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Tribunal judiciaire, jld, 30 juillet 2026 — n° 26/02866

Maintien de la mesure de rétention administrative

Synthèse de la décision

Question juridique

La prolongation de la rétention administrative d'un étranger faisant l'objet d'une mesure d'éloignement est-elle justifiée lorsque l'administration a accompli les diligences nécessaires et que l'intéressé représente une menace pour l'ordre public ?

Principe retenu

La prolongation de la rétention administrative peut être autorisée si l'administration a accompli les diligences nécessaires pour l'exécution de la mesure d'éloignement et si l'étranger ne présente pas de garanties suffisantes de représentation, notamment en cas de menace pour l'ordre public.

Faits clés

  • Monsieur [G] [V], ressortissant égyptien, a fait l'objet d'une interdiction judiciaire du territoire français de dix ans prononcée par la cour d'assises de Paris le 29 janvier 2022.
  • Un arrêté de placement en rétention administrative a été pris par le préfet de l'Oise le 25 juillet 2026.
  • Le préfet a demandé la prolongation de la rétention pour une durée de vingt-six jours.
  • L'administration a sollicité un laissez-passer consulaire auprès des autorités égyptiennes le 24 juillet 2026 et une demande de routing le 25 juillet 2026.
  • L'intéressé a été condamné pénalement à plusieurs reprises, constituant une menace à l'ordre public.

Articles cités

article L.742-1 du Code de l’Entrée et du Séjour des Etrangers et du Droit d’Asile article L.743-4 du Code de l’Entrée et du Séjour des Etrangers et du Droit d’Asile article L.743-6 à L.743-8 du Code de l’Entrée et du Séjour des Etrangers et du Droit d’Asile article L.743-20 du Code de l’Entrée et du Séjour des Etrangers et du Droit d’Asile article L.743-24 du Code de l’Entrée et du Séjour des Etrangers et du Droit d’Asile article R. 213-12-2 du code de l’organisation judiciaire article L.741-10 du Code de l’Entrée et du Séjour des Etrangers et du Droit d’Asile article L.741-3 du Code de l’Entrée et du Séjour des Etrangers et du Droit d’Asile

Exposé du litige

RÉPUBLIQUE FRANÇAISE Au nom du Peuple Français TRIBUNAL JUDICIAIRE DE BOULOGNE SUR MER ORDONNANCE STATUANT SUR UNE DEMANDE DE MAINTIEN EN RETENTION Appel des causes le 30 Juillet 2026 à 10h00 en visioconférence Div\étrangers N° étr\N° RG 26/02866 - N° Portalis DBZ3-W-B7K-76UVH Nous, Madame PIROTTE Carole, Vice Présidente au Tribunal judiciaire de BOULOGNE SUR MER, juge chargé du contrôle des mesures restrictives et privatives de libertés en droit des étrangers, assistée de Mme CHAIB Samira, Cadre greffier, statuant en application des articles L.742-1, L.743-4, L.743-6 à L.743-8, L. 743-20 et L. 743-24 du Code de l’Entrée et du Séjour des Etrangers et du Droit d’Asile; Vu l’article R. 213-12-2 du code de l’organisation judiciaire ; En présence de [J] [F], interprète en langue arabe, serment préalablement prêté ; Vu le Code de l’Entrée et du Séjour des Etrangers et du Droit d’Asile notamment en ses articles L. 741-1 et suivants ; Monsieur [G] [V] de nationalité Egyptienne né le 05 Juin 1996 à [Localité 1] (EGYPTE), a fait l’objet : - d’une interdiction judiciaire du territoire français d’une durée de dix ans prononcée par arrêt de la cour d’assises de Paris en date du 29 janvier 2022 - d’un arrêté de placement en rétention administrative pour quatre-vingt seize heures, prononcé le 25 juillet 2026 par M. LE PREFET DE L’OISE , qui lui a été notifié le 25 juillet 2026 à 09h15 Par requête du 28 Juillet 2026 reçue au greffe à 14h13, M. LE PREFET DE L’OISE invoquant devoir maintenir l’intéressé au-delà de quatre-vingt-seize heures, demande l’autorisation de prolonger ce délai pour une durée de VINGT SIX jours maximum. En application des articles L.743-9 et L. 743-24 du Code de l’Entrée et du Séjour des Etrangers et du Droit d’Asile il a été rappelé à l’intéressé, assisté de Me Emmanuelle OSMONT, avocat au Barreau de BOULOGNE-SUR-MER et commis d’office, les droits qui lui sont reconnus pendant la rétention et a été informé des possibilités et des délais de recours contre toutes les décisions le concernant ; qu’il a été entendu en ses observations. L’intéressé déclare : Je souhaite être assisté d’un avocat. J’ai un hébergement. J’ai une compagne. Je vis ici. Il y a eu une incompréhension. Je n’ai rien fait. Je ne comprends pas bien la loi. Je ne savais pas que je pouvais faire appel. Me Emmanuelle OSMONT entendue en ses observations : je n’ai pas d’observation.

Motivations de la décision

MOTIFS Conformément au droit communautaire, en l’absence de moyen soulevé dans le cadre d’un recours déposé en application de l’article L 741-10 du Ceseda, aucun moyen susceptible d’être relevé d’office ne paraît contraire à la prolongation de la rétention administrative. Il résulte des éléments de la procédure que l’administration a sollicité la délivrance d’un laissez-passer consulaire des autorités égyptiennes le 24 juillet 2026 pour permettre l’exécution forcée de la mesure d’éloignement dont fait l’objet l’intéressé. Une demande de routing a également été faite auprès du pôle central d’éloignement le 25 juillet 2026. La préfecture de l’Oise a donc satisfait à l’obligation de diligences qui lui incombe en application de l’article L 741-3 du CESEDA. En outre, Monsieur [V] a fait l’objet de plusieurs condamnations pénales ; qu’il constitue ainsi une menace à l’ordre public. La procédure est régulière. L’intéressé ne présente pas de garanties suffisantes pour la mise à exécution de la mesure de reconduite à la frontière, des mesures de surveillance sont nécessaires. Eu égard aux nécessités invoquées par M. LE PREFET DE L’OISE, il convient d’accorder la prolongation demandée.

Dispositif

PAR CES MOTIFS Autorisons l’autorité administrative à retenir : Monsieur [G] [V] dans les locaux ne relevant pas de l’Administration pénitentiaire pour une prolongation de rétention administrative d’une durée maximale de VINGT SIX JOURS à compter de l’expiration du délai de quatre-vingt-seize heures fixé à l’article L 742-1 du CESEDA NOTIFIONS sur le champ la présente ordonnance par mail au CRA pour remise à l’intéressé qui, en émargeant ci-après, atteste avoir reçu copie et l’avisons de la possibilité de faire appel, devant la première présidente de la cour d’appel de Douai ou son délégué, de la présente ordonnance dans les vingt quatre heures de son prononcé ; l’informons que la déclaration d’appel doit être motivée et peut être transmise par tout moyen (notamment par mail via la boîte structurelle : [Courriel 1] ) au greffe de la Cour d’Appel de DOUAI ; lui indiquons que seul l’appel formé par le ministère public peut être déclaré suspensif par la première présidente de la cour d’appel de Douai ou son délégué. L’Avocat, Le Greffier, Le Juge, décision rendue à 12h41 L’ordonnance a été transmise ce jour par mail à M. LE PREFET DE L’OISE et au Tribunal administratif de LILLE N° étr\N° RG 26/02866 - N° Portalis DBZ3-W-B7K-76UVH Décision notifiée à ...h... L’intéressé, L’interprète,

Questions fréquentes

Quelles sont les conditions pour prolonger une rétention administrative ?
La prolongation peut être autorisée si l'administration a accompli les diligences nécessaires pour l'exécution de la mesure d'éloignement et si l'étranger ne présente pas de garanties suffisantes de représentation. Dans cette affaire, le préfet avait sollicité un laissez-passer consulaire et une demande de routing, et l'intéressé représentait une menace pour l'ordre public.
Le préfet doit-il faire des démarches pour mon éloignement pendant ma rétention ?
Oui, l'administration doit accomplir les diligences nécessaires pour permettre l'exécution de la mesure d'éloignement. En l'espèce, le préfet avait demandé un laissez-passer consulaire aux autorités égyptiennes et effectué une demande de routing, ce qui a été jugé satisfaisant.
Mon casier judiciaire peut-il influencer la décision de prolongation ?
Oui, les condamnations pénales peuvent être prises en compte pour évaluer si l'étranger constitue une menace pour l'ordre public. Dans cette affaire, l'intéressé avait plusieurs condamnations, ce qui a justifié la prolongation.
Puis-je demander à être libéré si j'ai un hébergement et une compagne en France ?
Avoir un hébergement et une compagne ne suffit pas à garantir la représentation si l'étranger est considéré comme une menace pour l'ordre public. Le juge a estimé que ces éléments ne constituaient pas des garanties suffisantes dans ce cas.
Comment contester une ordonnance de prolongation de rétention ?
L'ordonnance peut être contestée par un appel devant la première présidente de la cour d'appel de Douai ou son délégué dans les 24 heures suivant son prononcé. La déclaration d'appel doit être motivée et peut être transmise par tout moyen, notamment par mail.
Qu'est-ce qu'un laissez-passer consulaire et pourquoi est-il important ?
Un laissez-passer consulaire est un document délivré par le consulat du pays d'origine de l'étranger permettant son retour. Il est important car il est nécessaire pour exécuter la mesure d'éloignement. Dans cette affaire, sa demande démontrait les diligences de l'administration.
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