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Tribunal judiciaire, jld, 30 juillet 2026 — n° 26/02854

Maintien de la mesure de rétention administrative

Synthèse de la décision

Question juridique

La prolongation de la rétention administrative d'un étranger en situation irrégulière est-elle justifiée malgré l'irrégularité alléguée de l'avis à parquet lors de la garde à vue ?

Principe retenu

La prolongation de la rétention administrative peut être ordonnée si l'administration a accompli les diligences nécessaires pour l'exécution de la mesure d'éloignement. L'irrégularité de l'avis à parquet n'est retenue que si elle a porté atteinte aux droits de la personne. En l'espèce, l'avis tardif n'a pas été jugé excessif et la procédure a été déclarée régulière.

Faits clés

  • Monsieur [M] [U], de nationalité algérienne, a fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire français sans délai, notifiée le 6 août 2025.
  • Il a été placé en rétention administrative le 25 juillet 2026 pour une durée de 96 heures.
  • La préfecture a demandé la prolongation de la rétention pour une durée de 26 jours.
  • L'avocat de l'intéressé a soulevé l'irrégularité de l'avis à parquet, notifié à 16h25 alors que la garde à vue avait débuté à 15h40.
  • L'administration avait sollicité un laissez-passer consulaire et une demande de routing le 25 juillet 2026.

Articles cités

article L.742-1 du Code de l'Entrée et du Séjour des Etrangers et du Droit d'Asile article L.743-4 du Code de l'Entrée et du Séjour des Etrangers et du Droit d'Asile article L.743-6 à L.743-8 du Code de l'Entrée et du Séjour des Etrangers et du Droit d'Asile article L.743-20 du Code de l'Entrée et du Séjour des Etrangers et du Droit d'Asile article L.743-24 du Code de l'Entrée et du Séjour des Etrangers et du Droit d'Asile article R.213-12-2 du code de l'organisation judiciaire article L.741-1 et suivants du Code de l'Entrée et du Séjour des Etrangers et du Droit d'Asile article L.741-10 du Code de l'Entrée et du Séjour des Etrangers et du Droit d'Asile article L.741-3 du Code de l'Entrée et du Séjour des Etrangers et du Droit d'Asile

Exposé du litige

RÉPUBLIQUE FRANÇAISE Au nom du Peuple Français TRIBUNAL JUDICIAIRE DE BOULOGNE SUR MER ORDONNANCE STATUANT SUR UNE DEMANDE DE MAINTIEN EN RETENTION Appel des causes le 30 Juillet 2026 à 10h00 en visioconférence Div\étrangers N° étr\N° RG 26/02853 - N° Portalis DBZ3-W-B7K-76UUV Nous, Madame PIROTTE Carole, Vice Présidente au Tribunal judiciaire de BOULOGNE SUR MER, juge chargé du contrôle des mesures restrictives et privatives de libertés en droit des étrangers, assistée de Mme CHAIB Samira, Cadre greffier, statuant en application des articles L.742-1, L.743-4, L.743-6 à L.743-8, L. 743-20 et L. 743-24 du Code de l’Entrée et du Séjour des Etrangers et du Droit d’Asile; Vu l’article R. 213-12-2 du code de l’organisation judiciaire ; En présence de [I] [X], interprète en langue arabe, serment préalablement prêté ; En présence de Maître [T] [R] représentant M. [O] DU [K] ; Vu le Code de l’Entrée et du Séjour des Etrangers et du Droit d’Asile notamment en ses articles L. 741-1 et suivants ; Monsieur [M] [U] de nationalité Algérienne né le 28 Juin 1991 à [Localité 1] (ALGERIE), a fait l’objet : - d’une obligation de quitter le territoire français sans délai de départ volontaire, fixant le pays de destination de la reconduite, lui faisant interdiction de retour sur le territoire français prononcée le 06 août 2025 par M. [E] , qui lui a été notifié le 06 août 2025 à 15h00. - d’un arrêté ordonnant son placement en rétention administrative pour une durée de quatre-vingt seize heures, prononcé le 25 juillet 2026 par M. [O] [V] , qui lui a été notifié le 25 juillet 2026 à 12h00. Par requête du 28 Juillet 2026 reçue au greffe à 16h07, M. [E] invoquant devoir maintenir l’intéressé au-delà de quatre-vingt-seize heures, demande l’autorisation de prolonger ce délai pour une durée de VINGT SIX jours maximum. En application des articles L.743-9 et L. 743-24 du Code de l’Entrée et du Séjour des Etrangers et du Droit d’Asile il a été rappelé à l’intéressé, assisté de Me Emmanuelle OSMONT, avocat au Barreau de BOULOGNE-SUR-MER et commis d’office, les droits qui lui sont reconnus pendant la rétention et a été informé des possibilités et des délais de recours contre toutes les décisions le concernant ; qu’il a été entendu en ses observations. L’intéressé déclare : Je souhaite être assisté d’un avocat. Je demande à avoir un interprète car je comprends le français mais je ne comprends pas tous les mots qui sont dits à l’audience. Je n’ai pas fait de violences conjugales. Madame a retiré sa plainte. Ça fait 20 ans que je vis en France. Je ne peux pas me pacser car je n’ai pas mon passeport. Ça fait deux ans que le consulat d’Algérie ne donne pas les passeports. Je n’ai pas fait de demande de titre de séjour car je travaille. Je n’ai pas le temps. Après, je fais la vaisselle, la litière. Me [D] [Z] entendue en ses observations : je soulève une irrégularité de procédure. L’avis à parquet du placement en garde à vue date du 24 juillet 2026 à 16h25 alors que la garde à vue a débuté le 24 juillet à 15h40. L’avis me paraît donc tardif. L’avocat de la Préfecture entendu en ses observations ; sollicite la prolongation de la rétention administrative de l’intéressé. Je vous demande de rejeter le moyen soulevé. La jurisprudence estime que le délai n’est pas excessif. Néanmoins, c’est la présentation à l’OPJ qui doit être pris en compte. Audience suspendue et mise en délibéré.

Motivations de la décision

MOTIFS Conformément au droit communautaire, en l’absence de moyen soulevé dans le cadre d’un recours déposé en application de l’article L 741-10 du Ceseda, aucun moyen susceptible d’être relevé d’office ne paraît contraire à la prolongation de la rétention administrative. Sur l’irrégularité de procédure : Il résulte des éléments de la procédure que Monsieur [U] a été interpellé et placé en garde à vue le 24 juillet 2026 à 15h40. Le temps de l’amener au commissariat, ses droits lui ont été notifiés après présentation auprès de l’OPJ à 16h09. L’avis au procureur de la République a été réalisé à 16h25, soit moins de vingt minutes après la notification des droits et moins d’une heure après le placement en garde à vue. La procédure est régulière. Le moyen sera donc rejeté. Sur le fond : Il résulte des éléments de la procédure que l’administration a sollicité la délivrance d’un laissez-passer consulaire des autorités algériennes le 25 juillet 2026 pour permettre l’exécution forcée de la mesure d’éloignement dont fait l’objet l’intéressé. Une demande de routing a également été faite auprès du pôle central d’éloignement le 25 juillet 2026. La préfecture du Nord a donc satisfait à l’obligation de diligences qui lui incombe en application de l’article L 741-3 du CESEDA. La procédure est régulière. L’intéressé ne présente pas de garanties suffisantes pour la mise à exécution de la mesure de reconduite à la frontière, des mesures de surveillance sont nécessaires. Eu égard aux nécessités invoquées par M. [O] [V], il convient d’accorder la prolongation demandée.

Dispositif

PAR CES MOTIFS Autorisons l’autorité administrative à retenir : Monsieur [M] [U] dans les locaux ne relevant pas de l’Administration pénitentiaire pour une prolongation de rétention administrative d’une durée maximale de VINGT SIX JOURS à compter de l’expiration du délai de quatre-vingt-seize heures fixé à l’article L 742-1 du CESEDA NOTIFIONS sur le champ la présente ordonnance par mail au CRA pour remise à l’intéressé qui, en émargeant ci-après, atteste avoir reçu copie et l’avisons de la possibilité de faire appel, devant la première présidente de la cour d’appel de [Localité 2] ou son délégué, de la présente ordonnance dans les vingt quatre heures de son prononcé ; l’informons que la déclaration d’appel doit être motivée et peut être transmise par tout moyen (notamment par mail via la boîte structurelle : [Courriel 1] ) au greffe de la Cour d’Appel de [Localité 2] ; lui indiquons que seul l’appel formé par le ministère public peut être déclaré suspensif par la première présidente de la cour d’appel de [Localité 2] ou son délégué. L’avocat de la Préfecture, L’avocat, Le Greffier, Le Juge, décision rendue à 12h23 L’ordonnance a été transmise ce jour par mail à M. [O] [V] et au Tribunal administratif de LILLE N° étr\N° RG 26/02853 - N° Portalis DBZ3-W-B7K-76UUV Décision notifiée à ...h... L’intéressé, L’interprète,

Questions fréquentes

Quelle est la durée maximale de la rétention administrative ?
La rétention administrative peut être prolongée par le juge pour une durée maximale de 26 jours après les 96 heures initiales, comme dans cette affaire où la prolongation a été accordée pour 26 jours.
L'avis à parquet tardif lors de la garde à vue est-il un motif d'annulation de la prolongation ?
Dans cette décision, le juge a estimé que l'avis à parquet, bien que tardif, n'était pas excessif et n'avait pas porté atteinte aux droits de la personne, donc la procédure a été jugée régulière.
Quelles diligences l'administration doit-elle accomplir pour obtenir la prolongation ?
L'administration doit démontrer qu'elle a entrepris les démarches nécessaires pour exécuter la mesure d'éloignement, comme solliciter un laissez-passer consulaire et faire une demande de routing, ce qui a été fait en l'espèce.
Que se passe-t-il si l'étranger ne présente pas de garanties de représentation ?
Si l'étranger ne présente pas de garanties suffisantes pour prévenir le risque de fuite, la prolongation de la rétention peut être ordonnée, comme dans ce cas où l'intéressé a été maintenu en rétention.
Comment faire appel d'une ordonnance de prolongation de rétention ?
L'ordonnance peut être frappée d'appel devant la première présidente de la cour d'appel dans les 24 heures de son prononcé, par déclaration motivée transmise par tout moyen, notamment par mail.
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