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Tribunal judiciaire, referes 2ème section, 27 juillet 2026 — n° 26/01197

Statue sur un incident survenant au cours d'une mesure d'instruction ou d'information

Synthèse de la décision

Question juridique

Le syndicat des copropriétaires peut-il obtenir l'extension des opérations d'expertise à l'assureur du maître d'œuvre sur le fondement de l'article 145 du code de procédure civile ?

Principe retenu

L'article 145 du code de procédure civile permet d'ordonner des mesures d'instruction avant tout procès s'il existe un motif légitime de conserver ou d'établir la preuve de faits dont pourrait dépendre la solution d'un litige. L'extension des opérations d'expertise à une partie non initialement appelée est possible si sa présence est nécessaire pour que le rapport lui soit opposable.

Faits clés

  • Une expertise judiciaire a été ordonnée le 8 décembre 2025 concernant des désordres affectant un appartement à Bruges.
  • Le syndicat des copropriétaires a assigné la MAF, assureur de la société DSH Architecture, pour étendre l'expertise.
  • La société DSH Architecture était intervenue en qualité de maître d'œuvre.
  • La MAF n'a pas constitué avocat, l'ordonnance est réputée contradictoire.
  • La note expertale n°1 a été versée aux débats.

Articles cités

article 145 du code de procédure civile article 149 du code de procédure civile article 450 du code de procédure civile

Dispositif

En conséquence, la République française mande et ordonne à tous commissaires de justice, sur ce requis, de mettre ladite ordonnance à exécution, aux procureurs généraux et aux procureurs de la République près les tribunaux judiciaires d’y tenir la main, à tous commandants et officiers de la force publique de prêter main-forte lorsqu’ils en seront légalement requis. En foi de quoi, la présente ordonnance a été signée par le greffier.

Exposé du litige

EXPOSÉ DU LITIGE Par décision du 08 décembre 2025, le Juge des référés du Tribunal Judiciaire de Bordeaux a ordonné une expertise judiciaire portant sur divers désordres affectant un appartement sis [Adresse 4] à BRUGES et désigné Monsieur [C] pour y procéder. Suivant acte de commissaire de justice délivré le 1er juin 2026, le Syndicat des copropriétaires de la [Adresse 5] sise [Adresse 1] à BRUGES a fait assigner la MAF es qualité d’assureur de la société DSH ARCHITECTURE devant le Juge des référés du tribunal judiciaire de Bordeaux afin de lui voir étendre ces opérations d’expertise au visa de l’article 145 du Code de procédure civile. Il fait valoir au soutien de sa demande que la société DSH ARCHITECTURE, intervenue en qualité de maître d’oeuvre, était assurée auprès de la MAF, et qu'il est donc nécessaire que celle-ci soit attraite à la cause afin que le rapport d'expertise à intervenir lui soit opposable. Bien que régulièrement assignée, la MAF es qualité d’assureur de la société DSH ARCHITECTURE n’a pas constitué avocat. Il y a dès lors lieu de statuer par décision réputée contradictoire. L’affaire, évoquée à l’audience du 29 juin 2026, a été mise en délibéré au 27 juillet 2026.

Motivations de la décision

MOTIFS DE LA DÉCISION Selon l’article 145 du Code de procédure civile, s’il existe un motif légitime de conserver et d’établir avant tout procès la preuve des faits dont pourrait dépendre la solution d’un litige, des mesures d’instruction légalement admissibles peuvent être ordonnées à la demande de tout intéressé, notamment en référé. La mise en oeuvre de cette disposition suppose l’existence d’un litige dont l’objet et le fondement sont suffisamment caractérisés. L’article 149 du Code de procédure civile dispose que le juge peut à tout moment accroître ou restreindre l’étendue des mesures prescrites. En l’espèce, les pièces versées aux débats, et notamment la note expertale n°1, laissent apparaître que la mise en cause de la MAF es qualité d’assureur de la société DSH ARCHITECTURE est nécessaire pour la poursuite des opérations d'expertise. De ce fait, le Syndicat des copropriétaires de la [Adresse 5] justifie d'un intérêt légitime à lui voir étendre les opérations d'expertise confiées à Monsieur [Z] [I]. Sans que la présente décision ne comporte de préjugement quant aux responsabilités et garanties encourues, il convient de faire droit à la demande. La présente décision n’entraîne pas de modification de la mission impartie à l’expert. Elle ne nécessite pas de consignation complémentaire, sous réserve de la demande que l’expert pourrait formuler. À ce stade de la procédure, et alors que la question du fond reste entière, les dépens seront laissés à la charge du Syndicat des copropriétaires de la [Adresse 5] sauf à les inclure dans son éventuel préjudice global. PAR CES MOTIFS Le Juge des référés du Tribunal Judiciaire de Bordeaux, statuant par ordonnance réputée contradictoire, prononcée publiquement par mise à disposition au greffe, et susceptible d’appel ; DIT que les opérations d'expertise confiées à Monsieur [C] par ordonnance du 08 décembre 2025 par le Juge des référés du Tribunal Judiciaire de Bordeaux seront opposables à la MAF es qualité d’assureur de la société DSH ARCHITECTURE qui sera tenue d’y participer ; DIT que les opérations d'expertise seront reprises en présence de cette nouvelle partie, et qu'elle sera convoquée à toute réunion d’expertise ultérieure ; DIT n’y avoir lieu à modifier la mission impartie à l’expert ; DIT n’y avoir lieu en l’état à consignation complémentaire ; DIT que la présente décision sera caduque dans l’hypothèse où l’expert aurait déjà déposé son rapport ; DIT que le Syndicat des copropriétaires de la [Adresse 5] conservera à sa charge les frais de la présente procédure, sauf à les inclure dans son éventuel préjudice global. La présente décision a été signée par Sandra HIGELIN, Vice-Présidente, et par Isabelle LEBOUL, Greffière. Le Greffier, Le Président,

Questions fréquentes

Qu'est-ce qu'une extension d'expertise ?
L'extension d'expertise est une mesure qui permet d'ajouter une partie aux opérations d'expertise déjà ordonnées, afin que le rapport d'expertise lui soit opposable. Dans cette affaire, le syndicat des copropriétaires a obtenu l'extension à l'assureur du maître d'œuvre.
Quel est le fondement juridique de l'extension d'expertise ?
L'extension d'expertise est fondée sur l'article 145 du code de procédure civile, qui permet d'ordonner des mesures d'instruction avant tout procès s'il existe un motif légitime. En l'espèce, la présence de l'assureur était nécessaire pour la poursuite des opérations.
L'assureur doit-il participer à l'expertise ?
Oui, l'ordonnance rendue le 27 juillet 2026 a déclaré les opérations d'expertise opposables à la MAF, assureur de la société DSH Architecture, et elle devra y participer. Elle sera convoquée à toutes les réunions d'expertise ultérieures.
Quels sont les frais de l'extension d'expertise ?
Dans cette affaire, le juge a dit n'y avoir lieu à consignation complémentaire. Les frais de la procédure d'extension restent à la charge du syndicat des copropriétaires, sauf à les inclure dans son préjudice global.
L'extension d'expertise modifie-t-elle la mission de l'expert ?
Non, dans cette décision, le juge a précisé que l'extension ne modifie pas la mission impartie à l'expert. La mission reste identique, seule la liste des parties est élargie.
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