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Tribunal judiciaire, jld, 28 juillet 2026 — n° 26/02824

Maintien de la mesure de rétention administrative

Synthèse de la décision

Question juridique

Le préfet a-t-il satisfait à ses obligations de diligence et peut-il obtenir la prolongation de la rétention administrative d'un étranger en possession d'un laissez-passer consulaire valide ?

Principe retenu

La prolongation de la rétention administrative peut être accordée si l'administration a accompli les diligences nécessaires pour l'éloignement, notamment en sollicitant un routing auprès du pôle central d'éloignement, et si l'étranger ne présente pas de garanties suffisantes de représentation.

Faits clés

  • Monsieur [A], de nationalité roumaine, a fait l'objet d'une OQTF sans délai de départ volontaire le 26 mars 2025
  • Placement en rétention administrative le 23 juillet 2026 par le préfet du Pas-de-Calais
  • Demande de prolongation de la rétention pour 26 jours par le préfet
  • L'intéressé est en possession d'un laissez-passer consulaire délivré par les autorités roumaines en cours de validité
  • L'administration a effectué une demande de routing auprès du pôle central d'éloignement le 23 juillet 2026

Articles cités

article L.742-1 du Code de l'Entrée et du Séjour des Etrangers et du Droit d'Asile article L.743-4 du Code de l'Entrée et du Séjour des Etrangers et du Droit d'Asile article L.743-6 à L.743-8 du Code de l'Entrée et du Séjour des Etrangers et du Droit d'Asile article L.743-20 du Code de l'Entrée et du Séjour des Etrangers et du Droit d'Asile article L.743-24 du Code de l'Entrée et du Séjour des Etrangers et du Droit d'Asile article R.213-12-2 du code de l'organisation judiciaire article L.741-1 du Code de l'Entrée et du Séjour des Etrangers et du Droit d'Asile article L.741-3 du Code de l'Entrée et du Séjour des Etrangers et du Droit d'Asile article L.741-10 du Code de l'Entrée et du Séjour des Etrangers et du Droit d'Asile article L.743-9 du Code de l'Entrée et du Séjour des Etrangers et du Droit d'Asile

Dispositif

PAR CES MOTIFS Autorisons l’autorité administrative à retenir : Monsieur [H] [L] [A] dans les locaux ne relevant pas de l’Administration pénitentiaire pour une prolongation de rétention administrative d’une durée maximale de VINGT SIX JOURS à compter de l’expiration du délai de quatre-vingt-seize heures fixé à l’article L 742-1 du CESEDA NOTIFIONS sur le champ la présente ordonnance par mail au CRA pour remise à l’intéressé qui, en émargeant ci-après, atteste avoir reçu copie et l’avisons de la possibilité de faire appel, devant la première présidente de la cour d’appel de Douai ou son délégué, de la présente ordonnance dans les vingt quatre heures de son prononcé ; l’informons que la déclaration d’appel doit être motivée et peut être transmise par tout moyen (notamment par mail via la boîte structurelle : [Courriel 1] ) au greffe de la Cour d’Appel de DOUAI ; lui indiquons que seul l’appel formé par le ministère public peut être déclaré suspensif par la première présidente de la cour d’appel de Douai ou son délégué. L’avocat de la Préfecture, Le Greffier, Le Juge, décision rendue à 10H20 L’ordonnance a été transmise ce jour par mail à M. LE PREFET DU PAS DE CALAIS et au Tribunal administratif de LILLE N° étr\N° RG 26/02824 - N° Portalis DBZ3-W-B7K-76UTF Décision notifiée à ...h... L’intéressé, L’interprète,

Exposé du litige

RÉPUBLIQUE FRANÇAISE Au nom du Peuple Français TRIBUNAL JUDICIAIRE DE BOULOGNE SUR MER ORDONNANCE STATUANT SUR UNE DEMANDE DE MAINTIEN EN RETENTION Appel des causes le 28 Juillet 2026 à 10h00 en visioconférence Div\étrangers N° étr\N° RG 26/02824 - N° Portalis DBZ3-W-B7K-76UTF Nous, Madame FILEZ Fiona, juge au Tribunal judiciaire de BOULOGNE SUR MER, juge chargé du contrôle des mesures restrictives et privatives de libertés en droit des étrangers, assistée de Mme CHAIB Samira, Cadre greffier, statuant en application des articles L.742-1, L.743-4, L.743-6 à L.743-8, L. 743-20 et L. 743-24 du Code de l’Entrée et du Séjour des Etrangers et du Droit d’Asile; Vu l’article R. 213-12-2 du code de l’organisation judiciaire ; En présence de Madame [W] [C], interprète en langue roumaine, serment préalablement prêté ; En présence de Maître Fabien STORME représentant M. LE PREFET DU PAS DE CALAIS ; Vu le Code de l’Entrée et du Séjour des Etrangers et du Droit d’Asile notamment en ses articles L. 741-1 et suivants ; Monsieur [H] [L] [A] de nationalité Roumaine né le 21 Juin 2000 à [Localité 1] (ROUMANIE), a fait l’objet : - d’une obligation de quitter le territoire français sans délai de départ volontaire, fixant le pays de destination de la reconduite, lui faisant interdiction de retour sur le territoire français prononcée le 26 mars 2025 par M. LE PREFET DE L’HERAULT, qui lui a été notifié le 26 mars 2025 à 17H45. - d’un arrêté ordonnant son placement en rétention administrative pour une durée de quatre-vingt seize heures, prononcé le 23 juillet 2026 par M. LE PREFET DU PAS DE CALAIS , qui lui a été notifié le 23 juillet 2026 à 13h55. Par requête du 27 Juillet 2026 reçue au greffe à 08h56, M. LE PREFET DU PAS DE CALAIS invoquant devoir maintenir l’intéressé au-delà de quatre-vingt-seize heures, demande l’autorisation de prolonger ce délai pour une durée de VINGT SIX jours maximum. En application des articles L.743-9 et L. 743-24 du Code de l’Entrée et du Séjour des Etrangers et du Droit d’Asile il a été rappelé à l’intéressé les droits qui lui sont reconnus pendant la rétention et a été informé des possibilités et des délais de recours contre toutes les décisions le concernant ; qu’il a été entendu en ses observations. L’intéressé déclare : Je ne souhaite pas être assisté d’un avocat. Je désire quitter au plus vite ce pays. L’avocat de la Préfecture entendu en ses observations ; sollicite la prolongation de la rétention administrative de l’intéressé

Motivations de la décision

MOTIFS Conformément au droit communautaire, en l’absence de moyen soulevé dans le cadre d’un recours déposé en application de l’article L 741-10 du Ceseda, aucun moyen susceptible d’être relevé d’office ne paraît contraire à la prolongation de la rétention administrative. Il résulte des éléments de la procédure que Monsieur [A] est en possession d’un laissez-passer consulaire délivré par les autorités roumaines en cours de validité. L’administration a effectué une demande de routing auprès du pôle central d’éloignement le 23 juillet 2026. La préfecture du Pas-de-Calais a donc satisfait à l’obligation de diligences qui lui incombe en application de l’article L 741-3 du CESEDA. La procédure est régulière. L’intéressé ne présente pas de garanties suffisantes pour la mise à exécution de la mesure de reconduite à la frontière, des mesures de surveillance sont nécessaires. Eu égard aux nécessités invoquées par M. LE PREFET DU PAS DE CALAIS, il convient d’accorder la prolongation demandée.

Questions fréquentes

Quelles sont les conditions pour prolonger une rétention administrative ?
La prolongation peut être accordée si l'administration a accompli les diligences nécessaires pour l'éloignement, comme la demande de routing, et si l'étranger ne présente pas de garanties suffisantes de représentation.
Le préfet doit-il faire des démarches pour organiser mon éloignement ?
Oui, le préfet doit effectuer les démarches nécessaires, comme la demande de routing auprès du pôle central d'éloignement, pour permettre l'exécution de la mesure d'éloignement.
J'ai un laissez-passer consulaire, peut-on me retenir plus longtemps ?
La possession d'un laissez-passer consulaire valide est un élément qui facilite l'éloignement, mais la prolongation peut être accordée si les diligences sont faites et si vous ne présentez pas de garanties de représentation.
Comment contester une décision de prolongation de rétention ?
Vous pouvez faire appel de l'ordonnance de prolongation devant la première présidente de la cour d'appel ou son délégué dans les 24 heures de son prononcé, par déclaration motivée transmise par tout moyen.
Quels sont mes droits pendant la rétention administrative ?
Vous avez le droit d'être informé de vos droits, d'être assisté d'un avocat, d'un interprète, et de contester les décisions vous concernant.
Que se passe-t-il si le préfet ne fait pas les démarches nécessaires ?
Si le préfet ne justifie pas de diligences suffisantes, le juge peut refuser la prolongation de la rétention.
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