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Tribunal judiciaire, jld, 28 juillet 2026 — n° 26/04932

Maintien de la mesure de soins psychiatriques

Synthèse de la décision

Question juridique

Le juge des libertés et de la détention doit-il ordonner la mainlevée d'une hospitalisation complète sans consentement lorsque l'urgence initiale est contestée et que la personne de confiance est un ami ?

Principe retenu

L'hospitalisation complète sans consentement peut être maintenue si les conditions de l'article L3212-3 du code de la santé publique sont remplies, notamment l'urgence caractérisée par un risque grave d'atteinte à l'intégrité du patient. La qualité de personne de confiance peut être reconnue à un ami qui a déjà agi comme tiers demandeur lors d'hospitalisations antérieures et qui est intervenu à la demande du patient. La mainlevée est prématurée si l'état du patient nécessite encore des soins sous contrainte.

Faits clés

  • Madame [C] [E] a été hospitalisée à la demande d'un tiers en urgence le 17 juillet 2026
  • Le certificat médical d'admission mentionnait des hallucinations, des idées noires et une agitation psychomotrice
  • Deux psychiatres ont constaté un état de décompensation psychotique aiguë avec hallucinations auditives et visuelles et déni des troubles
  • Monsieur [K], ami de la patiente, a été le tiers demandeur et a été reconnu comme personne de confiance
  • L'avis motivé du psychiatre du 22 juillet 2026 indiquait une évolution lentement favorable mais une désorganisation idéo-comportementale et une discordance idéo-affective importantes

Articles cités

article L3212-3 du code de la santé publique

Dispositif

EN CONSEQUENCE Statuant publiquement après débats en audience publique et en premier ressort, DISONS N’Y AVOIR LIEU A ORDONNER LA MAINLEVEE DE L’HOSPITALISATION COMPLETE de Madame [C] [E] née le 17 Avril 1985 à [Localité 2], demeurant [Adresse 2] - [Localité 2] RAPPELONS qu’appel peut être interjeté de cette décision dans un délai de dix jours de sa notification, par déclaration écrite motivée transmise par tout moyen au greffe de la cour d’appel d’AIX-en-PROVENCE ([Adresse 3] - [Localité 4] - Télécopie: [XXXXXXXX01]) Ainsi rendue, le 28 Juillet 2026 par M. Yoan HIBON, Vice-Président, Juge des Libertés et de la Détention, assisté de Mme Sara PUJOLAS, greffier, qui l’ont signée. Le Greffier Le Juge des Libertés et de la Détention Copie de la présente ordonnance a été transmise le 28 Juillet 2026 par courriel à : Madame [C] [E] Maître DARTOIS Eléonore Monsieur Le Directeur du Centre hospitalier intercommunal de [Localité 2]-[Localité 3] M. [U] [K], personne de confiance de la patiente et tiers demandeur, Monsieur Le Procureur de la République Le 28 Juillet 2026 Le Greffier

Motivations de la décision

Attendu que que Madame [C] [E] a été une nouvelle fois hospitalisée à la demande d’un tiers en urgence le 17 juillet 2026 sur le fondement de l’article L3212-3 du Code de la santé publique; Attendu que son conseil conteste la mesure en premier lieu en raison de l’absence de caractérisation de l’urgence ayant justifié l’hospitalisation; Qu’il ressort cependant du certificat d’admission du 17 juillet 2026 du Docteur [L], psychiatre de l’établissement d’accueil, que Madame [C] [E] présentait lors de son arrivée à l’hôpital des hallkucinations, des idées noires et une agitation psychomotrice nécessitant des soins immédiats en raison d’un risque grave d’atteinte à son intégrité ; Que pendant la période d’observation, deux psychiatres distincts de l’établissement d’accueil ont rappelé que Madame [C] [E] était en état de décompensation psychotique aigu, hallucinations auditives et visuelles associé à un deéni des troubles; Que dès lors l’urgence apparaît caractérisée. Attendu que Maître DARTOIS met en doute la qualité de personne de confiance de monsieur [K] ; Qu’il convient cependant de rappeler que Monsieur [K], ami de la patiente, tiers demandeur, était également le tiers demandeur qui avait sollicité l’hospitalisation de la patiente au cours des mois de novembre 2024, juin 2025 et juin 2026 et qu’il est intervenu à la demande de Madame [C] [E] qui reconnaît l’avoir appelé; Qu’il en résulte que monsieur [K] peut être considéré comme une personne de confiance; Attenu enfin que l’information des droits du patient a bien été signée par infirmiers et que la décision d’admission en date du 17 juillet 2026 mentionne les informations données au préfet et à la patiente; Que les conditions formelles de l’hospitalisation ont bien été respectées; Attendu enfin que toute mainelvée apparaît prématurée au regard de l’avis motivé du docteur [S] [P], psychiatre, laquelle indique que malgré une évolution lentement favorable, la désorganisation idéo-comportementale et la discordance idéo-affective reste très importante, nécessitant le maintien de la mesure de soins sous contrainte;

Questions fréquentes

Quelles sont les conditions pour une hospitalisation à la demande d'un tiers en urgence ?
L'hospitalisation à la demande d'un tiers en urgence est possible si un risque grave d'atteinte à l'intégrité du patient est constaté, comme dans cette affaire où la patiente présentait des hallucinations et une agitation psychomotrice.
Qui peut être considéré comme personne de confiance ?
Une personne de confiance peut être un proche, y compris un ami, comme dans cette affaire où l'ami de la patiente a été reconnu car il avait déjà agi comme tiers demandeur lors d'hospitalisations antérieures et à la demande de la patiente.
Quels sont les recours contre une décision de maintien de l'hospitalisation ?
La décision peut faire l'objet d'un appel dans un délai de dix jours de sa notification, par déclaration écrite motivée transmise au greffe de la cour d'appel.
Quels sont les droits du patient pendant l'hospitalisation ?
Le patient doit être informé de ses droits, comme cela a été fait dans cette affaire, et peut être assisté d'un avocat lors de l'audience devant le juge.
Pourquoi la mainlevée n'a-t-elle pas été ordonnée ?
La mainlevée n'a pas été ordonnée car l'état de la patiente nécessitait encore des soins sous contrainte, selon l'avis motivé du psychiatre indiquant une désorganisation idéo-comportementale importante.
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