RÉPUBLIQUE FRANÇAISE
Au nom du Peuple Français
TRIBUNAL JUDICIAIRE DE BOULOGNE SUR MER
ORDONNANCE STATUANT SUR UNE DEMANDE DE MAINTIEN EN RÉTENTION ET SUR LE CONTRÔLE DE LA RÉGULARITÉ D’UNE DÉCISION DE PLACEMENT EN RÉTENTION
Appel des causes le 30 Juillet 2026 à 10h00 en visioconférence
Div\étrangers
N° étr\N° RG 26/02851 - N° Portalis DBZ3-W-B7K-76UUT
Nous, Madame PIROTTE Carole, Vice Présidente au Tribunal Judiciaire de BOULOGNE SUR MER, juge chargé du contrôle des mesures restrictives et privatives de libertés en droit des étrangers, assistée de Mme CHAIB Samira, cadre greffier, statuant en application des articles L.742-1, L.743-4, L.743-6 à L.743-8, L. 743-20 et L. 743-24 du Code de l’Entrée et du Séjour des Etrangers et du Droit d’Asile;
Vu l’article R. 213-12-2 du code de l’organisation judiciaire ;
En présence de [W] [K], interprète en langue arabe, serment préalablement prêté ;
En présence de Maître [H] [S] représentant M. [P] [X] ;
Vu le Code de l’Entrée et du Séjour des Etrangers et du Droit d’Asile notamment en ses articles L. 741-1 et suivants ;
Vu les dispositions des articles L.741-10, L743-3 à L743-20, L743-24, R. 741-3 et R743-1 à 743-7 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
Monsieur [A] [C]
de nationalité Marocaine
né le 05 Novembre 1991 à [Localité 1] (MAROC), a fait l’objet :
- d’une obligation de quitter le territoire français sans délai de départ volontaire, fixant le pays de destination de la reconduite, lui faisant interdiction de retour sur le territoire et ordonnant son placement en rétention administrative pour une durée de quatre-vingt seize heures, prononcé le 25 juillet 2026 par M. [P] [X] , qui lui a été notifié le 25 juillet 2026 à 13h15.
Vu la requête de Monsieur [A] [C] en contestation de la régularité de la décision de placement en rétention administrative en date du 28 juillet 2026 réceptionnée par le greffe du juge chargé du contrôle des mesures restrictives et privatives de libertés en droit des étrangers le 28 juillet 2026 à 19h29 ;
Par requête du 28 Juillet 2026 reçue au greffe à 16h07, Monsieur le Préfet invoquant devoir maintenir l’intéressé au-delà de quatre-vingt-seize heures, demande l’autorisation de prolonger ce délai pour une durée de VINGT-SIX jours maximum.
En application des articles L.743-9 et L. 743-24 du Code de l’Entrée et du Séjour des Etrangers et du Droit d’Asile il a été rappelé à l’intéressé, assisté de Me Maxence CLIQUENNOIS, avocat au Barreau de LILLE et commis d’office, les droits qui lui sont reconnus pendant la rétention et a été informé des possibilités et des délais de recours contre toutes les décisions le concernant ; qu’il a été entendu en ses observations.
L’intéressé déclare : Je souhaite être assisté d’un avocat. Quand j’ai été entendu, j’ai dit que je vivais en Espagne. Je n’ai pas dit que j’avais une adresse en France. En France, je suis hébergé [Adresse 1] à [Localité 2]. Ils ne m’ont pas demandé, je ne savais pas qu’il fallait le dire. Monsieur [Y], c’est un ami d’enfance. Je viens le voir de temps en temps. J’ai fait une faute, je le regrette. Je voulais juste venir pour voir mes amis. Je n’ai pas fait de demande d’asile en Espagne.
Me [D] [E] entendu en ses observations : Monsieur a fait une demande de titre de séjour en Espagne. La préfecture a saisi les autorités espagnoles qui ont confirmé que Monsieur était connu. J’ai produit la copie du passeport de Monsieur qui se trouve en Espagne.
In limine litis, je soulève l’irrecevabilité de la requête s’agissant de l’absence de motivation. Le préfet explique que Monsieur ne serait pas réadmissible en Espagne car il ne remplirait pas les conditions. Or, en page 19, il est bien indiqué que Monsieur indique qu’il a fait une demande de titre de séjour. Les autorités espagnoles ont été saisies et ont confirmé que Monsieur était connu. Je vois mal comment maintenant on peut vous dire qu’il ne peut être renvoyé en Espagne.