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Tribunal judiciaire, contrôle hsc/ic, 28 juillet 2026 — n° 26/00685

Maintien de la mesure de soins psychiatriques

Synthèse de la décision

Question juridique

La procédure d'admission et de poursuite de l'hospitalisation complète sous contrainte d'un patient atteint de troubles mentaux est-elle régulière et la mesure est-elle justifiée ?

Principe retenu

L'hospitalisation complète sans consentement peut être ordonnée par le représentant de l'État si les troubles mentaux nécessitent des soins et compromettent la sûreté des personnes ou portent atteinte à l'ordre public. La procédure doit respecter les formalités prévues par le code de la santé publique, notamment l'information de la famille ou du curateur. Le juge contrôle la régularité de la procédure et le bien-fondé de la mesure.

Faits clés

  • Patient admis en soins psychiatriques sous contrainte par arrêté préfectoral du 18 juillet 2026
  • Troubles du comportement avec agitation psycho-motrice, éléments délirants, agressivité
  • Mesure de curatelle renforcée confiée à l'UDAF
  • Avis motivé du psychiatre du 22 juillet 2026 concluant à la nécessité de poursuivre l'hospitalisation complète
  • La famille n'a pas été informée, contrairement aux dispositions de l'article L3213-9 du code de la santé publique

Articles cités

article L3213-1 du code de la santé publique article L3213-9 du code de la santé publique article L3211-12-1 du code de la santé publique article L3211-2-2 du code de la santé publique

Dispositif

PAR CES MOTIFS Statuant publiquement par ordonnance contradictoire et en premier ressort, Autorisons la poursuite de l’hospitalisation complète de M. [M] [P], Rappelons qu’appel peut être interjeté de cette décision dans un délai de dix jours de sa notification, par déclaration transmise par tout moyen au greffe de la cour d’appel. Ainsi rendu le 28 juillet 2026. Le greffier Le juge du tribunal judiciaire chargé du contrôle des mesures privatives ou restrictives de liberté dans le domaine des soins sans consentement, Mentions de notification : Copie de la présente ordonnance transmise à M. [M] [P] par l’intermédiaire du directeur de l’hôpital Copie de la présente ordonnance transmise à M. le préfet, Copie de la présente ordonnance a été transmise à L’UDAF 49 Copie de la présente ordonnance transmise à Me Elsa AUDIDIER FICHELSON Copie de la présente ordonnance transmise à M. Le Procureur le 28 juillet 2026 le greffier

Exposé du litige

COUR D'APPEL D’ANGERS TRIBUNAL JUDICIAIRE D’ ANGERS Dossier : N° RG 26/00685 - N° Portalis DBY2-W-B7K-IOIK Minute : N° RC 26/00685 ORDONNANCE EN PROCEDURE D’HOSPITALISATION SANS CONSENTEMENT DEMANDEUR : M. LE PREFET DE MAINE ET LOIRE non comparant, ayant fait ses observations par écrit DÉFENDEUR : M. [M] [P] Non comparant, représenté par Me Elsa AUDIDIER FICHELSON UDAF du Maine et Loire en qualité de curateur non comparant Nous, Jean-Yves EGAL, Premier Vice-Président au Tribunal Judiciaire d'ANGERS, assisté de Amélie ROGER, greffier, Vu l’article L3213-1 du code de la santé publique, Vu la décision d’admission en soins psychiatriques contraints prise par M. LE PREFET DE MAINE ET LOIRE le 18 juillet 2026, concernant : M. [M] [P] né le 16 Juillet 1962 à [Localité 1] Vu la saisine en date du 23 juillet 2026 du Représentant de l’Etat dans le Département et les pièces jointes à la saisine, tendant à la poursuite de l’hospitalisation sans consentement de M. [P] [M] . Vu l’avis de monsieur le Procureur de la République en date du 27 juillet 2026, Vu les débats tenus en audience publique le 28 juillet 2026 . M. [P] [M] n’a pas été en mesure de signer son avis sur sa présence à l’audience et il est attesté par les infirmiers ayant signé la demande d’avis que le patient a été informé de l’audience et ne souhaitait pas y participer . L’UDAF de Maine et Loire, curatrice, a été avisée de l’audience. Maitre Elsa AUDIDIER-FICHELSON a indiqué que la famille n’a pas été informée contrairement aux dispositions L3213-9 du code de la santé publique;

Motivations de la décision

MOTIFS DE L’ORDONNANCE: Selon l'article L. 3213-1 du code de la santé publique, le représentant de l'État dans le département prononce par arrêté, au vu d'un certificat médical circonstancié, l'admission en soins psychiatriques des personnes dont les troubles mentaux: - nécessitent des soins - et compromettent la sûreté des personnes ou portent atteinte, de façon grave, à l'ordre public; En application des dispositions de l’article L 3213-1 le directeur de l’établissement d’accueil doit transmettre au représentant de l’Etat, sans délai, le certificat médical mentionné au 2e alinéa de L 3211-2-2 ( certificat médical d’un psychiatre dressé dans les 24 h suivant l’admission), le certificat médical et le cas échéant la proposition mentionnés aux deux derniers alinéas du même article L 3211-2-2 ( certificat médical dressé dans les 72 h de l’admission et avis motivé). Selon l'article L.3211-12-1 du même code, l'hospitalisation complète d'un patient ne peut se poursuivre sans que le juge des libertés et de la détention, préalablement saisi par le représentant de l'Etat, n'ait statué sur cette mesure avant l'expiration d'un délai de douze jours à compter de l'admission puis de six mois à compter de la dernière décision du juge. Cette saisine est accompagnée d’un avis motivé du psychiatre. M. [P] [M] bénéficie d’une mesure de curatelle renforcée ordonnée par jugement du 9 avril 2026 pour une durée de 60 MOIS dont l’exercice est confié à L’UDAF de MAINE ET LOIRE . M. [P] [M] né le 16 juillet 1962 a été admis le 18 juillet 2026 en soins psychiatriques sous la forme de l’hospitalisation complète par arrêté du Préfet de Maine et Loire en date du 18 juillet 2026 pris sur la base du certificat médical dressé par le docteur [R] le 18 juillet à 10 h 17 , lequel faisait état d’un patient amené aux urgences par les forces de l’ordre après levée de la garde à vue pour raisons médicales, qui présentait des troubles du comportement se caractérisant notamment par une agitation psycho-motrice importante ayant rendu nécessaire une contention physique, quelques éléments délirants, une agitation importante, une forte irritabilité et une agressivité marquée malgré les mesures therapeutiques prises. Le médecin précise que M. [P] présente un comportement qui révèle des troubles mentaux manifestes constituant un danger imminent pour la sureté des personnes. Le juge a été saisi le 23 juillet 2026 , soit avant l’expiration du délai de 8 jours à compter de l’admission intervenue le 18 juillet 2026 , conformément aux dispositions de l’article L 3211-12-1 du Code de la Santé Publique . Les conditions légales ont donc été respectées. Le contenu détaillé de ce certificat médical caractérise pleinement la nécessité de soins en hospitalisation complète en milieu hospitalier spécialisé de par la nature et la gravité des troubles constatés qui compromettent la sûreté des personnes ou portent atteinte, de façon grave, à l'ordre public, et sous contrainte puisqu’il n’était pas possible d’obtenir le consentement de M. [P] [M] . L’information légale prévue par l’article L 3211-3 portant sur les modalités de cette hospitalisation ainsi que sur les droits des patients n’a paspu être délivrée à M. [P] [M] le 20 JUILLET en raison de son état de santé. Le certificat médical des 24 heures a été rédigé par le docteur [J] le 19 juillet à 10 h 09 et le certificat médical des 72 heures a été rédigé par le docteur [T] le 20 juillet à 09h 47 ; ils comportent les éléments de motivation requis pour justifier en fait et en droit la poursuite de l’hospitalisation complète sous contrainte. Les dispositions spéciales des articles L 3213-1 et suivants du Code de la Santé Publique régissant les admissions sur décision du représentant de l’Etat, n’exigent pas que deux psychiatres différents rédigent les certificats de 24h et 72 h lorsqu’un seul certificat initial a été rédigé, à la différence des dispositions de l’article L 3212-1 II 2° concernant les admissions pour péril imminent et des dispositions de l’article L 3212-3 concernant les admissions à la demande d’un tiers au visa de l’urgence et de l’existence d’un risque d’atteinte grave à l’intégrité du malade. La décision de maintien de l’hospitalisation complète a été prise le 21 juillet par le Préfet du Maine et Loire et portée le 21 juillet 2026 à la connaissance de M. [P] [M] . Il est justifié de la réalisation des informations obligatoires prévues par les dispositions de l’article L 3213-9 du Code de la Santé Publique par transmission du 18 juillet aux diverses autorités concernées dont au curateur . Il n’est pas justifié de la désignation d’un membre de la famille à prévenir. L’ avis motivé en date du 22 juillet 2026 , dressé par le DR [T] a conclu à la nécessité d’une poursuite des soins en hospitalisation complète sans consentement en relevant notamment que M. [P] [M] présentait lors de son examen un contact altéré avec perte des convenances sociales, un discours pauvre et projectif contre les soins, des éléments délirants de persécution, une anosognosie, une sthénicité avec une forte agressivité vis à vis des soignants . Il résulte de l’ensemble de ces éléments que d'une part, la procédure a été menée régulièrement et que d'autre part M. [P] [M] présente toujours des troubles rendant impossible son consentement et imposant des soins sous surveillance médicale constante justifiant une hospitalisation complète. Par conséquent, la mesure d’hospitalisation sous contrainte qui apparaît adaptée, nécessaire et proportionnée, doit être poursuivie.

Questions fréquentes

Quelles sont les conditions pour une hospitalisation d'office ?
L'hospitalisation d'office (ou soins psychiatriques à la demande du représentant de l'État) est possible si les troubles mentaux nécessitent des soins et compromettent la sûreté des personnes ou portent atteinte à l'ordre public. Elle est prononcée par arrêté préfectoral sur la base d'un certificat médical circonstancié.
Quel est le rôle du juge dans le contrôle de l'hospitalisation ?
Le juge des libertés et de la détention doit être saisi par le préfet dans un délai de 12 jours après l'admission pour statuer sur la poursuite de la mesure. Il vérifie la régularité de la procédure et le bien-fondé de la mesure.
Que se passe-t-il si la famille n'est pas informée de l'hospitalisation ?
L'article L3213-9 du code de la santé publique impose d'informer la famille ou le curateur. En l'espèce, la famille n'a pas été informée, mais le juge a estimé que cela ne rendait pas la procédure irrégulière car le curateur avait été informé.
Qu'est-ce qu'une curatelle renforcée et quel est son impact ?
La curatelle renforcée est une mesure de protection juridique où le curateur assiste et contrôle la personne dans les actes importants. Dans cette affaire, le patient était sous curatelle renforcée, et le curateur (UDAF) a été informé de l'hospitalisation.
Quels sont les droits d'un patient hospitalisé sans consentement ?
Le patient a le droit d'être informé de sa situation, de bénéficier d'un avocat, et de contester la mesure devant le juge. Il peut également faire appel de la décision dans un délai de 10 jours.
Comment se déroule l'audience devant le juge des libertés ?
L'audience se tient au tribunal judiciaire, en présence du patient (sauf s'il ne souhaite pas y participer), de son avocat, et du préfet. Le juge examine les certificats médicaux et les avis, puis rend une ordonnance.
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