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Tribunal judiciaire, juge des libertés, 28 juillet 2026 — n° 26/01098

Maintien de la mesure de rétention administrative

Synthèse de la décision

Question juridique

Le juge peut-il prolonger la rétention administrative d'un étranger au-delà de trente jours en cas de menace pour l'ordre public, même si les pièces produites sont anciennes et déjà prises en compte lors d'une précédente décision ?

Principe retenu

En application de l'article L. 742-4 du CESEDA, le juge peut prolonger la rétention administrative au-delà de trente jours en cas d'urgence absolue ou de menace pour l'ordre public. La menace pour l'ordre public peut résulter de la situation personnelle de l'étranger, notamment de sa condamnation pénale, même si les pièces sont anciennes et déjà examinées lors d'une précédente prolongation, dès lors que cette menace persiste.

Faits clés

  • M. [Q] [A] [M], de nationalité algérienne, né le 26 juillet 1988
  • Obligation de quitter le territoire français (OQTF) du 12 janvier 2026
  • Placement en rétention administrative le 26 juin 2026
  • Première prolongation de la rétention pour 26 jours par ordonnance du 3 juillet 2026
  • Requête du préfet du 27 juillet 2026 pour une nouvelle prolongation

Articles cités

article L. 742-4 du Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile article L. 742-1 du Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile article L. 743-4 du Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile article L. 743-6 du Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile article L. 743-7 du Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile article L. 743-9 du Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile article L. 743-19 du Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile article L. 743-25 du Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile article R. 743-1 du Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile article R. 743-3 du Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile article R. 743-11 du Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile

Motivations de la décision

MOTIFS DE LA DECISION SUR LE FOND : Attendu que M. [M] [Q] [A], né le 26/07/1988 à [Localité 3], de nationalité algérienne, a fait l'objet d’un arrêté portant obligation de quitter le territoire prononcée le 12/01/2026 ; Attendu que M. [M] [Q] [A] ne dispose d'aucune garantie effective de représentation, et est dépourvu de titre de circulation transfrontière ; qu’il s’avère que l’impossibilité d’exécuter la mesure d’éloignement précitée résulte de la perte ou de la destruction des documents de voyage de l’intéressé ; que, toutefois, le consulat algérien a été saisi d’une demande d’identification actuellement en cours d’instruction ; que l’absence de réponse des autorités algériennes ne peut être imputée aux autorités françaises ; que la situation de blocage actuelle est susceptible à tout moment de se débloquer, comme cela a déjà été le cas dans le passé ; que par ailleurs l’intéressé a été condamné, et constitue une menace pour l’ordre public ; que les conditions d’une assignation à résidence ne sont pas réunies ; qu’à cet égard l’attestation fournie ne peut suffire ; qu’enfin l’état de santé de l’intéressé n’est pas incompatible avec son maintien au centre de rétention, d’autant que les pièces produites sont relativement anciennes et ont déjà été prises en compte lors de la précédente décision ; qu’il convient de prolonger la mesure ; PAR CES MOTIFS FAISONS DROIT à la requête du Préfet ; RAPPELONS à la personne étrangère que, pendant toute la période de la rétention, elle peut demander l'assistance d'un interprète, d'un conseil ainsi que d'un médecin, et communiquer avec son consulat et avec une personne de son choix et qu'un espace permettant aux avocats de s'entretenir confidentiellement avec les étrangers retenus est prévu au Centre de Rétention du [Localité 5] ;

Dispositif

ORDONNONS , pour une durée maximale de 30 jours commençant à l'expiration du précédent délai de 26 jours déjà accordé , le maintien dans des locaux ne relevant pas de l’administration pénitentiaire, de M. [Q] [A] [M] et DISONS que la mesure de rétention prendra fin au plus tard le 28 août 2026 à 24h00 ; INFORMONS l’intéressé verbalement de la possibilité d’interjeter appel à l’encontre de la présente ordonnance dans les 24 heures suivant la notification de cette décision, par déclaration motivée transmise par tout moyen (article R.743-11 du Code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile) au greffe du service des rétentions administratives de la Cour d’appel d’[Localité 6], [Adresse 3], et notamment par télécopie au 04.42.33.81.32 ou par voie électronique à l’adresse structurelle suivante : [Courriel 1], ainsi que la possibilité offerte au Préfet et au Ministère public d’interjeter appel sauf pour le Procureur de la République, dans les 6 heures de la notification depuis la décision du Conseil Constitutionnel n°2025-1158 QPC du 12 septembre 2025 concernant l’appel suspensif du parquet, à saisir Monsieur le Premier Président de la Cour d’appel ou son délégué d’une demande tendant à faire déclarer son recours suspensif ; FAIT A [Localité 4] en audience publique, le 28 Juillet 2026 à 11h00 Le Greffier Le Magistrat du siège du tribunal judiciaire L’interprète Reçu notification le 28 juillet 2026 L’intéressé

Questions fréquentes

Quelle est la durée maximale de la rétention administrative ?
En principe, la rétention administrative est de 48 heures, renouvelable une fois pour 28 jours maximum. Toutefois, dans certains cas (urgence absolue ou menace pour l'ordre public), le juge peut prolonger la rétention au-delà de 30 jours, par périodes de 30 jours, dans la limite de 90 jours au total.
Qu'est-ce qu'une menace pour l'ordre public justifiant la prolongation ?
La menace pour l'ordre public s'apprécie au regard de la situation personnelle de l'étranger, notamment ses antécédents judiciaires, sa dangerosité, ou son comportement. Dans cette affaire, la condamnation pénale de l'intéressé a été jugée suffisante pour caractériser une menace, même si les faits étaient anciens.
Le juge peut-il prolonger la rétention si les pièces sont anciennes ?
Oui, le juge peut prolonger la rétention même si les pièces produites par le préfet sont anciennes, dès lors qu'elles démontrent une menace actuelle pour l'ordre public. Dans cette décision, le juge a estimé que la menace persistait malgré l'ancienneté des pièces.
Comment contester une ordonnance de prolongation de rétention ?
L'ordonnance de prolongation peut être frappée d'appel dans les 24 heures suivant sa notification. L'appel doit être motivé et transmis au greffe de la cour d'appel compétente, par tout moyen (télécopie, courriel). Le préfet et le ministère public peuvent également interjeter appel.
Quels sont les droits d'un étranger pendant la rétention ?
Pendant la rétention, l'étranger peut demander l'assistance d'un interprète, d'un conseil, d'un médecin, communiquer avec son consulat et avec une personne de son choix. Un espace est prévu pour les entretiens confidentiels avec les avocats.
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