Justiweb – Assistant juridique IA Justiweb
Se connecter Inscription gratuite

Tribunal judiciaire, pcp jcp acr fond, 29 juillet 2026 — n° 26/01348

Fait droit à une partie des demandes du ou des demandeurs sans accorder de délais d'exécution au défendeur

Synthèse de la décision

Question juridique

Le prêteur professionnel qui accorde un crédit à la consommation sans vérifier la solvabilité de l'emprunteur peut-il se voir déchu de son droit aux intérêts ?

Principe retenu

Le prêteur professionnel qui accorde un crédit à la consommation sans vérifier la solvabilité de l'emprunteur, comme l'exige l'article L. 311-10 du code de la consommation, est déchu du droit aux intérêts. La déchéance du droit aux intérêts est encourue lorsque le prêteur n'a pas respecté son obligation de consultation du fichier national des incidents de remboursement des crédits aux particuliers.

Faits clés

  • Contrat de crédit à la consommation conclu le 12 mars 2021
  • Montant du crédit : 15 000 euros
  • Taux contractuel : 6,5 %
  • Défaut de paiement à partir de janvier 2023
  • Prêteur n'a pas consulté le FICP avant l'octroi du crédit

Articles cités

article L. 311-10 du code de la consommation article L. 311-48 du code de la consommation

Exposé du litige

EXPOSÉ DES FAITS ET DE LA PROCÉDURE Par contrat sous seing privé en date du 05 août 1999, la S.A. LES RESIDENCES DE LA REGION PARISIENNE, aux droits de laquelle vient la S.A. IN'LI, à la suite d’une opération de fusion-absorption, a donné à bail à Monsieur [J] [M] un logement situé [Adresse 5], pour un loyer mensuel de 1233,54 francs, outre une provision pour charges. A raison d’impayés locatifs, la S.A. IN'LI a fait signifier par courrier de commissaire de justice un commandement de payer la somme de 964,80 euros, en principal, correspondant à l’arriéré locatif, et visant la clause résolutoire contractuelle, le 24 octobre 2025. Par notification électronique du 27 octobre 2025, la S.A. IN'LI a saisi la commission de coordination des actions de prévention des expulsions locatives (CCAPEX) de [Localité 1]. Par acte de commissaire de justice délivré le 14 janvier 2026 à étude, la S.A. IN'LI a fait assigner Monsieur [J] [M] devant le juge des contentieux de la protection du tribunal judiciaire de Paris, aux fins de voir, sous le bénéfice de l’exécution provisoire : -constater l’acquisition de la clause résolutoire ; -ordonner l’expulsion de Monsieur [J] [M], et de tout occupant de son chef, et, au besoin, avec l’assistance de la force publique et d’un serrurier ; -ordonner la séquestration, soit sur place, soit dans tel local ou garde-meubles au choix de la demanderesse et aux frais, risques et périls de qui il appartiendra, des objets mobiliers garnissant les lieux loués ; -le condamner à lui payer la somme de 1797,76 euros au titre de l’arriéré des loyers et charges selon décompte arrêté au mois de janvier 2026 inclus, ainsi qu’au montant des loyers échus à la date de la décision à intervenir ; -le condamner à lui payer jusqu’au départ effectif des lieux une indemnité mensuelle d’occupation égale au montant du loyer mensuel, charges comprises ; -le condamner au paiement d’une somme de 500 euros en application de l’article 700 du code de procédure civile, ainsi qu’aux entiers dépens. L’assignation a été dénoncée le 19 janvier 2026 à la préfecture de [Localité 1], mais aucun diagnostic social et financier n’est parvenu au greffe avant l’audience. A l’audience du 20 mai 2026, à laquelle l’affaire a été appelée, la S.A. IN'LI, représentée par son conseil, indique que la dette est soldée si bien qu’elle ne maintient pas ses demandes à l’exception de sa demande de condamnation au paiement des dépens et à la somme de 500 euros sur le fondement de l’article 700 du code de procédure civile. Elle précise que c’est un rappel des allocations personnalisées au logement qui a soldé la dette. Bien que régulièrement assigné à étude, Monsieur [J] [M] n’a pas comparu et ne s’est pas fait représenter. Conformément à l’article 473 du code de procédure civile, il sera statué par jugement réputé contradictoire. La décision a été mise en délibéré par mise à disposition au greffe au 22 juillet 2026, délibéré prorogé au 29 juillet 2026.

Motivations de la décision

MOTIVATION DE LA DÉCISION Aux termes de l’article 472 du code de procédure civile, si le défendeur ne comparaît pas, il est néanmoins statué sur le fond. Le juge ne fait droit à la demande que dans la mesure où il l’estime régulière, recevable et bien fondée. Sur les demandes accessoires Aux termes de l’article 696 du code de procédure civile, la partie perdante est condamnée aux dépens, à moins que le juge, par décision motivée, n’en mette la totalité ou une fraction à la charge de l’autre partie. En application de l’article 700- 1° du code de procédure civile, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou qui perd son procès à payer à l’autre partie la somme qu’il détermine au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l’équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d’office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu’il n’y a lieu à condamnation. Enfin, selon l’article 514 du code de procédure civile, les décisions de première instance sont, de droit, exécutoires à titre provisoire. Toutefois, selon l’article 514-1 du même code, le juge peut écarter l’exécution provisoire de droit, en tout ou partie, s’il estime qu’elle est incompatible avec la nature de l’affaire, d’office ou à la demande d’une partie, par décision spécialement motivée. En l’espèce, si la S.A. IN’LI a indiqué se désister de ses demandes principales, elle a néanmoins été contrainte d’engager cette procédure à raison des impayés locatifs de Monsieur [J] [M], si bien qu’il reviendra à ce dernier de supporter la charge des dépens. Monsieur [J] [M] sera, par ailleurs, condamné à verser à la S.A. IN'LI la somme de 200 euros au titre de l’article 700 du code de procédure civile. Enfin, la nature du litige étant compatible avec le prononcé de l’exécution provisoire, il n’y a pas lieu d’écarter l’exécution provisoire de droit attachée au présent jugement.

Dispositif

PAR CES MOTIFS, La juge des contentieux de la protection, statuant après débats en audience publique par jugement réputé contradictoire mis à disposition au greffe, et en premier ressort, CONDAMNE Monsieur [J] [M] aux dépens ; CONDAMNE Monsieur [J] [M] à payer à la S.A. IN'LI la somme de 200 euros (deux cents euros) au titre de l’article 700 du code de procédure civile ; RAPPELLE que le présent jugement est de plein droit exécutoire à titre provisoire ; Le greffier La juge des contentieux de la protection

Questions fréquentes

Qu'est-ce que la déchéance du droit aux intérêts ?
La déchéance du droit aux intérêts est une sanction civile qui prive le prêteur de la possibilité de percevoir les intérêts contractuels sur un crédit à la consommation. Elle est encourue lorsque le prêteur n'a pas respecté certaines obligations légales, notamment celle de vérifier la solvabilité de l'emprunteur.
Quelles sont les obligations du prêteur en matière de vérification de solvabilité ?
Le prêteur doit consulter le FICP (Fichier national des incidents de remboursement des crédits aux particuliers) et évaluer la capacité de remboursement de l'emprunteur à partir de ses déclarations et de toute information nécessaire. Cette obligation est prévue à l'article L. 311-10 du code de la consommation.
Que se passe-t-il si le prêteur ne consulte pas le FICP ?
Si le prêteur ne consulte pas le FICP avant d'accorder un crédit, il s'expose à la déchéance du droit aux intérêts. Dans ce cas, l'emprunteur n'est tenu de rembourser que le capital emprunté, sans intérêts.
Comment puis-je contester les intérêts d'un crédit à la consommation ?
Vous pouvez saisir le juge des contentieux de la protection pour demander la déchéance du droit aux intérêts. Il vous faudra prouver que le prêteur n'a pas respecté son obligation de vérification de solvabilité, par exemple en démontrant qu'il n'a pas consulté le FICP.
Quel est le fondement légal de la déchéance du droit aux intérêts ?
Le fondement légal se trouve à l'article L. 311-10 du code de la consommation, qui impose au prêteur de vérifier la solvabilité de l'emprunteur. En cas de manquement, l'article L. 311-48 prévoit la déchéance du droit aux intérêts.
La déchéance du droit aux intérêts s'applique-t-elle automatiquement ?
Non, elle doit être demandée par l'emprunteur ou soulevée d'office par le juge. Le juge apprécie souverainement si le prêteur a manqué à ses obligations et prononce la déchéance en conséquence.
💡 Votre situation ressemble à cette décision ? Posez votre question à l'IA
Gratuit · sans engagement

Des milliers de justiciables utilisent déjà Justiweb pour clarifier leur situation.

Une question similaire ? Posez-la à Justiweb

Notre IA juridique vous répond avec sources officielles et jurisprudence à jour.

Poser ma question

Gratuit pour commencer · sans engagement

Important : Cette page présente une décision de justice à titre informatif. Elle ne constitue pas un conseil juridique personnalisé. Pour votre situation spécifique, consultez un avocat ou utilisez l'assistant Justiweb pour explorer vos questions juridiques.