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Tribunal judiciaire, jld, 30 juillet 2026 — n° 26/02855

Maintien de la mesure de rétention administrative

Synthèse de la décision

Question juridique

Le juge judiciaire peut-il prolonger la rétention administrative d'un étranger au-delà de 96 heures lorsque l'administration a accompli les diligences nécessaires pour l'exécution de la mesure d'éloignement ?

Principe retenu

La prolongation de la rétention administrative est autorisée si l'administration a accompli les diligences nécessaires pour permettre l'exécution de la mesure d'éloignement, notamment en sollicitant un laissez-passer consulaire et en effectuant une demande de routing. L'étranger ne présentant pas de garanties suffisantes de représentation, des mesures de surveillance restent nécessaires.

Faits clés

  • Monsieur [S] [U], de nationalité algérienne, né le 23 juillet 2006, a fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire français sans délai de départ volontaire le 21 juillet 2025.
  • Un arrêté de placement en rétention administrative a été pris le 25 juillet 2026 pour une durée de 96 heures.
  • Le 25 juillet 2026, l'administration a sollicité un laissez-passer consulaire auprès des autorités algériennes.
  • Le 26 juillet 2026, une demande de routing a été faite auprès du pôle central d'éloignement.
  • L'intéressé ne présente pas de garanties suffisantes pour l'exécution de la mesure de reconduite.

Articles cités

article L.742-1 du Code de l’Entrée et du Séjour des Etrangers et du Droit d’Asile article L.743-4 du Code de l’Entrée et du Séjour des Etrangers et du Droit d’Asile article L.743-6 à L.743-8 du Code de l’Entrée et du Séjour des Etrangers et du Droit d’Asile article L.743-20 du Code de l’Entrée et du Séjour des Etrangers et du Droit d’Asile article L.743-24 du Code de l’Entrée et du Séjour des Etrangers et du Droit d’Asile article R.213-12-2 du code de l’organisation judiciaire article L.741-1 et suivants du Code de l’Entrée et du Séjour des Etrangers et du Droit d’Asile article L.741-10 du Code de l’Entrée et du Séjour des Etrangers et du Droit d’Asile article L.741-3 du Code de l’Entrée et du Séjour des Etrangers et du Droit d’Asile

Exposé du litige

RÉPUBLIQUE FRANÇAISE Au nom du Peuple Français TRIBUNAL JUDICIAIRE DE BOULOGNE SUR MER ORDONNANCE STATUANT SUR UNE DEMANDE DE MAINTIEN EN RETENTION Appel des causes le 30 Juillet 2026 à 10h00 en visioconférence Div\étrangers N° étr\N° RG 26/02855 - N° Portalis DBZ3-W-B7K-76UUX Nous, Madame PIROTTE Carole, Vice Présidente au Tribunal judiciaire de BOULOGNE SUR MER, juge chargé du contrôle des mesures restrictives et privatives de libertés en droit des étrangers, assistée de Mme CHAIB Samira, cadre greffier, statuant en application des articles L.742-1, L.743-4, L.743-6 à L.743-8, L. 743-20 et L. 743-24 du Code de l’Entrée et du Séjour des Etrangers et du Droit d’Asile; Vu l’article R. 213-12-2 du code de l’organisation judiciaire ; En présence de [X] [K], interprète en langue arabe, serment préalablement prêté ; Vu le Code de l’Entrée et du Séjour des Etrangers et du Droit d’Asile notamment en ses articles L. 741-1 et suivants ; Monsieur [S] [U] de nationalité Algérienne né le 23 Juillet 2006 à [Localité 1] (ALGERIE), a fait l’objet : - d’une obligation de quitter le territoire français sans délai de départ volontaire, fixant le pays de destination de la reconduite, lui faisant interdiction de retour sur le territoire français prononcée le 21 juillet 2025 par M. [H] [R], qui lui a été notifié le 21 juillet 2025 à 18h45. - d’un arrêté ordonnant son placement en rétention administrative pour une durée de quatre-vingt seize heures, prononcé le 25 juillet 2026 par M. [H] DE L’[J] , qui lui a été notifié le 25 juillet 2026 à 14h55. Par requête du 29 Juillet 2026 reçue au greffe à 09h00, M. [H] [C] invoquant devoir maintenir l’intéressé au-delà de quatre-vingt-seize heures, demande l’autorisation de prolonger ce délai pour une durée de VINGT SIX jours maximum. En application des articles L.743-9 et L. 743-24 du Code de l’Entrée et du Séjour des Etrangers et du Droit d’Asile il a été rappelé à l’intéressé, assisté de Me Emmanuelle OSMONT, avocat au Barreau de BOULOGNE-SUR-MER et commis d’office, les droits qui lui sont reconnus pendant la rétention et a été informé des possibilités et des délais de recours contre toutes les décisions le concernant ; qu’il a été entendu en ses observations. L’intéressé déclare : Je souhaite être assisté d’un avocat. Je n’ai rien à dire. Me [Z] [T] entendu en ses observations : je n’ai pas relevé d’irrégularité de procédure.

Motivations de la décision

MOTIFS Conformément au droit communautaire, en l’absence de moyen soulevé dans le cadre d’un recours déposé en application de l’article L 741-10 du Ceseda, aucun moyen susceptible d’être relevé d’office ne paraît contraire à la prolongation de la rétention administrative. Il résulte des éléments de la procédure que l’administration a sollicité la délivrance d’un laissez-passer consulaire des autorités algériennes le 25 juillet 2026 pour permettre l’exécution forcée de la mesure d’éloignement dont fait l’objet l’intéressé. Une demande de routing a également été faite auprès du pôle central d’éloignement le 26 juillet 2026. La préfecture de l’Oise a donc satisfait à l’obligation de diligences qui lui incombe en application de l’article L 741-3 du CESEDA. La procédure est régulière. L’intéressé ne présente pas de garanties suffisantes pour la mise à exécution de la mesure de reconduite à la frontière, des mesures de surveillance sont nécessaires. Eu égard aux nécessités invoquées par M. [H] [C], il convient d’accorder la prolongation demandée.

Dispositif

PAR CES MOTIFS Autorisons l’autorité administrative à retenir : Monsieur [S] [U] dans les locaux ne relevant pas de l’Administration pénitentiaire pour une prolongation de rétention administrative d’une durée maximale de VINGT SIX JOURS à compter de l’expiration du délai de quatre-vingt-seize heures fixé à l’article L 742-1 du CESEDA NOTIFIONS sur le champ la présente ordonnance par mail au CRA pour remise à l’intéressé qui, en émargeant ci-après, atteste avoir reçu copie et l’avisons de la possibilité de faire appel, devant la première présidente de la cour d’appel de [Localité 2] ou son délégué, de la présente ordonnance dans les vingt quatre heures de son prononcé ; l’informons que la déclaration d’appel doit être motivée et peut être transmise par tout moyen (notamment par mail via la boîte structurelle : [Courriel 1] ) au greffe de la Cour d’Appel de [Localité 2] ; lui indiquons que seul l’appel formé par le ministère public peut être déclaré suspensif par la première présidente de la cour d’appel de [Localité 2] ou son délégué. L’Avocat, Le Greffier, Le Juge, décision rendue à 12h35 L’ordonnance a été transmise ce jour par mail à M. [H] [C] et au Tribunal administratif de LILLE N° étr\N° RG 26/02855 - N° Portalis DBZ3-W-B7K-76UUX Décision notifiée à ...h... L’intéressé, L’interprète,

Questions fréquentes

Quelles sont les conditions pour prolonger une rétention administrative au-delà de 96 heures ?
La prolongation est possible si l'administration a accompli les diligences nécessaires pour exécuter la mesure d'éloignement, comme solliciter un laissez-passer consulaire et effectuer une demande de routing. De plus, l'étranger ne doit pas présenter de garanties suffisantes de représentation.
Que se passe-t-il si l'administration n'a pas fait les démarches pour mon éloignement ?
Si l'administration n'a pas accompli les diligences nécessaires, la prolongation de la rétention peut être refusée par le juge. Dans cette affaire, l'administration avait bien sollicité un laissez-passer consulaire et fait une demande de routing, ce qui a justifié la prolongation.
Qu'est-ce qu'un laissez-passer consulaire ?
Un laissez-passer consulaire est un document délivré par le consulat du pays d'origine de l'étranger, permettant son retour dans ce pays. Il est nécessaire pour exécuter une mesure d'éloignement.
Quels sont mes droits pendant la rétention administrative ?
Pendant la rétention, vous avez le droit d'être assisté d'un avocat, d'un interprète, de communiquer avec votre consulat, et de contester les décisions vous concernant. Dans cette affaire, l'intéressé a été assisté d'un avocat commis d'office et d'un interprète en langue arabe.
Comment contester une prolongation de rétention ?
Vous pouvez faire appel de l'ordonnance de prolongation dans les 24 heures suivant son prononcé, devant la première présidente de la cour d'appel ou son délégué. La déclaration d'appel doit être motivée et peut être transmise par tout moyen, notamment par mail.
Combien de temps peut durer une rétention administrative ?
La durée maximale de la rétention administrative est généralement de 90 jours, mais elle peut être prolongée par tranches. Dans cette affaire, la prolongation a été accordée pour une durée de 26 jours supplémentaires.
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