Justiweb – Assistant juridique IA Justiweb
Se connecter Inscription gratuite

Tribunal judiciaire, jld, 29 juillet 2026 — n° 26/02822

Maintien de la mesure de rétention administrative

Synthèse de la décision

Question juridique

La prolongation de la rétention administrative pour une durée de trente jours est-elle justifiée lorsque l'impossibilité d'exécuter la mesure d'éloignement résulte de l'annulation des vols en raison d'un recours suspensif devant le tribunal administratif ?

Principe retenu

La prolongation de la rétention administrative peut être autorisée lorsque l'impossibilité d'exécuter la décision d'éloignement résulte de l'absence de moyen de transport, même si cette absence est due à l'annulation des vols par la préfecture en raison d'un recours suspensif. L'administration doit justifier de diligences suffisantes pour organiser l'éloignement.

Faits clés

  • Monsieur [I] [W], de nationalité indienne, a fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire français sans délai de départ volontaire et d'un placement en rétention administrative le 30 juin 2026.
  • La préfecture a sollicité deux vols pour l'éloignement, mais ceux-ci ont été annulés en raison d'un recours suspensif formé par l'intéressé contre la décision de l'OFPRA.
  • L'intéressé a déclaré ne pas vouloir repartir dans son pays car sa vie est menacée, et a indiqué être endetté.
  • La préfecture a demandé la prolongation de la rétention pour une durée de trente jours, invoquant l'absence de moyen de transport.
  • L'avocat de l'intéressé a contesté la demande, soutenant que la préfecture ne prouvait pas l'absence de moyen de transport et que c'était elle-même qui avait annulé les vols.

Articles cités

article L. 742-1 du Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile article L. 742-4 du Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile article L. 743-4 du Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile article L. 743-6 à L. 743-8 du Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile article L. 743-9 du Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile article L. 743-20 du Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile article L. 743-24 du Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile article R. 213-12-2 du code de l'organisation judiciaire

Exposé du litige

RÉPUBLIQUE FRANÇAISE Au nom du Peuple Français TRIBUNAL JUDICIAIRE DE BOULOGNE SUR MER ORDONNANCE STATUANT SUR UNE DEMANDE DE PROLONGATION DE RETENTION Appel des causes le 29 Juillet 2026 à 10h00 en visioconférence Div\étrangers N° étr\N° RG 26/02822 - N° Portalis DBZ3-W-B7K-76UTD Nous, Madame FILEZ Fiona, juge au Tribunal judiciaire de BOULOGNE SUR MER, juge chargé du contrôle des mesures restrictives et privatives de libertés en droit des étrangers, assistée de Madame Marie TIMMERMAN, Greffier, statuant en application des articles L.742-1, L.743-4, L.743-6 à L.743-8, L. 743-20 et L. 743-24 du Code de l’Entrée et du Séjour des Etrangers et du Droit d’Asile; Vu l’article R. 213-12-2 du code de l’organisation judiciaire ; En présence de [P] [Q], interprète en langue hindi, serment préalablement prêté ; En présence de Maître [H] [Y] représentant de M. [X] [J] ; Vu le Code de l’Entrée et du Séjour des Etrangers et du Droit d’Asile notamment en ses articles L. 741-1 et suivants ; Monsieur [I] [W] de nationalité Indienne né le 17 Août 1990 à [Localité 1] / [Localité 2] (INDE), a fait l’objet : - d’une obligation de quitter le territoire français sans délai de départ volontaire, fixant le pays de destination de la reconduite, lui faisant interdiction de retour sur le territoire français et d’un arrêté ordonnant son placement en rétention administrative pour une durée de quatre-vingt seize heures prononcée le 30 juin 2026 par M. [F] [J] , qui lui a été notifié le 30 juin 2026 à 14h00. Par requête du 28 Juillet 2026, arrivée par courrier électronique à 08h11 M. [X] [J] invoquant devoir maintenir l’intéressé au-delà de quatre-vingt-seize heures, prolongé par un délai de VINGT-SIX JOURS selon l’ordonnance du 04 juillet 2026, demande l’autorisation de prolonger ce délai pour une durée de TRENTE JOURS maximum. En application des articles L.743-9 et L. 743-24 du Code de l’Entrée et du Séjour des Etrangers et du Droit d’Asile il a été rappelé à l’intéressé, assisté de Me Hannah BEAUGENDRE, avocat au Barreau de BOULOGNE-SUR-MER et commis d’office, les droits qui lui sont reconnus pendant la rétention et a été informé des possibilités et des délais de recours contre toutes les décisions le concernant ; qu’il a été entendu en ses observations L’intéressé déclare : Je souhaite être assisté d’un avocat. Je ne souhaite pas repartir dans mon pays car ma vie est menacée. J’ai fait une demande d’asile qui n’a pas marché. Je souhaite être libre parce que je suis beaucoup endetté. Oui j’ai fait un recours contre la décision du TA. Me [A] [T] entendu en ses observations ; je vous demande de lever la rétention de monsieur. La préfecture se fonde sur L.742 du CESEDA sur le fait qu’il n’y ait pas de moyen de transport. À mon sens, la préfecture ne prouve pas qu’il n’y avait pas de moyen de transport; c’est la préfecture elle-même qui a annulé le moyen de transport car il y a un recours contre la décision de l’OFPRA. Il n’y a pas d’obstruction. La préfecture elle-même a demandé l’annulation des vols. L’avocat de la Préfecture entendu en ses observations ; sollicite la prolongation de la rétention administrative de l’intéressé : la préfecture se fonde sur L. 742-4 alinéa 6 du CESEDA. Elle a sollicité deux vols qui ont du être annulé en raison du recours suspensif. Tant que le TA n’a pas statué, la préfecture ne peut pas reprendre un vol.

Motivations de la décision

MOTIFS Selon l’article L. 742-4 du CESEDA, le magistrat du siège du tribunal judiciaire peut, dans les mêmes conditions qu'à l'article L. 742-1, être à nouveau saisi aux fins de prolongation du maintien en rétention au-delà de trente jours, dans les cas suivants : 1° En cas d'urgence absolue ou de menace pour l'ordre public ; 2° Lorsque l'impossibilité d'exécuter la décision d'éloignement résulte de la perte ou de la destruction des documents de voyage de l'intéressé, de la dissimulation par celui-ci de son identité ou de l'obstruction volontaire faite à son éloignement ; 3° Lorsque la décision d'éloignement n'a pu être exécutée en raison : a) du défaut de délivrance des documents de voyage par le consulat dont relève l'intéressé ou lorsque la délivrance des documents de voyage est intervenue trop tardivement pour procéder à l'exécution de la décision d'éloignement ; b) de l'absence de moyens de transport. L'étranger peut être maintenu à disposition de la justice dans les conditions prévues à l'article L. 742-2. Si le juge ordonne la prolongation de la rétention, celle-ci court à compter de l'expiration de la précédente période de rétention et pour une nouvelle période d'une durée maximale de trente jours. La durée maximale de la rétention n'excède alors pas soixante jours. La prolongation de la rétention peut être renouvelée une fois, dans les mêmes conditions. La durée maximale de la rétention n'excède alors pas quatre-vingt-dix jours. En l’espèce, Monsieur [W] sollicite sa remise en liberté arguant que l’absence de moyen de transport résulte des annulations successives effectuées par l’autorité administrative, que dès lors les conditions de prolongation de la mesure ne sont pas réunies. Cependant, il convient d’observer que ce n’est qu’en raison des recours suspensifs intentés par l’intéressé que la préfecture a été contrainte d’annuler les vols prévus les 15 juillet 2026 et 28 juillet 2026 programmés consécutivement aux demandes de routing émises. Dès lors, l’absence de moyen de transport ne résulte pas de l’attitude de la préfecture mais du respect des dispositions légales. En conséquence, elle justifie aujourd’hui que compte tenu de l’instance administrative en cours aucun moyen de transport ne permet de mettre à exécution la mesure d’éloignement. L’intéressé ne présente pas de garanties suffisantes pour la mise à exécution de la mesure de reconduite à la frontière, des mesures de surveillance sont nécessaires. Eu égard aux nécessités invoquées par Monsieur le Préfet, il convient d’accorder la prorogation demandée.

Dispositif

PAR CES MOTIFS Autorisons l’autorité administrative à retenir Monsieur [I] [W] dans les locaux ne relevant pas de l’Administration pénitentiaire pour une prolongation de rétention administrative d’une durée maximale de TRENTE JOURS à compter de l’échéance de la précédente période de prolongation de rétention administrative NOTIFIONS sur le champ la présente ordonnance par mail au CRA pour remise à l’intéressé qui, en émargeant ci-après, atteste avoir reçu copie et avisons l’intéressé de la possibilité de faire appel, devant le Premier Président de la Cour d’Appel ou son délégué, de la présente ordonnance dans les vingt quatre heures de son prononcé ; l’informons que la déclaration d’appel doit être motivée et peut être transmise par tout moyen (notamment par mail via la boîte structurelle : [Courriel 1] ) au greffe de la Cour d’Appel de [Localité 3] (numéro de FAX du greffe de la Cour d’Appel: 03.27.93.28.01.) ; lui indiquons que seul l’appel formé par le ministère public peut être déclaré suspensif par le Premier Président de la Cour d’Appel ou son délégué. L’avocat de la Préfecture, L’Avocat, Le Greffier, Le Juge, décision rendue à 11h05 Ordonnance transmise ce jour à M. [X] [J] Ordonnance transmise au Tribunal administratif de LILLE N° étr\N° RG 26/02822 - N° Portalis DBZ3-W-B7K-76UTD En cas de remise en liberté : Ordonnance notifiée à Monsieur le procureur de la République à Décision notifiée à ...h... L’intéressé, L’interprète,

Questions fréquentes

Quelles sont les conditions pour prolonger la rétention administrative au-delà de 30 jours ?
Selon l'article L. 742-4 du CESEDA, la prolongation peut être autorisée en cas d'urgence absolue, de menace pour l'ordre public, ou lorsque l'impossibilité d'exécuter la décision d'éloignement résulte de la perte ou de la destruction des documents de voyage, de la dissimulation de l'identité, ou de l'absence de moyen de transport. Dans cette affaire, l'absence de moyen de transport due à l'annulation des vols a justifié la prolongation.
Que se passe-t-il si je fais un recours contre la décision de l'OFPRA ?
Un recours contre une décision de l'OFPRA peut avoir un effet suspensif, ce qui empêche l'exécution de la mesure d'éloignement tant que le tribunal administratif n'a pas statué. Dans ce cas, la préfecture ne peut pas organiser de vol, ce qui peut justifier une prolongation de la rétention.
Puis-je être libéré si je suis endetté ?
L'endettement n'est pas un motif de libération en soi. La rétention administrative est maintenue si les conditions légales sont remplies, notamment l'absence de garanties de représentation et la nécessité de mesures de surveillance. Dans cette affaire, l'intéressé a invoqué ses dettes, mais cela n'a pas été retenu comme motif de libération.
Comment contester une ordonnance de prolongation de rétention ?
L'ordonnance de prolongation peut être contestée en faisant appel devant le Premier Président de la Cour d'Appel ou son délégué dans les 24 heures de son prononcé. La déclaration d'appel doit être motivée et peut être transmise par tout moyen, notamment par mail.
Quels sont mes droits pendant la rétention administrative ?
Pendant la rétention, vous avez le droit d'être assisté d'un avocat, d'un interprète, de communiquer avec votre consulat, et de bénéficier de soins médicaux. Vous devez également être informé des possibilités et délais de recours contre les décisions vous concernant.
Qu'est-ce qu'une obligation de quitter le territoire français ?
Une obligation de quitter le territoire français (OQTF) est une décision administrative qui vous enjoint de quitter la France. Elle peut être assortie d'un délai de départ volontaire ou non, et peut être suivie d'une rétention administrative si vous ne partez pas volontairement.
💡 Votre situation ressemble à cette décision ? Posez votre question à l'IA
Gratuit · sans engagement

Des milliers de justiciables utilisent déjà Justiweb pour clarifier leur situation.

Une question similaire ? Posez-la à Justiweb

Notre IA juridique vous répond avec sources officielles et jurisprudence à jour.

Poser ma question

Gratuit pour commencer · sans engagement

Important : Cette page présente une décision de justice à titre informatif. Elle ne constitue pas un conseil juridique personnalisé. Pour votre situation spécifique, consultez un avocat ou utilisez l'assistant Justiweb pour explorer vos questions juridiques.