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Tribunal judiciaire, juge des libertés, 28 juillet 2026 — n° 26/01093

Maintien de la mesure de rétention administrative

Synthèse de la décision

Question juridique

Le juge judiciaire peut-il prolonger la rétention administrative d'un étranger en situation irrégulière lorsque son éloignement est impossible en raison de l'absence de laissez-passer consulaire, malgré l'absence de perspectives raisonnables d'exécution de la mesure ?

Principe retenu

La prolongation de la rétention administrative peut être ordonnée lorsque l'étranger fait obstacle à son éloignement ou lorsque l'éloignement ne peut être exécuté en raison de la situation administrative du pays de destination, même si les perspectives d'exécution sont incertaines, dès lors que l'administration justifie de diligences suffisantes.

Faits clés

  • M. [I] [X], ressortissant algérien, a fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire français le 29/05/2026.
  • Il a été placé en rétention administrative le 30/05/2026.
  • Deux prolongations de rétention ont déjà été ordonnées les 03/06/2026 et 28/06/2026.
  • La requête du préfet vise une troisième prolongation de trente jours.
  • L'administration a sollicité les autorités consulaires algériennes pour obtenir un laissez-passer consulaire.

Articles cités

article L. 742-1 du CESEDA article L. 742-2 du CESEDA article L. 742-4 à L. 742-7 du CESEDA article L. 743-4 du CESEDA article L. 743-6 du CESEDA article L. 743-7 du CESEDA article L. 743-9 du CESEDA article L. 743-11 du CESEDA article L. 743-19 à L. 743-25 du CESEDA article R. 743-1 du CESEDA article R. 742-1 du CESEDA article R. 743-1 à R. 743-8 du CESEDA article R. 743-21 du CESEDA article R. 743-3 du CESEDA article R. 743-11 du CESEDA article L. 141-2 du CESEDA

Motivations de la décision

MOTIFS DE LA DECISION SUR LE FOND : Attendu que M. [X] [I], né le 28/04/1987 à [Localité 3], de nationalité algérienne, a fait l'objet d’un arrêté portant obligation de quitter le territoire prononcée le 12/07/2024 ; Attendu que M. [X] [I] ne dispose d'aucune garantie effective de représentation ; qu’il est dépourvu de titre de circulation transfrontière ; qu’il s’avère que l’impossibilité d’exécuter la mesure d’éloignement précitée résulte de la perte ou de la destruction des documents de voyage de l’intéressé ; Attendu, toutefois que le consulat algérien a été saisi d’une demande d’identification actuellement en cours d’instruction; que l’absence de réponse des autorités algériennes ne peut être imputée aux autorités françaises ; que la situation de blocage actuelle est susceptible à tout moment de se débloquer, comme cela a déjà été le cas dans le passé, y compris récemment ; qu’il convient de prolonger la mesure ; PAR CES MOTIFS FAISONS DROIT à la requête du Préfet ; RAPPELONS à la personne étrangère que, pendant toute la période de la rétention, elle peut demander l'assistance d'un interprète, d'un conseil ainsi que d'un médecin, et communiquer avec son consulat et avec une personne de son choix et qu'un espace permettant aux avocats de s'entretenir confidentiellement avec les étrangers retenus est prévu au Centre de Rétention du [Localité 2] ;

Dispositif

ORDONNONS, pour une durée maximale de trente jours commençant à l'expiration du précédent délai de 30 jours déjà accordé , le maintien dans des locaux ne relevant pas de l’administration pénitentiaire, de M. [I] [X] et DISONS que la mesure de rétention prendra fin au plus tard le 28/08/2026 à 24h00 ; INFORMONS l’intéressé verbalement de la possibilité d’interjeter appel à l’encontre de la présente ordonnance dans les 24 heures suivant la notification de cette décision, par déclaration motivée transmise par tout moyen (article R.743-11 du Code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile) au greffe du service des rétentions administratives de la Cour d’appel d’[Localité 4], [Adresse 3], et notamment par télécopie au 04.42.33.81.32 ou par voie électronique à l’adresse structurelle suivante : [Courriel 1], ainsi que la possibilité offerte au Préfet et au Ministère public d’interjeter appel sauf pour le Procureur de la République, dans les 6 heures de la notification depuis la décision du Conseil Constitutionnel n°2025-1158 QPC du 12 septembre 2025 concernant l’appel suspensif du parquet, à saisir Monsieur le Premier Président de la Cour d’appel ou son délégué d’une demande tendant à faire déclarer son recours suspensif ; FAIT A [Localité 5] En audience publique, le 28 Juillet 2026 À 10h00 Le Greffier Le Magistrat du siège du tribunal judiciaire L’interprète Reçu notification le 28/07/2026 L’intéressé

Questions fréquentes

Quelle est la durée maximale de la rétention administrative ?
En principe, la rétention administrative est de 48 heures, renouvelable une fois pour 28 jours, puis par périodes de 30 jours, sans dépasser 90 jours en tout. Dans cette affaire, le juge a prolongé la rétention pour une durée maximale de 30 jours supplémentaires, portant la durée totale à 90 jours.
Que se passe-t-il si mon pays ne délivre pas de laissez-passer ?
Si l'administration a effectué les démarches nécessaires auprès du consulat et que le pays ne délivre pas le laissez-passer, le juge peut prolonger la rétention s'il estime que la situation est susceptible de se débloquer. Dans cette affaire, malgré l'absence de laissez-passer, le juge a prolongé la rétention car le blocage n'était pas définitif.
Comment contester une prolongation de rétention ?
Vous pouvez interjeter appel de l'ordonnance de prolongation dans les 24 heures suivant sa notification, par déclaration motivée transmise au greffe de la cour d'appel. Dans cette affaire, l'ordonnance mentionne cette possibilité.
Quels sont mes droits en centre de rétention ?
Pendant la rétention, vous pouvez demander l'assistance d'un interprète, d'un conseil, d'un médecin, communiquer avec votre consulat et une personne de votre choix. Un espace est prévu pour les avocats. Ces droits sont rappelés dans l'ordonnance.
Le juge peut-il refuser de prolonger ma rétention ?
Oui, le juge peut refuser si l'administration ne justifie pas de diligences suffisantes ou si l'éloignement est manifestement impossible. Dans cette affaire, le juge a accepté car l'administration avait fait des démarches et la situation pouvait évoluer.
Qu'est-ce qu'une obligation de quitter le territoire français ?
C'est une mesure administrative qui oblige un étranger en situation irrégulière à quitter la France. Dans cette affaire, M. [X] avait reçu une OQTF le 29/05/2026, ce qui a conduit à son placement en rétention.
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