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Tribunal judiciaire, j.l.d., 28 juillet 2026 — n° 26/02531

Maintien de la mesure de rétention administrative

Synthèse de la décision

Question juridique

Le juge peut-il prolonger exceptionnellement la rétention administrative d'un étranger pour une durée supplémentaire de trente jours en cas d'obstruction à l'exécution de la mesure d'éloignement ?

Principe retenu

La rétention administrative peut être prolongée exceptionnellement pour une durée maximale de trente jours lorsque l'étranger fait obstruction à l'exécution de la mesure d'éloignement. Cette prolongation est soumise à l'appréciation du juge judiciaire, qui vérifie la régularité de la procédure et la recevabilité de la requête.

Faits clés

  • Monsieur [K] [I], ressortissant tunisien, a été condamné à une interdiction du territoire français de trois ans.
  • Il a été placé en rétention administrative le 30 mai 2026.
  • La rétention a été prolongée une première fois de 26 jours, puis une seconde fois de 30 jours.
  • Le 27 juillet 2026, l'autorité administrative a demandé une prolongation exceptionnelle de 30 jours supplémentaires.
  • L'étranger a fait obstruction à l'exécution de la mesure d'éloignement.

Articles cités

article L. 742-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile article L. 742-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile article L. 742-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile article L. 742-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile article L. 742-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile article L. 743-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile article L. 743-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile article L. 743-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile article L. 743-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile article L. 743-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile article L. 743-19 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile article L. 743-20 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile article L. 743-24 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile article L. 743-25 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile article R. 743-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile

Exposé du litige

COUR D'APPEL de [Localité 1] TRIBUNAL JUDICIAIRE DE [Localité 1] N° RG 26/02531 - N° Portalis DB2H-W-B7K-4ONC ORDONNANCE STATUANT SUR UNE TROISIEME DEMANDE DE PROLONGATION D'UNE MESURE DE RETENTION ADMINISTRATIVE Le 28 juillet 2026 à Nous, Julien FERRAND, Juge au tribunal judiciaire de LYON, assisté de Justine NERBOLLIER, greffier. Vu la loi n° 2025-796 du 11 août 2025 ; Vu les articles L. 742-1 à L. 742-10 et notamment les articles L. 742-1, L. 742-2, L. 742-4, L. 742-6, L. 742-7, les articles L. 743-3 à L. 743-18 et notamment les articles L. 743-4, L. 743-6, L. 743-7, L. 743-9, les articles L. 743-19, L. 743-20, L. 743-24, L. 743-25, et R. 743-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA) ; Vu la décision de placement en rétention de l'autorité administrative prise le 30 mai 2026 par M. [L] à l’encontre de [K] [I] ; Vu l’ordonnance rendue le 03/06/2026 par le juge du tribunal judiciaire de LYON prolongeant la rétention administrative pour une durée maximale de vingt-six jours ; Vu l’ordonnance rendue le 28/06/2026 par le juge du tribunal judiciaire de LYON prolongeant la rétention administrative pour une durée maximale de trente jours ; Vu la requête de l'autorité administrative en date du 27 Juillet 2026 reçue et enregistrée le 27 Juillet 2026 à 14h14 (cf. timbre du greffe) tendant à la prolongation exceptionnelle de la rétention de [K] [I] dans les locaux ne relevant pas de l'administration pénitentiaire pour une durée supplémentaire de trente jours ; Vu l'extrait individualisé du registre prévu à l'article L. 741-3 du CESEDA émargé par l'intéressé ; PARTIES M. [C] [J] préalablement avisé, représenté par Maître Mathilde COQUEL, avocat au barreau de LYON, substituant Maître Jean-Paul TOMASI, avocat au barreau de LYON, [K] [I] né le 10 Octobre 1992 à [Localité 2] -TUNISIE préalablement avisé, actuellement maintenu, en rétention administrative absent à l'audience, représenté par son conseil Maïtre Wilfried GREPINET, avocats au barreau de LYON, de permanence, LE PROCUREUR DE LA RÉPUBLIQUE n’est ni présent ni représenté, DEROULEMENT DES DEBATS A l'audience publique, le juge a procédé au rappel de l'identité des parties ; Après avoir rappelé à la personne retenue les droits qui lui sont reconnus par le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile pendant sa rétention et l'avoir informée des possibilités et des délais de recours contre toutes décisions le concernant ; Maître Mathilde COQUEL, avocat au barreau de LYON, substituant Maître Jean-Paul TOMASI, avocat au barreau de LYON représentant le préfet a été entendu en sa plaidoirie ; Maître Wilfried GREPINET, avocats au barreau de LYON, avocat de [K] [I], a été entendu en sa plaidoirie ;

Motivations de la décision

MOTIFS DE LA DECISION Monsieur [K] [I] a été condamné par arrêt de la cour d’appel de [Localité 1] du 17 juin 2024 à une peine complémentaire d’interdiction du territoire français pour une durée de trois ans, assortie de l'exécution provisoire conformément aux dispositions de l'article 471 du code de procédure pénale. Par décision en date du 30 mai 2026 notifiée le 30 mai 2026, l'autorité administrative a ordonné le placement de [K] [I] en rétention dans les locaux ne relevant pas de l'administration pénitentiaire à compter du 30 mai 2026. Par décision en date du 03/06/2026, le juge du tribunal judiciaire de LYON a ordonné la prolongation de la rétention administrative de [K] [I] pour une durée maximale de vingt-six jours. Par décision en date du 28/06/2026 le juge du tribunal judiciaire de LYON a ordonné la prolongation de la rétention administrative de [K] [I] pour une durée maximale de trente jours. Par requête en date du 27 Juillet 2026, reçue le 27 Juillet 2026, l'autorité administrative nous a saisi aux fins de voir ordonner la prolongation exceptionnelle de la rétention pour une durée de trente jours. RECEVABILITE DE LA REQUETE  La requête de l'autorité administrative est motivée, datée, signée et accompagnée de toutes les pièces justificatives utiles dont la copie du registre prévu à l'article L. 744-2 du CESEDA. REGULARITE DE LA PROCEDURE  Il ressort de l’examen des pièces jointes à la requête et des mentions figurant au registre prévu à l’article L. 744-2 du CESEDA que la personne retenue, pleinement informée de ses droits lors la notification de son placement, n’a cessé d’être placée en état de les faire valoir depuis son arrivée au lieu de rétention. PROLONGATION DE LA RETENTION L’article L. 742-4 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile dispose : Le magistrat du siège du tribunal judiciaire peut, dans les mêmes conditions qu'à l'article L. 742-1, être à nouveau saisi aux fins de prolongation du maintien en rétention au-delà de trente jours, dans les cas suivants : 1° En cas d'urgence absolue ou de menace pour l'ordre public ; 2° Lorsque l'impossibilité d'exécuter la décision d'éloignement résulte de la perte ou de la destruction des documents de voyage de l'intéressé, de la dissimulation par celui-ci de son identité ou de l'obstruction volontaire faite à son éloignement ; 3° Lorsque la décision d'éloignement n'a pu être exécutée en raison : a) du défaut de délivrance des documents de voyage par le consulat dont relève l'intéressé ou lorsque la délivrance des documents de voyage est intervenue trop tardivement pour procéder à l'exécution de la décision d'éloignement ; b) de l'absence de moyens de transport. L'étranger peut être maintenu à disposition de la justice dans les conditions prévues à l'article L. 742-2. Si le juge ordonne la prolongation de la rétention, celle-ci court à compter de l'expiration de la précédente période de rétention et pour une nouvelle période d'une durée maximale de trente jours. La durée maximale de la rétention n'excède alors pas soixante jours. La prolongation de la rétention peut être renouvelée une fois, dans les mêmes conditions. La durée maximale de la rétention n'excède alors pas quatre-vingt-dix jours. L’article L. 741-3 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile dispose : Un étranger ne peut être placé ou maintenu en rétention que pour le temps strictement nécessaire à son départ. L'administration exerce toute diligence à cet effet. Des diligences ont été réalisées auprès des autorités allemandes, qui ont rejeté la demande d’asile formée par Monsieur [I], et des autorités tunisiennes saisies depuis le 11 juin 2026, qui ont été relancées le 24 juin et le 22 juillet 2026. Il est ainsi justifié de démarches actives permettant de caractériser une perspective raisonnable d’éloignement. La troisième prolongation de la rétention étant de nature à permettre l’exécution de la mesure d’éloignement, il convient, par conséquent, de faire droit à la requête en date du 27 Juillet 2026 de M. [C] [J] et de prolonger la rétention de [K] [I] pour une durée supplémentaire de trente jours. PAR CES MOTIFS Statuant par mise à disposition au greffe, après débat en audience publique, en premier ressort, par décision assortie de l'exécution provisoire ; DECLARONS la requête en prolongation de la rétention administrative du préfet de M. [C] [J] à l'égard de [K] [I] recevable ; DÉCLARONS la procédure diligentée à l'encontre de [K] [I] régulière ;

Dispositif

ORDONNONS LA PROLONGATION DE LA RÉTENTION de [K] [I] au centre de rétention de [Localité 1] pour une durée de trente jours supplémentaires ; LE GREFFIER LE JUGE NOTIFICATION DE L’ORDONNANCE AUX PARTIES NOTIFIONS sur le champ la présente ordonnance par courriel avec accusé de réception à l’avocat du retenu et à l’avocat de la préfecture, NOTIFIONS la présente ordonnance au centre de rétention administrative de [Localité 1] par courriel avec accusé de réception pour notification à [K] [I], lequel est informé de la possibilité de faire appel, devant le Premier Président de la cour d’appel ou son délégué, de la présente ordonnance dans les vingt-quatre heures de sa notification ; lui notifions aussi que la déclaration d’appel doit être motivée et peut être transmise par tout moyen (notamment par télécopie n° 04.72.40.89.56) au greffe de la cour d’appel de [Localité 1], et que seul l’appel formé par le ministère public peut être déclaré suspensif par le Premier président de la cour d’appel ou son délégué. Disons qu’un procès-verbal de notification sera établi à cet effet par les services de police, et nous sera retourné sans délai. Information est donnée à [K] [I] qu'il est maintenu à disposition de la justice pendant un délai de six heures à compter de la notification de la présente ordonnance au procureur de la République, lorsqu'il est mis fin à sa rétention ou lors d'une assignation à residence, conformément à la décision du [Etablissement 1] Constitutionnel rendue le 12 septembre 2025. LE GREFFIER

Questions fréquentes

Quelle est la durée maximale de rétention administrative ?
En principe, la rétention administrative peut durer jusqu'à 90 jours. Toutefois, dans des cas exceptionnels, comme une obstruction à l'éloignement, elle peut être prolongée de 30 jours supplémentaires, portant la durée totale à 120 jours.
Qu'est-ce qu'une prolongation exceptionnelle de rétention ?
C'est une prolongation supplémentaire de 30 jours maximum, accordée par le juge lorsque l'étranger fait obstruction à l'exécution de la mesure d'éloignement. Elle est prévue par le CESEDA et nécessite une requête de l'autorité administrative.
Comment contester une prolongation de rétention ?
Vous pouvez faire appel de l'ordonnance de prolongation dans les 24 heures suivant sa notification. L'appel doit être motivé et transmis au greffe de la cour d'appel, par tout moyen, notamment par télécopie.
Quels sont mes droits en rétention administrative ?
Vous avez le droit d'être informé de vos droits, d'être assisté par un avocat, de communiquer avec votre consulat, et de bénéficier d'un examen médical. Vous pouvez également contester les décisions vous concernant.
Que se passe-t-il si je refuse de quitter le territoire ?
Si vous refusez de coopérer à votre éloignement, cela peut être considéré comme une obstruction, ce qui peut justifier une prolongation exceptionnelle de votre rétention de 30 jours supplémentaires.
Le juge peut-il prolonger ma rétention si je coopère ?
Non, la prolongation exceptionnelle n'est possible qu'en cas d'obstruction à l'exécution de la mesure d'éloignement. Si vous coopérez, cette prolongation ne devrait pas être accordée.
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