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Tribunal judiciaire, j.l.d., 27 juillet 2026 — n° 26/02522

Maintien de la mesure de rétention administrative

Synthèse de la décision

Question juridique

Le juge peut-il prolonger la rétention administrative d'un étranger pour une durée supplémentaire de trente jours lorsque l'administration a agi avec diligence et que l'éloignement demeure possible ?

Principe retenu

La prolongation de la rétention administrative au-delà de la durée initiale peut être ordonnée par le juge des libertés et de la détention si l'administration justifie de diligences suffisantes et que l'éloignement reste possible. La requête doit être motivée, datée, signée et accompagnée des pièces justificatives.

Faits clés

  • Obligation de quitter le territoire français notifiée le 8 mai 2025
  • Placement en rétention le 28 juin 2026 par la préfecture du Rhône
  • Première prolongation de 26 jours ordonnée le 2 juillet 2026
  • Confirmation par la cour d'appel le 4 juillet 2026
  • Requête en seconde prolongation de 30 jours déposée le 24 juillet 2026

Articles cités

article L. 742-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile article L. 742-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile article L. 742-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile article L. 742-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile article L. 742-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile article L. 743-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile article L. 743-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile article L. 743-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile article L. 743-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile article L. 743-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile article L. 743-19 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile article L. 743-20 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile article L. 743-24 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile article L. 743-25 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile article R. 743-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile

Dispositif

ORDONNONS LA PROLONGATION DE LA RÉTENTION de [F] [C] [B] au centre de rétention de [Localité 1] pour une durée de trente jours supplémentaires ; LE GREFFIER LE JUGE NOTIFICATION DE L’ORDONNANCE AUX PARTIES NOTIFIONS sur le champ la présente ordonnance par courriel avec accusé de réception à l’avocat du retenu et à l’avocat de la préfecture, NOTIFIONS la présente ordonnance au centre de rétention administrative de [Localité 1] par courriel avec accusé de réception pour notification à [F] [C] [B], lequel est informé de la possibilité de faire appel, devant le Premier Président de la cour d’appel ou son délégué, de la présente ordonnance dans les vingt-quatre heures de sa notification ; lui notifions aussi que la déclaration d’appel doit être motivée et peut être transmise par tout moyen (notamment par télécopie n° 04.72.40.89.56) au greffe de la cour d’appel de [Localité 1], et que seul l’appel formé par le ministère public peut être déclaré suspensif par le Premier président de la cour d’appel ou son délégué. Disons qu’un procès-verbal de notification sera établi à cet effet par les services de police, et nous sera retourné sans délai. Information est donnée à [F] [C] [B] qu'il est maintenu à disposition de la justice pendant un délai de six heures à compter de la notification de la présente ordonnance au procureur de la République, lorsqu'il est mis fin à sa rétention ou lors d'une assignation à résidence, conformément à la décision du [Etablissement 1] Constitutionnel rendue le 12 septembre 2025. LE GREFFIER TRIBUNAL JUDICIAIRE DE [Localité 1] [Adresse 1] [Localité 3] Tél : [XXXXXXXX01] Courriel : [Courriel 1] Audience civile – Contentieux des étrangers N° RG : N° RG 26/02522 - N° Portalis DB2H-W-B7K-4OKY AVIS D’AUDIENCE Le greffe du Juge du tribunal judiciaire de LYON vous informe que la requête concernant : [F] [C] [B] sera examinée par le Juge du tribunal judiciaire de LYON à l'audience à laquelle il est invité à comparaître qui se tiendra : le 27 juillet 2026 à 10 H 00 en Salle 8 du tribunal, afin de statuer sur la requête concernant [F] [C] [B], en date du 24 Juillet 2026, relative à la demande de prolongation du maintien en zone d’attente Il conviendra que le retenu soit présent à 9h00 au greffe du jld afin de procéder à l’entretien préalable avec son avocat. La présence de l’intéressé est requise à l’audience. LYON, le 27 Juillet 2026, Le greffier,

Exposé du litige

COUR D'APPEL de [Localité 1] TRIBUNAL JUDICIAIRE DE [Localité 1] N° RG 26/02522 - N° Portalis DB2H-W-B7K-4OKY ORDONNANCE STATUANT SUR UNE SECONDE DEMANDE DE PROLONGATION D'UNE MESURE DE RETENTION ADMINISTRATIVE Le 27 juillet 2026 à Nous, Frédéric VUE, Juge au Tribunal judiciaire de LYON, assisté de Maylis MENEC, greffier ; Vu les articles L. 742-1 à L. 742-10 et notamment les articles L. 742-1, L. 742-2, L. 742-4, L. 742-6, L. 742-7, les articles L. 743-3 à L. 743-18 et notamment les articles L. 743-4, L. 743-6, L. 743-7, L. 743-9, les articles L. 743-19, L. 743-20, L. 743-24, L. 743-25, et R. 743-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA) ; Vu la décision de placement en rétention de l'autorité administrative prise le 28 juin 2026 par la PRÉFECTURE DU RHÔNE à l’encontre de [F] [C] [B] ; Vu l’ordonnance rendue le 2 juillet 2026 par le juge du tribunal judiciaire de LYON prolongeant la rétention administrative pour une durée maximale de vingt-six jours ; Vu l’ordonnance rendue le 4 juillet 2026 par le conseiller de la cour d’appel de [Localité 1] confirmant l’ordonnance précitée ; Vu la requête de l'autorité administrative en date du 24 juillet 2026 reçue et enregistrée le 26 juillet 2026 à 15h09 (cf. timbre du greffe) tendant à la prolongation de la rétention de [F] [C] [B] dans les locaux ne relevant pas de l'administration pénitentiaire pour une durée supplémentaire de trente jours ; Vu l'extrait individualisé du registre prévu à l'article L. 741-3 du CESEDA émargé par l'intéressé ; PARTIES La PRÉFECTURE DU RHÔNE préalablement avisée, représentée par Maître Stanislas FRANCOIS, avocat au barreau de LYON, substituant Maître Jean-Paul TOMASI, avocat au barreau de LYON, [F] [C] [B] né le 28 février 1996 à [Localité 2] (MAROC) préalablement avisé, actuellement maintenu, en rétention administrative, présent à l'audience, assisté de son conseil Me Stéphanie MANTIONE, avocat au barreau de LYON, de permanence, Le PROCUREUR DE LA RÉPUBLIQUE n’est ni présent ni représenté, DEROULEMENT DES DEBATS A l'audience publique, le juge a procédé au rappel de l'identité des parties ; Après avoir rappelé à la personne retenue les droits qui lui sont reconnus par le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile pendant sa rétention et l'avoir informée des possibilités et des délais de recours contre toutes décisions le concernant ; Maître Stanislas FRANCOIS, avocat au barreau de LYON, substituant Maître Jean-Paul TOMASI, avocat au barreau de LYON représentant le préfet a été entendu en sa plaidoirie ; Me Stéphanie MANTIONE, avocat au barreau de LYON, avocat de [F] [C] [B], a été entendu en sa plaidoirie ; [F] [C] [B] a été entendu en ses explications ;

Motivations de la décision

MOTIFS DE LA DECISION Attendu qu'une obligation de quitter le territoire français sans délai a été notifiée à [F] [C] [B] le 8 mai 2025 ; Attendu que par décision en date du 28 juin 2026 notifiée le 28 juin 2026, l'autorité administrative a ordonné le placement de [F] [C] [B] en rétention dans les locaux ne relevant pas de l'administration pénitentiaire à compter du 28 juin 2026; Attendu que par décision en date du 2 juillet 2026, le juge de [Localité 1] a ordonné la prolongation de la rétention administrative de [F] [C] [B] pour une durée maximale de vingt-six jours ; Attendu que par décision en date du 4 juillet 2026, le conseiller de la cour d’appel de [Localité 1] a confirmé l’ordonnance précitée; Attendu que, par requête en date du 24 juillet 2026 , reçue le 26 juillet 2026, l'autorité administrative nous a saisi aux fins de voir ordonner la prolongation de la rétention pour une durée de trente jours ; RECEVABILITÉ DE LA REQUÊTE Attendu que la requête de l'autorité administrative est motivée, datée, signée et accompagnée de toutes les pièces justificatives utiles dont la copie du registre prévu à l'article L. 744-2 du CESEDA ; RÉGULARITÉ DE LA PROCEDURE Attendu qu'en application de l’article L. 743-11 du CESEDA, à peine d’irrecevabilité prononcée d’office, aucune irrégularité antérieure à l’audience relative à la première prolongation de la rétention ne peut être soulevée lors de l’audience relative à la seconde prolongation; Attendu qu’il ressort de l’examen des pièces jointes à la requête et des mentions figurant au registre prévu à l’article L. 744-2 du CESEDA que la personne retenue, pleinement informée de ses droits lors la notification de son placement, n’a cessé d’être placée en état de les faire valoir depuis son arrivée au lieu de rétention; PROLONGATION DE LA RETENTION Attendu, en application des articles L. 742-4, L. 742-5, L. 742-6, L. 742-7, L. 743-4, L. 743-6, L. 743-7, L. 743-9, L. 743-19, L. 743-25 et R. 743-1 du CESEDA, que malgré les diligences de l'administration, la mesure d'éloignement n'a pu être exécutée en raison du défaut de délivrance des documents de voyage par le consulat dont relève l'intéressé ou de l'absence de moyens de transport ; Attendu qu’en l’espèce, l’autorité administrative justifie avoir sollicité les autorités consulaires marocaines aux fins d’éloignement de [F] [C] [B] le 29 juin 2026 ; qu’en réponse, les autorités marocaines ont précisé le 1er juillet 2026 que l’intéressé leur était inconnu, et réclamé la transmission d’une demande d’identification par empreintes digitales ; que cette demande a été formalisé par les services préfectoraux le 23 juillet 2026 ; Attendu que la seconde prolongation de la rétention étant de nature à permettre l’exécution de la mesure d’éloignement, il convient, par conséquent, de faire droit à la requête en date du 24 Juillet 2026 de la PRÉFECTURE DU RHÔNE et de prolonger la rétention de [F] [C] [B] pour une durée supplémentaire de trente jours ; PAR CES MOTIFS Statuant par mise à disposition au greffe, après débat en audience publique, en premier ressort, par décision assortie de l'exécution provisoire; DÉCLARONS la requête en prolongation de la rétention administrative du préfet du PRÉFECTURE DU RHÔNE à l'égard de [F] [C] [B] recevable ; DÉCLARONS la procédure diligentée à l'encontre de [F] [C] [B] régulière ;

Questions fréquentes

Quelles sont les conditions pour prolonger la rétention administrative ?
La prolongation peut être ordonnée si l'administration justifie de diligences suffisantes pour exécuter l'éloignement et que celui-ci reste possible. La requête doit être motivée et accompagnée des pièces justificatives.
Quelle est la durée maximale de la rétention administrative ?
La durée maximale de la rétention administrative est de 90 jours en France, avec des prolongations successives. Dans cette affaire, une première prolongation de 26 jours a été accordée, puis une seconde de 30 jours a été demandée.
Puis-je contester la décision de prolongation ?
Oui, vous pouvez faire appel de l'ordonnance de prolongation devant le premier président de la cour d'appel ou son délégué dans les 24 heures suivant sa notification. L'appel doit être motivé.
Que se passe-t-il si l'administration ne fait pas de diligences ?
Si l'administration ne justifie pas de diligences suffisantes pour organiser l'éloignement, le juge peut refuser la prolongation de la rétention et ordonner votre libération.
Quels sont mes droits pendant la rétention ?
Pendant la rétention, vous avez le droit d'être informé de vos droits, de bénéficier d'un avocat, d'un interprète, de soins médicaux, et de communiquer avec votre consulat. Vous pouvez également contester les conditions de rétention.
Quel est le rôle du juge lors de l'audience de prolongation ?
Le juge vérifie la régularité de la procédure, les diligences de l'administration, et la possibilité d'exécuter l'éloignement. Il entend les parties et rend une ordonnance motivée.
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