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Tribunal judiciaire, j.l.d., 28 juillet 2026 — n° 26/02523

Maintien de la mesure de rétention administrative

Synthèse de la décision

Question juridique

Le juge judiciaire peut-il prolonger exceptionnellement la rétention administrative d'un étranger pour une durée supplémentaire de trente jours lorsque l'administration justifie de diligences suffisantes et que la mesure est nécessaire ?

Principe retenu

La prolongation exceptionnelle de la rétention administrative peut être ordonnée par le juge judiciaire lorsque l'administration justifie de diligences suffisantes pour exécuter la mesure d'éloignement et que la prolongation est nécessaire. La procédure doit être régulière et les droits de la personne retenue respectés.

Faits clés

  • OQTF notifiée le 28 novembre 2025
  • Placement en rétention le 30 mai 2026
  • Première prolongation de 26 jours le 3 juin 2026
  • Deuxième prolongation de 30 jours le 28 juin 2026
  • Requête en prolongation exceptionnelle déposée le 27 juillet 2026

Articles cités

article L. 742-1 du CESEDA article L. 742-2 du CESEDA article L. 742-4 du CESEDA article L. 742-6 du CESEDA article L. 742-7 du CESEDA article L. 743-3 du CESEDA article L. 743-4 du CESEDA article L. 743-6 du CESEDA article L. 743-7 du CESEDA article L. 743-9 du CESEDA article L. 743-19 du CESEDA article L. 743-20 du CESEDA article L. 743-24 du CESEDA article L. 743-25 du CESEDA article R. 743-1 du CESEDA

Exposé du litige

COUR D'APPEL de [Localité 1] TRIBUNAL JUDICIAIRE DE [Localité 1] N° RG 26/02523 - N° Portalis DB2H-W-B7K-4OMM ORDONNANCE STATUANT SUR UNE TROISIEME DEMANDE DE PROLONGATION D'UNE MESURE DE RETENTION ADMINISTRATIVE Le 28 juillet 2026 à Nous, Sophie NOEL, Juge au tribunal judiciaire de LYON, assistée de Claudiane COLOMB, greffier placé. Vu la loi n° 2025-796 du 11 août 2025 ; Vu les articles L. 742-1 à L. 742-10 et notamment les articles L. 742-1, L. 742-2, L. 742-4, L. 742-6, L. 742-7, les articles L. 743-3 à L. 743-18 et notamment les articles L. 743-4, L. 743-6, L. 743-7, L. 743-9, les articles L. 743-19, L. 743-20, L. 743-24, L. 743-25, et R. 743-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA) ; Vu la décision de placement en rétention de l'autorité administrative prise le 30 mai 2026 par M. [Z] à l’encontre de [Q] [Y] [S] ; Vu l’ordonnance rendue le 03/06/2026 par le juge du tribunal judiciaire de LYON prolongeant la rétention administrative pour une durée maximale de vingt-six jours ; Vu l’ordonnance rendue le 28/06/2026 par le juge du tribunal judiciaire de LYON prolongeant la rétention administrative pour une durée maximale de trente jours ; Vu la requête de l'autorité administrative en date du 27 Juillet 2026 reçue et enregistrée le 27 Juillet 2026 à 15h11 (cf. timbre du greffe) tendant à la prolongation exceptionnelle de la rétention de [Q] [Y] [S] dans les locaux ne relevant pas de l'administration pénitentiaire pour une durée supplémentaire de trente jours ; Vu l'extrait individualisé du registre prévu à l'article L. 741-3 du CESEDA émargé par l'intéressé ; PARTIES M. [L] [A] préalablement avisé, représenté par Maître Dan IRIRIRA NGANGA, avocat au barreau de LYON, substituant Maître Jean-Paul TOMASI, avocat au barreau de LYON, [Q] [Y] [S] né le 12 Avril 2002 à [Localité 2] (ALGERIE) préalablement avisé, actuellement maintenu, en rétention administrative présent à l'audience, assisté de son conseil Me Abbas JABER, avocat au barreau de LYON, de permanence, en présence de M. [D] [R], interprète assermentée en langue Arabe, déclarée comprise par la personne retenue à l’inverse du français interprète inscrit sur la liste de la cour d’appel de [Localité 1] , LE PROCUREUR DE LA RÉPUBLIQUE n’est ni présent ni représenté, DEROULEMENT DES DEBATS A l'audience publique, le juge a procédé au rappel de l'identité des parties ; Après avoir rappelé à la personne retenue les droits qui lui sont reconnus par le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile pendant sa rétention et l'avoir informée des possibilités et des délais de recours contre toutes décisions le concernant ; Maître Dan IRIRIRA NGANGA, avocat au barreau de LYON, substituant Maître Jean-Paul TOMASI, avocat au barreau de LYON représentant le préfet a été entendu en sa plaidoirie ; [Q] [Y] [S] a été entendu en ses explications ; Me Abbas JABER, avocat au barreau de LYON, avocat de [Q] [Y] [S], a été entendu en sa plaidoirie ;

Motivations de la décision

MOTIFS DE LA DECISION Attendu qu'une obligation de quitter le territoire français a été notifiée à [Q] [Y] [S] le 28 novembre 2025 ; Attendu que par décision en date du 30 mai 2026 notifiée le 30 mai 2026, l'autorité administrative a ordonné le placement de [Q] [Y] [S] en rétention dans les locaux ne relevant pas de l'administration pénitentiaire à compter du 30 mai 2026; Attendu que par décision en date du 03/06/2026, le juge du tribunal judiciaire de LYON a ordonné la prolongation de la rétention administrative de [Q] [Y] [S] pour une durée maximale de vingt-six jours ; Attendu que par décision en date du 28/06/2026 le juge du tribunal judiciaire de LYON a ordonné la prolongation de la rétention administrative de [Q] [Y] [S] pour une durée maximale de trente jours ; Attendu que, par requête en date du 27 Juillet 2026, reçue le 27 Juillet 2026, l'autorité administrative nous a saisi aux fins de voir ordonner la prolongation exceptionnelle de la rétention pour une durée de trente jours ; RECEVABILITE DE LA REQUETE  Attendu que la requête de l'autorité administrative est motivée, datée, signée et accompagnée de toutes les pièces justificatives utiles dont la copie du registre prévu à l'article L. 744-2 du CESEDA ; REGULARITE DE LA PROCEDURE  Attendu qu’il ressort de l’examen des pièces jointes à la requête et des mentions figurant au registre prévu à l’article L. 744-2 du CESEDA que la personne retenue, pleinement informée de ses droits lors la notification de son placement, n’a cessé d’être placée en état de les faire valoir depuis son arrivée au lieu de rétention ; PROLONGATION DE LA RETENTION Attendu, en application des articles L. 742-4, L. 742-6, L. 742-7, L. 743-4, L. 743-6, L. 743-7, L. 743-9, L. 743-19, L. 743-25 et R. 743-1 du CESEDA, que malgré les diligences de l'administration, qui justifie de multiples démarches effectuées auprès des autorités consulaires algériennes, la mesure d'éloignement n'a pu être exécutée en raison du défaut de délivrance des documents de voyage par le consulat dont relève l'intéressé ; Attendu que la troisième prolongation de la rétention étant de nature à permettre l’exécution de la mesure d’éloignement, il convient, par conséquent, de faire droit à la requête en date du 27 Juillet 2026 de M. [L] [A] et de prolonger la rétention de [Q] [Y] [S] pour une durée supplémentaire de trente jours ; PAR CES MOTIFS Statuant par mise à disposition au greffe, après débat en audience publique, en premier ressort, par décision assortie de l'exécution provisoire ; DECLARONS la requête en prolongation de la rétention administrative du préfet de M. [L] [A] à l'égard de [Q] [Y] [S] recevable ; DÉCLARONS la procédure diligentée à l'encontre de [Q] [Y] [S] régulière ;

Dispositif

ORDONNONS LA PROLONGATION DE LA RÉTENTION de [Q] [Y] [S] au centre de rétention de [Localité 1] pour une durée de trente jours supplémentaires ; LE GREFFIER LE JUGE NOTIFICATION DE L’ORDONNANCE AUX PARTIES NOTIFIONS sur le champ la présente ordonnance par courriel avec accusé de réception à l’avocat du retenu et à l’avocat de la préfecture, NOTIFIONS la présente ordonnance au centre de rétention administrative de [Localité 1] par courriel avec accusé de réception pour notification à [Q] [Y] [S], lequel est informé de la possibilité de faire appel, devant le Premier Président de la cour d’appel ou son délégué, de la présente ordonnance dans les vingt-quatre heures de sa notification ; lui notifions aussi que la déclaration d’appel doit être motivée et peut être transmise par tout moyen (notamment par télécopie n° 04.72.40.89.56) au greffe de la cour d’appel de [Localité 1], et que seul l’appel formé par le ministère public peut être déclaré suspensif par le Premier président de la cour d’appel ou son délégué. Disons qu’un procès-verbal de notification sera établi à cet effet par les services de police, et nous sera retourné sans délai. Information est donnée à [Q] [Y] [S] qu'il est maintenu à disposition de la justice pendant un délai de six heures à compter de la notification de la présente ordonnance au procureur de la République, lorsqu'il est mis fin à sa rétention ou lors d'une assignation à residence, conformément à la décision du [Etablissement 1] Constitutionnel rendue le 12 septembre 2025. LE GREFFIER

Questions fréquentes

Quelle est la durée maximale de rétention administrative ?
En principe, la rétention administrative peut durer jusqu'à 90 jours, mais une prolongation exceptionnelle de 30 jours supplémentaires peut être ordonnée par le juge si l'administration justifie de diligences suffisantes, comme dans cette affaire où la rétention a été prolongée pour une durée totale de 120 jours.
Quelles sont les conditions pour une prolongation exceptionnelle de la rétention ?
La prolongation exceptionnelle nécessite que l'administration démontre des diligences suffisantes pour exécuter la mesure d'éloignement et que la prolongation soit nécessaire. Dans cette décision, le juge a constaté que l'administration avait accompli les démarches nécessaires et a ordonné la prolongation pour 30 jours supplémentaires.
Quels sont les droits d'une personne retenue en centre de rétention ?
La personne retenue a le droit d'être informée de ses droits, d'être assistée par un avocat, d'avoir un interprète, et de contester les décisions. Dans cette affaire, l'intéressé a été assisté par un avocat et un interprète en langue arabe lors de l'audience.
Comment se déroule une audience de prolongation de rétention ?
L'audience se tient en public, le juge rappelle l'identité des parties, les droits de la personne retenue, puis entend l'avocat de la préfecture, la personne retenue et son avocat. Dans cette affaire, l'audience a eu lieu le 28 juillet 2026 et a abouti à une prolongation de 30 jours.
Puis-je faire appel de la décision de prolongation de rétention ?
Oui, la personne retenue peut faire appel dans les 24 heures de la notification de la décision. L'appel doit être motivé et peut être transmis par tout moyen au greffe de la cour d'appel. Dans cette décision, l'information a été donnée à l'intéressé.
Que se passe-t-il après une obligation de quitter le territoire français (OQTF) ?
Après une OQTF, l'étranger peut être placé en rétention administrative pour préparer son éloignement. Dans cette affaire, l'OQTF a été notifiée le 28 novembre 2025, et le placement en rétention a eu lieu le 30 mai 2026, suivi de plusieurs prolongations.
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