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Cour d'appel, rétention administrative, 29 juillet 2026 — n° 26/00799

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Synthèse de la décision

Question juridique

Le ministère public peut-il obtenir un effet suspensif à son appel d'une ordonnance de remise en liberté d'un étranger en rétention administrative lorsque celui-ci ne présente pas de garanties de représentation effectives ?

Principe retenu

L'appel du ministère public contre une ordonnance de remise en liberté d'un étranger en rétention administrative n'est pas suspensif, mais le premier président de la cour d'appel ou son délégué peut déclarer l'appel suspensif si l'étranger ne présente pas de garanties de représentation effectives ou s'il constitue une menace grave pour l'ordre public. La demande doit être formée dans un délai de 6 heures à compter de la notification de l'ordonnance au procureur de la République.

Faits clés

  • M. [R] [U], de nationalité sénégalaise, a fait l'objet de plusieurs mesures d'éloignement auxquelles il ne s'est jamais soumis.
  • Il a été placé à plusieurs reprises en rétention administrative.
  • Il déclare ne pas vouloir repartir dans son pays d'origine et vouloir rester sur le territoire français, sans justifier de sa situation familiale.
  • Il a été condamné à de multiples reprises et son placement en rétention fait suite à une garde à vue pour des faits de vol.
  • Il n'est pas en possession d'un document d'identité.

Articles cités

article L 743-22 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile article R 743-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile article R 743-22 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile

Exposé du litige

REPUBLIQUE FRANCAISE AU NOM DU PEUPLE FRANCAIS COUR D'APPEL DE METZ ORDONNANCE DU 29 JUILLET 2026 Nous, Héloïse FERRARI, conseillère, agissant sur délégation de Monsieur le premier président de la cour d'appel de Metz, Dans l'affaire N° RG 26/00799 - N° Portalis DBVS-V-B7K-GTGP ETRANGER entre : Le procureur de la République Et M. [R] [U] né le 23 Février 1982 à [Localité 1] (SENEGAL) de nationalité Sénégalaise Actuellement en rétention administrative. Vu l'ordonnance rendue le 29 juillet 2026 à 10h55 par le juge du tribunal judiciaire ordonnant la remise en liberté immédiate de M. [R] [U] à l'issue des formalités administratives au centre de rétention administrative de [Etablissement 1] et notifiée le même jour à 11h03 à M. Le procureur de la République près le tribunal judiciaire de Metz ; Vu l'appel de cette décision de M. Le procureur de la République près le tribunal judiciaire le 29 juillet 2026 à 14h47, réceptionné au greffe de la chambre des libertés le même jour à 15h04 ; Vu la demande d'effet suspensif de l'appel de l'ordonnance de refus de prolongation de la mesure de rétention administrative formulée dans l'acte d'appel ; Vu la notification de la déclaration d'appel avec demande d'appel suspensif faite à M. [R] [U] le 29 juillet 2026 à 15h30 avec indication des modalités et du délai des observations en réponse à la demande de déclaration d'effet suspensif à éventuellement formuler auprès du magistrat devant statuer sur cette demande, Vu les notifications du recours suspensif du 29 juillet 2026 effectuées par le parquet: - à Me Charlotte CORDEBAR, avocat au barreau de Metz, conseil de M. [R] [U], par courriel à 15h04 - au préfet de la cote d'Or, par courriel à 15h04 Constatant l'absence d'observations faite par l'étranger ou son conseil dans le délai prévu à l'article R 743-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile,

Motivations de la décision

SUR CE, Vu le dossier de la procédure, Vu l'article L 743-22 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile qui dispose que l'appel n'est pas suspensif, mais que toutefois, le ministère public peut demander au premier président de la cour d'appel ou à son délégué de déclarer son recours suspensif lorsqu'il lui apparaît que l'intéressé ne dispose pas de garanties de représentation effectives ou en cas de menace grave pour l'ordre public. Dans ce cas, l'appel, accompagné de la demande qui se réfère à l'absence de garanties de représentation effectives ou à la menace grave pour l'ordre public, est formé dans un délai de 6 heures (décision n°2025-11158 du Conseil Constitutionnel du 12/09/2025 publié au JO le 13/09/2025) à compter de la notification de l'ordonnance au procureur de la République et transmis au premier président de la cour d'appel ou à son délégué. Celui-ci décide, sans délai, s'il y a lieu de donner à cet appel un effet suspensif, en fonction des garanties de représentation dont dispose l'étranger ou de la menace grave pour l'ordre public, par une ordonnance motivée rendue contradictoirement et qui n'est pas susceptible de recours. L'intéressé est maintenu à la disposition de la justice jusqu'à ce que cette ordonnance soit rendue et, si elle donne un effet suspensif à l'appel du ministère public, jusqu'à ce qu'il soit statué sur le fond. En l'espèce, M. [R] [U] a défà fait l'objet de plusieurs mesures d'éloignement auxquelles il ne s'est jamais soumis, et ce, malgré plusieurs placements en rétentions administratives; Il déclare ne pas vouloir repartir dans son pays d'origine et vouloir rester sur le territoire français, en mettant en avant sa situation familiale, qu'il ne justifie cependant aucunement. Il a déjà été condamné à de multiples reprises, tandis que son placement en rétention fait suite à un nouveau placement en garde à vue pour des faits de vol. M. [R] [U] n'es pas document. Il se déduit de ces circonstances que l'intimé ne présente pas de garanties suffisantes de représentation et risque de se soustraire, si elle lui est défavorable à la décision d'appel, de sorte qu'il y a lieu de suspendre les effets de l'ordonnance déférée. PAR CES MOTIFS Statuant sans délai par décision insusceptible de recours, PRONONÇONS LA SUSPENSION DE L'EXÉCUTION de l'ordonnance rendue par le juge du tribunal judiciaire de Metz en date du 29 juillet 2026 ayant rejeté la requête aux fins de prolongation de la rétention dans des locaux ne dépendant pas de l'administration pénitentiaire de M. [R] [U] et ordonné sa mise en liberté, ORDONNONS LE MAINTIEN A LA DISPOSITION DE LA JUSTICE de M. [R] [U] jusqu'au prononcé de la décision à intervenir statuant sur l'appel, les conditions du maintien étant déterminées comme le prévoit l'article R 743-22 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; DISONS que la présente décision conférant un caractère suspensif à l'appel du ministère public sera portée à la connaissance de l'étranger et de son conseil par le greffe de la cour d'appel et communiquée au procureur de la république, qui veillera à son exécution et en informera l'autorité administrative qui a prononcé la rétention, AVISONS les parties que l'audience d'appel aura lieu le mercredi 30 juillet 2026 à 14h00 ;

Dispositif

ORDONNONS la remise immédiate au procureur général d'une expédition de la présente ordonnance. La conseillère,

Questions fréquentes

Qu'est-ce qu'un appel suspensif ?
Un appel suspensif est une demande du ministère public pour que son appel contre une ordonnance de remise en liberté ait pour effet de suspendre l'exécution de cette ordonnance, c'est-à-dire que l'étranger reste en rétention jusqu'à ce que la cour d'appel statue sur le fond.
Quelles sont les conditions pour obtenir un effet suspensif ?
L'effet suspensif peut être accordé si l'étranger ne présente pas de garanties de représentation effectives ou s'il constitue une menace grave pour l'ordre public. La demande doit être faite dans un délai de 6 heures après la notification de l'ordonnance au procureur.
Que se passe-t-il si je n'ai pas de papiers d'identité ?
L'absence de document d'identité peut être considérée comme un manque de garanties de représentation, ce qui peut justifier le maintien en rétention et l'effet suspensif de l'appel du procureur.
Puis-je être libéré si je ne veux pas retourner dans mon pays ?
Le fait de déclarer ne pas vouloir retourner dans son pays d'origine peut être interprété comme un risque de fuite, ce qui peut conduire au rejet de la remise en liberté et à l'octroi de l'effet suspensif.
Quel est le rôle de mon avocat dans la procédure d'effet suspensif ?
Votre avocat peut présenter des observations écrites dans le délai prévu (article R 743-12 du CESEDA) pour contester la demande d'effet suspensif du procureur. En l'espèce, aucune observation n'a été faite.
Quelle est la durée de la suspension ?
La suspension dure jusqu'à ce que la cour d'appel statue sur le fond de l'appel. Dans cette affaire, l'audience d'appel était fixée au lendemain.
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