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Cour d'appel, pôle 1 - chambre 11, 30 juillet 2026 — n° 26/04256

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Synthèse de la décision

Question juridique

L'appel du ministère public contre une ordonnance de mise en liberté d'un étranger en rétention doit-il être déclaré suspensif en raison d'une menace grave pour l'ordre public ?

Principe retenu

Selon l'article L. 743-22 du CESEDA, le ministère public peut demander l'effet suspensif de son appel s'il apparaît que l'intéressé ne dispose pas de garanties de représentation effectives ou en cas de menace grave pour l'ordre public. En l'espèce, la menace grave pour l'ordre public est caractérisée par le suivi socio-judiciaire en cours pour des faits de viol, justifiant la suspension des effets de l'ordonnance de mise en liberté.

Faits clés

  • Monsieur [U] [E], de nationalité algérienne, né le 06 mai 1963
  • Ordonnance du 29 juillet 2026 du tribunal judiciaire de Meaux ordonnant sa mise en liberté
  • Appel du procureur de la République interjeté le 29 juillet 2026 avec demande d'effet suspensif
  • Suivi socio-judiciaire en cours prononcé par la cour d'assises des Yvelines le 10 mai 2022 pour des faits notamment de viol
  • Notification de l'appel aux parties le 29 juillet 2026

Articles cités

article L. 743-22 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile

Exposé du litige

RÉPUBLIQUE FRANÇAISE AU NOM DU PEUPLE FRANÇAIS COUR D'APPEL DE PARIS Pôle 1 - Chambre 11 L. 743-22 du Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ORDONNANCE DU 30 juillet 2026 RECOURS SUSPENSIF (1 pages) Numéro d'inscription au numéro général et de décision : B N° RG 26/04256 - N° Portalis 35L7-V-B7K-CNTD2 Décision déférée : ordonnance rendue le 29 juillet 2026, à 14h45, par le magistrat du siège du tribunal judiciaire de Meaux Nous, Marie-Sygne Bunot-Rouillard, conseillère, à la cour d'appel de Paris, agissant par délégation du premier président de cette cour, assistée de Ophanie Kerloc'h, greffière au prononcé de l'ordonnance, APPELANT LE PROCUREUR DE LA RÉPUBLIQUE PRÈS DU TRIBUNAL JUDICIAIRE DE MEAUX INTIMÉ M. [U] [E] né le 06 mai 1963 à [Localité 1], de nationalité algérienne ayant pour conseil en première instance, Me Ruben Garcia, avocat au barreau de Paris ORDONNANCE : contradictoire - Vu l'ordonnance du 29 juillet 2026, à 14h45, du magistrat du siège du tribunal judiciaire de Meaux, ordonnant la jonction de la procédure introduite par la requête du préfet des Hauts-de-Seine enregistrée sous le n° RG 26/04078 et celle introduite par le recours de Monsieur [U] [E] enregistrée sous le n° RG 26/04079, disant faire droit au moyen de nullité, déclarant le recours de Monsieur [U] [E] recevable, disant n'y avoir lieu à statuer sur le recours, disant n'y avoir lieu à statuer sur les autres moyens, déclarant la procédure irrégulière, rejetant la requête du préfet des Hauts-de-Seine, ordonnant en conséquence la mise en liberté de Monsieur [U] [E] ; sous réserve de l'appel suspensif du procureur de la République et rappelant à Monsieur [U] [E] qu'il devra se conformer à la mesure d'éloignement ; - Vu la notification de l'ordonnance au procureur de la République près du tribunal judiciaire de Meaux, le 29 juillet 2026 à 15h10 ; - Vu l'appel de ladite ordonnance interjeté le 29 juillet 2026 à 17h14, par ledit procureur avec demande d'effet suspensif ; - Vu les notifications du recours suspensif du 29 juillet 2026, faites par le parquet : - à Monsieur [U] [E] à 17h26, - à Me Ruben Garcia, avocat au barreau de Paris à 17h22, - et au conseil du préfet des Hauts-de-Seine à 17h23 ; - Vu les observations écrites du conseil de Monsieur [U] [E] du 29 juillet 2026 à 17h52 et 18h23, tendant à voir rejeter le recours suspensif ;

Motivations de la décision

SUR QUOI, Aux termes de l'article L. 743-22 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, "le ministère public peut demander au premier président de la cour d'appel ou à son délégué de déclarer son recours suspensif lorsqu'il lui apparaît que l'intéressé ne dispose pas de garanties de représentation effectives ou en cas de menace grave pour l'ordre public. Dans ce cas, l'appel est accompagné de la demande qui se réfère à l'absence de garanties de représentation effectives ou à la menace grave pour l'ordre public, et transmis au premier président de la cour d'appel ou à son délégué. Celui-ci décide, sans délai, s'il y a lieu de donner à cet appel un effet suspensif, en fonction des garanties de représentation dont dispose l'étranger ou de la menace grave pour l'ordre public, par une ordonnance motivée rendue contradictoirement et qui n'est pas susceptible de recours. L'intéressé est maintenu à la disposition de la justice jusqu'à ce que cette ordonnance soit rendue et, si elle donne un effet suspensif à l'appel du ministère public, jusqu'à ce qu'il soit statué sur le fond. Par dérogation au présent article, l'appel interjeté contre une décision mettant fin à la rétention est suspensif lorsque l'intéressé a été condamné à une peine d'interdiction du territoire pour des actes de terrorisme prévus au titre II du livre IV du code pénal ou s'il fait l'objet d'une mesure d'éloignement édictée pour un comportement lié à des activités à caractère terroriste. L'intéressé est maintenu à la disposition de la justice jusqu'à ce qu'il soit statué sur le fond." L'appel du procureur de la République a été notifié aux parties conformément aux dispositions légales et réglementaires du Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Au regard de la demande d'effet suspensif de l'appel, la question de la menace grave pour l'ordre public est ici déterminante en l'état du suivi socio-judiciaire actuellement en cours prononcé par la cour d'assises des Yvelines le 10 mai 2022 pour des faits notamment de viol, qui impose de la retenir comme caractérisée à ce stade de la procédure. Il y a dès lors lieu de suspendre les effets de l'ordonnance du premier juge. PAR CES MOTIFS DÉCLARONS suspensif l'appel du procureur de la République près le tribunal judiciaire de Meaux, ORDONNONS le maintien à la disposition de la justice de Monsieur [U] [E], jusqu'à ce qu'il soit statué au fond, à l'audience du 31 juillet 2026 à 11h00, en visioconférence, DISONS que la présente ordonnance vaut convocation à ladite audience

Dispositif

ORDONNONS la remise immédiate au procureur général d'une expédition de la présente ordonnance. Fait à [Localité 2], le 30 juillet 2026 LE GREFFIER, LE PRÉSIDENT, LA PRÉSENTE DÉCISION N'EST PAS SUSCEPTIBLE DE RECOURS.

Questions fréquentes

Qu'est-ce qu'un appel suspensif du procureur ?
L'appel suspensif est une demande du ministère public pour que son appel contre une décision de mise en liberté ait un effet immédiat, maintenant l'étranger en rétention jusqu'à ce que le fond soit jugé. Il est accordé si l'étranger ne présente pas de garanties de représentation ou s'il constitue une menace grave pour l'ordre public.
Quels sont les critères pour qu'un appel soit suspensif ?
Selon l'article L. 743-22 du CESEDA, l'appel suspensif est accordé si l'étranger ne dispose pas de garanties de représentation effectives ou s'il représente une menace grave pour l'ordre public. Dans cette affaire, la menace grave a été retenue en raison d'un suivi socio-judiciaire pour viol.
Que signifie 'menace grave pour l'ordre public' ?
La menace grave pour l'ordre public est une notion juridique qui s'apprécie au cas par cas. Ici, elle a été caractérisée par le fait que l'étranger faisait l'objet d'un suivi socio-judiciaire pour des faits de viol, ce qui indique un danger potentiel pour la société.
Mon avocat peut-il s'opposer à l'effet suspensif ?
Oui, l'avocat de l'étranger peut présenter des observations écrites pour tenter de démontrer que l'appel ne devrait pas être suspensif, par exemple en apportant des garanties de représentation ou en contestant la menace à l'ordre public. Dans cette affaire, les observations de l'avocat ont été examinées mais n'ont pas convaincu la cour.
Que se passe-t-il après une ordonnance suspensive ?
L'ordonnance suspensive maintient l'étranger à la disposition de la justice jusqu'à ce qu'il soit statué sur le fond de l'appel. Dans ce cas, l'audience au fond a été fixée au 31 juillet 2026, et l'étranger reste en rétention en attendant.
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