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Tribunal judiciaire, j.l.d., 28 juillet 2026 — n° 26/02524

Maintien de la mesure de rétention administrative

Synthèse de la décision

Question juridique

Une troisième prolongation de la rétention administrative peut-elle être ordonnée lorsque l'administration a accompli des diligences mais que l'éloignement n'a pu être exécuté faute de documents de voyage délivrés par le consulat ?

Principe retenu

La rétention administrative peut être prolongée à titre exceptionnel lorsque, malgré les diligences de l'administration, la mesure d'éloignement n'a pu être exécutée en raison du défaut de délivrance des documents de voyage par les autorités consulaires. La troisième prolongation est possible si elle est de nature à permettre l'exécution de la mesure d'éloignement.

Faits clés

  • Obligation de quitter le territoire français notifiée le 5 octobre 2024
  • Placement en rétention le 30 mai 2026
  • Première prolongation de 26 jours le 3 juin 2026
  • Deuxième prolongation de 30 jours le 28 juin 2026
  • Requête en troisième prolongation déposée le 27 juillet 2026

Articles cités

article L. 742-1 du CESEDA article L. 742-2 du CESEDA article L. 742-4 du CESEDA article L. 742-6 du CESEDA article L. 742-7 du CESEDA article L. 743-3 du CESEDA article L. 743-4 du CESEDA article L. 743-6 du CESEDA article L. 743-7 du CESEDA article L. 743-9 du CESEDA article L. 743-19 du CESEDA article L. 743-20 du CESEDA article L. 743-24 du CESEDA article L. 743-25 du CESEDA article R. 743-1 du CESEDA

Exposé du litige

COUR D'APPEL de [Localité 1] TRIBUNAL JUDICIAIRE DE [Localité 1] N° RG 26/02524 - N° Portalis DB2H-W-B7K-4OMO ORDONNANCE STATUANT SUR UNE TROISIEME DEMANDE DE PROLONGATION D'UNE MESURE DE RETENTION ADMINISTRATIVE Le 28 juillet 2026 à Nous, Sophie NOEL, Juge au tribunal judiciaire de LYON, assistée de Claudiane COLOMB, greffier placé. Vu la loi n° 2025-796 du 11 août 2025 ; Vu les articles L. 742-1 à L. 742-10 et notamment les articles L. 742-1, L. 742-2, L. 742-4, L. 742-6, L. 742-7, les articles L. 743-3 à L. 743-18 et notamment les articles L. 743-4, L. 743-6, L. 743-7, L. 743-9, les articles L. 743-19, L. 743-20, L. 743-24, L. 743-25, et R. 743-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA) ; Vu la décision de placement en rétention de l'autorité administrative prise le 30 mai 2026 par M. [D] à l’encontre de [O] [C] [I] ; Vu l’ordonnance rendue le 03/06/2026 par le juge du tribunal judiciaire de LYON prolongeant la rétention administrative pour une durée maximale de vingt-six jours ; Vu l’ordonnance rendue le 28/06/2026 par le juge du tribunal judiciaire de LYON prolongeant la rétention administrative pour une durée maximale de trente jours ; Vu la requête de l'autorité administrative en date du 27 Juillet 2026 reçue et enregistrée le 27 Juillet 2026 à 15h11 (cf. timbre du greffe) tendant à la prolongation exceptionnelle de la rétention de [O] [C] [I] dans les locaux ne relevant pas de l'administration pénitentiaire pour une durée supplémentaire de trente jours ; Vu l'extrait individualisé du registre prévu à l'article L. 741-3 du CESEDA émargé par l'intéressé ; PARTIES M. [Q] [K] préalablement avisé, représenté par Maître Dan IRIRIRA NGANGA, avocat au barreau de LYON, substituant Maître Jean-Paul TOMASI, avocat au barreau de LYON, [O] [C] [I] né le 21 Octobre 2000 à [Localité 2] (ALGERIE) préalablement avisé, actuellement maintenu, en rétention administrative non comparant à l'audience, représenté par son conseil Me Abbas JABER, avocat au barreau de LYON, de permanence, LE PROCUREUR DE LA RÉPUBLIQUE n’est ni présent ni représenté, DEROULEMENT DES DEBATS A l'audience publique, le juge a procédé au rappel de l'identité des parties ; Le juge fait lecture du procès-verbal établi le 28 juillet 2026 à 08h05 par la police aux frontières ; Maître Dan IRIRIRA NGANGA, avocat au barreau de LYON, substituant Maître Jean-Paul TOMASI, avocat au barreau de LYON représentant le préfet a été entendu en sa plaidoirie ; Me Abbas JABER, avocat au barreau de LYON, avocat de [O] [C] [I], a été entendu en sa plaidoirie ;

Motivations de la décision

MOTIFS DE LA DECISION Attendu qu'une obligation de quitter le territoire français a été notifiée à [O] [C] [I] le 05 octobre 2024 ; Attendu que par décision en date du 30 mai 2026 notifiée le 30 mai 2026, l'autorité administrative a ordonné le placement de [O] [C] [I] en rétention dans les locaux ne relevant pas de l'administration pénitentiaire à compter du 30 mai 2026; Attendu que par décision en date du 03/06/2026, le juge du tribunal judiciaire de LYON a ordonné la prolongation de la rétention administrative de [O] [C] [I] pour une durée maximale de vingt-six jours ; Attendu que par décision en date du 28/06/2026 le juge du tribunal judiciaire de LYON a ordonné la prolongation de la rétention administrative de [O] [C] [I] pour une durée maximale de trente jours ; Attendu que, par requête en date du 27 Juillet 2026, reçue le 27 Juillet 2026, l'autorité administrative nous a saisi aux fins de voir ordonner la prolongation exceptionnelle de la rétention pour une durée de trente jours ; RECEVABILITE DE LA REQUETE  Attendu que la requête de l'autorité administrative est motivée, datée, signée et accompagnée de toutes les pièces justificatives utiles dont la copie du registre prévu à l'article L. 744-2 du CESEDA ; REGULARITE DE LA PROCEDURE  Attendu qu’il ressort de l’examen des pièces jointes à la requête et des mentions figurant au registre prévu à l’article L. 744-2 du CESEDA que la personne retenue, pleinement informée de ses droits lors la notification de son placement, n’a cessé d’être placée en état de les faire valoir depuis son arrivée au lieu de rétention ; PROLONGATION DE LA RETENTION Attendu, en application des articles L. 742-4, L. 742-6, L. 742-7, L. 743-4, L. 743-6, L. 743-7, L. 743-9, L. 743-19, L. 743-25 et R. 743-1 du CESEDA, que malgré les diligences de l'administration, qui justifie en procédure de multiples démarches accomplies auprès des autorités consulaires algériennes, la mesure d'éloignement n'a pu être exécutée en raison du défaut de délivrance des documents de voyage par le consulat dont relève l'intéressé ; Attendu que la troisième prolongation de la rétention étant de nature à permettre l’exécution de la mesure d’éloignement, il convient, par conséquent, de faire droit à la requête en date du 27 Juillet 2026 de M. [Q] [K] et de prolonger la rétention de [O] [C] [I] pour une durée supplémentaire de trente jours ; PAR CES MOTIFS Statuant par mise à disposition au greffe, après débat en audience publique, en premier ressort, par décision assortie de l'exécution provisoire ; DECLARONS la requête en prolongation de la rétention administrative du préfet de M. [Q] [K] à l'égard de [O] [C] [I] recevable ; DÉCLARONS la procédure diligentée à l'encontre de [O] [C] [I] régulière ;

Dispositif

ORDONNONS LA PROLONGATION DE LA RÉTENTION de [O] [C] [I] au centre de rétention de [Localité 1] pour une durée de trente jours supplémentaires ; LE GREFFIER LE JUGE

Questions fréquentes

Quelle est la durée maximale de rétention administrative ?
En France, la rétention administrative peut durer jusqu'à 90 jours, avec des prolongations successives. Dans cette affaire, une troisième prolongation de 30 jours a été accordée, portant la durée totale à 86 jours.
Quels sont les motifs pour prolonger la rétention ?
La prolongation est possible si l'administration a accompli des diligences pour exécuter l'éloignement, mais que celui-ci n'a pu être réalisé, par exemple en raison du défaut de délivrance de documents de voyage par le consulat.
Que se passe-t-il si le consulat ne délivre pas les documents de voyage ?
Si le consulat ne délivre pas les documents de voyage, l'administration peut demander une prolongation de la rétention. Dans cette affaire, le juge a accordé une troisième prolongation de 30 jours car cela permettait d'attendre la délivrance des documents.
Puis-je contester une prolongation de rétention ?
Oui, la personne retenue peut contester la prolongation devant le juge des libertés et de la détention. Dans cette affaire, l'avocat de la personne retenue a été entendu, mais le juge a estimé la procédure régulière et a accordé la prolongation.
Qu'est-ce que le CESEDA ?
Le CESEDA est le Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Il régit notamment les règles relatives à la rétention administrative et aux obligations de quitter le territoire français.
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