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Cour d'appel, rétention administrative, 29 juillet 2026 — n° 26/00802

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Synthèse de la décision

Question juridique

L'appel du ministère public contre une ordonnance de mise en liberté d'un étranger en rétention doit-il être déclaré suspensif lorsque l'étranger ne présente pas de garanties de représentation effectives ?

Principe retenu

L'appel du ministère public contre une décision mettant fin à la rétention administrative n'est pas suspensif, mais le premier président ou son délégué peut lui donner un effet suspensif si l'étranger ne présente pas de garanties de représentation effectives ou s'il existe une menace grave pour l'ordre public. En l'espèce, l'absence d'adresse stable et le refus de retourner dans son pays d'origine constituent des circonstances démontrant l'absence de garanties de représentation, justifiant la suspension de l'exécution de l'ordonnance de mise en liberté.

Faits clés

  • Mme [A] [X], de nationalité arménienne, née le 12 novembre 2001, en situation irrégulière sur le territoire français.
  • Le juge du tribunal judiciaire a ordonné sa remise en liberté le 29 juillet 2026 à 12h28.
  • Le procureur de la République a interjeté appel le 29 juillet 2026 à 15h54, avec demande d'effet suspensif.
  • Mme [X] ne peut justifier d'une adresse personnelle et stable en France.
  • Elle a déclaré ne pas vouloir retourner en Arménie, où elle n'a aucune attache familiale, et vouloir rester en France pour s'occuper de sa mère malade.

Articles cités

article L 743-22 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile article R 743-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile article R 743-22 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile

Exposé du litige

REPUBLIQUE FRANCAISE AU NOM DU PEUPLE FRANCAIS COUR D'APPEL DE METZ ORDONNANCE DU 29 JUILLET 2026 Nous, Héloïse FERRARI,conseillère, agissant sur délégation de Monsieur le premier président de la cour d'appel de Metz, Dans l'affaire N° RG 26/00802 - N° Portalis DBVS-V-B7K-GTGS ETRANGER entre : Le procureur de la République Et Mme [A] [X] née le 12 Novembre 2001 à [Localité 1] de nationalité Armenien Actuellement en rétention administrative. Vu l'ordonnance rendue le 29 juillet 2026 à 12h28 par le juge du tribunal judiciaire ordonnant la remise en liberté immédiate de Mme [A] [X] à l'issue des formalités administratives au centre de rétention administrative de [Etablissement 1] et notifiée le même jour à 12h36 à M. Le procureur de la République près le tribunal judiciaire de Metz ; Vu l'appel de cette décision de M. Le procureur de la République près le tribunal judiciaire le 29 juillet 2026 à 15h54, réceptionné au greffe de la chambre des libertés le même jour à 16h06 ; Vu la demande d'effet suspensif de l'appel de l'ordonnance de refus de prolongation de la mesure de rétention administrative formulée dans l'acte d'appel ; Vu la notification de la déclaration d'appel avec demande d'appel suspensif faite à Mme [A] [X] le 29 juillet 2026 à 17h05 avec indication des modalités et du délai des observations en réponse à la demande de déclaration d'effet suspensif à éventuellement formuler auprès du magistrat devant statuer sur cette demande, Vu les notifications du recours suspensif du 29 juillet 2026 effectuées par le parquet: - à Me Nedjoua HALIL, avocat au barreau de Metz, conseil de Mme [A] [X], par courriel à 16h06 - au préfet de Meurthe et Moselle, par courriel à 16h06 Constatant l'absence d'observations faite par l'étranger ou son conseil dans le délai prévu à l'article R 743-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile,

Motivations de la décision

SUR CE, Vu le dossier de la procédure, Vu l'article L 743-22 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile qui dispose que l'appel n'est pas suspensif, mais que toutefois, le ministère public peut demander au premier président de la cour d'appel ou à son délégué de déclarer son recours suspensif lorsqu'il lui apparaît que l'intéressé ne dispose pas de garanties de représentation effectives ou en cas de menace grave pour l'ordre public. Dans ce cas, l'appel, accompagné de la demande qui se réfère à l'absence de garanties de représentation effectives ou à la menace grave pour l'ordre public, est formé dans un délai de 6 heures (décision n°2025-11158 du Conseil Constitutionnel du 12/09/2025 publié au JO le 13/09/2025) à compter de la notification de l'ordonnance au procureur de la République et transmis au premier président de la cour d'appel ou à son délégué. Celui-ci décide, sans délai, s'il y a lieu de donner à cet appel un effet suspensif, en fonction des garanties de représentation dont dispose l'étranger ou de la menace grave pour l'ordre public, par une ordonnance motivée rendue contradictoirement et qui n'est pas susceptible de recours. Par dérogation au présent article, l'appel interjeté contre une décision mettant fin à la rétention est suspensif lorsque l'intéressé a été condamné à une peine d'interdiction du territoire pour des actes de terrorisme prévus au titre II du livre IV du code pénal ou s'il fait l'objet d'une mesure d'éloignement édictée pour un comportement lié à des activités à caractère terroriste. L'intéressé est maintenu à la disposition de la justice jusqu'à ce que cette ordonnance soit rendue et, si elle donne un effet suspensif à l'appel du ministère public, jusqu'à ce qu'il soit statué sur le fond. En l'espèce, Madame [A] [X] est en situation irrégulière et ne peut justifier d'une adresse personnelle et stable sur le territoire français. Elle a par ailleurs déclaré ne pas vouloir retourner en Arémnie où elle déclare n'avoir aucune attache familiale, et vouloir continuer à s'occuper de sa mère malade en France. Il se déduit de ces circonstances que l'intimée ne présente pas de garanties suffisantes de représentation et risque de se soustraire, si elle lui est défavorable à la décision d'appel, de sorte qu'il y a lieu de suspendre les effets de l'ordonnance déférée. PAR CES MOTIFS Statuant sans délai par décision insusceptible de recours, PRONONÇONS LA SUSPENSION DE L'EXÉCUTION de l'ordonnance rendue par le juge du tribunal judiciaire de Metz en date du 29 juillet 2026 ayant rejeté la requête aux fins de prolongation de la rétention dans des locaux ne dépendant pas de l'administration pénitentiaire de Mme [A] [X] et ordonné sa mise en liberté, ORDONNONS LE MAINTIEN A LA DISPOSITION DE LA JUSTICE de Mme [A] [X] jusqu'au prononcé de la décision à intervenir statuant sur l'appel, les conditions du maintien étant déterminées comme le prévoit l'article R 743-22 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; DISONS que la présente décision conférant un caractère suspensif à l'appel du ministère public sera portée à la connaissance de l'étranger et de son conseil par le greffe de la cour d'appel et communiquée au procureur de la république, qui veillera à son exécution et en informera l'autorité administrative qui a prononcé la rétention, AVISONS les parties que l'audience d'appel aura lieu le vendredi 31 juillet 2026 à 14h00 ;

Dispositif

ORDONNONS la remise immédiate au procureur général d'une expédition de la présente ordonnance. La conseillère,

Questions fréquentes

Qu'est-ce qu'un appel suspensif du procureur ?
L'appel suspensif est une demande du ministère public pour que son appel contre une décision de mise en liberté ait pour effet de maintenir l'étranger en rétention jusqu'à ce que la cour d'appel statue sur le fond. Il est accordé si l'étranger ne présente pas de garanties de représentation effectives ou s'il y a une menace grave pour l'ordre public.
Quels sont les critères pour que l'appel du procureur soit suspensif ?
Les critères sont l'absence de garanties de représentation effectives (par exemple, pas d'adresse stable) ou une menace grave pour l'ordre public. Dans cette affaire, l'absence d'adresse stable et le refus de retourner en Arménie ont été jugés comme des indices d'absence de garanties.
Que se passe-t-il si je refuse de retourner dans mon pays d'origine ?
Le refus de retourner dans votre pays d'origine peut être considéré comme un indice que vous ne présentez pas de garanties de représentation, car cela suggère que vous pourriez vous soustraire à la décision d'éloignement. Cela a été un facteur dans la décision de suspendre la mise en liberté.
Mon avocat peut-il faire des observations pour éviter la suspension ?
Oui, l'étranger ou son conseil peut formuler des observations dans le délai prévu (article R 743-12 du CESEDA). Dans cette affaire, aucune observation n'a été faite, ce qui a facilité la décision de suspension.
Qu'est-ce que le maintien à la disposition de la justice ?
Le maintien à la disposition de la justice signifie que l'étranger reste sous le contrôle de la justice, généralement en rétention, jusqu'à ce que la cour d'appel statue sur l'appel. Cela a été ordonné en attendant l'audience d'appel.
Quel est le délai pour que le procureur fasse appel ?
Le procureur doit former son appel dans un délai de 6 heures à compter de la notification de l'ordonnance, conformément à l'article L 743-22 du CESEDA. Dans cette affaire, l'appel a été formé dans ce délai.
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