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Tribunal judiciaire, surendettement, 29 juillet 2026 — n° 26/00115

Fait droit à une partie des demandes du ou des demandeurs sans accorder de délais d'exécution au défendeur

Synthèse de la décision

Question juridique

Le juge peut-il, sur recours du débiteur, suspendre l'exigibilité des créances pour une durée d'un an lorsque la commission de surendettement a imposé un rééchelonnement avec effacement des dettes ?

Principe retenu

Le juge des contentieux de la protection, saisi d'un recours contre les mesures imposées par la commission de surendettement, peut, en application de l'article L. 733-11 du code de la consommation, combiner les mesures et notamment suspendre l'exigibilité des créances pour une durée d'un an. Pendant cette suspension, les sommes dues cessent de porter intérêt et les créanciers ne peuvent exercer de procédures d'exécution.

Faits clés

  • Monsieur [B] [H] [J] [Y] a saisi la commission de surendettement le 31 octobre 2025
  • La commission a imposé un rééchelonnement sur 84 mois avec effacement des dettes le 10 février 2026
  • Le débiteur a formé un recours le 13 mars 2026, dans le délai de 30 jours
  • Le débiteur a produit un contrat de bail d'habitation à l'audience
  • Les créanciers n'ont pas comparu

Articles cités

article L. 733-10 du code de la consommation article L. 733-11 du code de la consommation article L. 733-1 du code de la consommation article L. 733-3 du code de la consommation article L. 733-7 du code de la consommation article R. 733-6 du code de la consommation article L. 761-1 du code de la consommation

Exposé du litige

EXPOSE DU LITIGE Le 31 octobre 2025, Monsieur [B] [H] [J] [Y] a saisi la Commission de surendettement des particuliers de l’Hérault, d’une demande visant à voir examiner sa situation de surendettement. Lors de sa séance du 18 novembre 2025, la Commission a, après avoir constaté la situation de surendettement, déclaré recevable le dossier de Monsieur [B] [H] [J] [Y]. Lors de sa séance du 10 février 2026, la Commission a imposé les mesures suivantes : rééchelonnement de tout ou partie des créances sur une durée de 84 mois au taux débiteur de 0.00% avec un effacement des dettes à l’issue. Ces mesures ont été notifiées à Monsieur [B] [H] [J] [Y] par lettre recommandée accusée réception le 17 février 2026. Le débiteur a formé un recours contre cette décision par lettre recommandée avec accusé de réception déposée le 13 mars 2026, invoquant qu’il a pris à bail un logement et qu’en conséquence, le montant du loyer doit être pris en compte dans ses charges. Monsieur [B] [H] [J] [Y] et les créanciers ont été convoqués, par lettres recommandées avec accusé de réception, par le greffe du juge des contentieux de la protection à l’audience du 15 juin 2026. A cette audience, Monsieur [B] [H] [J] [Y] était présent. Il a produit le contrat de bail d’habitation et a sollicité un réexamen de sa situation financière. Les créanciers n’ont pas comparu, ni n’ont été représentés. Par courrier reçu au greffe le 26 mai 2026, [3] a transmis sa déclaration de créance, L'affaire a été mise en délibéré au 29 juillet 2026.

Motivations de la décision

MOTIFS DE LA DECISION Sur la recevabilité du recours : En vertu de l’article L. 733-10 du code de la consommation, une partie peut contester devant le juge des contentieux de la protection, les mesures imposées par la commission en application des dispositions de l'article L. 733-1 L. 733-4 ou de l'article L. 733-7 dans les trente jours de la notification qui lui en est faite conformément aux dispositions de l'article R. 733-6 du code de la consommation. Les mesures imposées ont été formulées le 10 février 2026. Monsieur [B] [H] [J] [Y] a exercé son recours le 13 mars 2026, alors que la notification est en date du 17 février 2026. Son recours est donc recevable en la forme. Sur les mesures imposées par la Commission de surendettement L'article L. 733-11 du code de la consommation prévoit que lorsque les mesures prévues par les articles L. 733-3 et L. 733-7 sont combinées avec tout ou partie de celles prévues par l'article L. 733-1, le juge saisi d'une contestation statue sur l'ensemble des mesures dans les conditions prévues à l'article L. 733-13. Aux termes de l'article L. 733-13 du code de la consommation, le juge saisi de la contestation prévue à l'article L. 733-10 prend tout ou partie des mesures définies aux articles L. 733-1, L. 733-4 et L. 733-7. Dans tous les cas, la part des ressources nécessaires aux dépenses courantes du ménage est déterminée dans les conditions prévues à l'article L. 731-2. Elle est mentionnée dans la décision. Sur la capacité de remboursement Monsieur [B] [H] [J] [Y] est âgé de 46 ans. Les revenus du débiteur ont été justement fixés par la Commission à la somme de 1619 €. Monsieur [B] [H] [J] [Y] est séparé, sans personne à charge. La quotité saisissable s'établit à 276,60 €. Ses charges mensuelles sont les suivantes : PENSION ALIMENTAIRE [Adresse 9] [Adresse 10] [Adresse 11] FORFAIT DE BASE 652 FORFAIT CHAUFFAGE [Adresse 12] FORFAIT HABITATION [Adresse 13] FORFAIT ENFANT 66,3 TOTAL 1636,3 Ainsi, la capacité de remboursement de Monsieur [B] [H] [J] [Y] est de 0 €. Sur la fixation et le montant des créances En application de l'article L.733-12 du code de la consommation, le juge peut vérifier, même d'office, la validité des créances, des titres qui les constatent ainsi que le montant des sommes réclamées et s'assurer que le débiteur se trouve bien dans la situation définie à l'article L. 711 -1. Il sera rappelé que selon l’article R. 713-4 du code de la consommation, dans les cas où il statue par jugement, le juge convoque les parties intéressées ou les invite à produire leurs observations par lettre recommandée avec demande d'avis de réception. Il résulte de ces articles que les parties se défendent elles-mêmes, qu’elles ont la faculté de se faire assister ou représenter dans certaines conditions, que la procédure est orale et qu’en cours d’instance, toute partie peut adresser un courrier pour faire valoir ses observations. La partie qui use de cette faculté peut ne pas se présenter à l’audience, conformément au second alinéa de l'article 446-1 du code de procédure civile. Ainsi, toute partie qui ne se présente pas à l’audience devant le juge des contentieux de la protection statuant en matière de surendettement, peut aussi exposer ses moyens par lettre adressée au juge des contentieux de la protection à condition de justifier que l’adversaire en a eu connaissance avant l’audience par lettre recommandée avec accusé de réception. Les créances n’étant contestées, ni en leur principe, ni en leur montant, il convient de les arrêter à la somme retenue par la Commission. Sur les mesures de traitement de la situation de surendettement Les articles L 733-1, L. 733 -2 et L. 733-4 du code de la consommation, dressent la liste des mesures que la Commission de surendettement peut imposer aux parties. Aux termes de l'article L. 733-3, ces mesures ne peuvent excéder 7 années, sauf lorsqu'elles concernent le remboursement de prêts contractés pour l'achat d'un bien immobilier constituant la résidence principale du débiteur dont elles permettent d'éviter la cession ou lorsqu'elles permettent au débiteur de rembourser la totalité de ses dettes tout en évitant la cession du bien immobilier constituant sa résidence principale. En outre, l'article L. 731-2, prévoit qu'avec l'accord du débiteur et dans des limites raisonnables, le montant des mensualités affectées au remboursement des dettes peut excéder la quotité saisissable des revenus en vue d'éviter la cession d'un bien immobilier constituant la résidence principale. Il ressort des éléments du dossier et des débats à l'audience que le débiteur, s’il connaît une situation difficile, n'est pas dans une situation irrémédiablement compromise, dans la mesure où si ses ressources mensuelles actuelles ne lui permettent pas de faire face à ses charges de vie courante, ce dernier demeure éligible à une mesure de suspension d'exigibilité de l'ensemble de ses dettes. En effet, sa situation financière est susceptible d’évoluer favorablement dans les années à venir. Il convient par conséquent d'ordonner une suspension d'exigibilité de l'ensemble des dettes, dont le débiteur n'a pas encore bénéficié, pour une durée d’un an. À l'issue, il appartiendra à Monsieur [B] [H] [J] [Y] de saisir la Commission d’un nouveau dossier de surendettement.

Dispositif

PAR CES MOTIFS Le Juge des contentieux de la protection, statuant publiquement, par jugement réputé contradictoire, rendu en premier ressort et par mise à disposition au greffe, DÉCLARE recevable en la forme le recours de Monsieur [B] [H] [J] [Y] en contestation des mesures imposées par la Commission de surendettement de l'Hérault du 10 février 2026 ; DIT que les dettes de Monsieur [B] [H] [J] [Y] arrêtées au jour du présent jugement se décomposent telles qu'arrêtées par la Commission de Surendettement des Particuliers de l'Hérault ; SUSPEND l'exigibilité des créances dont est redevable Monsieur [B] [H] [J] [Y], comme précisé ci-dessus, pour une durée d’ UN AN ; DIT que pendant la suspension les sommes dues cesseront de porter intérêt ; RAPPELLE que les créanciers auxquels ces mesures sont opposables ne pourront exercer des procédures d'exécution y compris une saisie immobilière à l'encontre des biens de Monsieur [B] [H] [J] [Y] pendant la durée d'exécution de ces mesures ; DIT qu'il appartiendra à Monsieur [B] [H] [J] [Y], en cas de changement significatif de ses conditions de ressources ou de la composition de son patrimoine de ressaisir la Commission de surendettement des particuliers d'une nouvelle demande de traitement de sa situation de surendettement ; RAPPELLE à Monsieur [B] [H] [J] [Y] que pendant la durée du plan précité le fait d'accomplir tout acte susceptible d'aggraver sa situation financière, sauf autorisation des créanciers, de la Commission ou du juge, tels que d'avoir recours à un nouvel emprunt, de faire des actes de disposition étrangers à la gestion normale de son patrimoine (donation, vente de biens de valeur ou de biens immobiliers, utilisation ou liquidation de placements etc...), peut entraîner sa déchéance au bénéfice de la procédure de surendettement en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de la consommation ; LAISSE les dépens à la charge du Trésor Public ; RAPPELLE que le présent jugement est de plein droit immédiatement exécutoire. La Greffière, La Juge des contentieux de la protection,

Questions fréquentes

Quel est le délai pour contester les mesures imposées par la commission de surendettement ?
Le recours doit être formé dans les trente jours de la notification des mesures, conformément à l'article L. 733-10 du code de la consommation.
Le juge peut-il suspendre l'exigibilité des créances ?
Oui, le juge des contentieux de la protection peut, sur recours, suspendre l'exigibilité des créances pour une durée d'un an, comme dans cette affaire où le débiteur a vu ses dettes suspendues.
Quels sont les effets de la suspension de l'exigibilité ?
Pendant la suspension, les sommes dues cessent de porter intérêt et les créanciers ne peuvent pas exercer de procédures d'exécution contre le débiteur.
Comment le loyer est-il pris en compte dans le surendettement ?
Le loyer peut être pris en compte dans les charges du débiteur, comme dans ce cas où le débiteur a produit son bail pour justifier d'une charge supplémentaire.
Que se passe-t-il si ma situation financière change pendant le plan ?
En cas de changement significatif de ressources ou de patrimoine, le débiteur doit ressaisir la commission de surendettement pour une nouvelle demande de traitement.
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