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Tribunal judiciaire, jld, 28 juillet 2026 — n° 26/00744

Maintien de la mesure de soins psychiatriques

Synthèse de la décision

Question juridique

Les conditions de l'admission en soins psychiatriques sous contrainte en urgence à la demande d'un tiers sont-elles réunies et la mesure doit-elle être maintenue ?

Principe retenu

L'admission en soins psychiatriques sous contrainte à la demande d'un tiers en urgence est possible si les troubles mentaux rendent impossible le consentement, imposent des soins immédiats avec surveillance médicale constante, et s'il existe un risque grave d'atteinte à l'intégrité du malade. Les certificats médicaux requis doivent être établis par des psychiatres distincts.

Faits clés

  • Monsieur [N] [I] a été admis en soins psychiatriques sous contrainte le 17 juillet 2026 à la demande de sa mère, en urgence.
  • L'admission a été prononcée sur le fondement de l'article L. 3212-3 du code de la santé publique.
  • Les certificats médicaux des 24 heures et des 72 heures ont été établis par des psychiatres distincts.
  • Le certificat des 72 heures a proposé une prise en charge adaptée à l'état de santé.
  • Le patient et son avocat ne sollicitent pas la mainlevée de la mesure.

Articles cités

article L. 3212-1 du code de la santé publique article L. 3212-3 du code de la santé publique article L. 3211-2-2 du code de la santé publique article L. 3222-1 du code de la santé publique

Dispositif

Laissons les dépens à la charge du Trésor Public. AINSI JUGE ET PUBLIQUEMENT PRONONCE LES JOUR MOIS ET AN QUE DESSUS ET ONT SIGNE A LA MINUTE LE PRÉSIDENT ET LE GREFFIER. LE GREFFIER, LE PRÉSIDENT, Copie conforme adressée par voie électronique (PLEX) à M. [N] [I] ce jour Copie conforme adressée par voie électronique (PLEX) au Conseil de M. [N] [I] ce jour Copie conforme adressée par voie électronique (PLEX) à M. LE DIRECTEUR DU CENTRE HOSPITALIER HENRI [I] DE [Localité 2] ce jour Copie conforme adressée par lettre simple à Madame [V] [F], tiers le 28 Juillet 2026 Copie conforme transmise au parquet ce jour Le greffier Conformément aux articles 490, 931, 932, 933 du code de procédure civile et R3211-18 et suivants, vous avez le droit de faire appel de la présente ordonnance dans le délai de 10 jours à partir de sa notification, par une déclaration d’appel motivée transmise par tout moyen au greffe de la Cour d’appel d’[Localité 1] ( [Adresse 4] [Localité 6] [Adresse 5] [Localité 7] - Télécopie : 04.42.33.81.32). Vous serez assisté(e) ou représenté(e) par un avocat. Cette déclaration, avec mention de la date et de l’heure, doit comporter vos nom , prénom, profession et domicile et désigner la décision dont il est fait appel et le cas échéant le nom et l’adresse de votre représentant devant la Cour ; elle doit être accompagnée d’une copie de la décision. COUR D’APPEL D’[Localité 1] TRIBUNAL JUDICIAIRE [Adresse 6] [Adresse 7] [Localité 8] Service du Juge des Libertés et de la Détention Tél : [XXXXXXXX01] mail : [Courriel 1] NOTIFICATION D’ORDONNANCE M. le Procureur de la République près le Tribunal judiciaire de [Localité 9] Requête N° RG 26/00744 - N° Portalis DB3E-W-B7K-OB3M Monsieur le Procureur, J’ai l’honneur de vous notifier l’ordonnance rendue ce jour par le Juge des libertés et de la détention, concernant : M. LE DIRECTEUR DU CENTRE HOSPITALIER HENRI [I] DE [Localité 2] et M. [N] [I]. Fait à [Localité 9] le 28 Juillet 2026 Le greffier, Conformément aux articles 490, 931, 932, 933 du code de procédure civile et R3211-18 et suivants, vous avez le droit de faire appel de la présente ordonnance dans le délai de 10 jours à partir de sa notification, par une déclaration d’appel motivée transmise par tout moyen au greffe de la Cour d’appel d’[Localité 1] ( [Adresse 8] - Télécopie : 04.42.33.81.32). Vous serez assisté(e) ou représenté(e) par un avocat. Cette déclaration, avec mention de la date et de l’heure, doit comporter vos nom , prénom, profession et domicile et désigner la décision dont il est fait appel et le cas échéant le nom et l’adresse de votre représentant devant la Cour ; elle doit être accompagnée d’une copie de la décision. Pris connaissance le Le Procureur de la République COUR D’APPEL D’[Localité 1] TRIBUNAL JUDICIAIRE DE [Adresse 9] [Adresse 7] [Localité 8] Service du Juge des Libertés et de la Détention Tél : [XXXXXXXX01] mail : [Courriel 1] NOTIFICATION D’ORDONNANCE Le greffier du Juge des libertés et de la détention à M. LE DIRECTEUR DU CENTRE HOSPITALIER HENRI [I] DE [Localité 2] Requête N° RG 26/00744 - N° Portalis DB3E-W-B7K-OB3M Monsieur, Je vous prie de bien vouloir trouver en copie l’ordonnance rendue ce jour par le Juge des libertés et de la détention, concernant M. [N] [I]. Fait à [Localité 9] le 28 Juillet 2026 Le greffier, Conformément aux articles 490, 931, 932, 933 du code de procédure civile et R3211-18 et suivants, vous avez le droit de faire appel de la présente ordonnance dans le délai de 10 jours à partir de sa notification, par une déclaration d’appel motivée transmise par tout moyen au greffe de la Cour d’appel d’[Localité 1] ( [Adresse 8] - Télécopie : 04.42.33.81.32). Vous serez assisté(e) ou représenté(e) par un avocat. Cette déclaration, avec mention de la date et de l’heure, doit comporter vos nom , prénom, profession et domicile et désigner la décision dont il est fait appel et le cas échéant le nom et l’adresse de votre représentant devant la Cour ; elle doit être accompagnée d’une copie de la décision. COUR D’APPEL D’[Localité 1] TRIBUNAL JUDICIAIRE [Adresse 6] [Adresse 7] [Localité 8] Service du Juge des Libertés et de la Détention Tél : [XXXXXXXX01] mail : [Courriel 1] NOTIFICATION D’ORDONNANCE Le greffier du Juge des libertés et de la détention à M. [N] [I] [Adresse 3] [Localité 4] Requête N° RG 26/00744 - N° Portalis DB3E-W-B7K-OB3M Monsieur, Je vous prie de bien vouloir trouver en copie l’ordonnance rendue ce jour par le Juge des libertés et de la détention vous concernant. Fait à [Localité 9] le 28 Juillet 2026 Le greffier, Conformément aux articles 490, 931, 932, 933 du code de procédure civile et R3211-18 et suivants, vous avez le droit de faire appel de la présente ordonnance dans le délai de 10 jours à partir de sa notification, par une déclaration d’appel motivée transmise par tout moyen au greffe de la Cour d’appel d’[Localité 1] ( [Adresse 10] 1 - Télécopie : 04.42.33.81.32). Vous serez assisté(e) ou représenté(e) par un avocat. Cette déclaration, avec mention de la date et de l’heure, doit comporter vos nom , prénom, profession et domicile et désigner la décision dont il est fait appel et le cas échéant le nom et l’adresse de votre représentant devant la Cour ; elle doit être accompagnée d’une copie de la décision. (Merci de nous retourner le présent accusé de réception daté et signé par l’intéressé(e) au service du greffe du juge des libertés et de la détention) Reçu notification et copie le ..................... Signature de M. [N] [I] : COUR D’APPEL D’[Localité 1] TRIBUNAL JUDICIAIRE DE [Localité 9] [Adresse 7] [Localité 8] Service du Juge des Libertés et de la Détention Tél : [XXXXXXXX01] mail : [Courriel 1] AVIS D’ORDONNANCE Le greffier du Juge des libertés et de la détention à Madame [V] [F] [Adresse 3] [Localité 4] Par lettre simple Requête N° RG 26/00744 - N° Portalis DB3E-W-B7K-OB3M Madame, Je vous prie de bien vouloir trouver en copie l’ordonnance rendue ce jour par le Juge des libertés et de la détention, concernant M. LE DIRECTEUR DU CENTRE HOSPITALIER HENRI [I] DE [Localité 2] et M. [N] [I]. Fait à [Localité 9] le 28 Juillet 2026 Le greffier, COUR D’APPEL D’[Localité 1] TRIBUNAL JUDICIAIRE DE [Localité 9] [Adresse 7] [Localité 8] Service du Juge des Libertés et de la Détention Tél : [XXXXXXXX01] mail : [Courriel 1] NOTIFICATION D’ORDONNANCE Le greffier du Juge des libertés et de la détention à Me Philip FITZGERALD Requête N° RG 26/00744 - N° Portalis DB3E-W-B7K-OB3M Maître, Je vous prie de bien vouloir trouver en copie l’ordonnance rendue ce jour par le Juge des libertés et de la détention, concernant M. LE DIRECTEUR DU CENTRE HOSPITALIER HENRI [I] DE [Localité 2] et M. [N] [I]. Fait à [Localité 9] le 28 Juillet 2026 Le greffier, Conformément aux articles 490, 931, 932, 933 du code de procédure civile et R3211-18 et suivants, vous avez le droit de faire appel de la présente ordonnance dans le délai de 10 jours à partir de sa notification, par une déclaration d’appel motivée transmise par tout moyen au greffe de la Cour d’appel d’[Localité 1] ( [Adresse 8] - Télécopie : 04.42.33.81.32). Vous serez assisté(e) ou représenté(e) par un avocat. Cette déclaration, avec mention de la date et de l’heure, doit comporter vos nom , prénom, profession et domicile et désigner la décision dont il est fait appel et le cas échéant le nom et l’adresse de votre représentant devant la Cour ; elle doit être accompagnée d’une copie de la décision.

Exposé du litige

EXPOSE DE LA DEMANDE ET DE LA PROCÉDURE : Monsieur [N] [I] a été admis en soins psychiatriques sous contrainte le 17 juillet 2026 à la demande d'un tiers - Madame [V] [F], sa mère - en urgence sur le fondement de l'article L. 3212-3 du code de la santé publique à l'établissement psychiatrique du Var EPSYVAR de [Localité 5]. Le juge du tribunal judiciaire de TOULON est saisi par le directeur de l'établissement de soins du contrôle de la mesure à 12 jours. Figurent notamment au dossier les pièces médicales suivantes : - un certificat médical d'admission du 17 juillet 2026, - un certificat médical des 24 heures du 18 juillet 2026, régulièrement établi par un psychiatre de l'établissement d'accueil qui n'est pas le signataire du certificat d'admission, - un certificat médical des 72 heures du 20 juillet 2026, régulièrement établi par un psychiatre de l'établissement d'accueil qui n'est pas le signataire du certificat d'admission ou du certificat des 24 heures, - un avis médical motivé du 23 juillet 2025, régulièrement établi par un psychiatre de l'établissement d'accueil, Monsieur le Procureur de la République a émis un avis favorable à la poursuite de l'hospitalisation sous contrainte. A l'audience, Monsieur [N] [I] ne sollicite pas la mainlevée de sa mesure d'hospitalisation sous contrainte. Le conseil de Monsieur [N] [I] ne sollicite pas la mainlevée de la mesure d'hospitalisation sous contrainte. Les débats ont eu lieu en audience publique ;

Motivations de la décision

MOTIFS DE LA DÉCISION : Selon l'article L. 3212-1 du code de la santé publique, une personne atteinte de troubles mentaux ne peut faire l'objet de soins psychiatriques sur la décision du directeur d'un établissement mentionné à l'article L.3222-1 que lorsque deux conditions suivantes sont réunies : 1°) Ses troubles mentaux rendent impossible son consentement ; 2°) Son état mental impose des soins immédiats assortis d'une surveillance médicale constante justifiant une hospitalisation complète. En application de l'article L. 3212-3 du code de la santé publique, en cas d'urgence, lorsqu'il existe un risque grave d'atteinte à l'intégrité du malade, le directeur de l'établissement mentionnée à l'article L. 3222-1 peut, à titre exceptionnel, prononcer à la demande d'un tiers l'admission en soins psychiatriques d'une personne malade au vu d'un seul certificat médical émanant, le cas échéant, d'un médecin exerçant dans l'établissement. Dans ce cas, les certificats médicaux mentionnés aux deuxième et troisième alinéas de l'article L. 3211-2-2 sont établis par deux psychiatres distincts. Il résulte des pièces versées à la procédure que Monsieur [N] [I] a présenté, au vu des certificats d'admission, des 24 heures et des 72 heures, des troubles rendant impossible son consentement aux soins, imposant des soins immédiats assortis d'une surveillance médicale constante en hospitalisation complète, et créant - dans un contexte d'urgence - un risque grave d'atteinte à son intégrité. Le certificat des 72 heures a régulièrement proposé une prise en charge au regard de l'état de santé de Monsieur [N] [I] et de l'expression de ses troubles mentaux. L'avis médical motivé se prononce en faveur de la nécessité de poursuivre l'hospitalisation complète sous contrainte. Il décrit les troubles dont souffre Monsieur [N] [I], ainsi que les circonstances particulières qui rendent nécessaire la poursuite de l'hospitalisation complète au regard des conditions qui ont présidé à son admission en ce que le patient a été admis pour sentiment incurabilité, détachement émotionnel, idées noires, persistances d'idées suicidaires sans critique du geste, ne se projetant pas dans l'avenir et refusant l'hospitalisation ; que depuis, on note une amélioration clinique ; Monsieur [N] [I] se présente calme sur le plan psychomoteur, de bon contact, avec un discours cohérent et il commence à prendre du recul sur les difficultés ayant conduit à ses deux passages à l'acte auto-agressifs ; la thymie apparait plus stable, avec une capacité de projection dans l'avenir retrouvée ; quelques moments d'angoisse persistent, sans débordement émotionnel et il ne verbalise plus d'idéation suicidaire ; on observe l'émergence d'un regard critique mais celui-ci reste encore en cours d'élaboration ; Monsieur [N] [I] verbalise par ailleurs un vécu de colère interne et reconnaît une tendance à réagir de manière impulsive dans certaines situations de tension émotionnelle ; malgré cette évolution favorable, l'amélioration demeure récente et nécessite d'être consolidée de sorte que le maintien de l'hospitalisation sans consentement apparaît indiqué afin de poursuivre l'évaluation clinique et de s'assurer de la stabilité de l'évolution sous traitement. Il y a lieu de rappeler que l'office du juge se limite - pour l'appréciation du contenu des pièces médicales - à s'assurer qu'il répond aux exigences légales, ce qui est le cas en l'espèce. Il ne lui appartient pas de confronter le contenu des pièces médicales à sa propre appréciation du trouble psychiatrique, et donc de se substituer au médecin dans l'examen de l'état mental d'un patient. L'absence de stabilisation de l'état de santé de Monsieur [N] [I] est acquise à défaut de tout élément probant de nature à remettre en cause la teneur des certificats et avis médicaux transmis et suffisamment circonstanciés. La mesure de soins sous la forme d'une hospitalisation à temps plein en service spécialisé apparaît ainsi toujours nécessaire, adaptée et proportionnée à l'état de santé de Monsieur [N] [I]. Son maintien sera donc ordonné. PAR CES MOTIFS Statuant par ordonnance contradictoire et en premier ressort ; ORDONNONS la poursuite de l'hospitalisation complète de Monsieur [N] [I] ; DISONS que cette mesure emporte effet jusqu'à levée médicale ou décision médicale de placement sous soins ambulatoires sans consentement et, à défaut, jusqu'à un délai de six mois suivant le prononcé de cette décision. Rappelons que la présente ordonnance est immédiatement exécutoire de plein droit par application de l’article R3211-16 du code de la santé publique ; ADMETTONS M. [N] [I] au bénéfice de l’aide juridictionnelle provisoire, mais rappelons que pour être définitivement accepté, le dossier de demande d’aide juridictionnelle devra impérativement être présenté conformément aux textes en vigueur ;

Questions fréquentes

Quelles sont les conditions pour une hospitalisation sous contrainte en urgence ?
Selon l'article L. 3212-3 du code de la santé publique, en cas d'urgence, l'admission peut être prononcée à la demande d'un tiers s'il existe un risque grave d'atteinte à l'intégrité du malade, et si les troubles mentaux rendent impossible le consentement et imposent des soins immédiats avec surveillance médicale constante.
Quels certificats médicaux sont requis pour une hospitalisation sous contrainte en urgence ?
En urgence, un seul certificat médical suffit pour l'admission, mais les certificats des 24 heures et des 72 heures doivent être établis par deux psychiatres distincts, comme l'exige l'article L. 3211-2-2 du code de la santé publique.
Le patient peut-il demander la mainlevée de l'hospitalisation sous contrainte ?
Oui, le patient peut demander la mainlevée, mais dans cette affaire, Monsieur [N] [I] et son avocat ne l'ont pas sollicitée, ce qui a été pris en compte par le juge pour maintenir la mesure.
Quel est le rôle du juge des libertés et de la détention dans ce type de procédure ?
Le juge des libertés et de la détention contrôle la régularité de la mesure d'hospitalisation sous contrainte et vérifie que les conditions légales sont remplies. Il peut ordonner la mainlevée si les conditions ne sont pas réunies.
Quels sont les recours possibles contre une ordonnance de maintien de l'hospitalisation ?
L'ordonnance peut faire l'objet d'un appel dans un délai de 10 jours à compter de sa notification, conformément aux articles 490, 931, 932, 933 du code de procédure civile et R3211-18 et suivants.
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