sonia DE SOUSA, greffière ; Dans l'affaire N° RG 26/00787 - N° Portalis DBVS-V-B7K-GTEZ ETRANGER : M. [W] [H] né le 21 Mai 2000 à [Localité 1] EN TURQUIE de nationalité TURQUE Actuellement en rétention administrative. Vu la décision de M. LE PREFET DE LA MARNE prononçant le placement en rétention de l'intéressé; Vu la requête de M. LE PREFET DE LA MARNE saisissant le juge du tribunal judiciaire de Metz tendant à la prolongation du maintien de l'intéressé dans des locaux ne relevant pas de l'administration pénitentiaire pour une première prolongation ; Vu l'ordonnance rendue le 26 juillet 2026 à 14h42 par le juge du tribunal judiciaire de Metzordonnant la prolongation de la rétention dans les locaux ne relevant pas de l'administration pénitentiaire jusqu'au 19 aout 2026 inclus ; Vu l'acte d'appel de l'association assfam ' groupe sos pour le compte de M. [W] [H] interjeté par courriel du 27 juillet 2026 à 09h59 contre l'ordonnance ayant statué sur la prolongation de la mesure de rétention administrative ; Vu l'avis adressé à Monsieur le procureur général de la date et l'heure de l'audience ; A l'audience publique de ce jour, à 14 H 00, en visioconférence se sont présentés : - M. [W] [H], appelant, assisté de Me Charlotte CORDEBAR, avocat de permanence commis d'office, présent lors du prononcé de la décision et de [G] [U], interprète assermenté en langue turque, par téléphone conformément aux dispositions de l'article 141-3 du CESEDA, présente lors du prononcé de la décision - M. LE PREFET DE LA MARNE, intimé, représenté par Me Adrien PHALIPPOU, avocat au barreau de Paris substituant la selarl centaure avocats du barreau de Paris, présente lors du prononcé de la décision A l'audience, le conseil de Monsieur [W] [H] a soutenu les moyens développés dans la déclaration d'appel, à savoir que la délégation de signature de Monsieur [Y] [P] est rédigée en des termes trop généraux pour pouvoir inclure les requêtes en prolongation de rétention. Elle rappelle que les moyens nouveaux sont recevables à hauteur d'appel et que la requête préfectorale doit dès lors être déclarée irrecevable. Le conseil de la préfecture s'est opposé aux moyens soulevés et a demandé la confirmation de la décision entreprise, en faisant valoir que l'article 1er de la délégation de signature vise bien tous les actes, y compris pour l'ensemble des procédures relatives à la rétention et la l'éloignement des étrangers. Monsieur [W] [H] a déclaré que sa femme a retiré sa plainte, qu'il dispose dès lors d'une adresse fixe. Il ajoute être victime de menaces de mort et avoir des craintes pour sa vie en cas de retour dans son pays.

Motivations de la décision

SUR CE, Sur la recevabilité de l'appel En vertu de l'article R 743-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, l'ordonnance du magistrat du siège du tribunal judiciaire est susceptible d'appel devant le premier président dans les 24 heures de son prononcé, ce délai courant à compter de sa notification à l'étranger lorsque celui-ci n'assiste pas à l'audience. Le délai ainsi prévu est calculé et prorogé conformément aux articles 640 et 642 du code de procédure civile. L'article R 743-11 du même code prévoit qu'à peine d'irrecevabilité, la déclaration d'appel est motivée. En l'espèce, l'appel a été interjeté dans les délais légaux et celui-ci ayant été complété par des observations écrites de son conseil dans le délai d'appel de 24 heures, il doit être considéré comme étant motivé. Il sera déclaré recevable. Sur la régularité de la requête préfectorale (délégation de signature) En vertu de l'article L 742-1 du CESEDA, le maintien en rétention au-delà de quatre-vingt-seize heures à compter de la notification de la décision de placement initiale peut être autorisé par le magistrat du siège du tribunal judiciaire saisi à cette fin par l'autorité administrative. L'article L 742-3 du CESEDA précise que si le juge ordonne la prolongation de la rétention, celle-ci court pour une période de vingt-six jours à compter de l'expiration du délai de quatre-vingt-seize heures mentionné à l'article L. 741-1. Le préfet saisit le magistrat du siège du tribunal judiciaire pour prolonger la rétention au-delà de 96 heures, puis pour une 2e et 3e prolongation, en application des articles L. 742-1 et suivants du CESEDA. L'article R.743-2 du même code prévoit que lorsque la requête est formée par l'autorité administrative, à peine d'irrecevabilité : - elle est motivée, datée, signée par l'autorité qui a ordonné le placement en rétention - elle est accompagnée de toutes pièces justificatives utiles, notamment une copie du registre prévu à l'article L. 744-2 précité. En l'espèce, la requête en prolongation de la mesure de rétention de Monsieur [W] [H] a été signée par Monsieur[Y] [P]. Il résulte de l'arrêté portant délégation de signature à M. [Y] [P], Secrétaire Général de la préfecture de la Marne en date du 9 mars 2026, que celui-ci a notamment reçu délégation de signature pour signer tous arrêtés, décision, circulaire, rapports, correspondances et documents relevant des attributions du représentant de l'État dans le département, y compris l'ensemble des procédures relatives à la rétention et à l'éloignement des étrangers, à l'exception des réquisitions de la force armée, des arrêtés de conflit, des compétences déléguèrent à un autre sous-préfet, et des compétences déléguées au secrétariat général commun départemental (article 1er). En conséquence, la requête préfectorale en prolongation de la mesure de rétention de Monsieur Monsieur [Y] [P] est parfaitement recevable. En l'absence d'autre moyen soulevé pour contester l'ordonnance attaquée, cette dernière sera confirmée. PAR CES MOTIFS Statuant publiquement, contradictoirement, en dernier ressort, DÉCLARONS recevable l'appel de M. [W] [H] à l'encontre de la décision du juge du tribunal judiciaire de Metz ayant statué sur la prolongation de la mesure de rétention administrative ; DECLARONS recevable la requête préfectorale en prolongation de la mesure de rétention de M. [W] [H] ; CONFIRMONS l'ordonnance rendue par le juge du tribunal judiciaire de Metz le 26 juillet 2026 à 14h42 ;

Dispositif

ORDONNONS la remise immédiate au procureur général d'une expédition de la présente ordonnance ; DISONS n'y avoir lieu à dépens. Prononcée publiquement à Metz, le 28 juillet 2026 à 14h50 La greffière, La conseillère, N° RG 26/00787 - N° Portalis DBVS-V-B7K-GTEZ M. [W] [H] contre M. LE PREFET DE LA MARNE Ordonnnance notifiée le 28 Juillet 2026 par courriel, par le greffe de la chambre des libertés de la cour d'appel à : - M. [W] [H] et son conseil, M. LE PREFET DE LA MARNE et son représentant, au cra de Metz, au juge du tj de Metz, au procureur général de la cour d'appel de Metz

Questions fréquentes

Qu'est-ce qu'une délégation de signature pour une requête en prolongation de rétention ?
Une délégation de signature est un acte par lequel le préfet autorise une personne (comme le secrétaire général) à signer des documents en son nom. Pour être valable, elle doit être suffisamment précise et couvrir le type d'acte concerné. Dans cette affaire, la délégation visait tous les actes relatifs à la rétention et à l'éloignement des étrangers, ce qui a été jugé suffisant.
Quels sont les délais pour faire appel d'une ordonnance de prolongation de rétention ?
Selon l'article R 743-10 du CESEDA, l'appel doit être interjeté dans les 24 heures suivant le prononcé de l'ordonnance, ou suivant sa notification si l'étranger n'était pas présent. Ce délai est calculé conformément aux articles 640 et 642 du code de procédure civile.
Que se passe-t-il si la requête du préfet est signée par une personne sans délégation valable ?
Si la requête est signée par une personne sans délégation valable, elle peut être déclarée irrecevable, ce qui entraînerait l'annulation de la prolongation de la rétention. Dans cette affaire, la délégation a été jugée valable, donc la requête a été déclarée recevable.
Quels sont les motifs de recevabilité d'une requête en prolongation de rétention ?
La requête doit être présentée par le préfet ou son délégué, dans les délais légaux, et signée par une personne ayant reçu délégation de signature. Elle doit également être motivée. Dans cette affaire, la requête a été jugée recevable car la délégation était valable et la requête avait été déposée dans les délais.
Un étranger peut-il être maintenu en rétention au-delà de la durée initiale ?
Oui, la rétention peut être prolongée par le juge des libertés et de la détention, sur demande du préfet, dans les conditions prévues par le CESEDA. La durée maximale dépend de la situation. Dans cette affaire, la prolongation a été confirmée jusqu'au 19 août 2026.
Quels sont les droits d'un étranger en rétention administrative ?
L'étranger en rétention a droit à l'assistance d'un avocat, d'un interprète, et peut contester la mesure. Il doit être informé de ses droits. Dans cette affaire, M. [H] a été assisté d'un avocat et d'un interprète en langue turque.
💡 Votre situation ressemble à cette décision ? Posez votre question à l'IA
Gratuit · sans engagement

Des milliers de justiciables utilisent déjà Justiweb pour clarifier leur situation.

Une question similaire ? Posez-la à Justiweb

Notre IA juridique vous répond avec sources officielles et jurisprudence à jour.

Poser ma question

Gratuit pour commencer · sans engagement

Important : Cette page présente une décision de justice à titre informatif. Elle ne constitue pas un conseil juridique personnalisé. Pour votre situation spécifique, consultez un avocat ou utilisez l'assistant Justiweb pour explorer vos questions juridiques.