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Tribunal judiciaire, juge libertés détention, 27 juillet 2026 — n° 26/02101

Maintien de la mesure de soins psychiatriques

Synthèse de la décision

Question juridique

Le maintien de l'hospitalisation complète d'une personne atteinte de troubles mentaux est-il justifié lorsque son consentement est impossible et que des soins immédiats avec surveillance constante sont nécessaires ?

Principe retenu

Le maintien de l'hospitalisation complète est autorisé si les conditions de l'article L.3212-1 du code de la santé publique sont réunies : troubles mentaux rendant impossible le consentement, et état mental imposant des soins immédiats avec surveillance médicale constante. En cas d'urgence, l'admission peut se faire sur demande d'un tiers avec un seul certificat médical, mais le contrôle du juge est requis dans les 12 jours.

Faits clés

  • Mme [L] [P] a été admise en hospitalisation complète à la demande d'un tiers selon la procédure d'urgence le 16 juillet 2026
  • La décision de maintien a été prise par le directeur du centre hospitalier le 19 juillet 2026
  • La requête du directeur a été reçue au greffe le 20 juillet 2026
  • Mme [P] a refusé de comparaître à l'audience
  • Son avocat a soulevé une question sur la chronologie du certificat médical d'admission, antérieur à la demande du tiers

Articles cités

article L.3211-12-1 du code de la santé publique article L.3212-1 du code de la santé publique article L.3212-3 du code de la santé publique article L.3211-2-2 du code de la santé publique article R.93-2 du code de procédure pénale

Dispositif

PAR CES MOTIFS Statuant par mise à disposition au greffe le 27 Juillet 2026, par décision contradictoire rendue en premier ressort après débats en audience publique du 27 Juillet 2026, Accorde l’aide juridictionnelle provisoire à Mme [L] [P], Autorise le maintien de l’hospitalisation complète de Mme [L] [P], Dit que la présente décision sera notifiée à : Mme [L] [P], Me Lucas VALLIOT, M. [G] [P] Madame la Directrice du CENTRE HOSPITALIER CHARLES PERRENS, Ministère public. Dit que les dépens comprenant les frais d’expertise seront supportés par le Trésor Public, en application des dispositions de l’article R 93-2° du Code de Procédure Pénale. Le Greffier, Le Juge, Cette décision peut être frappée d’appel dans un délai de 10 jours à compter de la présente notification par déclaration motivée transmise par tout moyen au greffe de la cour d’appel de BORDEAUX - Place de la République - 33 000 BORDEAUX. Cette déclaration peut notamment être envoyée par courriel à cette adresse : [email protected] Le ministère public peut, dans tous les cas, interjeter appel dans le même délai. N° RG : N° RG 26/02101 - N° Portalis DBX6-W-B7K-37KT [L] [P] Ordonnance en date du 27 Juillet 2026 Reçu notification de la présente le Le patient signature : Reçu notification de la présente ordonnance le la Directrice du Centre Hospitalier Spécialisé CHARLES PERRENS, signature

Exposé du litige

COUR D’APPEL DE BORDEAUX TRIBUNAL JUDICIAIRE DE BORDEAUX N° RG 26/02101 - N° Portalis DBX6-W-B7K-37KT N° Minute : ORDONNANCE DU 27 Juillet 2026 A l’audience publique du 27 Juillet 2026, devant Nous, Sébastien FILHOUSE, magistrat du siège du Tribunal judiciaire de Bordeaux, assisté de Julie MARQUANT, Greffier, siégeant au Centre Hospitalier Spécialisé Psychiatrique CHARLES PERRENS, dans une salle spécialement aménagée sur l’emprise de l’établissement et répondant aux exigences de l’article L 3211-12-2 du code de la santé publique, DANS L’INSTANCE ENTRE : REQUÉRANT : Madame la Directrice du CENTRE HOSPITALIER CHARLES PERRENS régulièrement avisé, non comparant, DÉFENDEUR : Mme [L] [P] née le 03 Octobre 1991 actuellement hospitalisée au Centre Hospitalier Spécialisé CHARLES PERRENS, régulièrement convoquée, non comparante représentée par Me Lucas VALLIOT, avocat au barreau de BORDEAUX, avocat commis d’office, PARTIE INTERVENANTE : M. [G] [P] régulièrement avisé, non comparant MINISTÈRE PUBLIC : Madame le Vice-Procureur de la République régulièrement avisée, non comparante, **** Vu le code de santé publique, et notamment ses articles L.3211-1, L.3211-2-1, L.3211-2-2, L.3211-12-1, L.3211-12-2, L.3212-1 à L.3212-12, R.3211-7 à R.3211-18, R.3211-24 à R.3211-26, R.3212-1 et R.3212-2, Vu l'admission de Madame [L] [P] en hospitalisation complète, à la demande d'un tiers selon la procédure d’urgence, par décision du directeur du centre hospitalier spécialisé Charles Perrens prononcée le 16 juillet 2026, Vu la décision du directeur du centre hospitalier spécialisé Charles Perrens du 19 juillet 2026 maintenant l'intéressé en hospitalisation complète à l'issue de la période d'observation, Vu la requête du directeur du centre hospitalier spécialisé Charles Perrens reçue au greffe le 20 juillet 2026 et les pièces jointes, Vu l'avis du ministère public du 23 juillet 2026 mis à la disposition des parties, Vu la non-comparution de l’intéressée (Cf. courrier de ce jour, refus de comparaître), Vu les observations de son avocat qui s'en remet, s'interrogeant du moins sur la chronologie du certificat médical d'admission, car antérieur à la demande du tiers (note : la décision d'admission étant en tout état de cause postérieure, ce qui prévaut en l'espèce),

Motivations de la décision

MOTIFS DE LA DÉCISION Aux termes des dispositions de l'article L.3212-1 du code de la santé publique : « Une personne atteinte de troubles mentaux ne peut faire l'objet de soins psychiatriques sur décision du directeur d'un établissement (...) que lorsque les deux conditions suivantes sont réunies: 1° Ses troubles mentaux rendent impossible son consentement; 2° Son état mental impose des soins immédiats assortis (...) d''une surveillance médicale constante justifiant une hospitalisation complète (...)». Selon l'article L.3212-3 du code de la santé publique : «En cas d'urgence, lorsqu'il existe un risque grave d'atteinte à l'intégrité du malade, le directeur d'un établissement mentionné à l'article L.3222-1 peut, à titre exceptionnel, prononcer à la demande d'un tiers l'admission en soins psychiatriques d'une personne malade au vu d'un seul certificat médical émanant, le cas échéant, d'un médecin exerçant dans l'établissement. Dans ce cas, les certificats médicaux mentionnés aux deuxième et troisième alinéas de l'article L.3211-2-2 sont établis par deux psychiatres distincts.». Enfin, en vertu de l’article L.3211-12-1 du code de la santé publique «I. L'hospitalisation complète d'un patient ne peut se poursuivre sans que le magistrat du siège du tribunal judiciaire, préalablement saisi par le directeur de l’établissement (…) ait statué sur cette mesure (…): 1° Avant l'expiration d'un délai de 12 jours à compter de l'admission (…). II. La saisine mentionnée au I du présent article est accompagnée de l'avis motivé d'un psychiatre de l'établissement d'accueil se prononçant sur la nécessité de poursuivre l'hospitalisation complète.». Il résulte des éléments figurant au dossier que l’intéressée a été admise au centre hospitalier spécialisé Charles Perrens (après admission aux urgences de Lesparre) en raison d’un discours incohérent teinté d’idées délirantes de persécution centrées sur ses parents, de mécanisme interprétatif, outre une tachypsychie et une insomnie quasi complète depuis plusieurs jours. Les certificats médicaux exigés par les textes figurent au dossier, ils ont été établis dans les délais requis et contiennent des indications propres à répondre aux prescriptions légales. L'avis médical motivé prévu par l'article L.3211-12-1 § II du code de la santé publique établi le 23 juillet 2026 relève que l'état mental de l'intéressée nécessite toujours des soins assortis d'une surveillance médicale constante justifiant une hospitalisation complète, en raison de la persistance d’idées délirantes de persécution centrées sur ses parents de mécanisme interprétatif et hallucinatoire, la patiente présentant également un retentissement thymique et anxieux important. Du reste, la conscience des troubles demeure partielle. En toute hypothèse, une sortie prématurée serait de nature à présenter des risques de rechute rapide. Dans ces conditions, la prise en charge dans un cadre contenant et sécurisé s'impose encore, afin de garantir l'observance des soins, et le cas échéant la réadaptation du traitement, ce qui ne peut se faire qu'en milieu hospitalier. Le maintien de l'hospitalisation complète s'avère par conséquent nécessaire à ce jour en raison de l'impossibilité pour l'intéressée de consentir aux soins de façon pérenne alors qu'ils sont indispensables pour stabiliser son état. Dès lors, le maintien de l'hospitalisation complète de l'intéressée apparaît à ce jour justifié.

Questions fréquentes

Quelles sont les conditions pour une hospitalisation complète sans consentement ?
Selon l'article L.3212-1 du code de la santé publique, deux conditions doivent être réunies : les troubles mentaux rendent impossible le consentement, et l'état mental impose des soins immédiats avec une surveillance médicale constante justifiant une hospitalisation complète.
Comment se déroule le contrôle du juge dans une hospitalisation psychiatrique ?
Le juge du tribunal judiciaire doit statuer avant l'expiration d'un délai de 12 jours à compter de l'admission. Il examine la régularité de la procédure et le bien-fondé de la mesure. Dans cette affaire, le juge a autorisé le maintien de l'hospitalisation après avoir vérifié que les conditions étaient remplies.
Que se passe-t-il si je refuse de comparaître à l'audience ?
Le juge peut statuer malgré l'absence de la personne, comme dans ce cas où Mme [P] a refusé de comparaître. Son avocat était présent et a pu faire valoir ses observations. Le juge a rendu une décision contradictoire.
Qu'est-ce qu'une demande d'hospitalisation par un tiers ?
C'est une procédure où une personne (souvent un proche) demande l'admission en soins psychiatriques d'une personne malade. En cas d'urgence, un seul certificat médical suffit, comme dans cette affaire.
Quels sont mes droits lors d'une hospitalisation complète ?
Vous avez le droit d'être informé de vos droits, de bénéficier d'un avocat, de consulter votre dossier médical, et de saisir le juge pour contester la mesure. Dans cette affaire, Mme [P] a bénéficié d'un avocat commis d'office et de l'aide juridictionnelle provisoire.
Quelles sont les conséquences d'une sortie prématurée de l'hôpital psychiatrique ?
Une sortie prématurée peut entraîner une rechute rapide et une déstabilisation de l'état de santé. Dans cette affaire, le juge a estimé que la prise en charge en milieu hospitalier était nécessaire pour garantir l'observance des soins et la réadaptation du traitement.
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