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Tribunal judiciaire, jex, 30 juillet 2026 — n° 26/04401

Déboute le ou les demandeurs de l'ensemble de leurs demandes

Synthèse de la décision

Question juridique

Le juge de l'exécution peut-il accorder des délais pour quitter les lieux à des occupants expulsés qui sont à jour de leurs loyers mais ne justifient pas de diligences suffisantes en vue de leur relogement ?

Principe retenu

Selon les articles L.412-3 et L.412-4 du code des procédures civiles d'exécution, le juge peut accorder des délais renouvelables aux occupants dont l'expulsion a été ordonnée, chaque fois que leur relogement ne peut avoir lieu dans des conditions normales, à condition qu'ils ne soient pas entrés dans les lieux par des manœuvres frauduleuses. Pour fixer ces délais, le juge tient compte notamment de la bonne ou mauvaise volonté de l'occupant, de sa situation de famille, de son état de santé, et des diligences qu'il justifie avoir faites pour se reloger. En l'espèce, malgré le paiement des loyers, l'absence de démarches réelles et suffisantes de relogement justifie le rejet de la demande.

Faits clés

  • M. et Mme [R] occupent leur logement depuis 26 ans avec leurs trois enfants, dont un enfant hémophile.
  • Ils sont à jour du paiement des loyers.
  • Ils ont interjeté appel du jugement d'expulsion.
  • Ils ont effectué un recours devant la commission départementale de médiation le 15 mai 2026 et une candidature pour un logement refusée le 18 mai 2026.
  • Leurs revenus annuels déclarés sont de 45 546 euros.

Articles cités

article L.412-3 du code des procédures civiles d'exécution article L.412-4 du code des procédures civiles d'exécution article L.441-2-3 du code de la construction et de l'habitation article L.441-2-3-1 du code de la construction et de l'habitation

Exposé du litige

EXPOSE DU LITIGE Le 8 décembre 2025, le juge des contentieux de la protection du tribunal de proximité de Puteaux a notamment ordonné l’expulsion de M. et Mme [R] du logement qu’ils occupent situé au [Adresse 1] à Puteaux. Le 20 avril 2026, l’OPH [Localité 1] de Seine Habitat, venant aux droits de l’OPH de [Localité 2], a fait délivrer à M. et Mme [R] un commandement de quitter les lieux. Le 21 avril 2026, M. et Mme [R] ont interjeté appel du jugement. Le 19 mai 2026, M. et Mme [R] ont assigné l’OPH [Localité 1] de Seine Habitat devant le juge de l’exécution. M. et Mme [R] sollicite un délai de douze mois pour quitter les lieux. A l’appui de leur demande, ils indiquent résider dans les lieux depuis 26 ans avec leur 3 enfants âgés de 20 ans, 18 et 12 ans dont l’un est hémophile. Ils précisent être à jour des loyers et justifier de l’attestation d’assurance réclamée par la bailleresse. Ils précisent être à jour des loyers et avoir effectué des diligences afin de se reloger. En réponse, l’OPH [Localité 1] de Seine Habitat, qui conclut au rejet de la demande, souligne la mauvaise foi des requérants et l’absence de démarche afin de se reloger. Pour plus ample exposé des prétentions et moyens des parties, il est renvoyé à l’assignation et aux conclusions prises pour la défenderesse et visées à l’audience. Le 17 juin 2026, par note en délibéré autorisée, M. et Mme [R] ont transmis leurs justificatifs de recherche de relogement.

Motivations de la décision

MOTIFS Sur la demande de délais pour quitter les lieux En application de l'article L.412-3 du code des procédures civiles d’exécution, le juge peut accorder des délais renouvelables aux occupants de locaux d’habitation ou à usage professionnel dont l'expulsion a été ordonnée judiciairement, chaque fois que le relogement des intéressés ne peut avoir lieu dans des conditions normales et à condition que lesdits occupants ne soient pas entrés dans les locaux à l'aide de manœuvres, de menaces, de voies de fait ou de contrainte. Aux termes de l'article L.412-4 du même code, la durée des délais prévus à l'article L.412-3 ne peut, en aucun cas, être inférieure à un mois ni supérieure à un an. Pour la fixation de ces délais, il est tenu compte de la bonne ou mauvaise volonté manifestée par l'occupant dans l'exécution de ses obligations, des situations respectives du propriétaire et de l'occupant, notamment en ce qui concerne l'âge, l'état de santé, la qualité de sinistré par faits de guerre, la situation de famille ou de fortune de chacun d'eux, les circonstances atmosphériques, ainsi que des diligences que l'occupant justifie avoir faites en vue de son relogement. Il est également tenu compte du droit à un logement décent et indépendant, des délais liés aux recours engagés selon les modalités prévues aux articles L.441-2-3 et L.441-2-3-1 du code de la construction et de l'habitation et du délai prévisible de relogement des intéressés. En l’espèce, il n’est pas contesté que M. et Mme [R] sont à jour du paiement des loyers. Néanmoins, à l’exception d’un recours devant la commission départementale de médiation en vue d’une offre de logement du 15 mai 2026 et d’une candidature sur un logement situé à [Localité 4] refusée le 18 mai 2026, considérés comme tardifs, M. et Mme [R] ne justifient d’aucune diligence afin se reloger, et ce, en dépit de revenus annuels déclarés de 45 546 euros. En conséquence, la demande de délais sera rejetée. Succombant, M. et Mme [R] seront condamnés aux dépens.

Dispositif

PAR CES MOTIFS Le juge de l’exécution, par jugement contradictoire rendu en premier ressort, Rejette la demande de délais pour quitter les lieux ; Condamne M. et Mme [R] aux dépens. Le greffier Le juge de l’exécution

Questions fréquentes

Quelles sont les conditions pour obtenir un délai avant expulsion ?
Selon l'article L.412-3 du code des procédures civiles d'exécution, le juge peut accorder des délais si le relogement ne peut se faire dans des conditions normales et si l'occupant n'est pas entré dans les lieux par des manœuvres frauduleuses. Il tient compte de la bonne volonté, des diligences de relogement, de la situation familiale et de santé.
Est-ce que le paiement des loyers suffit pour obtenir un délai ?
Non, le paiement des loyers est un élément positif mais insuffisant. Dans cette affaire, les locataires étaient à jour, mais leur demande a été rejetée car ils ne justifiaient pas de démarches suffisantes pour se reloger.
Quelles preuves dois-je fournir pour montrer mes recherches de logement ?
Vous devez fournir des justificatifs concrets de vos démarches, comme des candidatures à des logements, des recours auprès de la commission de médiation, ou des attestations de recherche. Des démarches tardives ou insuffisantes peuvent être considérées comme une mauvaise volonté.
Mon enfant est malade, cela peut-il m'aider à obtenir un délai ?
L'état de santé des occupants est un critère prévu par la loi. Cependant, dans cette décision, malgré l'enfant hémophile, le juge a rejeté la demande car les démarches de relogement étaient insuffisantes.
Quelle est la durée maximale des délais accordés ?
La durée maximale est d'un an, renouvelable, selon l'article L.412-4 du code des procédures civiles d'exécution. Mais elle n'est accordée que si les conditions sont remplies.
Que se passe-t-il si ma demande de délais est rejetée ?
Si la demande est rejetée, l'expulsion peut être poursuivie. Vous pouvez éventuellement faire appel, mais dans cette affaire, le jugement a été rendu en premier ressort, donc un appel est possible.
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