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Tribunal judiciaire, jld, 30 juillet 2026 — n° 26/00756

Maintien de la mesure de soins psychiatriques

Synthèse de la décision

Question juridique

Le maintien d'une hospitalisation complète pour péril imminent est-il justifié au regard des conditions de l'article L3212-1 du code de la santé publique ?

Principe retenu

L'hospitalisation sans consentement pour péril imminent est possible si les troubles mentaux rendent impossible le consentement et si l'état mental impose des soins immédiats avec surveillance médicale constante ou régulière. Le juge contrôle la régularité des certificats médicaux sans porter d'appréciation médicale.

Faits clés

  • Madame [T] [C] hospitalisée depuis le 19 juillet 2026 pour péril imminent
  • Requête du directeur du CPN le 23 juillet 2026
  • Certificats médicaux établis par deux psychiatres distincts
  • Patiente présentant un vécu persécutif et refusant les soins
  • Patiente non comparante, représentée par avocat

Articles cités

article L3211-12-1 du code de la santé publique article L3212-1 du code de la santé publique article L3216-1 du code de la santé publique article 66 de la constitution

Motivations de la décision

Cour d'Appel de nancy Tribunal Judiciaire de Nancy Juge Philippe LAVAL hospitalisation pour péril imminent Procédure de contrôle ordinaire d'une hospitalisation complete (L3211-12-1 C.S.P) ORDONNANCE de MAINTIEN de la mesure d'hospitalisation complète N° RG 26/00756 - N° Portalis DBZE-W-B7K-J73U ORDONNANCE du 30 juillet 2026 REQUÉRANT : Mme LA DIRECTRICE DU CPN [Localité 1] [Adresse 1] [Adresse 1] [Localité 1] Non Comparante - Non Représentée PERSONNE HOSPITALISÉE : Madame [T] [C] née le 09 Août 1967 à [Localité 2] (MEURTHE-ET-MOSELLE) [Adresse 2] [Localité 3] Non Comparante - Représentée par Me Sophie COURONNE PARTIE JOINTE : M. le procureur de la République près le Tribunal Judiciaire de Nancy, Non Comparant - Non Représenté (réquisitions écrites) Vu les articles L.3211-12-1 et suivants du Code de la santé publique ; Vu les articles L.3212-1 et suivants du Code de la santé publique ; Madame [T] [C] fait l'objet d'une hospitalisation pour péril imminent au Centre Psychothérapique de [Localité 3] à [Localité 1] depuis le 19 juillet 2026 ; Par requête en date du 23 juillet 2026, Mme LA DIRECTRICE DU CPN [Localité 1] a saisi le juge en charge des hospitalisations sans consentement sur le fondement de l'article L.3211-12-1 du Code de la santé publique pour contrôler l'hospitalisation de Madame [T] [C] ; Les parties à la procédure : Madame [T] [C], Mme LA DIRECTRICE DU CPN [Localité 1], Monsieur le Procureur de la République, Me Sophie COURONNE, avocate de la personne hospitalisée, ont été avisées de la date et des modalités de tenue de l'audience ; La personne hospitalisée nous a fait parvenir un écrit en date du 29 juillet 2026, par lequel elle nous a indiqué ne pas vouloir comparaitre à l'audience de ce jour ; Vu le procès-verbal d'audience de ce jour duquel il résulte que l'audience s'est tenue publiquement au Centre Psychothérapique de [Localité 3] ; L’hospitalisation sans son consentement d’une personne atteinte de troubles mentaux doit respecter le principe, résultant de l’article 66 de la constitution, selon lequel la liberté individuelle ne saurait être entravée par une rigueur qui ne soit pas nécessaire (Conseil Constitutionnel décision 2010/70 du 26 novembre 2010). La protection de la liberté individuelle peut notamment trouver sa limite dans la protection de la sécurité des personnes objets des soins, et des tiers auxquels elle pourrait porter atteinte. L’article L3212-1 du code de la santé publique dispose qu’une personne atteinte de troubles mentaux ne peut être admise en soins psychiatriques sans son consentement sur la décision du directeur d’un établissement psychiatrique que si : 1° Ses troubles mentaux rendent impossible son consentement ; 2° Son état mental impose des soins immédiats assortis soit d'une surveillance médicale constante justifiant une hospitalisation complète, soit d'une surveillance médicale régulière justifiant une prise en charge sous la forme mentionnée au 2° du I de l'article L. 3211-2-1. En application de l’article L3216-1 du code de la santé publique, le juge connaît des contestations à l’encontre des hospitalisations sans consentement. Il lui appartient ainsi de contrôler si le contenu des certificats médicaux caractérise les conditions posées par l’article L3212-1 du code de la santé publique. Le magistrat ne peut toutefois porter aucune appréciation d’ordre médical (Cour de cassation, civile, Chambre civile 1, 27 septembre 2017, 16-22.544). Il résulte de l’article L3212-1 du code de la santé publique qu’en procédure d’admission en raison d’un péril imminent, les certificats de vingt-quatre heures et de soixante-douze heures, rédigés au cours de la période d'observation et de soins, doivent être établis par deux psychiatres distincts. En l’espèce, il résulte des certificats médicaux et de l’avis motivé rédigé le 24 juillet 2026 par le docteur [D] que Madame [C] a été admise dans un contexte de décompensation de son trouble schizophrénique dans un contexte d’observance aléatoire de son traitement, décompensation se manifestant notamment par une importante tension psychique et un discours logorrhéique marqué par un vécu de persécution. Au jour de la rédaction de l’avis motivé, il est relevé que la patiente est dans le refus de l’échange, des soins et des efforts de diagnostic. Elle présente un vécu persécutif. Il est évalué que la mesure reste nécessaire afin d'ajuster la posologie du traitement dans le but d'amender le vécu persécutif qu'elle présente. Ces éléments démontrent que les troubles affectant Madame [C] rendent impossible son consentement et que son état mental impose des soins immédiats assortis d'une surveillance médicale constante ou régulière. Il résulte des éléments précédemment exposés que les conditions posées par l’article L3212-1 du code de la santé publique sont remplies. En conséquence, la poursuite de l’hospitalisation sans consentement sera autorisée. PAR CES MOTIFS Statuant publiquement, contradictoirement et en premier ressort : MAINTENONS la mesure d'hospitalisation pour péril imminent dont fait l'objet Madame [T] [C] au Centre Psychothérapique de [Localité 3] à [Localité 1] ; RAPPELONS que la présente ordonnance est exécutoire par provision, sous réserve de l'appel du ministère public, lui seul pouvant être déclaré suspensif par le premier président de la Cour d'Appel (référé hospitalisation); qu'elle est susceptible d'appel par les seules parties à l'instance dans un délai de dix jours à compter de sa notification ; que l'appel doit être formé par déclaration motivée transmise par tous moyens au greffe de la cour d'appel de Nancy ;

Dispositif

LAISSONS les dépens à la charge de l'Etat ; Prononcée le 30 juillet 2026 et signée par Philippe LAVAL, juge en charge des hospitalisations sans consentement. Fait à Nancy, le 30 juillet 2026 Le juge Reçu copie intégrale le 30 Juillet 2026 L'avocate Avis a été transmis à Monsieur le Procureur de la République et Copie de la présente ordonnance a été transmise par courriel à l'issue de l'audience : - à Mme LA DIRECTRICE DU CPN [Localité 1] pour le CPN et aux fins de notification à Madame [T] [C], personne hospitalisée, n'ayant pas souhaité comparaitre. Le greffier

Questions fréquentes

Quelles sont les conditions pour une hospitalisation sans consentement ?
Selon l'article L3212-1 du code de la santé publique, il faut que les troubles mentaux rendent impossible le consentement et que l'état mental impose des soins immédiats avec surveillance médicale constante ou régulière.
Qu'est-ce qu'un péril imminent en psychiatrie ?
Le péril imminent est une situation d'urgence où la personne présente des troubles mentaux nécessitant des soins immédiats, sans que son consentement puisse être obtenu. Dans cette affaire, la patiente présentait un vécu persécutif et refusait les soins.
Comment contester une hospitalisation psychiatrique ?
La personne hospitalisée ou son avocat peut saisir le juge des libertés et de la détention pour contester la mesure. L'audience se tient généralement dans l'établissement, et la décision peut faire l'objet d'un appel dans les 10 jours.
Quels sont mes droits lors d'une audience d'hospitalisation ?
Vous avez le droit d'être assisté par un avocat, de présenter des observations écrites, et de demander à comparaître. Dans cette affaire, la patiente a choisi de ne pas comparaître mais a été représentée par son avocate.
Le juge peut-il maintenir une hospitalisation psychiatrique ?
Oui, le juge peut maintenir la mesure si les conditions légales sont remplies. Ici, le juge a constaté que les certificats médicaux établissaient l'impossibilité de consentement et la nécessité de soins immédiats.
Quels certificats médicaux sont nécessaires pour une hospitalisation pour péril imminent ?
En cas de péril imminent, les certificats de 24 heures et de 72 heures doivent être établis par deux psychiatres distincts. Dans cette affaire, cette condition a été respectée.
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