Justiweb – Assistant juridique IA Justiweb
Se connecter Inscription gratuite

Cour d'appel, pôle 1 - chambre 11, 29 juillet 2026 — n° 26/04209

Irrecevabilite

Synthèse de la décision

Question juridique

L'appel contre une ordonnance de prolongation de rétention est-il irrecevable lorsque la déclaration d'appel n'est pas motivée et ne contient pas la délégation de signature du signataire ?

Principe retenu

La déclaration d'appel doit être motivée à peine d'irrecevabilité (article R743-11 du CESEDA). L'absence de motivation et l'absence de production de la délégation de signature du signataire rendent l'appel manifestement irrecevable. Le juge ne peut exiger de l'administration des démarches sur lesquelles elle n'a aucun pouvoir de contrainte, notamment auprès des autorités consulaires.

Faits clés

  • M. [Z] [R], ressortissant algérien, a été placé en rétention administrative.
  • Le 25 juillet 2026, le magistrat du siège du tribunal judiciaire de Paris a ordonné la prolongation du maintien en rétention pour 30 jours.
  • M. [Z] [R] a interjeté appel le 27 juillet 2026.
  • La déclaration d'appel ne comportait pas la délégation de signature du signataire [C] [U].
  • La déclaration d'appel n'exposait aucun argument critiquant la décision du premier juge.

Articles cités

article L.743-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile article R.743-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile article R.743-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile article L. 741-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile article L.742-4 3° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile

Exposé du litige

RÉPUBLIQUE FRANÇAISE AU NOM DU PEUPLE FRANÇAIS COUR D'APPEL DE PARIS L. 742-1 et suivants du Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ORDONNANCE DU 29 JUILLET 2026 (1 pages) Numéro d'inscription au répertoire général et de décision : B N° RG 26/04209 - N° Portalis 35L7-V-B7K-CNSYL Décision déférée : ordonnance rendue le 25 juillet 2026, à 12h17, par le magistrat du siège du tribunal judiciaire de Paris Nous, Florence Lagemi, présidente de chambre à la cour d'appel de Paris, agissant par délégation du premier président de cette cour, assistée de Apinajaa Thevaranjan, greffière au prononcé de l'ordonnance, APPELANT M. [Z] [R] né le 28 février 2007, ville non précisée, de nationalité algérienne RETENU au centre de rétention : [Localité 1] Informé le 28 juillet 2026 à 11h23, de la possibilité de faire valoir ses observations sur le caractère manifestement irrecevable de son appel, en application des dispositions de l'article R 743-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile INTIMÉ LE PREFET DE POLICE Informé le 28 juillet 2026 à 11h24, de la possibilité de faire valoir ses observations sur le caractère manifestement irrecevable de l'appel, en application des dispositions de l'article R 743-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, MINISTÈRE PUBLIC, avisé de la date et de l'heure de l'audience ORDONNANCE : contradictoire - Vu l'ordonnance du 25 juillet 2026 du magistrat du siège du tribunal judiciaire de Paris ordonnant la prolongation du maintien de M. [Z] [R], dans les locaux ne relevant pas de l'administration pénitentiaire, pour une durée maximale de 30 jours, soit jusqu'au 24 août 2026 ; - Vu l'appel interjeté le 27 juillet 2026, à 16h50 réitéré à 16h53, par M. [Z] [R] ;

Motivations de la décision

SUR QUOI, Aux termes de l'article L.743-23 alinéa 1 du Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, en cas d'appel manifestement irrecevable, celui-ci peut être rejeté sans convocation préalable des parties. Par application de l'article R.743-14 du même Code, les observations de l'appelant concernant le caractère manifestement irrecevable de son appel ont été sollicitées. L'article R743-11 alinéa 1 exige que 'A peine d'irrecevabilité, la déclaration d'appel est motivée'. S'agissant en outre d'une deuxième prolongation, il convient de rappeler que s'il résulte de la combinaison des articles L. 741-3 et L.742-4 3° du Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ici applicables que la personne retenue ne peut le rester que le « temps strictement nécessaire » et « lorsque la décision d'éloignement n'a pu être exécutée en raison du défaut de délivrance des documents de voyage par le consulat dont relève l'intéressé ou lorsque la délivrance des documents de voyage est intervenue trop tardivement pour procéder à l'exécution de la décision d'éloignement » ou « de l'absence de moyens de transport », il n'en résulte aucune obligation pour l'administration d'un « bref délai » pour cette obtention ou d'une levée des obstacles. S'il appartient au juge judiciaire de rechercher concrètement les diligences accomplies par l'administration pour permettre que l'intéressé ne soit maintenu en rétention que pour le temps strictement nécessaire à son départ, ce qui requiert, dès le placement en rétention, une saisine effective des services compétents pour rendre possible le retour contrôlée en première prolongation décidée judiciairement, le juge ne saurait exiger de l'administration des démarches à l'intention des autorités consulaires sur lesquelles elle ne dispose d'aucun pouvoir de contrainte (1re Civ., 9 juin 2010, pourvoi n° 09-12.165, Bull. 2010, I, n° 129), sauf à imposer à celle-ci la réalisation d'acte(s) sans véritable effectivité. S'agissant des perspectives raisonnables d'éloignement, l'article 15§4 de la Directive 2008/115/CE du parlement européen et du conseil relative aux normes et procédures communes applicables dans les États membres au retour des ressortissants de pays tiers en séjour irrégulier (dite Directive « retour ») précisait que « lorsqu'il apparaît qu'il n'existe plus de perspective raisonnable d'éloignement pour des considérations d'ordre juridique ou autres ou que les conditions énoncées au paragraphe 1 (risque de fuite ou le ressortissant concerné d'un pays tiers évite ou empêche la préparation du retour ou de la procédure d'éloignement) ne sont plus réunies, la rétention ne se justifie plus et la personne concernée est immédiatement remise en liberté ». Cette exigence reste d'actualité dans le cadre de l'analyse du temps strictement nécessaire à l'exécution de la mesure d'éloignement, seule finalité du placement en rétention administrative. Il appartient dès lors au juge judiciaire d'apprécier, à chaque stade de la procédure, l'existence ou non d'une perspective raisonnable d'éloignement. En l'espèce, la déclaration d'appel méconnait l'adjonction à la requête de la délégation de signature consentie à [C] [U], son signataire, ainsi que les seules conditions d'une telle délégation, et n'expose aucun argument critiquant la décision du premier juge compte-tenu du contrôle opéré au regard des diligences d'ores et déjà réalisées et exigibles (report d'audition par les autorités consulaires algériennes) ' ce qui ne peut constituer une motivation au sens de l'article R.743-11. A défaut d'autres moyens présentés en appel, il y a lieu de constater que l'appel doit être rejeté comme irrecevable. PAR CES MOTIFS REJETONS la déclaration d'appel,

Dispositif

ORDONNONS la remise immédiate au procureur général d'une expédition de la présente ordonnance. Fait à [Localité 2] le 29 juillet 2026 à 09h02 LE GREFFIER, LE PRÉSIDENT, REÇU NOTIFICATION DE L'ORDONNANCE ET DE L'EXERCICE DES VOIES DE RECOURS : Pour information : L'ordonnance n'est pas susceptible d'opposition. Le pourvoi en cassation est ouvert à l'étranger, à l'autorité administrative qui a prononcé le maintien en zone d'attente ou la rétention et au ministère public. Le délai de pourvoi en cassation est de deux mois à compter de la notification. Le pourvoi est formé par déclaration écrite remise au secrétariat greffe de la Cour de cassation par l'avocat au Conseil d'Etat et à la Cour de cassation constitué par le demandeur. Notification effectuée aux parties par LRAR ou télécopie et/ou courriel.

Questions fréquentes

Que se passe-t-il si ma déclaration d'appel n'est pas motivée ?
Selon l'article R743-11 du CESEDA, la déclaration d'appel doit être motivée à peine d'irrecevabilité. Dans cette affaire, l'appel a été rejeté car il ne contenait aucun argument critiquant la décision du premier juge.
Qu'est-ce qu'une délégation de signature et pourquoi est-elle importante ?
La délégation de signature est un document qui prouve que la personne qui signe un acte a le pouvoir de le faire. En l'espèce, l'appelant n'a pas fourni la délégation de signature du signataire de sa déclaration d'appel, ce qui a contribué à l'irrecevabilité.
Le juge peut-il exiger des démarches auprès du consulat ?
Non, le juge ne peut pas exiger de l'administration des démarches sur lesquelles elle n'a aucun pouvoir de contrainte, comme l'obtention de documents de voyage auprès du consulat. Il doit seulement vérifier que l'administration a fait les diligences nécessaires.
Quelle est la durée maximale de rétention administrative ?
La durée maximale de rétention est généralement de 90 jours, mais elle peut être prolongée par le juge. Dans cette affaire, une prolongation de 30 jours avait été ordonnée, et l'appel a été rejeté.
Puis-je être libéré si mon éloignement n'est pas possible ?
Oui, si les conditions de la rétention ne sont plus réunies, notamment s'il n'y a pas de perspective raisonnable d'éloignement, la personne doit être remise en liberté. Cependant, dans ce cas, l'appelant n'a pas démontré que ces conditions n'étaient pas remplies.
💡 Votre situation ressemble à cette décision ? Posez votre question à l'IA
Gratuit · sans engagement

Des milliers de justiciables utilisent déjà Justiweb pour clarifier leur situation.

Une question similaire ? Posez-la à Justiweb

Notre IA juridique vous répond avec sources officielles et jurisprudence à jour.

Poser ma question

Gratuit pour commencer · sans engagement

Important : Cette page présente une décision de justice à titre informatif. Elle ne constitue pas un conseil juridique personnalisé. Pour votre situation spécifique, consultez un avocat ou utilisez l'assistant Justiweb pour explorer vos questions juridiques.