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Cour d'appel, rétention administrative, 29 juillet 2026 — n° 26/00795

Irrecevabilite

Synthèse de la décision

Question juridique

La déclaration d'appel contre une ordonnance de prolongation de rétention administrative est-elle recevable lorsqu'elle se borne à affirmer que le juge aurait dû vérifier la régularité de la requête sans caractériser précisément l'irrégularité alléguée ?

Principe retenu

La déclaration d'appel en matière de rétention administrative doit être motivée à peine d'irrecevabilité. Une motivation qui se contente d'affirmer que le juge aurait dû vérifier la régularité de la requête sans caractériser de façon circonstanciée les pièces manquantes est insuffisante et entraîne l'irrecevabilité de l'appel.

Faits clés

  • M. [T] [B], de nationalité algérienne, a été placé en rétention administrative.
  • Le juge du tribunal judiciaire de Metz a prolongé la rétention jusqu'au 26 août 2026.
  • L'association Assfam-Groupe SOS a interjeté appel pour le compte de M. [B] par courriel du 28 juillet 2026.
  • L'acte d'appel invoquait l'absence de production des accusés de réception des courriels adressés au consulat les 8 et 22 juillet 2026.
  • La préfecture a soutenu que l'appel était irrecevable faute de motivation suffisante.

Articles cités

article R 743-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile article R 743-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile article L 744-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile

Exposé du litige

REPUBLIQUE FRANCAISE AU NOM DU PEUPLE FRANCAIS COUR D'APPEL DE METZ ORDONNANCE DU 29 JUILLET 2026 Nous, Héloïse FERRARI, conseillère et sur délégation de Monsieur le premier président de la cour d'appel de Metz, assistée de Sonia DE SOUSA, greffière ; Dans l'affaire N° RG 26/00795 - N° Portalis DBVS-V-B7K-GTFT ETRANGER : M. [T] [B] né le 29 Mars 1984 à [Localité 1] (ALGERIE) de nationalité Algérienne Actuellement en rétention administrative. Vu la décision de M. [W] [O] prononçant le placement en rétention de l'intéressé ; Vu la décision rendue par le juge du tribunal judiciaire de Metz prononçant le maintien en rétention de l'intéressé; Vu la requête de M. [P] saisissant le juge du tribunal judiciaire de Metz tendant à la prolongation du maintien de l'intéressé dans des locaux ne relevant pas de l'administration pénitentiaire; Vu l'ordonnance rendue le 28 juillet 2026 à 09h51 par le juge du tribunal judiciaire de Metz ordonnant la prolongation de la rétention dans les locaux ne relevant pas de l'administration pénitentiaire jusqu'au 26 aout 2026 inclus; Vu l'acte d'appel de l'association assfam ' groupe sos pour le compte de M. [T] [B] interjeté par courriel du 28 juillet 2026 à 13h55 contre l'ordonnance ayant statué sur la prolongation de la mesure de rétention administrative ; M. [T] [B], M. [W] [O] et le parquet général ont été informés chacun le 29 juillet 2026 à 10h09, de la possibilité de faire valoir leurs observations sur le caractère manifestement irrecevable de l'appel, en application des dispositions de l'article R 743-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile qui prévoit que lorsque le premier président de la cour d'appel ou son délégué envisage de rejeter une déclaration d'appel comme manifestement irrecevable, il recueille par tout moyen les observations des parties sur cette irrecevabilité. Par courriel reçu le 29 juillet 2026 à 10h50, M. [T] [B] via son conseil, Maître Charlotte CORDEBAR, a fait les observations suivantes : 'L'article R 743-11 du Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dispose que la déclaration d'appel doit être motivée à peine d'irrecevabilité.  En l'espèce, dans son acte d'appel, l'appelant ne se contente pas d'indiquer que lorsque la requête est formée par l'autorité administrative, elle est accompagnée de toutes pièces justificatives utiles, notamment une copie du registre prévu à l'article L. 744-2. [...]. L'appelant donne en effet en complément du visa légal de son appel les éléments de l'espèce dûment circonstanciés qui corroborent l'irrégularité alléguée. La référence dans l'acte d'appel à l'absence de production par la préfecture dans sa requête de toutes les pièces utiles fait référence en l'espèce au fait qu'il manque les AR des courriels faits au consulat les 8 et 22 juillet 2026. En l'absence de ces AR, impossible de corroborer la réalisation par la préfecture des diligences utiles. Ces observations étant réalisées dans le délai d'appel, l'appel est recevable. Il appartient donc au juge judiciaire de vérifier la régularité de la requête de la préfecture. La requête préfectorale n'est donc pas conforme aux prescriptions légales du CESEDA. L'appel est tant recevable que fondé. Une audience doit se tenir devant la juridiction de céans.' Par courriel reçu le 29 juillet 2026 à 10h53, la préfecture via son représentant, fait les observations suivantes : 'Il y aura lieu de déclarer l'appel de Monsieur [B] contre l'ordonnance du magistrat du siège du TJ de [Localité 2] irrecevable et ce, en application de l'article R 743-11 du Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.   En effet, l'article R 743-11 du Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dispose que la déclaration d'appel doit être motivée et accompagnée de toutes les pièces justificatives à peine d'irrecevabilité.   Selon l'article L.

Motivations de la décision

SUR CE, L'article L 743-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile prévoit que le premier président de la cour d'appel ou son délégué peut, par ordonnance motivée et sans avoir préalablement convoqué les parties, rejeter les déclarations d'appel manifestement irrecevables.   Dans son acte d'appel, M. [T] [B] soutient qu'aux termes de l'article R. 742-1 du Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le magistrat du siège du tribunal judiciaire est saisi aux fins de prolongation de la rétention par simple requête de l'autorité administrative, dans les conditions prévues au chapitre III, avant l'expiration, selon le cas, de la période de quatre-vingt-seize heures mentionnée à l'article L. 742-1 ou de la période de prolongation ordonnée en application des articles L. 742-4, L. 742-5, L. 742-6 ou L. 742-7, que la requête est adressée par tout moyen au greffe du tribunal compétent conformément aux dispositions de l'article R. 743-1, que l'article R.743-2 dispose quant à lui, qu'à peine d'irrecevabilité, la requête est motivée, datée et signée, selon le cas, par l'étranger ou son représentant ou par l'autorité administrative qui a ordonné le placement en rétention, que lorsque la requête est formée par l'autorité administrative, elle est accompagnée de toutes pièces justificatives utiles, notamment une copie du registre prévu à l'article L. 744-2. [ ... ] ,qu'il appartient donc au juge judiciaire de vérifier la régularité de la requête au regard de l'ensemble des critères susmentionnés et qu'ainsi le juge judiciaire aurait dû tirer les conséquences d'une éventuelle irrégularité et prononcer sa remise en liberté'. Toutefois, l'article R 743-11 du Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dispose que la déclaration d'appel doit être motivée à peine d'irrecevabilité. Or le seul  moyen soulevé selon lequel «il appartient donc au juge judiciaire de vérifier la régularité de la requête au regard de l'ensemble des critères susmentionnés » ne constitue pas une motivation d'appel au sens de l'article précité, à défaut pour l'appelant de caractériser l'irrégularité alléguée de façon circonstanciée par les éléments de l'espèce et de mentionner en particulier les pièces qui n'auraient pas été transmises par l'administration.   Il y a donc lieu de déclarer l'appel irrecevable. PAR CES MOTIFS Statuant sans audience, DÉCLARONS irrecevable l'appel de M. [T] [B] à l'encontre de la décision du juge du tribunal judiciaire de Metz rendue le 28 juillet 2026 ayant statué sur la prolongation de la mesure de rétention administrative ;

Dispositif

ORDONNONS la remise immédiate au procureur général d'une expédition de la présente ordonnance ; DISONS n'y avoir lieu à dépens. Prononcée publiquement à [Localité 2], le 29 juillet 2026 à 14h00 La greffière, La conseillère, N° RG 26/00795 - N° Portalis DBVS-V-B7K-GTFT M. [T] [B] contre M. [P] Ordonnance notifiée le 29 Juillet 2026 par courriel, par le greffe des rétentions administratives de la cour d'appel à : - M. [T] [B] et son conseil - M. [P] et son représentant - Au centre de rétention administrative de [Localité 2] - Au juge du tribunal judiciaire de Metz - Au procureur général de la cour d'appel de Metz

Questions fréquentes

Qu'est-ce qu'une déclaration d'appel motivée en matière de rétention administrative ?
Une déclaration d'appel motivée doit exposer précisément les raisons pour lesquelles la décision de prolongation est contestée, en indiquant les éléments de fait et de droit qui la fondent. Elle ne peut pas se contenter d'affirmations générales.
Pourquoi mon appel a-t-il été déclaré irrecevable ?
Dans cette affaire, l'appel a été jugé irrecevable car il ne précisait pas concrètement quelles pièces manquaient et en quoi cela rendait la requête de la préfecture irrégulière. La simple référence à l'obligation de vérification par le juge ne suffit pas.
Que dois-je faire pour que mon appel soit recevable ?
Vous devez détailler dans votre déclaration d'appel les irrégularités que vous invoquez, par exemple en listant les pièces absentes et en expliquant en quoi leur absence affecte la régularité de la procédure.
Quel est le délai pour faire appel d'une ordonnance de prolongation de rétention ?
Le délai d'appel est de 24 heures à compter de la notification de l'ordonnance, conformément aux dispositions du CESEDA. Il est impératif de respecter ce délai.
Que se passe-t-il si mon appel est irrecevable ?
Si l'appel est déclaré irrecevable, la décision de prolongation de rétention reste en vigueur. Vous pouvez éventuellement former un pourvoi en cassation, mais cela ne suspend pas la rétention.
L'absence de production des accusés de réception par la préfecture est-elle un motif d'appel valable ?
Oui, mais encore faut-il le démontrer précisément. Dans cette affaire, l'appelant a mentionné l'absence des AR mais sans apporter d'éléments suffisants pour étayer cette affirmation, ce qui a conduit à l'irrecevabilité.
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