MOTIFS
Sur la recevabilité du recours
Les contestations élevées par les débiteurs à l’encontre des mesures imposées ont été formées dans le délai légal de 30 jours à compter de la notification conformément aux dispositions de l’article R 733-6 du code de la consommation.
Le recours sera par conséquent déclaré recevable.
Sur le bien fondé du recours
Aux termes de l’article L 711-1 du code de la consommation, la situation de surendettement des personnes physiques est caractérisée par l’impossibilité manifeste pour le débiteur de bonne foi de faire face à l’ensemble de ses dettes non professionnelles exigibles et à échoir.
Aux termes de l’article L 733-1 du code de la consommation, la Commission a la possibilité d’imposer tout ou partie des mesures suivantes :
- 1° rééchelonner le paiement des dettes de toutes natures, y compris le cas échéant en différant le paiement d’une partie d’entre elles sans que le délai de rééchelonnement ou de report puisse excéder 7 ans (84 mois),
- 2° imputer les paiements d’abord sur le capital,
- 3° prescrire que les sommes correspondant aux échéances reportées ou rééchelonnées porteront intérêt à un taux réduit qui peut être inférieur au taux de l’intérêt légal,
- suspendre l’exigibilité des créances autres qu’alimentaires pour une durée qui ne peut excéder 2 ans.
En vertu des dispositions des articles L 731- 1 et L 731-2 du code de la consommation :
“Le montant des remboursements... est fixé, dans des conditions précisées par décret en Conseil d’Etat, par référence à la quotité saisissable du salaire telle qu’elle résulte des articles L 3252-2 et L 3252-3 du code du travail, de manière à ce qu’une partie des ressources nécessaire aux dépenses courantes du ménage lui soit réservée par priorité.
La part des ressources nécessaire aux dépenses courantes du ménage ne peut être inférieure, pour le ménage en cause, au montant forfaitaire mentionné au 2° de l’article L 262-2 du code de l’action sociale et des familles.
Elle intègre le montant des dépenses de logement, d’électricité, de gaz de chauffage, d’eau, de nourriture, de scolarité, de garde et de déplacements professionnels ainsi que les frais de santé”.
Sur ce,
Il ressort des éléments débattus à l’audience et évoqués par Monsieur et Madame [R] au terme de leurs courriers que leur situation d’endettement n’a, pour l’heure, pas changé depuis l’élaboration de l’état des créances le 9 septembre 2024.
L’endettement total est de 121 856,58 €.
Les ressources du couple ont évolué à la hausse.
Elles sont dorénavant de 3 457 € par mois : retraite de Monsieur de 2 557 € et retraites de Madame de 900 €.
Les charges doivent être revues selon les forfaits de l’année 2026.
Pour un couple locataire, les forfaits de base, habitation et chauffage sont d’un montant total de 1 270 €.
Les charges globales sont donc de 2 230,58 € (1 270 € + loyer de 720 € + impôts de 130,58 € par mois (avis d’impôts sur le revenu établi en 2025, sur les revenus de 2024, montant total de l’impôt de 1 567 €) + mutuelle de 110 €).
La capacité de remboursement a donc sensiblement évolué puisqu’elle est désormais d’un montant théorique (arrondi) de 1 227 € par mois (3 457 € - 2 230,58 €)
Force est de constater que selon les derniers éléments communiqués le véhicule Ford Transit immatriculé le 16 septembre 2022 a été revendu par les époux [R] quelques jours après le dépôt du dossier de surendettement.
En effet, la facture de la société [Adresse 8], datée du 6 novembre 2022, mentionne une reprise de ce véhicule pour un montant de 50 200 € , l’acquisition d’un autre véhicule de marque BMW serie 4 coupé F32 au prix de 31 600 € et un solde en faveur des époux [R] d’un montant de 17 483 €.
La somme de 17 483 € a été créditée sur le compte courant des époux [R] le 10 novembre 2022 et ces fonds ont été aussitôt affectés, par deux virements bancaires de 7 483 € et de 10 000 €, au règlement partiel des 2 créances de la société [11] ([12]), le même jour (cf relevé de compte [13] du 5/11/22 au 3/12/22).
Les époux [R] ont par la suite revendu ce véhicule pour racheter un véhicule Peugeot 208 (28 000 €, reprise BMW : 27 000 €), puis un véhicule Peugeot 3008 (22 900 €, reprise 208 : 25 000 €), puis un véhicule Renault Espace (18 900 €, reprise 3008 : 19 000 €) et enfin, un véhicule Opel Crossland (16 200 €, reprise Renault Espace : 13 000 €).
Ainsi, en l’espace de 3 ans (2022/2025), les époux [R] ont acquis 5 véhicules, dont le premier, le véhicule BMW, à un prix très élevé (31 600 €) au regard de leur endettement, les reventes successives aboutissant de surcroît à dévaloriser le capital (véhicule d’une valeur de 31 600 € en novembre 2022 et véhicule d’une valeur de 16 200 € en 2025).
Il sera tenu compte de l’affection du reliquat de vente (17 483 €) au règlement partiel des dettes (avant la décision de recevabilité) pour ne pas retenir l’existence de la mauvaise foi, au sens procédural, des époux [R].
Ainsi, si la première condition de vente du véhicule ne peut plus être remplie par les époux [R], les deux autres conditions fixées par la commission de surendettement peuvent toujours l’être, à savoir la liquidation de l’épargne de 8 000 € pour rembourser les créanciers et le déménagement pour un loyer adapté à la situation d’endettement (cette dernière condition étant maintenue pour tenir compte des éléments exposés ci-dessus concernant les acquisitions/revente à perte de 5 véhicules en l’espace de 3 ans).
La durée des mesures imposées sera réduite à 6 mois pour tenir compte des délais de la présente procédure.
Les modalités du plan tel que prévu par la commission seront donc partiellement modifiées.
Deux paliers s’appliqueront, fixés comme suit :
Le 1er mois : liquidation de l’épargne de 8 000,57 € selon la répartition fixée par la commission de surendettement dans le tableau d’évolution des remboursement daté du 9 septembre 2024 (tableau annexé ci-après) ;
Du 2ème au 6ème mois : mensualité de 635,91 € selon la répartition fixée par la commission de surendettement dans le tableau d’évolution des remboursements daté du 9 septembre 2024.
Monsieur et Madame [R] ne pourront pas déposer un nouveau dossier de surendettement sans justifier avoir respecté les deux conditions (liquidation épargne, résidence moins coûteuse) .
Leur capacité de remboursement sera réévaluée par la commission de surendettement en cas de ré-dépôt.