Justiweb – Assistant juridique IA Justiweb
Se connecter Inscription gratuite

Tribunal judiciaire, jcp, 29 juillet 2026 — n° 25/00292

Fait droit à une partie des demandes du ou des demandeurs sans accorder de délais d'exécution au défendeur

Synthèse de la décision

Question juridique

Quelles sont les conditions de recevabilité et de condamnation au paiement d'un emprunteur défaillant dans le cadre d'un contrat de crédit affecté ?

Principe retenu

Le prêteur est recevable à agir en paiement contre l'emprunteur défaillant dès lors qu'il justifie de sa créance et du respect des obligations contractuelles. En cas de déchéance du terme prononcée régulièrement, l'emprunteur est tenu au remboursement du capital restant dû, des intérêts contractuels échus et des indemnités prévues au contrat, sous réserve de la vérification par le juge des conditions de formation du contrat.

Faits clés

  • Souscription d'un crédit affecté de 9 500 euros pour des travaux de façade
  • Non-paiement des échéances par l'emprunteur
  • Mise en demeure préalable restée sans réponse
  • Action en justice engagée par le prêteur pour obtenir le remboursement du solde
  • Absence de comparution de l'emprunteur à l'audience

Articles cités

article 450 du code de procédure civile article 1224 du code civil article 1229 du code civil article 696 du code de procédure civile article 700 du code de procédure civile article 514 du code de procédure civile

Exposé du litige

EXPOSÉ DU LITIGE : Suivant offre préalable acceptée le 18 avril 2024, la société FINANCO (appartenant à la S.A ARKEA FINANCEMENTS & SERVICES) a consenti à Madame [Z] [W] un crédit affecté à la réalisation d'un traitement hydrofuge de la façade de son bien immobilier d’une valeur de 9.500 euros, le crédit n°47702940 étant accordé à hauteur de 9.500 euros, remboursable en 53 mensualités, incluant les intérêts au taux nominal annuel de 6,75 %. Se prévalant du non-paiement des échéances convenues, la S.A ARKEA FINANCEMENTS & SERVICES a adressé à Madame [Z] [W], par lettre recommandée avec avis de réception du 9 avril 2025, revenue non réclamée, une mise en demeure de payer les mensualités en retard, l’informant du risque de déchéance du terme. Le prêteur a, par lettre recommandée du16 mai 2025 adressé à Madame [Z] [W] une nouvelle mise en demeure la sommant de payer l’intégralité des sommes restant dues compte tenu de la déchéance du terme. Le courrier est revenu avec la mention pli avisé non réclamé. Par acte du 10 novembre 2025, la S.A ARKEA FINANCEMENTS & SERVICES a fait assigner Madame [Z] [W] devant le juge des contentieux de la protection du tribunal judiciaire de Niort pour obtenir à titre principal sa condamnation à lui payer la somme de 11.115,77 euros, actualisée au 5 juillet 2025, avec intérêts au taux de 6,75 % l’an à compter du 16 mai 2025 date de mise en demeure. A titre subsidiaire, elle sollicite le prononcé de la résiliation judiciaire du contrat de prêt sur le fondement des articles 1224 et 1229 du code civil et le paiement des mêmes sommes. En tout état de cause, elle sollicite sa condamnation à lui verser une indemnité de 500 euros sur le fondement de l’article 700 du code de procédure civile et aux entiers dépens de l’instance. À l’audience du 4 février 2026, le juge a invité la partie demanderesse, seule comparante, à s’expliquer en cours de délibéré sur le moyen de droit relevé d’office tiré de l’éventuelle déchéance du droit aux intérêts conventionnels pour l'absence de justification de l'attestation de formation du personnel ayant fourni à l'emprunteur les explications sur le prêt. Il était en outre demander que soit justifié le lien juridique entre FINANCO et la S.A ARKEA FINANCEMENTS & SERVICES. A cette même date, la S.A ARKEA FINANCEMENTS & SERVICES demande le bénéfice de son acte introductif d’instance. Madame [Z] [W], assignée à étude, n’a pas comparu. À l’issue des débats, l’affaire a été mise en délibéré au 6 mai 2026 par mise à disposition au greffe dans les conditions prévues à l’article 450 alinéa 2 du code de procédure civile, délibéré prorogé au 29 juillet 2026 en raison des nécessités de service. Par note en délibéré reçue le 16 février 2026, la S.A ARKEA FINANCEMENTS & SERVICES produit aux débats les attestations de formation et l'extrait Kbis de la société. Elle justifie par ailleurs avoir transmis ces nouvelles pièces à Madame [Z] [W].

Motivations de la décision

MOTIFS DE LA DÉCISION : Selon les dispositions de l’article 472 du code de procédure civile, lorsque le défendeur ne comparaît pas, il est néanmoins statué sur le fond. Le juge ne fait droit à la demande que s’il l’estime régulière, recevable et bien fondée, le silence du défendeur ne valant pas à lui seul acceptation. Compte tenu de la date de signature du contrat, il sera fait application des dispositions du code de la consommation dans leur rédaction postérieure au 1er mai 2011, date d’entrée en vigueur des dispositions de la loi n°2010-737 du 1er juillet 2010, dans leur numérotation postérieure au 1er juillet 2016, date d’entrée en vigueur de l’ordonnance n°2016-301 du 14 mars 2016 et du décret n°2016-884 du 29 juin 2016 ayant procédé à une refonte à droit constant dudit code. Sur la recevabilité de la demande en paiement : La forclusion de l’action en paiement est une fin de non-recevoir qui doit être relevée d’office par le juge en vertu de l’article 125 du code de procédure civile comme étant d’ordre public selon les dispositions de l’article L314-26 du code de la consommation. Aux termes de l’article R312-35 du code de la consommation, les actions en paiement à l’occasion de la défaillance de l’emprunteur dans le cadre d’un crédit à la consommation, doivent être formées dans les deux ans de l’événement qui leur a donné naissance à peine de forclusion. Il ressort des pièces produites par la demanderesse, en particulier de l’historique de compte, que le premier incident de paiement non régularisé peut être fixé à la date du 24 novembre 2024. L'assignation a été délivrée le 10 novembre 2025, soit avant l’expiration du délai de deux années précité. En conséquence, il convient de déclarer la S.A ARKEA FINANCEMENTS & SERVICES recevable en son action. Sur le bien-fondé de la demande en paiement : Aux termes de l’article R632-1 du code de la consommation, le juge peut soulever d’office toutes les dispositions de ce code dans les litiges nés de son application. La S.A ARKEA FINANCEMENTS & SERVICES justifie au travers de l'extrait KBIS et de l'annonce BODACC de sa capacité à agir. En outre, elle justifie qu'en application de l'article L 314-25 du code de la consommation la personne de la SARL INNOVATION 16 avait bénéficié de la formation. Aucune déchéance du droit aux intérêts n'est alors encourue à ce titre. L'article L312-39 du code de la consommation dispose qu'en cas de défaillance de l'emprunteur, le prêteur pourra exiger le remboursement immédiat du capital restant dû, majoré des intérêts échus mais non payés et que jusqu'à la date du règlement effectif, les sommes restant dues produisent des intérêts de retard à un taux égal à celui du prêt. En outre, le prêteur pourra demander à l'emprunteur défaillant une indemnité qui, dépendant de la durée restant à courir du contrat et sans préjudice de l'application des articles 1231-5 du code civil, sera fixée suivant un barème déterminé par décret. Il est constant que par acte sous seing privé du 18 avril 2024, Madame [Z] [W] a contracté auprès de la S.A ARKEA FINANCEMENTS & SERVICES (exerçant sous FINANCO) un crédit affecté à la réalisation d'un traitement hydrofuge de la façade de son bien immobilier d’une valeur de 9.500 euros, le crédit n°47702940 étant accordé à hauteur de 9.500 euros, remboursable en 53 mensualités, incluant les intérêts au taux nominal annuel de 6,75 %. Il ressort des pièces versées aux débats que Madame [Z] [W] n'a pas respecté les termes du contrat puisque le contrat prévoyait que le premier remboursement devait intervenir le 6ème mois après la souscription soit le 24 novembre 2024. Or à cette date, il ressort de l'historique financier que l'échéance n'a pas été payée ni les suivantes. En application de la clause résolutoire prévue au contrat, la S.A ARKEA FINANCEMENTS & SERVICES est fondée à obtenir la condamnation de Madame [Z] [W] au remboursement des sommes suivantes calculées conformément aux dispositions des articles L. 312-39 et suivants du code de la consommation: - échéances échues impayées: 1.489,32 euros - capital restant dû à la date de la déchéance du terme : 8.695,16 euros Soit un total de : 10.184,48 euros. S'agissant des intérêts moratoires, si la S.A ARKEA FINANCEMENTS & SERVICES est fondée à obtenir sur les sommes restant dues des intérêts de retard calculés à un taux d'intérêts égal à celui du prêt, ils ne sauraient courir avant mise en demeure conformément à l'article 1231-5 du code civil ou à défaut l'assignation. En conséquence, les intérêts contractuels de 6,75 % seront calculés sur la somme de 10.184,48 euros à compter du 16 mai 2025 comme sollicité. L'indemnité légale de 8% réclamée à titre de pénalité n'apparaît pas manifestement excessive au regard de l'absence de tout paiement dés le départ du contrat de prêt. Madame [Z] [W] sera donc condamnée à ce titre à verser la somme de 814,76 euros avec intérêts au taux légal à compter du présent jugement. Sur les autres demandes : Selon l’article 696 du code de procédure civile, la partie perdante est condamnée aux dépens, à moins que le juge, par décision motivée, n’en mette la totalité ou une fraction à la charge d’une autre partie. En application de ces dispositions, Madame [Z] [W], qui succombe, sera condamnée aux entiers dépens. L’article 700 du code de procédure civile prévoit que le juge condamne la partie tenue aux dépens ou qui perd son procès à payer à l’autre partie la somme qu’il détermine au titre des frais exposés et non compris dans les dépens, en tenant compte de l’équité ou de la situation économique de la partie condamnée, et que le juge peut, pour ces mêmes raisons, dire qu’il n’y a pas lieu à condamnation. L’équité commande, dans les circonstances de l’espèce, de ne pas faire droit à la demande au titre des frais irrépétibles. Il y a lieu de rappeler que la présente décision est de droit exécutoire à titre provisoire en vertu de l’article 514 du code de procédure civile.

Dispositif

PAR CES MOTIFS, Le juge des contentieux de la protection, statuant publiquement par mise à disposition au greffe, par jugement réputé contradictoire en premier ressort, Déclare la S.A ARKEA FINANCEMENTS & SERVICES recevable en son action ; Condamne Madame [Z] [W] à payer à la S.A ARKEA FINANCEMENTS & SERVICES la somme de 10. 999,24 euros, arrêtée au 5 juillet 2025, au titre du solde impayé du contrat n°47702940 du 18 avril 2024, avec intérêts au taux contractuel sur la somme de 10.184,48 euros à compter du 16 mai 2025 et au taux légal à compter de la présente décision sur la somme de 814,76 euros ; Rejette le surplus des demandes ; Dit n’y avoir lieu à application des dispositions de l’article 700 du code de procédure civile ; Condamne Madame [Z] [W] aux entiers dépens ; Rappelle que la présente décision est de droit exécutoire à titre provisoire. LE GREFFIER LE JUGE DES CONTENTIEUX DE LA PROTECTION

Questions fréquentes

Qu'est-ce que la déchéance du terme ?
C'est une clause qui permet au prêteur, en cas de non-paiement des échéances, d'exiger le remboursement immédiat de la totalité du capital restant dû, mettant ainsi fin à l'échelonnement du prêt.
Que se passe-t-il si je ne me rends pas à l'audience ?
Le juge peut rendre un jugement 'réputé contradictoire', ce qui signifie que la décision sera prise en votre absence, sur la base des éléments fournis par le prêteur, et qu'elle s'imposera à vous.
Le juge peut-il refuser la demande de la banque ?
Oui, le juge vérifie d'office la régularité du contrat. S'il constate des manquements graves, comme l'absence de justificatifs de formation du personnel ou des irrégularités dans l'offre de prêt, il peut rejeter tout ou partie des demandes.
Quels frais dois-je payer en plus de ma dette ?
En cas de condamnation, vous devrez payer le solde du prêt, les intérêts contractuels, ainsi que les dépens (frais de procédure). Toutefois, le juge peut décider de ne pas vous condamner aux frais d'avocat de la partie adverse (article 700) si l'équité le justifie.
💡 Votre situation ressemble à cette décision ? Posez votre question à l'IA
Gratuit · sans engagement

Des milliers de justiciables utilisent déjà Justiweb pour clarifier leur situation.

Une question similaire ? Posez-la à Justiweb

Notre IA juridique vous répond avec sources officielles et jurisprudence à jour.

Poser ma question

Gratuit pour commencer · sans engagement

Important : Cette page présente une décision de justice à titre informatif. Elle ne constitue pas un conseil juridique personnalisé. Pour votre situation spécifique, consultez un avocat ou utilisez l'assistant Justiweb pour explorer vos questions juridiques.