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Tribunal judiciaire, jld, 29 juillet 2026 — n° 26/02839

Maintien de la mesure de rétention administrative

Synthèse de la décision

Question juridique

Le juge judiciaire peut-il prolonger la rétention administrative d'un étranger pour une durée de vingt-six jours lorsque la procédure est régulière et que l'intéressé ne présente pas de garanties suffisantes de représentation ?

Principe retenu

La prolongation de la rétention administrative peut être autorisée par le juge judiciaire si la procédure est régulière et si l'étranger ne présente pas de garanties suffisantes pour prévenir le risque de fuite. L'administration doit justifier de diligences pour exécuter la mesure d'éloignement.

Faits clés

  • Monsieur [P] [L], de nationalité algérienne, a fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire français sans délai et d'un placement en rétention administrative le 24 juillet 2026.
  • L'intéressé a contesté la régularité du placement en rétention, mais son avocat a indiqué ne pas soutenir le recours à l'audience.
  • La préfecture a demandé la prolongation de la rétention pour une durée de vingt-six jours, invoquant des démarches auprès du consulat et une demande de routing émise le 25 juillet 2026.
  • L'intéressé a déclaré ne pas avoir d'antécédents, mais a reconnu avoir été ivre une fois.
  • L'intéressé a demandé à sortir pour se faire soigner, mais aucun moyen de droit n'a été soulevé à cet égard.

Articles cités

article L.742-1 du Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile article L.743-4 du Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile article L.743-6 à L.743-8 du Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile article L.743-20 du Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile article L.743-24 du Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile article R.213-12-2 du code de l'organisation judiciaire article L.741-1 et suivants du Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile article L.741-10 du Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile article L.743-3 à L.743-20 du Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile article R.741-3 du Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile article R.743-1 à 743-7 du Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile

Exposé du litige

RÉPUBLIQUE FRANÇAISE Au nom du Peuple Français TRIBUNAL JUDICIAIRE DE BOULOGNE SUR MER ORDONNANCE STATUANT SUR UNE DEMANDE DE MAINTIEN EN RÉTENTION ET SUR LE CONTRÔLE DE LA RÉGULARITÉ D’UNE DÉCISION DE PLACEMENT EN RÉTENTION Appel des causes le 29 Juillet 2026 à 10h00 en visioconférence Div\étrangers N° étr\N° RG 26/02839 - N° Portalis DBZ3-W-B7K-76UT7 Nous, Madame FILEZ Fiona, juge au Tribunal Judiciaire de BOULOGNE SUR MER, juge chargé du contrôle des mesures restrictives et privatives de libertés en droit des étrangers, assistée de Madame TIMMERMAN Marie, Greffier, statuant en application des articles L.742-1, L.743-4, L.743-6 à L.743-8, L. 743-20 et L. 743-24 du Code de l’Entrée et du Séjour des Etrangers et du Droit d’Asile; Vu l’article R. 213-12-2 du code de l’organisation judiciaire ; En présence de Madame [W] [E], interprète en langue arabe, serment préalablement prêté ; Vu le Code de l’Entrée et du Séjour des Etrangers et du Droit d’Asile notamment en ses articles L. 741-1 et suivants ; Vu les dispositions des articles L.741-10, L743-3 à L743-20, L743-24, R. 741-3 et R743-1 à 743-7 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ; Monsieur [P] [L] de nationalité Algérienne né le 19 Avril 1986 à [Localité 1] (ALGERIE), [I] [Q] [C] né le 22 février 1985, a fait l’objet : - d’une obligation de quitter le territoire français sans délai de départ volontaire, fixant le pays de destination de la reconduite, lui faisant interdiction de retour sur le territoire français prononcée le 24 juillet 2026 par M. [D] DE LA [V] , qui lui a été notifié le 24 juillet 2026 à 16h50. - d’un arrêté ordonnant son placement en rétention administrative pour une durée de quatre-vingt seize heures, prononcé le 24 juillet 2026 par M. [D] DE LA [V] , qui lui a été notifié le 24 juillet 2026 à 17h00. Vu la requête de Monsieur [P] [L] en contestation de la régularité de la décision de placement en rétention administrative en date du 27 juillet 2026 réceptionnée par le greffe du juge chargé du contrôle des mesures restrictives et privatives de libertés en droit des étrangers le 27 juillet 2026 à 16h07 ; Par requête du 28 Juillet 2026 reçue au greffe à 11h53, Monsieur le Préfet invoquant devoir maintenir l’intéressé au-delà de quatre-vingt-seize heures, demande l’autorisation de prolonger ce délai pour une durée de VINGT-SIX jours maximum. En application des articles L.743-9 et L. 743-24 du Code de l’Entrée et du Séjour des Etrangers et du Droit d’Asile il a été rappelé à l’intéressé, assisté de Me Hannah BEAUGENDRE, avocat au Barreau de BOULOGNE-SUR-MER et commis d’office, les droits qui lui sont reconnus pendant la rétention et a été informé des possibilités et des délais de recours contre toutes les décisions le concernant ; qu’il a été entendu en ses observations. L’intéressé déclare : Je souhaite être assisté d’un avocat. [C] [Q] c’est mon ami. La première fois je n’avais pas d’interprète et la deuxième fois j’ai compris. La première fois je ne savais pas que j’avais une assignation à résidence après ils ont pas trouvé mon nom sur la liste. Non j’ai pas d’antécédents. Une fois j’étais ivre. La fois où j’étais arrêté on m’a dit que j’allais juste avoir une amende. Je dois sortir pour aller me faire soigner. Me Hannah BEAUGENDRE entendu en ses observations ; je n’ai pas d’observation. Monsieur a été condamné donc je ne peux pas contester la menace à l’ordre public. Par contre, Monsieur dit qu’il a été signé et on lui a dit que son nom n’apparaissait pas sur le registre. Quand il est revenu on lui a dit que c’était trop tard pour signer. Je ne soutiens pas le recours.

Motivations de la décision

MOTIFS Conformément au droit communautaire, en l’absence de moyen soulevé dans le cadre d’un recours déposé en application de l’article L 741-10 du Ceseda, aucun moyen susceptible d’être relevé d’office ne paraît contraire à la prolongation de la rétention administrative. La procédure est régulière. L’intéressé ne présente pas de garanties suffisantes pour la mise à exécution de la mesure de reconduite à la frontière, des mesures de surveillance sont nécessaires. La préfecture justifie de démarches auprès du consulat et d’une demande de routing émise le 25 juillet 2026. Eu égard aux nécessités invoquées par M. [M] LA [V], il convient de rejeter le recours en annulation formé par l’intéressé et d’accorder la prolongation demandée. PAR CES MOTIFS PRONONÇONS la jonction avec l’affaire n°26/02838

Dispositif

CONSTATONS le recours en annulation de Monsieur [P] [L] n’est pas soutenu à l’audience. AUTORISONS l’autorité administrative à retenir : Monsieur [P] [L] dans les locaux ne relevant pas de l’Administration pénitentiaire pour une prolongation de rétention administrative d’une durée maximale de VINGT-SIX JOURS à compter de l’expiration du délai de quatre-vingt-seize heures fixé à l’article L 742-1 du CESEDA NOTIFIONS sur le champ la présente ordonnance par mail au CRA pour remise à l’intéressé qui, en émargeant ci-après, atteste avoir reçu copie et avisons l’intéressé de la possibilité de faire appel, devant la première présidente de la cour d’appel de [Localité 2] ou son délégué, de la présente ordonnance dans les vingt quatre heures de son prononcé ; l’informons que la déclaration d’appel doit être motivée et peut être transmise par tout moyen (notamment par mail via la boîte structurelle : [Courriel 1] ) au greffe de la Cour d’Appel de [Localité 2] ; lui indiquons que seul l’appel formé par le ministère public peut être déclaré suspensif par la première présidente de la cour d’appel de [Localité 2] ou son délégué. L’Avocat, Le Greffier, Le Juge, décision rendue à 11h43 L’ordonnance a été transmise ce jour à M. [D] DE LA [V] Ordonnance transmise au Tribunal administratif de LILLE N° étr\N° RG 26/02839 - N° Portalis DBZ3-W-B7K-76UT7 En cas de remise en liberté : Ordonnance notifiée à Monsieur le procureur de la République à Décision notifiée à ...h... L’intéressé, L’interprète,

Questions fréquentes

Quelle est la durée maximale de la rétention administrative ?
La rétention administrative peut être prolongée par le juge judiciaire pour une durée maximale de vingt-six jours après la première période de quatre-vingt-seize heures, sous certaines conditions.
Quelles sont les conditions pour prolonger la rétention administrative ?
La prolongation est possible si la procédure est régulière et si l'étranger ne présente pas de garanties suffisantes de représentation. L'administration doit également justifier de diligences pour exécuter la mesure d'éloignement.
Que se passe-t-il si mon recours contre le placement en rétention n'est pas soutenu par mon avocat ?
Si votre avocat ne soutient pas le recours, le juge peut constater que le recours n'est pas soutenu et statuer sur la demande de prolongation. Dans cette affaire, le recours a été rejeté et la prolongation a été accordée.
Puis-je demander à sortir de rétention pour raisons médicales ?
La demande de sortie pour raisons médicales peut être invoquée, mais elle doit être examinée par le juge. Dans cette affaire, l'intéressé a demandé à sortir pour se faire soigner, mais aucun moyen de droit n'a été soulevé à cet égard.
Quel est le rôle du juge judiciaire dans la prolongation de la rétention ?
Le juge judiciaire contrôle la régularité de la procédure et vérifie que les conditions légales sont remplies avant d'autoriser la prolongation. Il statue sur la demande de l'administration.
Comment contester une ordonnance de prolongation de rétention ?
L'ordonnance peut être contestée en faisant appel devant la première présidente de la cour d'appel ou son délégué dans les vingt-quatre heures de son prononcé. La déclaration d'appel doit être motivée.
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